La vie et toutes ces sortes de choses

mercredi 22 juillet 2015

Drôles d'échéances

Je finis une dizaine, sans amertume ni angoisses, mais avec un sentiment très présent de densité, sur ces dix dernières années.

C'est rigolo, d'ailleurs, au jour près, il y a des coïncidences amusantes !

Il y a dix ans je finissais de m'installer dans ce tout nouvel appartement. Je vivais avec un homme qui avait déjà ébranlé ma confiance, mais avec encore des projets communs et plein d'envies. J'avais rencontré ou allais rencontrer (ou e-rencontrer) ceux qui sont de proches amis d'aujourd'hui.

Et surtout, je repassais encore (une fois de temps en temps).

Il y a cinq ans j'étais aussi dans des cartons, professionnels, ceux là. C'était le début d'un changement de phase professionnelle, c'était quelques jours avant la fin de l'histoire avant le père de ma fille.

Je ne repassais plus, déjà.

Aujourd'hui ? Pas de cartons en vue, hors ceux des récurrentes livraisons diverses. On a refait un sol dans la chambre qui n'est plus la mienne, la vie est parfois agitée du trop peu de temps pour tout ce boulot, tous ces enfants, toutes ces envies, toute cette fatigue, parfois très drôle, parfois grinçante. Il y a un grand petit bonhomme de plus dans nos vies et dans nos coeurs qui a pris tant de place qu'on croirait l'avoir toujours conu.

Il y a de l'amour, des projets, des enfants qui poussent, et aussi de l'amour (oui, c'est important, faut qu'y en ait autant de fois que possible).

C'est assez plein d'amour, donc, et plutôt serein, ces dernières semaines dans la trentaine. (Mais vivement les vacances, hein !)

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vendredi 19 juin 2015

Putain de tolérance

Je sors de la voiture et je viens d'entendre la formule "stop au racisme, oui à la tolérance" (en substance).

Mais putain de nom de dieu de merde, s'il y a bien un truc qui me met en colère, c'est d'opposer racisme et tolérance.

Le contraire de raciste n'est pas tolérant.

Parce qu'aucun de nous n'a à se mettre dans la position d'autorité et de supériorité qui tolère.

Tolérer, verbe transitif : Ne pas user, souvent avec condescendance, du pouvoir, de l'autorité que l'on détient pour interdire quelque chose, pour empêcher de faire quelque chose

Donc non, je n'ai pas à tolérer que les noirs, les juifs, les arables, les chinois, les homosexuels, les roux, les manchots, les amateurs de caniche et même ces gros cons d'électeurs du FN aient les mêmes droits que moi. De fait, ils font partie de la même espèce et, si sur le même sol territorial que moi, soumis aux mêmes lois.

Point à la ligne.

Qu'on arrête d'ériger des statues aux non racistes, ou non-phobes-de-tous-genres pour leur tolérance. Merde. Si on veut des cookies en récompense, on peut se les faire nous-même.

Et qu'on s'attaque un peu à éduqer des gens pour démonter tous ces mécanismes puants qui font qu'on désigne l'autre comme source de toutes ses emmerdes.

mardi 2 juin 2015

C'est compliqué

C'est chouette, cette période où le boulot est passionnant. C'est chouette, mais un peu chronophage.

Je rentre vidée, encore porteuse de fatigue accumulée, puis les enfants, l'Enchanteur et puis... dodo.

Je manque de temps pour écrire de longs mails à mes amies de loin, pour écrire, pour aller lire les autres, ça me manque, beaucoup, même si je suis heureuse de ce que je fais de mes journées.

Je manque de temps pour creuser mes sujets d'intérêt du moment, notamment comment on pourrait avoir une approche "éthique" du data dans nos métiers (et là j'imagine ma chère Samantdi froncer du sourcil et m'imaginer approcher le data comme d'autres chassent le dahu).

Il faudrait aussi trouver plus de temps pour les copains de Dotclear, renouer avec une vie sociale moins en pointillés (c'est en bonne voie), réfléchir à quoi faire des pistes de cadeau d'anniv que nous a fournies le Lutin (a priori difficiles à réaliser).

Et puis continuer à trouver du temps pour dormir et écluser la dette de sommeil, à regarder les enfants pousser.

Enfin bref. La vie cavale et il lui manque encore 5 ou 6 bonnes heures libres par jour pour bien faire.

lundi 20 avril 2015

Va bien te faire cuire le postérieur, Vincent Delerm

Or donc.

Je n'ai AUCUN jugement sur le fait que des gens puissent apprécier le tour de chant de ce type, coincé en pleine mue, qui enfile des clichés comme d'autres des perles. Perso, je trouve ça physiquement douloureux de l'écouter, mais j'essaie au maximum de l'éviter et on s'en porte bien lui et moi.

Ok, le monde ne me semblait pas plus vide quand, n'entendant plus parler du type, je pensais naïvement qu'il avait fait carrière dans autre chose que la chanson, mais bon.

La semaine dernière, il a surgi dans ma radio. Comme j'étais accompagnée, nos bavardages ont couvert le son de la chanson et ça s'est passé (mais diable que c'est douloureux).

Sauf qu'après la chanson, il y a eu commentaires variés de lui et des chroniqueurs sur l'appel d'Alexandre Jardin (les Bleus Blancs Zèbres pour ceux que ça intéresse. Et que le type, déjà pas très sympathique vu de ma paroisse, commence à laisser tomber un méprisant "moi j'aime bien que les types qui écrivent les livres restent à leur place".

Alors là, pour le coup, c'est le "chanteur" qui aurait dû rester à la sienne.

Qu'on aime ou pas Alexandre Jardin, sa vie, son oeuvre, il se trouve que ce type bosse depuis des années sur l'alphabétisation. Oui, ce truc qui permet aux gens de décrypter toute la journée, du panneau indicateur à la profession de foi politique, du contrat de travail au roman qui permet de s'évader un peu.

Un sujet assez majeur, donc, tout le monde n'étant pas né dans un milieu favorisé qui permet de se la ramener avec ses études littéraires (je sais de quoi je cause, je fais partie de ces gens pour qui lire est aussi accessible que respirer).

Qu'Alexandre Jardin manifeste son manque de foi dans la chose politique en disant "regardez, ici on fait bouger des idées et ça marche", c'est plutôt plus constructif que de soupirer mollement en trouvant des bonnes raisons à ne rien faire.

Qu'il soit auteur devrait-il le disqualifier de vouloir apporter sa pierre à l'édifice ?

Qu'il s'empare, justement, d'un rôle de citoyen, parce qu'il a envie d'autre chose (qu'on juge ses idées bonnes, mauvaises, pragmatiques ou idéalistes), c'est plutôt plus glorieux que de soupirer mollement dans la radio en disant que ouais, chacun sa place.

Victor Hugo aussi, qui a quand même fait des changements de cap politiques assez notables pour qu'on les remarque, il aurait dû "rester à sa place d'écrivain" ? Derrière l'écritoire, sors nous un best seller à intervalles réguliers et surtout ferme ta gueule, tu vas agacer le petit Delerm ?

Quoi qu'il en soit, que ce "chanteur" préfère rester à sa place, c'est une chose. Qu'il ait potentiellement lui-même des activités tournées vers le monde qu'il entoure mais qu'il préfère ne pas médiatiser, c'est une possibilité.

Qu'il ait un avis arrogant et définitif sur les gens qui ne font pas comme lui ne fait que me le rendre, si possible, encore plus antipathique...

Du coup je me souhaite une nouvelle quasi décennie sans nouvelles de sa part, mon monde s'en portera mieux.

mercredi 15 avril 2015

Où l'on apprend qui ressemble à qui

Dimanche soir était inhabituel.

Il y avait mon Enchanteur à la maison alors que normalement il travaille. Et un Pablo "même pas fatigué" marathonien, accompagné d'une Krazy Kitty tellement aussi chouette en vrai (et qui a mes chaussures de rêve ou quasi) et rejoints par une Gilda long time no see, venus pour un post post post marathon.

A base de bière, d'hydromel du Gard (oui oui), notamment. Et de la bouteille de vin de Gilda qui devra revenir pour qu'on la boive (parce que l'hydromel, ça tape, tout ça).

Or donc, mon voisin le blond, qui passait par là au moment de l'arrivée des deux premiers, s'est exclamé que "oh, vous venez chez Noé, vous" (au prétexte que Pablo ressemblerait à Noé).

Il faut savoir que si des choses les rapprochent, l'un fait immédiatement penser au soleil, à l'huile d'olive et aux parfums des terres ensoleillées (même quand il fait froid), alors que l'autre ne serait trahi que par son accent, s'il prétendait être scandinave.

Perplexitude, donc, d'autant plus que Noé a recroisé le même voisin hier qui lui a refait la même remarque.

De deux choses l'une. Soit il a pris des trucs. Soit ils se ressemblent vraiment et nous autres gens ordinaires ne le voyons pas.

Ça et l'hydromel du Gard (mais oui !), ça m'en bouche un coin depuis plusieurs jours déjà.

Vivement les mojitos de l'été pour digérer !