Sacrip'Anne

« Oui, je sais très bien, depuis longtemps, que j’ai un cœur déraisonnable, mais, de le savoir, ça ne m’arrête pas du tout. » (Colette)

mardi 9 avril 2024

Une vie parfaitement scandaleuse

Hier soir quand je suis rentrée, Cro-Mi était à la maison. On a passé cinq minutes à s'extasier sur le fait que la maison était rangée, et calme, puis papoté pendant une heure sur le canapé. Au demeurant, une conversation au cours de laquelle je me suis demandé ce que j'avais spectaculairement foiré ou magistralement réussi dans son éducation, voire, les deux, simultanément. (Vous voulez que je vous raconte ? Peut-être pour l'autre blog ? Oui ? Non ? C'est scandaleux, je vous préviens.)

Je suis allée bouquiner dans un bain, porte ouverte. Même pas un chat pour venir flipper du fait que je trempe dans l'eau. Le calme. Le bonheur.

J'en ai émergé un certain moment plus tard pour découvrir que mon enfant chéri avait... fait à manger.

On a dîné en papotant, puis passé une bonne demi-heure à s'extasier que ça nous avait pris 5 minutes montre en main pour débarrasser, mettre au lave-vaisselle, nettoyer la cuisine et préparer de quoi rendre le lendemain matin fonctionnel. Je ne sais pas combien de temps ça va me durer, ce petit bonheur d'un truc qui fonctionne comme on veut, mais c'est du grand kif.

Ce matin, j'ai fait pour la deuxième fois le constat que le petit déjeuner préparé par mes soins ne me faisait pas perdre de temps par rapport aux matins où le coloc veut le faire. Etonnante chose que les rythmes humains discordants. En plus j'ai mangé ce que je veux (j'adore ne pas avoir d'habitudes immuables sur le petit déjeuner).

Le bus était quasi vide (vacances) mais pas la ligne 13. Arrivée à Liège j'ai pris mon air le plus assertif et ai lancé un "pardon" à la cantonade. Une demi douzaine de mecs sont descendus sur le quai pour me laisser passer. Je les ai remerciés, royale, d'un "merci messieurs, bonne journée". L'un d'entre eux m'a même répondu "Vous aussi", imaginez-vous.

Bref, je suis tellement calme et sereine de cette maison qui ne m'agresse plus du tout (enfin pas la maison, vous voyez) que j'ai l'impression de marcher dans le monde telle une meneuse de revue, parée de ses plus belles plumes, dans le meilleur des shows de Broadway.

Ne vous habituez pas. Ca ne durera pas. En attendant, c'est proprement scandaleux.

Que c'est bon à savourer.

(A vrai dire je me demande si ce n'est pas ce badge, confectionné par mon fils bien aimé, qui m'a valu tant de politesse dans le métro ce matin. Scandaleuse, je vous dis)

lundi 8 avril 2024

D'épinards et de sorcellerie

Depuis hier matin vers dix heures, je suis absolument seule à la maison (avec mes deux chats, tout de même. Celui de sorcière et le codépendant affectif qui se prend pour mon mec.)

Avant de partir en vacances, mon ancien compagnon et actuellement colocataire avait fait le marché de ma semaine, pendant que je digérais les effets d'une soirée aussi chouette qu'inattendue, la veille (et malheureusement, d'un retour long et pénible comme seule Valérie Pécresse peut vous en mijoter ces dernières années).

Pour occuper ma solitude, je me suis rapidement trouvé une occupation de taille dont le moi futur se réjouira : préparer cette montagne d'épinards frais de façon à n'avoir plus qu'à les jeter négligemment dans une poêle chaude, quelques minutes avant de les manger. J'ai actuellement l'équivalent de 5 litres de feuilles d'épinards dans des boîte de conservation au frigo et je me félicite de la taille démesurée de ce dernier. Sachant que la présence de Cro-Mi, de loin en loin, n'ira pas jusqu'à absorber plus d'une cuillère à soupe de vert par repas, je pense qu'on peut en conclure que je ne vais pas risquer l'anémie cette semaine[1].

J'ai donc passé une bonne heure à enlever des tiges, rincer, essorer, sécher.

Si vous n'êtes pas capable d'un peu de sorcellerie, ce n'est pas la peine de vous mêler de cuisine. disait Colette.

Et ça tombe bien car dans l'acte de faire la cuisine, il y a ce moment particulier de déroulage de fils de pensées. Dans les miennes hier, ce sentiment d'appartenance à une famille (la génétique et la choisie) de femmes puissantes. De femmes sorcières. De femmes solides comme de grands arbres, racines plantées profond dans le sol, branches et feuilles frémissantes, capteurs des pensées qui voyagent dans le vent.

On en a reparlé un peu plus tard avec une amie-sœur chère.

Cette "puissance" qui fait peur, parfois.

Cette vulnérabilité qui va avec tout ce qu'on capte, tout ce qu'on devine, tout ce qui transite par nous et à quoi on cherche à donner du sens. Par le cœur que nous mettons en toutes choses.

Et le fait d'accepter de la montrer (ouch).

Quand une main vient se poser sur nos écorces, héritées de générations de femmes-arbres-sorcières, elle ne guérit pas nos blessure. Mais elle nous apaise et ce calme relatif est un soin, en soi.

Longtemps, j'ai eu un œil envieux sur l'idée d'être une femme plus simple, qui pouvait éplucher des épinards sans déclencher des tempêtes plus ou moins intérieures.

Plus maintenant.

La sorcellerie, ça rend la cuisine meilleure

Note

[1] Oui, je sais que c'est faux, l'histoire du fer et des épinards, c'était pour faire une phrase.

jeudi 4 avril 2024

Après moi le déluge

On est punis en banlieue.

Je viens d'en avoir la démonstration.

J'avais bien vu "averses" sur mon appli météo. Mais aussi des éclaircies et une vague promesse de soleil. J'ai même regardé les prévisions à Colombes ET Paris parce qu'on ne me la fait pas, à moi.

Evidemment par la fenêtre, ça avait l'air tonique, comme averse. Mais confiante en l'avenir que je suis, même pas peur, me voici partie armée de mon parapluie [1] et, c'est important pour la suite, vêtue d'une robe longue en coton. Mouillée pour mouillée, au moins je sécherai plus vite qu'en jean, m'étais-je dit. Cette force de prédiction va vous étonner.

Me voici donc sortie de l'immeuble, et c'est pas de la pluie, c'est le déluge. Il y a une pellicule de flotte sur le trottoir, les flaques sont infranchissables d'un bond, les caniveaux vomissent de la flotte, l'enfer.

A peine franchies les quelques centaines de mètres qui me séparent de l'arrêt de bus, je suis trempée des pieds aux genoux.

Foutue pour foutue, je m'engouffre dans ledit bus, qui a le bon goût de se pointer immédiatement et de m'emmèner au métro. Répétition du déluge pour aller de l'arrêt à l'entrée de la station (où les sortants campent, indécis, sur le seuil, contrariés par l'humidité ambiante et nous empêchant, nous autres, pauvres créatures trempées, de se mettre au sec. C'est pas pour balancer mais j'ai trouvé ça assez indélicat.)

Je finis par entrer et constate que ma longue robe, désormais gorgée d'eau, a rallongé de dix bons centimètres, ce qui la transforme en serpillère portative et moi en pauvre chose humide et renfrognée.

Bref, le trajet se passe, j'émerge à Liège où une petite pluie polie m'attend. Rien de traumatisant. C'est là qu'on voit les inégalités entre les quartiers bourgeois et les banlieues populaires, je trouve. A nous, les pauvres, la pluie épique, dantesque, et surtout mouillée. Aux riches les petits crachins médiocres.

Ma robe rallongée[2] et moi émergeons de la station, parapluie en main. Un pan de ma robe pendu au crochet de mes doigts, j'arbore le plus pur style princesse, celui-là même qui a fait ma gloire ces dernières décennies (hum) pour éviter de voler le travail des cantonniers parisiens. Enfin princesse qui montre ses jambes, du coup, mais on est en 2024.

Si vous me cherchez au bureau et que je n'y suis pas, c'est sans toute parce que j'aurai trouvé un pressing dans lequel je contemplerai, en soutif et culotte, un sèche-linge en train de faire son office (et si ça se trouve, ma robe aura tellement rétréci après que je ne pourrais plus la mettre, hahaha).

Je sèche, comme je peux, en maudissant l'inégalité sociale qui est la nôtre, même devant la météo.

___

Je déverse beaucoup, et sur beaucoup de blogs différents, ces jours-ci. Sans doute parce que j'ai toujours pris internet pour un psy pas trop chiant, un peu parce que "Parfois, on écrit comme on se déshabillerait devant la fenêtre, sans faire attention si le voisin est là ou pas." [3] J'ai même ouvert un blog de célibat, c'est tout dire. Si ça vous saoule, ignorez-moi. Un jour je serai de nouveau feignasse du blog et vous regretterez ce contenu d'une qualité contestable mais abondant.

Notes

[1] Neyrat, pour les connaisseurs, j'ai le snobisme bourguignon en matière de parapluies. Salut la team 7-1, salut Autun !

[2] Le premier qui me demande si ce n'est pas moi qui ai rétréci, je l'assomme à coups de parapluie.

[3] Cette phrase de mon tout premier blog m'a tout de même valu d'être citée par Pyschologies Magazine il y a deux décennies, on a les gloires qu'on peut, mais excusez-moi du peu.

mercredi 3 avril 2024

De la servitude insupportable et de la perte de gouvernance

Je suis un des "Knights who say Ni!" (ou chevalier du Ni, pour les amateurs de la VF).

La moindre perte de gourvernance ou de capacité à faire ce que je fais d'habitude m'est une torture. Je commence à trouver que oui, c'est un peu moins pratique avec les bras et les jambes en moins (en l'occurrence, c'est plutôt de niveau d'énergie disponible dont on parle).

Bref, quand ça ne va pas, je passe en force, je convoque je ne sais où, mais dans un truc que je tiens probablement de ma mère, une ressource supplémentaire. Je roumègue, je m'entête et je me laisse rarement arrêter sur le chemin d'une chose qui me tient à cœur.

Depuis quelques semaines je ronchonnais intérieurement que je lisais moins vite que d'habitude (et ça m'ennuie copieusement car ma "pile"[1] de lectures en attente, elle, tend à augmenter à la même cadence que d'habitude.

J'ai mis ça sur le dos de beaucoup trop de trucs à penser. Des soucis, des trucs plus joyeux mais envahissants aussi, de la logistique à anticiper.

J'ai mis ça sur le dos de la fatigue assommante qui me tient compagnie ces derniers mois (je lis, je m'endors, rince and repeat).

Et hier soir je me suis rendu compte, et j'en rigole en vous le disant, qu'en fait ma vue a baissé et que mes lunettes ne sont plus à ma taille, si j'ose dire.

La défaite de la vieillerie.

Après vérification, il semblerait que ça fasse deux ans que je n'ai pas mis les pieds ni les yeux chez l'ophtalmo.[2]

Celles et ceux qui ont toujours porté des lunettes se rendent bien compte des armes qu'on rend quand il faut naviguer dans un monde qu'on ne voit pas assez bien. J'ai toujours eu une excellente vue et de très bonnes dents, de mon côté (je n'ai, à ce jour, toujours pas la moindre carie, vous auriez dû penser à ça avant de faire des enfants avec n'importe qui. Le patrimoine dentaire qu'on lègue est loin d'être anodin).

C'est d'autant plus ironique que je me suis copieusement moquée de celui qui vivait avec moi à l'époque où il a été frappé, nettement plus jeune. Moi, ça allait, jusqu'au jour où dans un ascenseur parisien, je me suis retrouvée face à une affiche que je ne pouvais pas lire, faute de pouvoir reculer. Ca doit faire deux ou trois ans que j'ai dû céder à l'appel des verres progressifs et que l'augmentation de la taille de la police sur ma liseuse ne suffit pas toujours.

Et porter des lunettes, excusez moi, c'est d'un banal, mais c'est la merde. C'est toujours : plein de buée, à risque de prendre la pluie et donc d'avoir des gouttes énormes sur les verres par lesquels on aurait envie de voir le monde. c'est jamais à l'endroit où on pense les avoir posées[3].

Le pire c'est que, esthétiquement, ça ne me gêne pas du tout, j'aurais même tendance, parfois, à trouver que c'est une bonne occasion de laisser s'exprimer ma fantaisie accessoiriste naturelle. Mais je maudis le jour où j'ai opté pour ces lunettes qui se teintent au soleil : par beau temps, je suis grillée dès que je descends du roof top.

Bref. Je lutte en vain contre cette déchéance mais la vie gagne. Dans mes bons jours j'aurais tendance à penser que c'est un signe de santé suffisante.

Notes

[1] Une partie très conséquente étant dématérialisée, je ne sais pas si le mot pile s'applique, mais enfin bon, vous voyez, ne vous faites pas plus de mauvaise foi que vous n'êtes déjà !

[2] Et oui, maman, j'ai rendez-vous trèèèèès bientôt !

[3] J'ai écrit cette phrase uniquement pour saluer au passage la mémoire de ma grand-mère qui avait son emplacement n°1, n°2, n°3 etc où chercher. Au cinquième, une légère lassitude pouvait se faire sentir. De mon côté je ne cherche jamais mes lunettes, laissez-moi encore ce petit rempart.

mercredi 27 mars 2024

Des gens qui se suivent et ne se ressemblent pas

Je suis sortie du bureau hier soir avec trois quarts d'heure à tuer, avant de retrouver ma compagne pour la soirée. J'avais déjà copieusement arpenté Paris sous la pluie, depuis le matin, j'ai donc fait le choix de la facilité et filé au Starbucks de Saint-Lazare avec une envie de cappuccino, de musique dans les oreilles, de bouquin à la main, le long de la fenêtre qui donne sur la rue d'Amsterdam. A 30 pas de mon but, je me fais alpaguer par une dame qui me demande de l'argent pour acheter des laitages aux sept enfants qu'elle élève seule.

Je lui réponds que je n'ai pas de monnaie, elle me demande (sur un ton qui ne laisse pas énormément de place au refus) de lui offrir un chocolat. Je considère une seconde la situation, me dis que, ouais, la vie a été plus drôle qu'en ce moment, pour moi; mais pour elle, ça doit être pire. Parce que même si tout ce qu'elle va me raconter est plus ou moins vrai (ou plus ou moins faux), ce qui l'amène à venir chercher le contact dans une gare bondée, c'est probablement quelque chose qui fait de sa vie un chemin plus dur que le mien. Ou qu'elle a un sens du challenge hors du commun, ce qui ça mérite d'être félicité. Et merde, en ce moment, en tout cas, je peux encore offrir un chocolat, fût il au prix honteux que Starbucks pratique, donc je l'embarque. Elle me dit qu'elle va le boire avec moi, ma fibre anti sociale se hérisse et je lui propose de transiger : on bavarde dans la (longue) file d'attente, mais après ça j'ai besoin d'un moment seule. On a à peine fait un pas dans la queue elle me raconte qu'elle n'a pas mangé depuis je ne sais combien de temps car elle a un cancer. Que sa petite a des problèmes, il faut l'emmener chez l'orthophoniste, que la grande a des problèmes, il faut l'emmener chez l'ophtalmo. Et en fait c'est pas un cancer, qu'elle a, c'est deux dont un féroce qui lui donne des embolies pulmonaires et les traitements ça lui donne des plaques. Ça la gratte, ça lui fait des cicatrices énormes, et de là, elle me montre son bras, effectivement barré d'une énorme cicatrice, mais probablement pas due à du grattage (ou alors elle a des pattes de grizzly). Et je vous vois, entre incrédulité et hilarité, je ne suis pas complètement dupe, je la trouve super pimpante (dans un style relatif) et vive pour quelqu'un qui était en chimio ce matin et occupée à vomir le reste de la journée. Mais hey. Je joue cœur, toujours, même si ça me met parfois dans des situations improbables.

Dans ma tête, ma voix intérieure ricane : ma fille, tu es la victime parfaite du "Petit traité de manipulation à l'usage des honnêtes gens", l'ouvrage culte de mon amie Kozlika ! Et je m'en fous. Dans le doute, ça ne coûte rien d'envoyer un peu de gentillesse dans le karma. J'ai posé ma limite : celle d'un chocolat (bien évidemment elle choisit la version signature avec la chantilly, du coulis au chocolat, le Père Noël en string à paillettes qui clignote posé dessus et que sais-je encore [1] pour vous faire payer l'air au prix de l'or. On récupère nos boissons et elle part.

Je m'affale dans le fauteuil. Je mets de la musique dans mon casque, je sors ma liseuse. Rien à faire, je n'arrive pas à lire. Malgré Vialatte. J'ai déjà le cerveau qui pose des phrases pour raconter ce moment. Je suis crevée, j'ai peur d'oublier, je n'ai ni mon PC, ni de quoi écrire alors je raconte la scène au dictaphone de mon téléphone (pour découvrir ce matin que le bruit de fond du café couvre l'essentiel de ce que je raconte). Je souris en pensant à celui ce que je vais voir ce soir soir et qui se foutrait de moi dans un éclat de rire sonore si je lui racontais ce moment (je pense qu'il me trouve parfaitement naïve et bourgeoise, limite dame patronnesse à côté de la plaque, dans ces moments, et il a peut-être raison, mais, pas folle la guêpe, on s'est parlé de plein d'autres choses, pas de ça !)

Je souris en pensant à celui dont je sais pas s'il se moquerait un peu ou s'il dirait un truc super gentil ou un mélange des deux, si je lui racontais ce moment. Ça serait surprenant et l'occasion d'un sourire ou d'un rire, très probablement.

Je suis dans un état un peu bizarre. La vie trouve un chemin vers les mots, les mots peinent à restituer la vie, je suis à la fois de bonne humeur, et simultanément un peu triste que, parfois, le seul truc qu'on a à faire, c'est la manche à Saint-Lazare en espérant qu'une personne sur je ne sais combien s'arrête et écoute dix minutes avant que le grand flot ne reprenne le dessus.

Quand je suis sortie, elle n'était pas en vue. J'ai fait jonction avec celle qui a joyeusement accompagné ma soirée (chouette, une nouvelle copine !). Je me souviendrai longtemps de son air émerveillé quand celui qu'on allait voir a traversé la rue et qu'on s'est salués joyeusement. On a bravé les bourgeois du 16e, passé un très bon moment, plein de livres, de gens qui les écrivent, d'une qui les édite, d'une traductrice virtuose, de gens qui lisent et de chiens. Entre la discussion libraire/auteurs et ce qui a suivi, j'ai découvert avec joie que mon amie Gilda était là aussi et que la balle du "Quand est-ce qu'on se voit ?" avait diablement bien été saisie au bond. Mon dîner a consisté en une Guinness partagée avec cette joyeuse bande.

Ce matin, je me suis traînée un peu, pour arriver au bureau où je ne vais pas, habituellement, le mercredi. Epuisée, les jambes pleines de presque dix kilomètres d'arpentage d'hier. Mais bon, encore une irlandaise au programme ce soir. Je vais me maudire demain, avec cet enfoiré d'Hashimoto, sa grosse fatigue et les insomnies pour pimenter encore un peu la relation. Je vais probablement passer une grande partie de la fin de semaine roulée comme un nem dans ma couette en gémissant sur ma faible capacité à faire des choix de vie raisonnables. Mais non, je ne peux rien regretter de ces moments. C'était trop bon. Ca sera trop bon.

Note

[1] Au cas où l'un d'entre vous rêve de cet élément de décoration, je l'ai inventé de toute pièce, mais la chantilly et le chocolat sont véridiques