La vie et toutes ces sortes de choses

mercredi 18 mars 2020

Journal de confinement #1

Alors voilà.

A part le marché samedi matin et le bureau de vote dimanche, nous voilà en vase clos depuis jeudi soir. Confinés officiellement depuis hier midi.

Apprivoisement d'une situation inédite.

Les ados sont chez leurs autres parents cette semaine, du coup nous ne sommes que trois depuis dimanche soir, on ne se marche pas encore dessus.

Lomalarchovitch est très raisonnablement sage. Il fait de longues séance de sport sur ma wifit le matin, travaille un peu, écoute des podcasts. On vient de lui offrir une radio / lecteur de CD / clé usb pour qu'il puisse trimballer sa musique dans tout l'appartement, il est ravi.

Noé accuse le coup du changement, mais continue d'assurer d'une main de maître la logistique lessive et repas.

Et moi, je travaille d'arrache-pied. J'ai pour le bonheur de tous la joie de m'occuper des contenus de blog et donc liste inlassablement des sujets d'actualités sur lesquels écrire pour aider nos clients et prospects. De l'autre main je gère le dernier maillon (écriture des textes, mise en forme et routage des emails) de la communication de crise.

Au-delà du plaisir sans nom de parler à tout le comité de direction toute la journée, je suis seule face à mon ordi, prête à appuyer sur le bouton rouge et expédier un paquet de coquilles [1] à plusieurs dizaines de milliers de clients. Ca fout un peu les chocottes.

Bref, je travaille beaucoup plus que d'habitude et un peu sous tension [2].

Heureusement je suis en vacances dans deux semaines et demi !! Chouette ! J'envisage de changer de fauteuil pour en profiter pleinement, avec vue sur un autre des murs de mon appart.

Pour de vrai, à part l'ambiance de fin du monde et les inquiétudes légitimes, tout va plutôt bien. Je vous écris de sous ma fenêtre où le soleil de printemps chauffe timidement. On est entre nous. Pas (encore) de tensions. Pas trop de temps libre pour moi mais au moins le plaisir d'être bien entourée. On parle aux parents, aux copains. Bref, rien à voir avec les tranchées.

Il ne reste plus qu'à (bien) tenir dans la durée dans cet étrange marathon du printemps entre 4 murs.

Portez-vous bien, prenez soin de vous.

Notes

[1] évidemment qu'on lit et relit !!

[2] comprendre : sous grosse bonne pression

vendredi 13 mars 2020

Des choses à raconter

Or donc les écoles ferment.

Pour cause d'asthme je suis en télétravail à durée illimité (les semaines à trois enfants à la maison ça promet d'être joyeux !), mes collèges vont l'être beaucoup, peut-être rapidement totalement, nous verrons.

Cette épidémie de Coronavirus (je ris d'avance en imaginant ma tête, relisant ce billet dans dix ans : quels souvenirs en aurai-je ?) nous vaudra au moins une chose : avoir vécu cette situation jusque là inédite dans ma vie.

Comme je disais à des amies chères ce matin : au moins on aura des trucs à raconter quand on sera vieilles.

Je regarde d'un air effaré passer des infos sur les hypermarchés dévalisés. Noé me signale à l'instant qu'on manque d'oeufs, je ne sais que penser à l'idée de passer chez Leclerc en rentrant de l'école. Y trouverons-nous des cohortes de vieillards affamés faisant le plein de pâtes et de PQ ? Sera-ce Walking Dead aux Fossés-Jean ?

Rentrer de l'école, aller y déposer Lomalarchovitch. Voilà un plaisir de télétravail qui disparaît aussi.

Je suis sûre qu'on tirera le meilleur de cette situation, mais que restera-t-il de notre santé mentale après plusieurs semaines de travail avec ce joyeux et infatigable zébulon toute la journée ?

Bref. L'inconnu.

La sensation un peu étrange de perdre des repères.

Mais aussi une forme d'excitation à vivre de nouvelles choses. A en découvrir.

Ces dernières semaines / heures sont bien étranges, résolument.

lundi 2 mars 2020

L'AB Test du pot-au-feu

Férus de cuisine et de gadgets qui aident à la faire, nous avons récemment fait l'acquisition d'un multicuiseur, qui mijote, cuit à la vapeur, à haute pression et permet d'avoir l'impression de piloter un vaisseau spatial pour Mars quand on appuie sur ses boutons.

A vrai dire je n'ai jamais, de ma vie adulte, possédé de cocotte-minute et j'ai une faiblesse sur la cuisson des légumes secs, que je rate avec une régularité déconcertante. Ca me coûte de l'avouer en public, mais c'est comme ça.

Ce magnifique instrument (que j'ai oublié de prendre en photo en vue d'écrire ce billet, hélas), était donc la promesse pour moi de pois-chiches merveilleusement et rapidement cuits[1] , de lentilles enfin comestibles, de haricots blancs fondants et savoureux.

Entre autres.

Mais nous ne nous sommes pas arrêtés là, non non non.

Nous avions déjà testé le mode mijotage pour le boeuf bourguignon, qui a été adopté à l'unanimité des membres de la famille présents pour la dégustation.

Le temps était venu de tester le pot-au-feu.

Sauf que Noé, dans un enthousiasme délirant, a acheté de quoi faire une double dose de pot-au-feu par rapport à nos besoins pour au moins deux tournées.

J'ai alors suggérer de faire concourir notre bonne vieille gamelle avec l'instant-pot, histoire d'adapter les méthodes de l'AB Test [2] qui occupent une partie de ma vie professionnelle à la maison. J'ai sérieusement cru qu'il a allait m'envoyer promener, mais non, je suis rentrée un soir et il y avait deux pot-au-feu pour 10 personnes chacun qui mijotaient, chacun dans son pot.

Fort heureusement, on aime le pot-au-feu, à la maison.

Et c'est la version Instant Pot qui a gagné.

Quelle aventure, mes aïeux.

Notes

[1] De fait, nous avons transformé ce week-end 1 kg de pois-chiches secs en 2,4 kgs de pois-chiches cuits et congelés en sachets de 400 g prêts à l'usage, je JUBILE !

[2] Pour ceux qui ont la flemme de cliquer, une comparaison entre deux versions d'une page / d'un email / d'une appli pour voir ce qui fonctionne le mieux et optimiser en fonction

jeudi 20 février 2020

Dans la famille Les Crados, je demande...

Ca fait assez longtemps qu'on a pas parlé de mouchage ici et j'avoue que ça manque un peu aux internets, à mon avis.

Or donc j'ai découvert, notamment grâce à Anna Musarde, l'existence et les vertus de la pipe à laver le nez et malgré quelques réticences initiales, j'ai fini par en adopter un(e).

Je dois dire que c'est absolument efficace, la durée de mes rhumes est passée de trois semaines à trois jours, la fréquence de mes crises d'asthme a diminué, bref, je ne cesse de chanter les louanges de cet outil merveilleux.

Y compris à mes enfants.

Qui ne sont pas tout à fait aussi convaincus que moi. Inspirée par l'un des trucs qui nous faisaient rire dans mon enfance, les Crados (je mets un lien pour les pauvres jeunes qui passent ici et n'ont pas connu) (vraiment vous avez loupé un truc), je leur raconte la jubilation dégueu mais totale de voir l'huître bien cracra passer par sa narine pour disparaître au fond du lavabo.

Ca les fait ricaner.

Et figurez-vous que ça ne marche pas qu'auprès du jeune public, mon prosélytisme sur le sujet me poussant à recommander cette solution très largement.

Et je dois dire que toute considération nasale mise à part, il n'y a pas grand-chose de plus joyeux dans la vie que de rire comme des baleines de sujets cracras type morve et compagnie.

mardi 4 février 2020

Et plouf

Ca faisait 5 mois que je n'avais mis ni les pieds ni le reste à la piscine.

En septembre j'étais vraiment à plat, impossible. En octobre et novembre un peu mieux, mais avec un agenda plein à craquer et pas un déj assez long pour faire l'aller-retour, nager, manger.

Puis à cheval sur décembre et janvier la vidange et pouf, je me coupe le doigt. J'ai trouvé sage de ne pas aller faire tremper mon index violemment entamé dans le chlore et les bactéries des autres gens, j'ai eu suffisamment peur comme ça, merci bien.

Ce midi les planètes étaient alignées et j'ai enfin repris le chemin de la pistoche. Je me suis rendu compte que j'avais complètement oublié mes automatismes de vestiaire. Que je m'étais fait un cadeau surprise puisque j'ai trouvé dans mon sac les lunettes neuves achetées à l'automne, jamais utilisées. Complètement oublié je vous dis ! Merci moi !

Et puis dans l'eau, un petit 500 mètres pour reprendre en douceur.

J'avais oublié aussi la détente totale du corps après, presque shootée. La dalle quand tu sors.

Et surtout j'avais oublié de m'enlever les poils, ce dont je me suis rendu compte en m'essuyant les gambettes.

Vous le croirez si vous voulez mais personne n'est mort de m'avoir vu nager jambes poilues (il faut dire, je suis blonde). Personne n'a hurlé au scandale, personne ne m'a traitée de féminazie. Bref. Tout le monde s'en est foutu et c'est assez rassurant de voir que finalement le monde tourne, parfois, sans trop d'hystérie. Par coup de 5 minutes tous les millénaires.

Je suis rentrée au bureau, j'ai mangé (ouf !Il était temps si vous voulez tout savoir). Et là je me rends compte que j'ai une réunion que je n'avais pas oubliée, non non. Juste le fait qu'on y fait "photo de classe" cet après-midi. Me voici donc, la bouclette chlorée autant que rebelle, l'oeil rouge et pas maquillé.

Je rigole à l'avance de leur proposer de prendre mes jambes poilues en photo si la tête ne leur convient pas.

De toute façon tout glisse, je suis détendue limite sieste. Oui, la résistance au sommeil après la piscine aussi, j'avais oublié.