La vie et toutes ces sortes de choses

lundi 23 janvier 2012

Le choix de la douceur

Il y a la vie et tout ce qu'elle est.

Pas la peine d'avoir eu une enfance de merde pour se rendre compte que ça ne va pas être facile tous les jours. Il y a ceux qui meurent, ceux qui sont malades, forcément ceux qu'on aime le plus. Il y a les galères, les chagrins d'amour. Il y a le boulot et ses petites et grandes maltraitances.

Il y a la vie.

Ses hauts, ses bas, son temps qui file, ce qu'on voudrait faire durer toujours et ce qui pèse, même quand ça ne dure que quelques secondes.

Certains, face à la vie, se blindent tant qu'ils peuvent.

D'autres pas.

Chacun son choix.

Je fais partie de ceux qui pensent qu'il ne faut pas confondre gentillesse et faiblesse, bienveillance et complaisance. De ceux qui pensent que dans la vie, la force qu'on a, on la puise dans quelques liens humains qui nous grandissent, nous font du bien. Qu'en acceptant le bon, le doux, on devient encore plus à même d'en distribuer et de faire en sorte que ceux qui en ont besoin puissent s'appuyer sur nous comme on s'appuie sur eux.

Oui, il y a du danger à s'abandonner un peu. Celui de souffrir, un jour ou l'autre. Celui de se tromper. Mais il y a, surtout, du bonheur à se sentir pas tout à fait isolé sur la planète. Et de ces intimités, amicales, amoureuses, faire une force plus puissante qu'une carapace.

C'est le choix que j'ai fait et qui fait ricaner, hausser les épaules, sans doute, à ceux qui ont choisi autrement. Ou alors ils font comme moi : il s'en foutent. Chacun sa façon pour peu que ça fonctionne pour soi. Et apprendre à ne pas vouloir convertir le reste du monde à sa propre vérité.

C'est le choix que j'ai fait. Le choix de la douceur. Parce que si on apprend pas à en fabriquer un peu, le reste est vraiment dur à avaler...

BaouBaou

jeudi 19 janvier 2012

Le vieux charmeur littéraire

Samedi matin d'il y a presque deux semaines, j'ai pris le métro très tôt, pour prendre un autre métro, pour prendre l'Orlybus.

Dans le métro du samedi matin, très tôt, il n'y a pas tant de monde, même sur l'effroyable ligne 13 (les lecteurs qui la connaissent auront eu, juste à lire ce mot et ce nombre, un frisson d'épouvante le long de l'échine).

Largement de quoi s'assoir et caser le sac de voyage, le sac de l'appareil photo, le sac à main. Et se poser avec un bouquin.

En face de moi s'installe un (pardon papa) monsieur plus vraiment très jeune. Disons entre 60 et 65 ans. Il s'assied donc, et se tord le cou pour voir ce que je lis.

- C'est anglais, non ?

- Oui, c'est anglais (c'était l'excellent La chute du British Museum de David Lodge. Plus anglais tu meurs).

Je reprends ma lecture et ris de bon cœur aux pérégrinations d'Adam Appelby, emmêlé dans sa frustration sexuelle, sa famille déjà nombreuse et ses principes de catholique déjà pratiquant, à la sauce parodique portant plutôt à la bonne humeur.

- C'est drôle ? demande, observateur, mon voisin d'en face ?

- Oui, très, réponds-je.

- Moi je suis plutôt classiques. Et là il me montre son propre livre, un exemplaire de poche et hors d'âge de Les dieux ont soif d'Anatole France.

Je me garde bien de lui dire que je l'ai lu au moins trois fois, à la fac, qu'il ne m'en reste qu'un souvenir ennuyé de ce roman sur fond de Terreur, qu'il me semble qu'Anatole France a mal vieilli (enfin lui, oui, bien sûr, il en est mort, ses écrits, surtout) et que bon...

Je me dis que tous les goûts sont dans la nature et que tant mieux s'il prend plaisir à son Anatole. Tant qu'il ne me force pas à le relire !

Alors je lui dis : "on trouve de bien belles choses, aussi, dans les classiques".

Et replonge mon nez dans la culotte en dentelle d'Adam (faut lire pour comprendre).

Mon voisin n'use pas trop son propre livre. Il se lève, et avant de descendre me salue d'un "bonne lecture, mademoiselle !" (hinhinhinhinhin vil flatteur)

C'est rigolo, je trouve que le métro est un lieu très rassurant pour ceux qui ont peur que les gens ne lisent plus. Il me semble qu'on y voit beaucoup de gens le nez dans un bouquin, et que c'est plutôt un signe agréable.

Mais peut-être que ce monsieur ne le savait pas, qu'il était content de partager un instant de connivence littéraire ? En tout cas, ça aussi, ça porte à la bonne humeur. Se parler de livres dans le métro.

mercredi 18 janvier 2012

La guerre des oeufs

Je discutais il y a quelques temps avec l'un des inspirateurs principaux de ce blog, lui racontant qu'un lecteur ami [1] s'était trouvé fort perturbé à l'issue de ce billet, à ne plus savoir s'il empilait ou s'il insérait, à l'instar d'un fameux capitaine de bédé belge qui ne savait plus s'il dormait avec la barbe au-dessus ou en dessous du drap.

Nous devisions, donc, moi étonnée des réactions très marquées à ce billet, lui me rétorquant quelque chose du genre : "c'est presque la guerre des petitboutiens et des grosboutiens !"

"Gné ?" fut ma réponse.

Mais si, me rétorqua-t-il, dans Les voyages de Gulliver, à Lilliputh, ils sont en guerre, deux tribus qui s'affrontent, les uns défendant l'entame de l'oeuf à la coque par le petit bout (petitboutiens), les autres se battant pour l'attaque par le gros bout (grosboutiens).

Mouahahahahaha ! m'exclamai-je, heureuse de tenir là un thème majeur de débat endiablé.

Encore qu'il me paraissait complètement contre nature que d'envisager même qu'on puisse entamer un oeuf à la coque par le gros bout. Avant de constater que pour peu que vous ne ramassiez vos oeufs au supermarché, les calibres soigneusement établis et choisis font qu'entre petit et gros bouts, les différences sont moins sensibles que du temps où on connaissait les oeufs et leur mère par leurs prénoms.

Mais quand même !

Le gros bout !!!

C'est impensable, non ???!!!

Alors vous, par quel côté ?

Belligérants petits et gros boutiens

Pour réconcilier ces deux-là [2] ils se sont finalement trouvés brouillés... dans la casserole !

Par quel côté les oeufs ?

Notes

[1] qui se reconnaîtra sans doute et s'identifiera s'il le souhaite

[2] car il n'y a pas de petite querelle - private joke inside

lundi 16 janvier 2012

La tendinite de la théière en fonte

Ce week-end, c'était entre filles (deux grandes, deux petites), avec un programme qui pourrait effrayer les moins sportifs d'entre vous.

Je pense qu'à part se lever et manger, nous verser des breuvages aussi ravigotants que dépourvus d'alcool (si si), nous n'avons fait que nous tourner et nous retourner à la recherche de la position idéale sur les canapés.

 Je me disais bien que tant de sports de l'extrême à la fois, sans trop d'entraînement, ce n'était pas bien prudent.

Et il est arrivé ce qui devait arriver : après des mois de tension et de suractivité, je pense m'être totalement liquéfiée. Pour preuve, ce coude un peu douloureux en attrapant une assiette à débarrasser à l'autre bout de la table.

Je ne vois qu'une piste : la tendinite de la théière en fonte.

Ca m'apprendra à sous-estimer les vertus de l'endurance à ne rien faire !

(Et quelques notes roses parce que j'ai plein de rose sur moi aujourd'hui, qu'on l'a écoutée ce week-end, et que c'est un jour à voir la vie en rose. Na).




jeudi 12 janvier 2012

A Pink City, j'ai laissé

L'été dernier, j'ai passé quelques jours fort beaux à Toulouse.

Parce que j'y ai rencontré ou retrouvé des amis chers. Parce que les moments partagés y furent beaux. Parce que la ville m'a séduite.

Et aussi parce que, "très parisien"[1], vous dirait-il, je m'y suis retrouvée à peu près en même temps que celui qui allait devenir mon enchanteur.

Alors je suis rentrée, enchantée par la ville, par les amis, et par lui.

Il y a là-bas sur un téléphone portable quelques photos de moi dans le plus pur style "greluche à l'Iphone", répondant à son premier coup de fil gascon, il y a surtout, immatérielles preuves, des souvenirs de promenades, de discussions, de rires, semés un peu partout sur nos passages.

J'y suis retournée le week-end dernier, voir les amis en coup de vent, prendre un bol d'air (et de pluie), fuir la maison où ni lui ni Cro-Mi n'étaient...

Et sous chaque brique rouge il y avait un morceau de nous, de ces quelques jours en été où l'on s'est retrouvés, à des centaines de kilomètres de chez nous, et où on a partagé de beaux instants.

Soupir.

Bon. Il rentre bientôt. Je compte sur vous pour ne pas trop lui dire à quel point j'ai soupiré dans tous les pixels du nain-ternet, hein ? ;-)

Note

[1] "Très parisien" d'être voisins ou quasi à Paris et de se retrouver plusieurs centaines de kilomètres plus loin !