La vie et toutes ces sortes de choses

vendredi 9 mars 2012

La socialisation des filles

Mercredi soir, nous parlions (aussi) de la programmation des filles en matière de socialisation -au plus grand étonnement de ceux qui, partis plus tôt, en sont restés à de sombres histoires de friture ou de tricotin.

Nous en étions à constater que nous autres, filles, émettions des signaux en direction de garçons qui ne les voyaient pas, pour le plus grand effet comique quand on sait se raconter avec beaucoup d'auto-dérision, mais quand même, pour notre plus grande tristesse, parfois mutuelle, quand on se rate.

De fil en aiguille et en échange de micro bouts d'opinions sur twitter pour poursuivre la conversation, je me faisais la réflexion que, bien que pacha, un peu, mon papa n'avait jamais insinué d'aucune manière que ce soit que, étant née fille, il y avait des choses hors de ma portée ou des choses que je ne devais pas faire.

Et bien qu'adepte contrainte de la double (ou triple) journée, ma maman n'a jamais insinué qu'en tant que fille, je devrais faire ci ou ça, ou quoi que ce soit.

Pour autant, tout en ayant assidument donné dans le dire (ou plutôt écrire) plutôt que de rester dans le flou, quand il était question de commerce amoureux, ce qui n'a pas toujours porté ses fruits au demeurant, il m'a fallu arriver à l'âge avancé de 35 ans, 11 mois et 27 jours pour faire ce qui jusqu'à présent me semblait à moi, féministe convaincue, un truc "pour les garçons" : aller me servir à la source. Faire le premier pas. (Musique vaguement angoissante en arrière-plan).

C'est ainsi que l'Enchanteur qui ne l'était pas encore tout à fait et qui semblait fermement décidé à rentrer chez lui a finalement retardé un peu son départ, sur un mode "j'avais rien vu venir mais bon, laissons-nous faire" [1] [2]

Bref, tout ça pour dire que la société est forte à nous programmer et qu'il ne suffit pas de parents, d'une éducation non sexiste à la maison, pour sortir des stéréotypes qui sont les nôtres.

Notes

[1] enfin ça c'est ce qu'il me dit à moi. Et si vous arrivez à lui tirer quelques commentaires sur le sujet, vous serez très forts. Pour ma part, il m'arrive parfois de penser qu'il a été trop poli pour refuser et que maintenant il est tout empègué, ne sachant plus comment dire que oui, mais non. Fort heureusement, il a l'air plutôt satisfait de son sort et de ma cuisine, ce qui tend à me rassurer.

[2] C'est une blague, hein, il me semble qu'il est content pour de vrai de mon effronterie !!!

jeudi 8 mars 2012

Après la tension

Se faire un peu violence pour renfiler des chaussures, partir sous la pluie, pester contre le distributeur de tickets en panne.

Mais arriver dans un lieu chaleureux, y retrouver des gens qui le sont encore plus. Rire au kilomètre. Raconter des énormités. Rire encore plus.

Révolutionner nos modes de vie par l'invention d'une trouvaille propre à changer le cours du monde en matière de doigts de mitaines.

N'en être que plus fatiguée, mais détendue, ô combien.

Ca fait du bien, les coupaings.

lundi 5 mars 2012

Un matin parmi d'autres

Pour illustrer plus précisément la question de Brige, voici un matin comme les autres du lundi au vendredi.

6h45 : réveil. Quelques secondes pour émerger, me serrer un peu contre l'Enchanteur quand il est là. Puis sauter du lit. Attraper montre, bague sur la table de chevet et sous-vêtements dans la commode pour ne pas multiplier les allers-retours et re réveiller l'homme qui dort.

Pipi. Sortie du lit de Mlle Cro-Mi. De deux à dix minutes selon les matins. Câlins d'éveils et premiers "hop ! on y va". Chauffage de la tasse de lait de la demoiselle pendant son propre passage aux toilettes. Sortie de la théière et de la tasse ardoise sur laquelle j'écris un mot à l'homme qui dort.

Mise en place sur la table de la tasse de lait entretemps chocolatée et du complément de petit déj de Cro-Mi pendant qu'elle se lave les dents. A ce stade je suis encore, au mieux en t-shirt. Si tout va bien j'arrive à me brosser les dents pendant qu'elle finit les siennes et commence à s'habiller.

Il est environ 7h05. Surveillance de l'habillage de la jouvencelle en procédant à mes ablutions matinales. Puis tressage serré serré de ses longs cheveux, lavandage, vérifications que tout est dans le bon sens. Demoiselle expédiée au petit déjeuner pendant que je passe un coup de brosse dans mes cheveux, un coup de mascara dans mes cils, que je saute dans mes vêtements. Je rêve déjà du soir, du long bain, d'un peu plus de temps.

7h20 : litanie de dépêche-toi à celle qui fait traîner sa tasse de chocolat. Au revoir désolé à celui qui va se rendormir, et dans les bras duquel j'aurais préféré rester. Manteaux, et s'il y a lieu écharpes et bonnets.

7h25 : départ

7h32 : arrivée au centre de loisirs, déshabillage, câlins, bisous

7h38-45 selon le retard pris dans les étapes précédentes : ai rejoint le parking, démarré la voiture.

7h58-8h10 selon le retard pris dans les étapes précédentes et les bouchons : arrivée dans le parking du bureau.

Démarrage de la journée de salariée.

(Là, rien que d'écrire le billet, je suis fa-ti-guée !!!)

vendredi 2 mars 2012

La vie de bureau

Je ne vais pas vous parler de MA vie au bureau, encore qu'elle aille plutôt bien ces temps-ci, mais de ce qui fait LA vie de bureau.

Les horaires réguliers, très, trop.

Les journées rythmées par les dépêche toi du matin, et ceux du soir, pour faire entrer tout ce qu'il y a à faire y compris les câlins.

La crainte du bouchon qui mettrait en péril l'arrivée à temps au centre de loisirs le soir.

Et puis cette frustration de passer à côté de temps disponible pour ceux qui ont d'autres genre de contraintes.

Tenez, ma belle Luce, en ce moment, j'aimerais bien pouvoir me déplacer dans la journée pour prendre un thé avec elle sans lui créer une contrainte de long chemin à elle.

Ou passer du temps avec mon Enchanteur, autrement qu'épuisés le soir à pas d'heure.

Il y a quelque chose d'inflexible dans cette vie de bureau qui parfois pèse un peu trop lourd (mais quand on a pas envie de cultiver le tempérament "lonesome cowboy du travail", faut faire avec). Un peu lourd et qui ne colle pas tous les jours à la réalité de la charge de travail ou à la façon dont on pourrait l'accomplir.

Mais bon. Quitte à perdre sa vie à la gagner, j'ai la chance d'avoir quelques belles compensations, me dis-je parfois dans les moments de raz-le-bol...

(Et non, c'est pas le salaire mirobolant, hélas...)