Sacrip'Anne

« Oui, je sais très bien, depuis longtemps, que j’ai un cœur déraisonnable, mais, de le savoir, ça ne m’arrête pas du tout. » (Colette)

lundi 16 mai 2022

Le retour de la vengeance du vélo bleu

Après une longue phase de télétravail exclusif, suivie d'une phase de travaux de ravalement de notre immeuble qui ont bloqué l'accès à notre cave et à nos locaux vélos, je n'avais pas pris mon vélo pour aller au travail (ni pour quoi que ce soit d'autre, d'ailleurs) depuis un an et demi.

Dire que j'appréhendais la reprise n'est rien. Mais le temps passant, le manque grandissait aussi. Et c'est ainsi que ce matin, à peine plus aguerrie qu'à mon tout premier trajet, j'ai donné le premier coup de pédale.

A mon immense surprise : ça n'a pas été si mal. Je me suis astreinte à rouler tranquillement (c'est-à-dire en étant capable de respirer bouche fermée tout du long). Du coup j'ai mis un peu plus longtemps que quand je le faisais régulièrement. Ok. De toute façon j'étais quand même la première arrivée, du coup, who cares (à part mes copains qui pensent que rouler à moins de 30 km/h c'est déchoir, mais on a déjà accepté qu'on avait pas la même pratique).

Mais bon, physiquement, ça va, je ne suis pas rétamée, par surexcitée non plus (signe que je serai cramée plus tard), je ne me suis pas sentie en difficulté.

Pour la patauderie, en revanche, c'est pas loin du retour à la case de départ (non, je suis beaucoup plus habile à passer les barrières anti 2RM), mais ça n'a jamais été mon point fort, donc voilà. Et ça reviendra tranquillement.

Me reste à explorer une petite piste pour ne pas avoir le détour absurde et chiant que j'ai fait ce matin pour éviter le tristement célèbre boulevard de Valmy, ce qui sera chose faite dès ce soir.

Et puis à recommencer.

Avec la joie ineffable de croiser à nouveau certain de mes "habitués", de se saluer joyeusement et d'échanger rapidement des "ça va et vous ?" qui font dire qu'il y a encore de jolies pépites dans le monde.

Mais, la morale de l'histoire, même après une pause, n'hésitez pas à replonger ! Votre corps se souvient avec moins de terreur que votre cerveau de ce qu'il a à faire :)

mardi 10 mai 2022

Comment ça va, la vie, le monde ?

Alors voilà, le jeune Gabin va mieux. Du coup je ne prends plus le temps d'écrire pour lui les bonheurs qui passent et me revoici déconnectée.

Il faut dire qu'on trépide, nous, cette année, ma bonne dame ou mon bon monsieur (ou même quoi mon.a bon.ne non binaire).

Pour la première fois depuis onze ans, nous avons des emplois du temps synchronisés, un peu moins de serrage dans le budget. Et une automobile à même d'y enfourner tous nos enfants (et même plus) assez confortablement pour vadrouille.

Un dragon à Calais, des vacances au soleil, un week-end en Normandie, des vacances en Bretagne, des cloches en Belgique, bientôt retour en Normandie, nous avons arpenté du kilomètre cette année, passé du temps avec un à trois de nos enfants selon les cas. Flairé le monde. Passé du temps entre amis. Finalement notre vie personnelle va, depuis deux ans, inversement proportionnellement bien par rapport à l'état du monde. C'est déjà ça, et on en profite d'autant plus que "qui sait combien de temps ça va durer".

C'était chouette ce périple à cinq en terres flamandes. On a eu un ciel bleu comme s'il était grec. Des frites jusqu'à plus faim. Des canaux à n'en plus finir. Du dépaysement plein les yeux, les oreilles, les estomacs. J'espère que ça sera un chouette souvenir pour les enfants, ça l'est déjà pour moi. Avec l'envie, pour la prochaine fois, d'aller aussi à Bruxelles saluer les copains.

Et nous voilà en pente douce vers le printemps chaud, puis l'été. Je ne sais pas pourquoi aujourd'hui, une tombée dans le vortex du souvenir, des pensées pour Erick. Absurdité de se dire que ça fera bientôt 4 ans qu'il est mort.

Professionnellement sa succession a été dignement honorée. Je pense souvent à comme il serait content de voir comment on a fait grandir tous ces sujets. Comme il se serait éclaté en enregistrements, en tournages. On aurait bien ri. On rit aussi avec ceux qui ont pris la suite, et on construit aussi un beau lien pro et humain.

Mais souvent encore, j'ai son rire dans les oreilles. J'imagine les moyens qu'il aurait trouvé de rire de tout ce qu'on a traversé. Bref. Minute nostalgique.

Quoi qu'il en soit, si le monde ne tourne pas très rond, nous, ça va. Et c'est précieux par les temps qui courent. Et vous ?

lundi 21 février 2022

La chatière

En bonne mère poule inquiète du souffle nocturne de ses enfants asthmatiques, j'ai longtemps milité pour garder la porte de notre chambre entre ouverte pendant la nuit. Histoire d'entendre le moindre début de toux, de pleur, d'appel. Et puis je suis devenue une vieille dame insensible (hahaha). Mais nous avons recueilli des chats. Ceux qui savent savent quel est le rapport haineux qu'entretiennent les chats avec les portes fermées.

Maintenant que les enfants sont grands et tout à fait capables de venir nous réveiller en cas de problème, ils sont aussi, pour deux d'entre eux au moins, capables de se lever / laver / alimenter seuls le matin et partir pour le lycée. En revanche, le faire en silence ? Mission impossible. Quant à dormir porte fermée, c'est la certitude de se faire réveiller par des griffements furieux d'ObiWan, codépendant pathologique, en pleine nuit.

Bref, nous avons percé la porte de notre chambre pour y mettre une chatière (et j'imagine ceux d'entre vous hilares à cette idée et je suis ravie de vous offrir gratuitement cet instant de joie).

Le premier jour, les chats la regardaient avec des airs de mafieux russes, en train de se demander comment lui régler son compte.

Et puis à la faveur d'une fixation insuffisante, nous l'avons démontée pour ne laisser qu'un trou. Chats ravis. Nous moins car le bruit passe bien par les grands trous dans les portes.

Hier nous avons mis à profit l'énergie un peu retrouvée pour la refixer, correctement cette fois.

Têtes indignés. Regards courroucés de l'autre côté du panneau plexi.

Je vous vois nous traiter de cruauté animale. C'est donc le moment de vous dire que l'entrée de leur litière fonctionne sur le même principe de porte qui bascule et qu'il n'y a donc RIEN de nouveau sous le soleil.

Mes girafes de chats [1] sont bloqués sur leur indignation. Nous avons donc misé sur une familiarisation progressive en bloquant à l'aide d'une chaussette la partie basculante suffisamment ouverte pour qu'ils puissent entrer ou sortir. Sauf que ce crétin d'ObiWan a fait tomber la chaussette et s'est retrouvé du mauvais côté de la porte, à son goût, à deux heures du matin. Grand bruit.

Bref. A la fin on va gagner. Mais sachez, et riez à notre santé, que nous passons un bien trop grand nombre d'heures ces jours-ci à convaincre des chats de passer dans un dispositif conçu pour eux.

La vie est pleine de surprises.

Note

[1] pour ceux qui ne seraient pas familiers d'"Une saison au zoo", il se trouve que les girafes sont au moins aussi rétives que mes chats à la nouveauté

dimanche 13 février 2022

Le conflit de loyauté des chats

A la faveur d'un test Covid positif, la maison est, ces jours-ci, coupée en deux.

D'un côté le pauvre malade (qui va plutôt bien, c'est important de le préciser), qui a droit à l'immense canapé lit et à la grande télé moderne du salon. De l'autre ceux qui résistent et s'obstinent, au moins pour le moment, à rester négatifs.

Les chats, entre les deux camps, sont perdus. Inquiets comme des enfants coincés au milieu d'un divorce, ils vont de l'un à l'autre avec une petite mine malheureuse qui fend le cœur.

Chats en greve.jpg, févr. 2022 La première nuit, ils ont choisi le camp du malade et j'ai dormi en étoile de mer, absolument seule au milieu du lit deux places. J'avoue que c'est un peu mesquin mais j'ai savouré (je dois dire pour me disculper que le canapé lit est très confortable, et que je sais donc que mon pauvre Covidé y dort confortablement).

Certes j'ai bien eu quelques visites d'ObiWan pour me signaler que le reste du monde était ailleurs, t'es sûre que tu ne veux pas venir ? Mais quand même le grand calme.

Deuxième nuit : les chats ont choisi leur camp. Maïa a choisi celui du malade (à part une incursion à mes pieds en fin de nuit). ObiWan a finalement trouvé que la chambre c'était bien et s'est installé précisément au centre du lit. Au temps pour mon étoile de mer.

On sent néanmoins à leurs regards insistants qu'à leur yeux félins on fait : n'importe quoi. Je veux dire : c'est quoi la vie, la vrai, si ce n'est pas de faire le tas de chat qui se tient chaud ?

En attendant de retrouver l'unicité de lit et d'appartement, nous vivons dans un courant d'air (pour les non parisiens, il fait 1° une grande partie de la nuit et de la matinée. Nous déambulons donc (enfin pas trop, seulement quand on n'est pas enroulés dans nos couettes comme des nems surgelés) vêtus de collants en mérinos sous nos pantalons, de deux épaisseurs dont une, toujours, en mérinos, sous les polaires achetées pour le séjour en Bretagne (et qui remercie mon sens de l'anticipation, finalement ???!!). D'ailleurs j'écris ce billet avec des mitaines. Voilà où nous en sommes.

Bref, vivement qu'on soit tous positifs ou négatifs, mais qu'on en finisse.

mercredi 9 février 2022

Le thé de l'Avent mais après

Un mot d'abord pour vous dire que cette recrudescence et de billets est due à un jeune Gabin de ma connaissance. En raison de son existence dans nos vies, j'ai recommencé à mettre par écrit quelques petits bonheurs quotidien, pour son profit. Et comme j'ai parfois envie de faire plus long, vous avez droit à la version longue. On dit merci Gabin !

YogiTea.jpg, fév. 2022 Or donc, j'ai le grand plaisir depuis plusieurs mois de vivre ma vie professionnelle dans une équipe géniale. Toute le monde bosse bien, tout le monde s'entend bien. Je n'ai jamais vécu ça à ce point dans ma déjà un peu longue vie professionnelle et je savoure ça chaque jour. Et or donc², en raison de cet été de fait, nous nous sommes fait de petits cadeaux à l'approche de Noël. Comme je suis une grande buveuse de thé(s), j'en ai reçu de différentes sortes dont un calendrier de l'avent Yogi Tea.

On était donc mi décembre environ, et à la faveur du télétravail, j'ai ouvert ce matin la case 14.

Pour ceux qui ne sont pas familiers avec Yogi Tea on peut résumer ça en "c'est bizarre mais bon. Parfois très bizarre. Souvent très bon". Et "la petite maxime pleine d'inspiration pour la journée".

Du coup j'ai deux rituels : ouvrir la fenêtre du calendrier de l'Avent et sortir le sachet du jour, avoir parfois quelques angoisses au vu du contenu (le piment doux m'a émerveillée, le gingembre citron m'a laissée sur une curieuse sensation de eurk ah mais si l'arrière-goût est bon). Et finalement être généralement ravie de ma boisson ! Et puis prendre en photo la maxime du jour et la partager avec mes collègues comme rituel de bonjour.