Sacrip'Anne

« Oui, je sais très bien, depuis longtemps, que j’ai un cœur déraisonnable, mais, de le savoir, ça ne m’arrête pas du tout. » (Colette)

vendredi 13 mars 2020

Des choses à raconter

Or donc les écoles ferment.

Pour cause d'asthme je suis en télétravail à durée illimité (les semaines à trois enfants à la maison ça promet d'être joyeux !), mes collèges vont l'être beaucoup, peut-être rapidement totalement, nous verrons.

Cette épidémie de Coronavirus (je ris d'avance en imaginant ma tête, relisant ce billet dans dix ans : quels souvenirs en aurai-je ?) nous vaudra au moins une chose : avoir vécu cette situation jusque là inédite dans ma vie.

Comme je disais à des amies chères ce matin : au moins on aura des trucs à raconter quand on sera vieilles.

Je regarde d'un air effaré passer des infos sur les hypermarchés dévalisés. Noé me signale à l'instant qu'on manque d'oeufs, je ne sais que penser à l'idée de passer chez Leclerc en rentrant de l'école. Y trouverons-nous des cohortes de vieillards affamés faisant le plein de pâtes et de PQ ? Sera-ce Walking Dead aux Fossés-Jean ?

Rentrer de l'école, aller y déposer Lomalarchovitch. Voilà un plaisir de télétravail qui disparaît aussi.

Je suis sûre qu'on tirera le meilleur de cette situation, mais que restera-t-il de notre santé mentale après plusieurs semaines de travail avec ce joyeux et infatigable zébulon toute la journée ?

Bref. L'inconnu.

La sensation un peu étrange de perdre des repères.

Mais aussi une forme d'excitation à vivre de nouvelles choses. A en découvrir.

Ces dernières semaines / heures sont bien étranges, résolument.

lundi 2 mars 2020

L'AB Test du pot-au-feu

Férus de cuisine et de gadgets qui aident à la faire, nous avons récemment fait l'acquisition d'un multicuiseur, qui mijote, cuit à la vapeur, à haute pression et permet d'avoir l'impression de piloter un vaisseau spatial pour Mars quand on appuie sur ses boutons.

A vrai dire je n'ai jamais, de ma vie adulte, possédé de cocotte-minute et j'ai une faiblesse sur la cuisson des légumes secs, que je rate avec une régularité déconcertante. Ca me coûte de l'avouer en public, mais c'est comme ça.

Ce magnifique instrument (que j'ai oublié de prendre en photo en vue d'écrire ce billet, hélas), était donc la promesse pour moi de pois-chiches merveilleusement et rapidement cuits[1] , de lentilles enfin comestibles, de haricots blancs fondants et savoureux.

Entre autres.

Mais nous ne nous sommes pas arrêtés là, non non non.

Nous avions déjà testé le mode mijotage pour le boeuf bourguignon, qui a été adopté à l'unanimité des membres de la famille présents pour la dégustation.

Le temps était venu de tester le pot-au-feu.

Sauf que Noé, dans un enthousiasme délirant, a acheté de quoi faire une double dose de pot-au-feu par rapport à nos besoins pour au moins deux tournées.

J'ai alors suggérer de faire concourir notre bonne vieille gamelle avec l'instant-pot, histoire d'adapter les méthodes de l'AB Test [2] qui occupent une partie de ma vie professionnelle à la maison. J'ai sérieusement cru qu'il a allait m'envoyer promener, mais non, je suis rentrée un soir et il y avait deux pot-au-feu pour 10 personnes chacun qui mijotaient, chacun dans son pot.

Fort heureusement, on aime le pot-au-feu, à la maison.

Et c'est la version Instant Pot qui a gagné.

Quelle aventure, mes aïeux.

Notes

[1] De fait, nous avons transformé ce week-end 1 kg de pois-chiches secs en 2,4 kgs de pois-chiches cuits et congelés en sachets de 400 g prêts à l'usage, je JUBILE !

[2] Pour ceux qui ont la flemme de cliquer, une comparaison entre deux versions d'une page / d'un email / d'une appli pour voir ce qui fonctionne le mieux et optimiser en fonction

mercredi 26 février 2020

Mais il a posé la question !!!

La vie avec Lomalarchovitch n'est pas un exact repos des neurones.

Un jour je vous raconterai comment il s'est pris de passion pour Fort Boyard et comment, contrairement à ce qu'on pourrait penser, ça ne nous laisse aucun loisir de rester avachi, l'oeil dans le vide, faisant semblant de regarder.

Mais pas aujourd'hui.

Il y a quelques semaines au ciné, il y avait une bande annonce pour un film quelconque, deuxième d'une série. Avec le 2 écrit en chiffres romains.

Photo by Shoaib SR on Unsplash

Lomalarchovitch qui sait lire me demande pourquoi il y a II au lieu de 2, me voici partie dans une explication rapide sur les chiffres romains.

Qui passe tranquille, l'occupe jusqu'au film et basta [1].

J'avais complètement oublié le sujet jusqu'à hier soir, quand, à l'occasion de la lecture de notre chapitre quotidien du Petit Prince il me fait une remarque selon laquelle il est nul en chiffres romains [2] et me demande de quel numéro de chapitre il s'agit.

Je réponds, logiquement [3]

Et me voici partie dans une série de :

Et comment on écrit cinq en chiffres romains ?
Et dix ?
Et cent ?
Et 492 ?
Et 60 000 ?

Après des réponses, des explications embrouillées sur le fait que le romain c'est pas très pratique pour les grands nombres[4] me voici à lui griffoner une table de correspondance de 1 à 15, puis les lettres pour 50, 100, 500 et 1000 et enfin son année de naissance et la mienne.

Quasi apaisé il est parti se coucher.

Et s'est levé titubant de sommeil encore chaud le lendemain, la liste froissée triomphalement à la main. Car oui, il faut dormir sur (ou agrippé dans la menotte) tout nouveau savoir pour bien l'intégrer, comme chacun sait.

Ce matin il faisait interro orale à son frangin et je pense qu'on en a pour 6 à 8 mois pour répondre au flot de ses innombrables (même en chiffres romains) questions à venir sur le sujet.

Si quelqu'un a des lumières sur l'écriture des très grands nombres chez les romains, on prend, merci d'avance.

(Oui j'écris beaucoup sur ce blog ces jours-ci, ne prenez pas ça comme une promesse) (mais les statuts sociaux c'est trop court)

Notes

[1] ça serait bien mal le connaître que de penser que le sujet en resterait là

[2] C'est un piège !!! Il ne faut pas tomber dans le panneau !!!

[3] Oui, évidemment, je suis tombée dans le piège

[4] Je ne suis pas super fluide en chiffres romains passé quelques dizaines, et c'est là mon moindre défaut

mardi 25 février 2020

Un jour peut-être

Ces derniers mois, cette dernière année et demi de vie ont été sérieusement compliqués par des questionnements, liés à l'adolescence de Cro-Mi, que je n'avais pas vus venir.

Ceux qui savent, savent, je n'écris pas ici ni même sur le blog privé car d'une part il en est de la vie privée des ados et ça, ça se respecte. Et d'autre part car nous ne sommes pas à l'abri d'yeux malveillants (pas vous, les copains, bien sûr) dont nous ne voulons pas sur notre vie de famille.

Exercice d'équilibriste, donc, où je ne me sens pas autorisée à parler de mes états d'âme car ils n'impliquent pas que la mienne, d'âme. Mais quand même ça soulage.

Et même, ça a tangué et secoué très fort.

Ca fait partie de ces moments où vous sentez tout d'un coup la confrontation de vos valeurs "en théorie" et de ce que vous ressentez au fond de vos tripes.

Et puis la réflexion se fait, le temps passe. On apprivoise certaines idées, on se force à en reconstruire d'autres. On ose pas prendre de paris sur l'avenir, ni dans un sens ni dans l'autre.

Alors on se pose dans le présent et on accueille, tout simplement, son enfant dans ses états quotidiens. Son plus tout à fait enfant. Aka "spécialiste du retournage de tête" (je rigole) (pas du tout) (dire qu'il en reste, de son adolescence, et de celle des deux autres) (ils vont me tuer) (mais qu'ils sont magnifiques).

Et puis il vient un moment d'apaisement où on se dit que quoi qu'il advienne du futur, à l'instant T, là, tout de suite, maintenant, il n'y a pas vraiment de problème. Dans cette minute précise, tout va plutôt bien.

On verra quand il sera temps.

(Mais avec une forme de relative sérénité vient l'épuisement de mois de travail de cerveau et de coeur en avant et arrière-plan.)

jeudi 20 février 2020

Dans la famille Les Crados, je demande...

Ca fait assez longtemps qu'on a pas parlé de mouchage ici et j'avoue que ça manque un peu aux internets, à mon avis.

Or donc j'ai découvert, notamment grâce à Anna Musarde, l'existence et les vertus de la pipe à laver le nez et malgré quelques réticences initiales, j'ai fini par en adopter un(e).

Je dois dire que c'est absolument efficace, la durée de mes rhumes est passée de trois semaines à trois jours, la fréquence de mes crises d'asthme a diminué, bref, je ne cesse de chanter les louanges de cet outil merveilleux.

Y compris à mes enfants.

Qui ne sont pas tout à fait aussi convaincus que moi. Inspirée par l'un des trucs qui nous faisaient rire dans mon enfance, les Crados (je mets un lien pour les pauvres jeunes qui passent ici et n'ont pas connu) (vraiment vous avez loupé un truc), je leur raconte la jubilation dégueu mais totale de voir l'huître bien cracra passer par sa narine pour disparaître au fond du lavabo.

Ca les fait ricaner.

Et figurez-vous que ça ne marche pas qu'auprès du jeune public, mon prosélytisme sur le sujet me poussant à recommander cette solution très largement.

Et je dois dire que toute considération nasale mise à part, il n'y a pas grand-chose de plus joyeux dans la vie que de rire comme des baleines de sujets cracras type morve et compagnie.