Sacrip'Anne

« Oui, je sais très bien, depuis longtemps, que j’ai un cœur déraisonnable, mais, de le savoir, ça ne m’arrête pas du tout. » (Colette)

jeudi 4 juin 2020

Hilarité de fin de matinée

Je dois confesser que, si à titre professionnel, je regarde en continu les statistiques de mes blogs, à titre personnel je n'avais plus mis le nez dedans depuis des années. Nombreuses.

Vous vous doutez bien que si je vous dis ça c'est que je viens de retrouver un mot de passe poussiéreux et me rendre céans.

Et de faire exactement ce qui nous faisait rire au début des années 2000 : regarde quels mots clés faisaient venir les gens qui ne sont pas des copains, alertés par un tweet, un toot, un flux rss ou une visite de courtoisie.

Figurez-vous que j'ai deux spécialités. Cyrano et l'huile de pépin de raisin.

Si j'espère que les élèves en difficulté avec Hercule Savinien ne mettront pas trop de fantaisie dans leurs propos après m'avoir lue, je rigole encore à l'idée del'huile de pépin de raisin avant même relire ce billet culte. D'ailleurs un jour on devrait faire un bouquin sur la grossesse avec les slips filets de Vroumette, l'huile et autres découvertes improbables faites sur le champ de bataille, si j'ose dire.

Bref, j'ai bien ri.

Et pour répondre à la question : que fait Roxane quand elle découvre la supercherie ? Et ben elle pleure, la superchérie (ne mettez pas ça dans vos copies, les mômes !!)

dimanche 31 mai 2020

Ce temps ensemble

Je me faisais la réflexion que ce confinement, et le temps passé depuis puisque même si Lomalarchovitch pointe une tête de temps en temps à l'école et que le rythme de garde alternée des grands nous en prive une semaine sur deux, nous sommes toujours à la maison, a été l'occasion de passer plus de temps avec mes enfants qu'à aucune autre occasion de nos vies communes, à part le congé maternité.

C'est d'autant plus chouette qu'en congé maternité, on est pas, à proprement parler, en congé, et que même si la venue au monde de ces petits êtres débutants est un moment de grande fascination sur la vie, sa force, son sens, et toutes ces sortes de choses, c'est aussi un moment intensément fatigant où l'on est, en général, pas trop disponible à soi-même.

Là, même s'il a fallu tout ensemble tenir la maison, la ravitailler dans des conditions parfois compliquées, faire l'école, les gardiens de la sérénité et du marketing pour ma part et un peu d'école en ligne pour L'Enchanteur, le niveau d'autonomie moyen des enfants était suffisamment élevé pour avoir des temps pour eux, des temps pour soi, des temps pour nous.

Cro-Mi a eu 14 ans la semaine dernière et je vois ce grand machin qui vire du bébé à la sagesse ancestrale en moins d'une seconde. De l'immense candeur à la ferveur militante, mille et une facettes en pleine explosion et une chouettement belle personne avec qui les conversations sont passionnées et passionnantes. Le temps va filer encore et demain ça sera une belle personne adulte qui m'appellera "ma petite maman" (même si ses chances de me dépasser sont en perte de vitesse, mais bon, si ça lui fait plaisir :devil: ).

L'an prochain ça sera le CP pour Lomalarchovitch, cette classe où on entre avec encore des traces du bébé qu'on a été et dont on sort enfant. Il nous restera quoi ? Encore un an ou deux de déplacements façon balle rebondissante après, un ou deux ans d'âge très bête et il sera à son tour pré ado, ado. Je vois ça avec un peu de nostalgie, ces jours-ci.

Et cette nostalgie de l'amour fou qu'ils ont pour nous enfant, des relations formidables qu'on a avec eux dans la petite enfance, est un peu consolée par tout ce temps qu'on a eu ensemble.

Bien sûr on les a faits pour qu'ils grandissent. Bien sûr qu'on aura des chouettes relations avec eux aussi plus tard, toute notre vie. Bien sûr qu'ils nous aimeront encore et qu'il y aura des câlins.

Mais vraiment j'ai aimé avoir ce temps volé à la vie "normale", même s'il fait questionner aussi ce qu'on trouve normal à la vie.

C'est bon, je savoure jusqu'à la dernière goutte.

mercredi 13 mai 2020

Les chats, ça sert à rien

Quand je pense que Moukmouk passe son temps à harceler les humains chez qui vivent les chats, en les traitant de meurtriers (les chats, pas leurs humains).

Quand je pense qu'il ose déclarer à qui veut l'entendre que les chats sont des tueurs d'oiseaux, des massacreurs rageux qui dépeuplent nos cieux et nos arbres et brisent l'équilibre naturel des populations.

On voit bien qu'il n'y connaît rien en chats, Moukmouk.

La preuve.

Ce matin, vers 6h30, un gros con de pigeon a atterri comme une barrique bourrée de l'autre côté du volet métallique de notre chambre. La fenêtre ouverte et donc sans la magie du double vitrage, c'était aussi discret que le bruit des scooters sur les trottoirs au petit matin.

Puis ce con de pigeon s'est mit à produire des sons graves, assez peu mélodieux et surtout très répétitifs pendant un moment qui m'a semblé interminable.

UselessCats.jpg, mai 2020Pendant ce temps, nos chats, décoratifs jusque dans le sommeil, s'appliquaient à ce qu'aucun de mes pieds n'ait froid en ce petit matin frisquet.

Ont-ils bougé ne serait-ce qu'un bout d'oreille ? Une vibrisse ? RIEN !

Le repos total, l'indifférence caractérisée. Même le rouquin qui pousse des cris de chèvre bégayante quand il voit passer un oiseau à 2 kms. Là un gros piaf bourré à moins de 3 mètres ? RIEN vous dis-je. Pas un miaulement d'avertissement, pas un feulement ou un crachement destiné à terroriser l'oiseau.

Fort heureusement Noé s'est levé pour remplacer les chats (enfin il n'a ni craché ni hérissé son poil ni remué quoi que ce soit dans une attitude prédatrice, il a juste fait du bruit pour faire peur au gros con de pigeon).

Le pire c'est quand le réveil a sonné et que les deux couillons ont pris l'air offusqué de qui a faim et espère bien qu'il y aura des croquettes fraîches dans sa gamelle.

lundi 11 mai 2020

Jusqu'ici tout va bien

Déconfinement, certes, mais pour nous ça ne change pas grand chose.

Je suis encore en télétravail pour plusieurs semaines (et à entendre le vent qui bat mes volets pendant que je travaille ce matin j'en suis bien contente), Lomalarchovitch ne reprendra pas cette semaine...

Ce qui va nous changer le plus d'ici fin mai c'est de retrouver le Lutin et moins de contraintes autour de la promenade de santé.

Je croise les doigts pour un été un peu plus libre, même si je ne m'autorise pas vraiment à espérer prendre le soleil, voir mes parents, neveux et nièce, frère et belle-sœur. Nous verrons, j'espère me tromper, même si les images de transports en commun parisiens ce matin n'incitent pas à une confiance débridée (prenez soin de vous les gens).

Pour autant on est pas au bord de l'explosion à rester chez nous.

On a rendu Cro-Mi à son père hier, la semaine a été rieuse et tranquille. Lomalarchovitch a son âge mais il est toujours souriant, de bonne humeur et partant pour une nouvelle aventure, fût-elle entre quatre murs.

Hier j'ai fait ma première sortie non fonctionnelle (je suis allée deux fois chercher Cro-Mi chez son père pendant le confinement), nous sommes allés au square d'en bas chasser les Yokaïs, on a fait le tour du pâté de maison tranquillement, une heure en tout, j'étais comme ivre de plein air le soir.[1]

La nature reprend ses droits sur les trottoirs urbains et j'adore ça.

Je regarde autour de moi et je mesure la chance que nous avons.

Entre adultes qui se déchirent, enfants aux comportements qui signalent le trop-plein...

Bien sûr je ne présage pas du futur. Bien sûr cette expérience laissera probablement des traces que nous ne devinons pas encore aujourd'hui, dans notre foyer.

Mais jusqu'ici tout va bien. Et Lomalarchovitch a même appris à faire son lit et à manger un peu moins salement au passage.

On se lit des histoires, on écoute de la musique, on regarde des films, on cuisine, on s'aime et on se le dit. Cette bulle est sereine et on va tenter de la faire durer un peu.

Note

[1] Et j'ai une ampoule entre les doigts de pieds, je savais que j'avais une bonne raison de haïr les tongs

mercredi 6 mai 2020

La joie du pain

Le Paing.jpg, mai 2020

Il y a longtemps qu'on fait notre pain à la maison pour cause de pas de bonne boulangerie très près de chez nous.

Là où le confinement a été une forme de nouveauté, c'est quand la pénurie de levure boulangère a pointé son nez. [1]

Comme nombre de confinés nous nous sommes lancés dans la fabrication d'un levain, nommé Marius Balthazar pour ceux d'entre vous qui n'auraient pas suivi, un jeune levain gaillard et plein d'enthousiasme.

Je dois dire que c'était pour moi un peu une solution "à la guerre comme à la guerre" car le pain au levain n'était pas du tout mon préféré.

Mais bon, à la guerre comme à la guerre, donc.

Depuis nous passons un temps considérable à l'admirer buller, monter et descendre, tester des recettes de pain, de brioches, gaufres et autres joyeusetés gourmandes. On l'apprivoise peu à peu, on connaît ses goûts, ses appétits.

Le pain cocotte est devenu une routine, on a testé le pain dit "feignasse" et réussi hier un délice de pain à la farine de grand épeautre et au barbu du Roussillon, si ça n'est pas évocateur, rien que de le dire comme ça.

Alors oui, je comprends que c'est hyper énervant, pour ceux que ça n'intéresse pas, de voir les boulangers amateurs exposer leur levain et leurs beaux (ou moins) pains croustillants sur les réseaux sociaux.

Mais d'un autre côté il y a quelque chose de tellement fascinant dans la vie du levain, la panification, que c'est un enthousiasme fort difficile à ne pas partager.

Note

[1] Plus jamais je n'écouterai Noé quand il me dira "arrête de prendre de la levure pour les courses, on en a plein d'avance !"