La vie et toutes ces sortes de choses

mardi 30 juin 2020

Colombes, vert, rose, rouge

Dimanche soir, la ville où j'habite a changé de maire.

La liste qui l'a emportée est une alliance d'Europe Ecologie Les Verts et de partis de gauche (PS, PCF, et leurs descendants naturels, plus ou moins), pour simplifier.

Joie. Immense. Soulagement.

Ces six dernières années ont été dures, surtout quand on est pas du bon côté du pognon (assis(e) dessus).

Et pourtant dès dimanche soir des complaintes. Ils sont ceci, ils ne feront pas cela, ils sont comme-ci et on connaît celui-là. Moi-même je n'étais pas du tout d'accord avec notre nouveau maire sur la position d'EELV aux européennes.

Et oui, il y aura des moments où on ne sera pas d'accord, des moments où on se sentira trahis, peut-être. Des moments où les choix faits ne rencontreront pas nos envies ou nos besoins.

Mais, s'il vous plaît, laissez moi me réjouir quelques heures du fait que notre ville ne soit plus placée sous le signe de l'agressivité, de la violence (rappelons qu'un élu a collé une baffe à une opposante, pourtant de la même famille politique, en pleine campagne et surtout en plein buffet des anciens, en toute impunité).

Laisser moi espérer que l'école de mon fils sera VRAIMENT refaite pendant ce mandat parce que les mômes du quartier en ont bien besoin, leurs enseignants aussi.

Laissez-moi quelques minutes rêver aux circulations dans la ville, en les souhaitant plus douces, moins polluantes. Laissez-moi rêver que même imparfaits, nous irons dans une direction moins haineuse, plus solidaire.

Juste quelques jours. Au moins jusqu'à preuve du contraire.

mercredi 13 mai 2020

Les chats, ça sert à rien

Quand je pense que Moukmouk passe son temps à harceler les humains chez qui vivent les chats, en les traitant de meurtriers (les chats, pas leurs humains).

Quand je pense qu'il ose déclarer à qui veut l'entendre que les chats sont des tueurs d'oiseaux, des massacreurs rageux qui dépeuplent nos cieux et nos arbres et brisent l'équilibre naturel des populations.

On voit bien qu'il n'y connaît rien en chats, Moukmouk.

La preuve.

Ce matin, vers 6h30, un gros con de pigeon a atterri comme une barrique bourrée de l'autre côté du volet métallique de notre chambre. La fenêtre ouverte et donc sans la magie du double vitrage, c'était aussi discret que le bruit des scooters sur les trottoirs au petit matin.

Puis ce con de pigeon s'est mit à produire des sons graves, assez peu mélodieux et surtout très répétitifs pendant un moment qui m'a semblé interminable.

UselessCats.jpg, mai 2020Pendant ce temps, nos chats, décoratifs jusque dans le sommeil, s'appliquaient à ce qu'aucun de mes pieds n'ait froid en ce petit matin frisquet.

Ont-ils bougé ne serait-ce qu'un bout d'oreille ? Une vibrisse ? RIEN !

Le repos total, l'indifférence caractérisée. Même le rouquin qui pousse des cris de chèvre bégayante quand il voit passer un oiseau à 2 kms. Là un gros piaf bourré à moins de 3 mètres ? RIEN vous dis-je. Pas un miaulement d'avertissement, pas un feulement ou un crachement destiné à terroriser l'oiseau.

Fort heureusement Noé s'est levé pour remplacer les chats (enfin il n'a ni craché ni hérissé son poil ni remué quoi que ce soit dans une attitude prédatrice, il a juste fait du bruit pour faire peur au gros con de pigeon).

Le pire c'est quand le réveil a sonné et que les deux couillons ont pris l'air offusqué de qui a faim et espère bien qu'il y aura des croquettes fraîches dans sa gamelle.

jeudi 26 mars 2020

Journal de confinement #3

So far, so good.

L'avantage de bosser pas mal et d'avoir un petit à gérer à nous deux, c'est que les journées filent sans ennui, on se trouve même un peu ébahis devant le peu de temps libre qu'il nous reste (ça fait des jours que je me dis qu'il faudrait que j'attaque la confection de nos pyjamas assortis, et que le temps de tout sortir il sera l'heure de tout ranger).

Même si on y met du mou, on essaie de garder Lomalarchovitch dans un horaire qui ressemble à celui de la vie habituelle, histoire de ne pas partir en vrille, histoire que la reprise soit en douceur.

A propos de Lomalarchovitch, on a senti hier des premiers grincements, ce matin encore. Alors Noé l'a sorti, une heure pour courir après son ballon au square d'en bas. Enfants à distance les uns des autres...

WhatsApp Image 2020-03-26 at 09.58.16.jpeg, mar. 2020

Mais notre poussinou en est remonté les joues rose vif et le moralremonté. Il va falloir tenir dans la durée et j'essaie de lisser les petites bulles d'agacement car la suite sera de plus en plus dure, j'imagine.

Cro-Mi est selon le rythme adolescent dans une sorte de confinement perpétuel. On se croise aux repas, on se regarde une série vite fait le soir et puis à demain. Environ comme d'habitude. Au moins on ne peut pas se prétendre pris en otage de la bouderie adolescente :D

On s'organise pour la tenue de la maison, les courses restant le sujet le plus compliqué (plus de livraisons ni de créneaux de drive par chez nous, a priori, il va falloir sortir les tenues d'astronautes pour aller au Leclerc d'à côté, probablement).

La prof principale de Cro-Mi tourne à 3 ou 4 mails par jour mais comme on a un modèle super autonome sur les devoirs, je laisse faire. Pas trop inquiète pour sa déperdition de cerveau.

La maîtresse de Lomalarchovitch est plus prolixe mais pareil, on essaie de faire un peu tous les jours, mais notre grosse priorité est de s'assurer de leur bon moral. Le reste suivra.

J'admire le travail des enseignants qui bossent comme des cinglés en essayant de ne perdre personne en route. On a la chance et le luxe de pouvoir suivre facilement avec des enfants sans difficultés scolaires donc : pas la peine de rajouter du stress là-dessus.

Lomalarchovitch est souvent pendu au téléphone avec les membres de la famille. Il leur fait sa chronique des 4 murs, je pense qu'ils sont occasionnellement saoulés mais ça permet à tout le monde de profiter, aussi.

Et je mesure notre chance. On est pas (encore) malades. On va bien. On mange bien. La cohabitation est zen. Je vois de ci de là des gens déjà bien malmenés par ces 9 ou 10 premiers jours de confinement, douloureux à vivre, douloureux à lire.

Chez nous tout va bien.

So far, so good.

vendredi 20 mars 2020

Journal de confinement #2

J'ai vu depuis le #1 qu'une autrice avait entrepris un journal beaucoup plus bucolique que le mien.

Chez nous c'est du vrai de vrai confinement, le seul espace extérieur, c'est la fenêtre ouverte (dont j'use depuis plusieurs jours pour avoir l'impression de travailler "dehors").

Pour le moment ça fonctionne. Lomalarchovitch est globalement joyeux et coopérant, il aide à faire le ménage et nous lit les blagues de son carnet de blagues (enfin celui de son "J'aime Lire", il ne les a pas écrites lui-même). Il y a bien sûr quelques agacements mais rien qui dure plus de quelques minutes.

Les chats se prélassent, ce qui me rend jalouse comme un pou. J'aimerais pouvoir glander à la maison, moi aussi défoncer la bande passante mondiale en binge watchant Netflix. C'est pas pour tout de suite.

Au moins je n'ai pas vu cette première semaine de télétravail passer, consolerons-nous. Mais entre pression du boulot et lecture de Twitter, je vois bien que pour durer dans le temps il va falloir aller chercher un peu de hauteur et de distractions !

Vivement ce soir qu'on se couche et ce week-end qu'on se repose enfin un peu (enfin moi, en tout cas).

Au programme confection de gel hydroalcoolique pour nos rares sorties. On a le DIY qu'on peut !

Et puis peut-être un peu de couture si j'arrive à trouver de l'énergie.

So far, so good, d'un point de vue de notre bulle.

Pas de celui du monde qui nous entoure et ça n'est pas rassurant pour l'apès.

On sortira de chez nous couteau entre les dents, sans doute. Enfin pas mes couteaux, ils coupent trop bien.

D'ici là... j'y vais, j'ai réunion.

Portez-vous bien.

mercredi 18 mars 2020

Journal de confinement #1

Alors voilà.

A part le marché samedi matin et le bureau de vote dimanche, nous voilà en vase clos depuis jeudi soir. Confinés officiellement depuis hier midi.

Apprivoisement d'une situation inédite.

Les ados sont chez leurs autres parents cette semaine, du coup nous ne sommes que trois depuis dimanche soir, on ne se marche pas encore dessus.

Lomalarchovitch est très raisonnablement sage. Il fait de longues séance de sport sur ma wifit le matin, travaille un peu, écoute des podcasts. On vient de lui offrir une radio / lecteur de CD / clé usb pour qu'il puisse trimballer sa musique dans tout l'appartement, il est ravi.

Noé accuse le coup du changement, mais continue d'assurer d'une main de maître la logistique lessive et repas.

Et moi, je travaille d'arrache-pied. J'ai pour le bonheur de tous la joie de m'occuper des contenus de blog et donc liste inlassablement des sujets d'actualités sur lesquels écrire pour aider nos clients et prospects. De l'autre main je gère le dernier maillon (écriture des textes, mise en forme et routage des emails) de la communication de crise.

Au-delà du plaisir sans nom de parler à tout le comité de direction toute la journée, je suis seule face à mon ordi, prête à appuyer sur le bouton rouge et expédier un paquet de coquilles [1] à plusieurs dizaines de milliers de clients. Ca fout un peu les chocottes.

Bref, je travaille beaucoup plus que d'habitude et un peu sous tension [2].

Heureusement je suis en vacances dans deux semaines et demi !! Chouette ! J'envisage de changer de fauteuil pour en profiter pleinement, avec vue sur un autre des murs de mon appart.

Pour de vrai, à part l'ambiance de fin du monde et les inquiétudes légitimes, tout va plutôt bien. Je vous écris de sous ma fenêtre où le soleil de printemps chauffe timidement. On est entre nous. Pas (encore) de tensions. Pas trop de temps libre pour moi mais au moins le plaisir d'être bien entourée. On parle aux parents, aux copains. Bref, rien à voir avec les tranchées.

Il ne reste plus qu'à (bien) tenir dans la durée dans cet étrange marathon du printemps entre 4 murs.

Portez-vous bien, prenez soin de vous.

Notes

[1] évidemment qu'on lit et relit !!

[2] comprendre : sous grosse bonne pression