La vie et toutes ces sortes de choses

mardi 5 juin 2012

D'joberie

Chers gens, les aminches.

Comme la nouvelle n'est pas encore officielle, je vous l'annonce en avant-première, assurée que je suis que vous n'irez pas cafter !

Je change de boulot !

C'est un changement dans la continuité puisque je vais faire, environ, trente mètres dans le couloir. Bosser avec ceux qui sont mes coupaings de bureau pour le moment, avec un nouveau chef que je connais depuis 5 ans, donc, au moins, mes repères ne seront pas trop perturbés.

Pour le fond, je quitte la hauteur de vues qui nous occupe pour passer du côté des méchants vendeurs, il va falloir user de plume et d'organisation, de diplomatie et d'inventivité, enfin bref, l'ensemble a l'air assez excitant, et surtout me permet de me décrasser le neurone, englué dans 7 ans de routine.

Pour la forme, ça va aussi me permettre de sortir des pattes de mon chef. Avec qui on a fait le tour des possibilités de travailler ensemble, je pense, et avec qui, au terme de plusieurs mois de collaboration courtoise mais glacée, nous nous quitterons sans trop de regrets.

Enfin pour moi, lui va morfler étant donné son très faible niveau d'autonomie sur les sujets qui vont, désormais, l'occuper.

Gniark gniark gniark !

Comme quoi parfois, le changement, ça a du bon !

(Pour autant, la réévaluation de mon salaire reste un point à négocier habilement dans les mois à venir, parce que là, marre, hein !)

jeudi 31 mai 2012

Usage et utilité des chaussures roses

Mes chaussures font, au bureau, souvent parler.

Non que j'arbore tous les jours des teintes éclatantes, mais suffisamment souvent, au moins à la belle saison, pour que ça soit mon "petit truc" (mon super pouvoir qui ne sert à rien : porter des chaussures qui font causer !).

Mes camarades qui sont des pipelettes et des petits curieux viennent de trouver, en dehors de l'occasion de création de lien et de bonne humeur, une nouvelle utilité à mes pompes.

En effet, les rares bureaux cloisonnés le sont de verre. Mais ! De verre pourvu de bandes dépolies dites "de confidentialité". Et elles portent fort bien leur nom puisqu'une fois les portes fermées, il est bien compliqué de savoir qui complote avec le chef est en réunion et donc pas disponible dans l'instant pour faire avancer le dossier sacrément stratégique de l'approvisionnement en café.

Une bonne partie de mon étage est donc devenu assez spécialiste en "à qui sont ces chaussures", en cette période de réorganisation échevelée que nous connaissons. Un fort bon moyen de gagner le pari du "qui est nommé où" ?

Or, quand c'est moi qui complote suis invitée à parler boulot par l'un de nos chefs... busted ! Ma façon de leur donner en loucedé des infos encore confidentielles ? ;-)

Du coup, pour les nouvelles, je n'ai pas trop hésité sur la couleur !

Pink Crocs !

(Cassedédi à ma môman, qui a les pieds de la même couleur !)

mardi 29 mai 2012

Passage à l'essoreuse à salade

Ca secoue, quand même, ces derniers mois.

Ca secoue, ça fait peur, ça noue les tripes.

Des mots, par milliers, pour se dire des choses importantes et des petits riens, pour se dire les liens.

Ca secoue en bien, aussi. La maison n'est plus une maison "des filles" et ça c'est une vraie bonne nouvelle, à laquelle je dois beaucoup d'équilibre dans les phases qui ont secoué.

Le fait est que, quand même, là, je suis épuisée.

Rassurée : ceux qui nous ont joué des tours vont bien. Avec de l'espoir qu'on s'offre quelques mois (années ? décennies ?) sans grande trouille majeure.

Et épuisée comme quand on décompense. Quand les nuits de sommeil n'y suffisent plus, quand il faut aller chercher dans les réserves et que c'est une fatigue de plus.

Vivement les vacances, qu'on se repose, j'espère.

Et qu'on profite les uns des autres, puisque c'est ça qu'il faut retenir, avant tout : maintenant tout le monde va bien.

vendredi 25 mai 2012

Comment thé ?

Il en boit des litres à la chaîne et ne peut envisager de sortir de la maison sans en avoir deux ou trois mugs dans l'estomac. Au bas mot.

Le premier, pour moi, est bien souvent au bureau, en arrivant.

Je le bois tiédi, parfois froid, et donc bien plus lentement. En général il refait déjà chauffer de l'eau que je n'ai pas fini ma première tasse.

Il a un art de le verser, un doigt posé sur le couvercle de la théière, qu'avec mes petites mains je ne peux pas égaler, alors j'en mets plus à côté que lui.

Il en a une connaissance quasi encyclopédique, j'en ai des approches plutôt "çui là je l'aime et pas çui là".

J'ai arrêté de le sucrer depuis qu'il m'a virtuellement lapidée avec des sucrettes en sachet :p

J'ai hâte de notre prochain thé, tous les deux. Avec un peu de chance et par la magie d'une brève concordance d'emplois du temps, demain après-midi ? Sinon dimanche matin, au réveil...

mercredi 23 mai 2012

Stabat Mater Dolorosa

Curieuse concordance des temps, bousculades de sensations...

Mardi dernier j'écoutais une femme ordinaire et extraordinaire à la fois parler du sacrifice maternel, au sens : la mère fera toujours tout pour ses enfants avant elle. (On parlait là de survie et pas de confort, de conditions si précaires qu'il n'était pas question de parler de petits conforts du quotidien).

Ses mots avaient quelque chose de très universels, elle qui vient de l'autre côté de la Méditerranée. On ne parlait pas de culture, de religion, de civilisation, mais de tripes maternelles, d'un instinct venu du fond des âges et qui fait qu'en premier, on protège nos petits, on les met hors de danger.

Ca n'excluait pas les pères, bien qu'elle ait exclu celui de ses enfants, ça ne leur enlevait rien, ça disait juste quelque chose qui devient évident quand on entend les premiers pleurs de son enfant, quand tout se passe bien. Simplement.

Alors le soir on a écouté le Stabat Mater de Pergolesi. Et bien que très peu (en fait, pas du tout) catholique moi-même, je ressentais dans mes tripes cette femme, debout, entre colère et souffrance animale, entre vibration vers son fils et désespoir. Elle est la mère du Christ qu'on crucifie, mais elle est surtout toutes les mères quand les enfants sont en danger, petit ou grand. La musique de Pergolesi réussit à rendre ça, étonnamment fort, dans mes tripes et dans mon cœur.

J'en ai parlé ensuite à une amie qui va bientôt être une maman avec l'enfant dans les bras, et plus à l'intérieur de sa tête et de son ventre.

Et puis mercredi soir vous savez ce qui s'est passé et c'était mon tour d'être pétrie d'angoisses, de peur, de force, d'impuissance, d'amour et de colère.

C'était moi la mère debout, et contre ma poitrine s'endormait ma fille épuisée, branchée à l'oxygène, en attendant qu'on la monte et qu'on la mette au lit.

Pour le moment on est encore un peu choquées, Cro-Mi et moi, de ce qui s'est passé. Ca va mieux, jour après jour. Je lui parle, elle-même fait son petit chemin, je crois, pour mettre tout ça derrière, pour apprendre de cet épisode.

Mais il y avait, à chaque instant, ce lien entre nous, ce quelque chose qu'elle n'a qu'avec moi et que je n'ai qu'avec elle. Si puissant.

Je suis heureuse d'être sa mère, et heureuse que ça soit elle ma fille.