Blougueries Bonheur du jour

Les petits bonheurs qu'il ne faut pas manquer de remarquer.

lundi 11 mai 2020

Jusqu'ici tout va bien

Déconfinement, certes, mais pour nous ça ne change pas grand chose.

Je suis encore en télétravail pour plusieurs semaines (et à entendre le vent qui bat mes volets pendant que je travaille ce matin j'en suis bien contente), Lomalarchovitch ne reprendra pas cette semaine...

Ce qui va nous changer le plus d'ici fin mai c'est de retrouver le Lutin et moins de contraintes autour de la promenade de santé.

Je croise les doigts pour un été un peu plus libre, même si je ne m'autorise pas vraiment à espérer prendre le soleil, voir mes parents, neveux et nièce, frère et belle-sœur. Nous verrons, j'espère me tromper, même si les images de transports en commun parisiens ce matin n'incitent pas à une confiance débridée (prenez soin de vous les gens).

Pour autant on est pas au bord de l'explosion à rester chez nous.

On a rendu Cro-Mi à son père hier, la semaine a été rieuse et tranquille. Lomalarchovitch a son âge mais il est toujours souriant, de bonne humeur et partant pour une nouvelle aventure, fût-elle entre quatre murs.

Hier j'ai fait ma première sortie non fonctionnelle (je suis allée deux fois chercher Cro-Mi chez son père pendant le confinement), nous sommes allés au square d'en bas chasser les Yokaïs, on a fait le tour du pâté de maison tranquillement, une heure en tout, j'étais comme ivre de plein air le soir.[1]

La nature reprend ses droits sur les trottoirs urbains et j'adore ça.

Je regarde autour de moi et je mesure la chance que nous avons.

Entre adultes qui se déchirent, enfants aux comportements qui signalent le trop-plein...

Bien sûr je ne présage pas du futur. Bien sûr cette expérience laissera probablement des traces que nous ne devinons pas encore aujourd'hui, dans notre foyer.

Mais jusqu'ici tout va bien. Et Lomalarchovitch a même appris à faire son lit et à manger un peu moins salement au passage.

On se lit des histoires, on écoute de la musique, on regarde des films, on cuisine, on s'aime et on se le dit. Cette bulle est sereine et on va tenter de la faire durer un peu.

Note

[1] Et j'ai une ampoule entre les doigts de pieds, je savais que j'avais une bonne raison de haïr les tongs

mercredi 6 mai 2020

La joie du pain

Le Paing.jpg, mai 2020

Il y a longtemps qu'on fait notre pain à la maison pour cause de pas de bonne boulangerie très près de chez nous.

Là où le confinement a été une forme de nouveauté, c'est quand la pénurie de levure boulangère a pointé son nez. [1]

Comme nombre de confinés nous nous sommes lancés dans la fabrication d'un levain, nommé Marius Balthazar pour ceux d'entre vous qui n'auraient pas suivi, un jeune levain gaillard et plein d'enthousiasme.

Je dois dire que c'était pour moi un peu une solution "à la guerre comme à la guerre" car le pain au levain n'était pas du tout mon préféré.

Mais bon, à la guerre comme à la guerre, donc.

Depuis nous passons un temps considérable à l'admirer buller, monter et descendre, tester des recettes de pain, de brioches, gaufres et autres joyeusetés gourmandes. On l'apprivoise peu à peu, on connaît ses goûts, ses appétits.

Le pain cocotte est devenu une routine, on a testé le pain dit "feignasse" et réussi hier un délice de pain à la farine de grand épeautre et au barbu du Roussillon, si ça n'est pas évocateur, rien que de le dire comme ça.

Alors oui, je comprends que c'est hyper énervant, pour ceux que ça n'intéresse pas, de voir les boulangers amateurs exposer leur levain et leurs beaux (ou moins) pains croustillants sur les réseaux sociaux.

Mais d'un autre côté il y a quelque chose de tellement fascinant dans la vie du levain, la panification, que c'est un enthousiasme fort difficile à ne pas partager.

Note

[1] Plus jamais je n'écouterai Noé quand il me dira "arrête de prendre de la levure pour les courses, on en a plein d'avance !"

mardi 5 mai 2020

Journal de confinement #7

L'une des choses qui va me manquer après le confinement, puis le retour au bureau, à l'école, bref, un jour, sera notre rituel du matin à Lomalarchovitch et moi.

J'explique : j'ai plusieurs endroits d'où je travaille, dans la maison.

Endroit #1 : mon bureau dans la chambre quand j'ai besoin de calme et de concentration, ou que j'ai une réunion où je dois pas mal participer (et donc pas être en micro coupé tout le temps). J'y ai consacré un peu de budget installation mais maintenant que j'ai un deuxième grand écran, un plateau incliné où poser l'ordinateur pour ne pas se casser la nuque ou le poignet et le ballon pour s'asseoir, c'est la grande ergonomie. Inconvénient : je suis coupée de la vie de la maison.

Endroit #2 : la table de la salle à manger, quand j'ai besoin de m'étaler ou de partager la vie de la maison mais avec un peu de recul, quand j'ai envie de prendre le soleil du matin ou d'avoir l'impression que les félins sont postés sur mon épaule (l'arbre à chat est dans mon dos à cet endroit). Je peux y transporter mon ballon, y prendre des notes griffonnantes et partager les temps scolaires de mon fils.

Endroit #3 : la méridienne du canapé. Le plateau incliné sur les genoux, avec le téléphone dans la fente idoine, le casque accroché au coin de l'écran du PC. Lieu d'immersion totale dans la vie familiale, je vois les uns et les autres, humains, félins, robot-aspirateur circuler et je suis très confortablement installée. Inconvénient : concentration parfois complètement impossible.

Pour en revenir au rituel du matin, si mon emploi du temps n'est pas plein de réunions chiantes qui ne me laissent pas le choix, je demande à Lomalarchovitch d'où je travaille. Généralement il m'assigne le canapé qui a, dans mon coeur, la vertu particulière de passer quasi toute la journée avec lui <3

mercredi 22 avril 2020

Journal de confinement #6

Et la vie suit son cours.

J'ai l'impression que nous sommes assez acclimatés maintenant à cette drôle de vie. Moi qui croyait que le télétravail 5 jours sur 5 n'était pas fait pour moi, finalement, je trouve ça plutôt confortable, à la nuance près que les trajets à vélo me manquent ! En tout cas à part pour voir certains collègues je n'ai pas particulièrement hâte de retourner travailler à mon bureau.

Nous sommes bien conscients de notre confort et tentons d'en savourer chaque moment, même si j'avoue que, tout privilégiés que nous sommes, les infos sur les économies réalisées pendant le covid m'exaspèrent un peu (le budget bouffe à 3 repas par jour pour 3,5 personnes, avec quelques augmentations notables, rattrape largement ce qu'on a pas dépensé. Sans parler de quelques achats pour travailler confortablement).

Quoi qu'il en soit on vit la plupart des journées en douceur. Le grand soleil dehors est à la fois frustrant et réconfortant : l'appartement est lumineux et on vit mieux l'enfermement dans les rayons dorés qui passent par les fenêtres.

Parlons maintenant des sujets qui fâchent ! Le pain ! Le levain !! Je vois fleurir sur les internets des agacements à des degrés plus ou moins amusés sur ce sujet.

J'avoue que pour nous, faire le pain n'est pas un sujet neuf. On a pas de bonne boulangerie tout près de la maison et on fait notre pain depuis plusieurs années. Avec des farines de qualité achetées hors hypermarché, en général (ah l'épeautre !! La farine de seigle, les farines complètes, miam !)

Notre nouveauté à nous c'est le levain. Une nouveauté assez inattendue car je n'aime pas beaucoup le goût du levain, en tout cas pas dans tous les pains. Mais nécessité fait loi et les ruptures de stock en continu dans les magasins nous a conduits à passer le cap.

Du coup on s'extasie de nos productions de pain comme au premier sorti du four, et on s'échange tuyaux et astuces entre néophytes et initiés.

Nous, ça nous amuse. Y en a que ça gave. Et ça se comprend fort bien.

Je promets donc solennellement pour ces derniers limiter les photos de Marius Balthazar en pleine expansion et des jolis pains réalisés avec son aide.

jeudi 2 avril 2020

Journal de confinement #5

Lomalarchovitch a trouvé une façon magnifique d'occuper son temps de confinement en répondant à ses besoins de sociabilisation.

Il passe une bonne partie de sa journée au téléphone à donner de ses nouvelles (comprendre : raconter en moindre détail la vie et l'oeuvre des Pokémon) à toute son ascendance. Grands parents, beaux grands parents, grands oncles et grands tantes, à peu près tout ses aînés en France y ont droit.

C'est ainsi qu'en plein tunnel de concentration sur un sujet chiant, je suis parfois prise d'un éclat de rire en l'entendant chanter "Lundi, des patates" avec l'un ou raconter une histoire sans fin à un autre.

La génération du dessus essaie de tenir avec vaillance son babillage au long cours. Certains ont demandé à être ajoutés sur la liste des appels. Parfois on sent poindre un peu d'ennui dans leurs réponses mais ils ont l'air, surtout, de goûter sa compagnie téléphonique.

Compagnie qui finit souvent abruptement car Lomalarchovitch ne sait pas prendre congé. Quand il a fini ce qu'il avait à dire (personne n'est à ce jour capable d'en prévoir le moment), il raccroche. Parfois il va jusqu'à un "à plus'".

Et nous on regarde hilare le nombre d'heures monter, bien contents d'avoir un forfait illimité sur notre fixe. Et bien contents de l'entendre renforcer son lien à sa famille, un peu en mode dictatorial, mais plein de tendresse.

Voilà, sur les trois, on en a un qui aime téléphone.

Comme la brioche de confinement (prochain épisode ?) ça restera un de nos chouettes souvenirs de ce moment pas comme les autres de nos vies.