Sacrip'Anne

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La vie et toutes ces sortes de choses

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lundi 7 décembre 2015

Alors voilà.

Il y en a certainement pour avoir parlé de "la France qui se réveille avec la gueule de bois".

J'ai fermé les écoutilles le plus possible depuis hier soir.

Parce que figurez-vous que ce qui me met dans une colère de malade, c'est n'est pas le résultat des régionales, c'est le fait de n'en être pas surprise, et, pire, que d'aucuns s'en effarent.

Encore un coup de ces idiots d’électeurs qui ne font pas comme on leur dit. Ou à ces abrutis d'abstentionnistes. Ou de ces crétins de "les autres", hein ?

Et déjà les mêmes litanies sur les raisons pour lesquelles, les fronts à faire ou à ne pas faire.

Soupir.

Évidemment pas un pour remettre en cause les politiques urbaines, d'éducation, économiques, sociales, ou tout simplement la considération des citoyens qu'on a pu oublier d'avoir.

Faudrait pas fâcher les riches. Les pauvres, ils ont déjà assez de problèmes.

Ni le Medef ou le CAC40. Clergé moderne.

Alors si on ne veut pas contrarier tous ces gens, on ne va quand même pas se poser des questions sur comment vivre ensemble, hein ?

France, patrie des droits de l'homme, c'te bonne blague. J'ai un sourcil ironique levé à l'idée que celui que d'aucuns surnommaient Flanby a déjà préparé le terrain pour la future présidente de 2017.

Parce que oui, hein. Pas la peine de se mettre la tête dans le sac, disons-le tout net : il y a des possibilités tout à fait solides que la merde empire dans les années à venir.

On va donc en prendre plein la gueule.

Et peut-être que quand on aura bien bien bien mal partout, bien plus fort qu'à nos petits privilèges, on commencera à refaire travailler l'intelligence collective, un petit peu ? On verra bien.

En attendant, "Des armes", histoire de.

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A propos d'armes, il y a celle qui me paraît essentielle, l'éducation. Si ça vous intéresse, n'hésitez pas à faire un tour ici et à contribuer

mercredi 2 décembre 2015

La chasse à la baleine

Y a des jours, vous êtes content(e)s que les vêtements tombés du placard le matin correspondent finalement aux péripétiesqui vous attendent.

Par exemple, quand vous vous retrouvez en fin d'après-midi en pleine chasse à la baleine.

C'est ce qui m'est arrivé lundi. On avait, avec deux collègues, rendez-vous avec une agence de communication. Pour ceux qui ne m'ont jamais vue en vrai, il faut savoir que je fais des gestes en parlant. Potentiellement de grands gestes.

Or donc sur le dernier tiers de la réunion, je sens au détour d'un de ces gestes illustratifs un truc désagréable qui me rentre dans le sein droit.

Pour avoir déjà vécu cette sensation déplaisante [1] j'ai identifié sans peine le coup de la baleine de soutif qui perce sa gaine de tissus et prend sa liberté, après avoir subi les contraintes du job un peu trop longtemps à son goût.

Il se trouve que j'avais une chemise / tunique ample à large encolure. Ce qui m'a mise tout de suite dans l'embarras (si elle remonte d'un centimètre, impossible de cacher le truc, tout le monde va la voir) autant que dans la possibilité d'intervenir illico presto.

J'ai donc pris une posture un peu étrange en mode "allangui, mais je cache mon décolleté d'un bras" et de l'autre, ait profité de la forme de demi-cercle de la baleine pour la pousser hors de sa gaine en exerçant une sorte de rotation en passant par le bas du vêtement.

Une fois dégagée, fort heureusement sans trop d'encombres, je l'ai récupérée toujours par le bas et donc sous la table[2], je la récupère.

J'ai ensuite terrassé et plié tant que j'ai pu la baleine (connue pour sa souplesse) pour la mettre dans la poche de mon pantalon.

A la fin de la réunion, j'ai évacué ma baleine dans la corbeille à papier [3]

Mes collègues assurent n'avoir rien vu. Quant aux trois messieurs de l'agence, ils ont été polis. Morale de l'histoire : soyez toujours prêts pour la pêche à la baleine.

(Et sinon, je vais vous embêter encore un peu avec tout ça, mais que ceux qui trouvent que c'est une bonne idée n'hésitent pas à relayer, et pourquoi pas soutenir avec un petit don notre projet "Tous bons élèves !" à l'école Langevin Wallon de Colombes)

Notes

[1] il y a même une fois où j'avais dû retirer mon soutif, en le faisant passer par mes manches, à un feu rouge, tellement c'était intenable

[2] comme quoi les vêtements du haut pas rentrés dans le pantalon, c'est pas juste une question de style, c'est aussi se préparer à toutes les situations

[3] car l'expérience m'a déjà montré plusieurs fois que la gaine recousue, en tout cas par mes soins, ne suffirait pas à contenir la baleine plus de quelques heures

vendredi 27 novembre 2015

Je vais vous taper du pognon

Gens, copains, inconnus du ouèb, amis, familles, je vais vous taper du pognon.

C'est pas pour moi, c'est pour les enfants.

Pas pour les miens (enfin pas directement).

C'est pour les enfants de l'école de ma fille. Nous sommes dans un quartier où les parents ont du mal à soutenir leurs enfants en situation difficile, à l'école. Un quartier où 30 % des élèves n'ont pas le niveau requis en fin de CM2. Des élèves pour qui on sait qu'ils sont déjà en échec en élémentaire, ça fait mal, je trouve. Dans un pays où l'on cultive la religion du fort en math, du parcours académique, et où ceux qui n'entrent pas dans le moule ne sont pas célébrés à tous les coins de rue.

Alors quand l'ancien enseignant de Cro-Mi, au conseil d'école, nous a dit qu'il allait profiter de son statut de PDMQDC[1] pour faire entrer un peu de Montessori (entre autres) dans l'école, j'ai fait quinze pas en avant pour me porter volontaire. Inspiré par l'expérience de Céline Alvarez, qui a donné des résultats encore meilleurs qu'attendus, il a l'énergie et l'envie qu'il faut pour expérimenter des choses, pour ne pas baisser les bras contre l'échec scolaire.

Alors voilà.

Vous pouvez allez lire tout ce qu'il faut savoir sur le blog du projet, Tous bons élèves ! [2]

Et si vous pouvez donner quelques sous (il nous faut environ 2 900 euros pour équiper une classe, un peu moins de 9 000 pour en équiper trois.

Bien sûr il y a des démarches faites pour obtenir des financements, mais ça ne sera pas suffisant.

Alors, donc, si vous voulez donner quelques sous, c'est ici.

A vot' bon coeur, à la santé des enfants qui pourront en bénéficier. Et faites tourner, siouplé.

Notes

[1] Plus De Maîtres Que De Classes

[2] un blog dotclear il va de soi

lundi 16 novembre 2015

Que faire de la peur ?

Même pas peur, cri bravache, cri un peu enfantin.

Bien sûr qu'on a peur. Parce qu'on est humains. Parce qu'on a bien des raisons de ne pas être optimistes. On fabrique de l'exclusion, de la discrimination depuis des décennies, on refuse de voir... et ça nous pète à la gueule, littéralement.

J'ai bien peur, donc, que ça ne soit pas la dernière fois.

Pour autant, même si, fondamentalement, on a peur, que faire de cette peur ?

Pour ma part, une réponse est évidente : continuer à vivre. Sans minimiser le danger, mais sans le voir partout. Sans terroriser ma fille en lui faisant porter le poids d'une terreur aveugle qui n'est pas la peur.

Une autre réponse essentielle : en ayant certainement pas peur de l'autre. En continuant à saluer les gens dont je croise le regard dans la rue, quelle que soit leur tenue, leur tronche. En faisant entendre ma voix à chaque fois qu'un discours insoutenable sera tenu en ma présence. Pas par espoir de faire changer d'avis, mais dans celui de donner du courage, peut-être, à ceux qui se taisent même quand ils ne sont pas d'accord ? Un peu vaniteux, sans doute. Je n'ai pas d'autres armes.

Faisons quelque chose de beau de cette peur qu'on nous prive de nos libertés, de nos vies, de nos façons de vivre : rapprochons-nous. Faisons bloc avec nos différences conciliables, pas avec nos ressemblances.

Voici ce que je me dis, là tout de suite, dans le chaos du dedans de ma tête.

mardi 10 novembre 2015

Z'en avez pas marre, les gars ?

Depuis des années, il y a un truc qui me sidère dans les discussions "para féminisme".

De plus en plus, il y a des hommes pour dire qu'ils sont d'accord sur le fait que plus d'égalité est souhaitable, qu'ils souhaitent prendre leur place dans des domaines comme la parentalité, que les "combats" féministes les y aident, d'une certaine manière, en ouvrant le champ des possibles pour tous les genres. Et ça c'est chouette, même si du coup, ces hommes "prennent de la place" et qu'il s'agit ENCORE d'eux.

De façon horripilante, il y a au moins un mec par conversation pour dire "oui mais moi je ne suis pas comme ça". C'est très bien, on en est contents, on donne le cookie au monsieur et ça n'est pas le sujet. Mais au moins, disons qu'ils ont une conscience, quelque part, et même s'ils ramènent à eux, on peut espérer qu'au bout du compte, dans les faits, dans le quotidien, ils aient des pratiques moins chiatiques que d'autres, au bureau, à la maison, dans la rue...

Mais, très très très rarement, quand il s'agit de foutre la paix aux femmes dans la rue, par exemple, ou de viol conjugal et que le pathétique "argument" vêtements / attitude / maquillage / allure de la victime surgisse et finisse par leur "donner tort", face à ces pauvres mâles qui ne peuvent rien faire contre des pulsions très naturelles, il en est pour s'indigner. Je crois même que je n'ai jamais entendu un homme dire que l'argument ne tient pas la route. Alors que j'ai souvent entendu des hommes ricaner avec un air connivent (dans le meilleur des cas) à l'évocation de la salope qui passe les jambes à l'air.

Alors je pose la question.

Que vous soyez séduits par une robe, une allure, un sourire, une chevelure, bref, qu'une personne attire votre attention n'est PAS la question. Figurez-vous que ça arrive à tout le monde, mêmes aux femmes (qui, oui, ont le droit d'être séduites aussi et de ne pas attendre le bon vouloir du mâle).

Mais vous n'en avez pas marre d'être réduits à vos pulsions ? Et si vous deviez vraiment toutes les suivre, combien de personnes devriez vous frapper, tuer, embrasser, violer par jour ?

Sérieusement, ça ne vous indigne pas qu'on vous dise que vous, les hommes, vous êtes des animaux conduits par votre cerveau reptilien ? Ca flatte quoi, chez vous, au juste ?

Encore une fois, qu'on ait de l'appétit pour un autre, c'est la vie et c'est ça qui fait que l'espèce a un peu duré.

Mais qu'on se serve de cet argument pour expliquer que les femmes ont tort d'être dans l'espace public, et encore plus tort d'y être comme elles sont, et que ça ne vous fasse rien de vous faire insulter au passage, ça me dépasse.

Rappelons au passage que la grande majorité des coupables de viols font partie de l'entourage de leur(s) victime(s). Et que, tant qu'on y est, s'il n'y avait que de belles gonzesses dénudées pour se faire violer, ça se saurait.

hashtag pointvenusdemilo

jeudi 5 novembre 2015

Ca ne se voit pas

J'ai la chance, dans le grand groupe humain porteur de handicaps et / ou de maladies invisibles, d'en avoir dégotté une qui n'est "pas pire" à gérer, une fois qu'on est arrivé à trouver le bon dosage dans le traitement.

Ne vous méprenez pas, tant qu'on y est pas arrivé, c'est un enfer. Un enfer dans lequel on se sent rarement compris.

Parce que tout le monde a déjà été "fatigué".

Du coup une fois que vous avez dit que vous êtes chroniquement fatigué(e) et qu'en plus vous dormez mal, on vous plaint cinq secondes, et éventuellement on vous enchaîne sur le bébé matinalement éveillé, ou le chat du voisin qui a miaulé et qu'on est soi-même un peu crevé, ce matin, qu'on irait bien se recoucher ou faire une sieste.

Or, il n'y a pas de mots pour décrire ce fond du trou des très grandes fatigues. Ça parlera à ceux qui me connaissent le mieux, je crois être une personne capable de rebond, d'optimisme et de faire au mieux avec ce qu'on a. Et certains jours au plus profond de l'hypothyroïdie, il m'est arrivé de pense que quand je serai morte, au moins je n'aurais plus à faire avec cette fatigue.

Autant vous dire que ça fait un peu bizarre quand on a pas trop l'habitude de subir des pensées sombres au long cours. Sans parler des choix peste ou choléra qu'on fait pour survivre, comme réduire à néant sa vie sociale parce que zapper l'une des rares siestes possibles, c'est pas envisageable. Rien à voir, donc, avec le fait d'être "normalement" fatigué par une vie d'adulte.

Mais, pour moi, ça va mieux, beaucoup mieux, je retrouve ma vie et l'entrain qui l'accompagne généralement avec grand plaisir, et un petit sentiment d'irréalité accompagne les souvenirs des pires moments. Comment ça a été possible (et merci la chimie).

Il n'en reste pas moins que je garde en mémoire le déni que font les autres, souvent très involontairement, de ce qui vous arrive.

Ça ne se voit pas donc ça s'oublie vite.

Quand j'ai dit à mes chefs et + 1 et + 2 que j'avais un japonais, ils m'ont fait part de leur grande compassion, et puis basta, par exemple. Comme je suis du genre combatif, j'ai fait ce que je devais et considérablement puisé dans des maigres ressources pour faire le job, minimiser les impacts sur mon travail. Mais ça m'a coûté (et ça a dû coûter à mon amoureux). Sans parler des fois où je suis arrivée au bureau en me disant que chouette, la fatigue ne m'avait pas encore tuée sur la route.

Bref, à aucun moment on ne m'a proposé de voir avec les RH ou la médecine du travail si on pouvait aménager des choses pour que je reste une salarié qui fait bien son boulot sans me tuer à la tâche. Pas parce que je suis dans une entreprise où on s'en fout, juste parce que bon, être fatigué, hein, tout le monde l'est. Ce n'est pas une maladie. Sans déconner.

Ça a tenu, tant mieux. J'ai réussi à en rire, parfois, à faire avec, la plupart du temps. A ne pas être trop en colère avec les comparaisons douteuses.

Je suis combative, ça m'a servi. Ça m'a peut-être aussi pris des ressources que je regretterai un jour, on verra bien. Ça m'a tenue, très certainement, aussi, cet engagement vis-à-vis de moi à bien faire mon boulot.

Mais je pense à tous ceux qui portent un handicap ou une maladie invisible, et pour qui la vie professionnelle et le suivi d'un traitement contraignant, à heures fixes, ou à effets secondaires (ou le contrôle de leur état, par exemple, pour les diabétiques) devient une mission impossible, ou bien une mission qui bouffe une énergie dont on a besoin par ailleurs.

Et je trouve ça injuste.

Les maladies et ou handicaps invisibles, c'est un peu la double peine.

J'ai de la chance, la mienne ne met pas en cause ma survie ou ma mobilité. Mais ce n'est pas le cas pour tous et je leur adresse ici de fraternelles pensées.

mercredi 28 octobre 2015

Je dors (ou presque)

On a ajusté encore un peu, pour mon japonais, et magie, je dors !

Enfin sauf en période de changement d'heure où je suis toute décalée, ou parce qu'il fait trop chaud ou parce que le Ronpiche ronpiche en lattant au passage mon oreiller anti-bruit (j'aime pas les boules quiès).

Mais il y a des nuits où je dors, et même parfois 8 heures !

C'est bon.

vendredi 23 octobre 2015

Non mais c'est de l'humour !

Récemment, dans notre entreprise, filiale d'un groupe mondialement connu, récompensé notamment pour sa parité H/F dans les comités de direction, et auteur d'une étude qui démontre que la mixité dans les organisations génère plus de performance...

... le directeur commercial en pleine présentation devant 150 personnes a expliqué que le fait de travailler sur les prix, ce n'était pas une affaire de femmes.

On a dû être trois à ouvrir des yeux grands comme des soucoupes.

Mais c'est de l'humoooooooour, voyons, ne t'indigne pas comme ça (sous-entendu "chienne de garde qui a perdu toute forme de dérision de capacité à gérer du second degré) ! me dit-on.

Ben voyons.

J'aurais adoré, pour appuyer ma démonstration sur la responsabilité et l'exemplarité nécessaires des cadres dirigeants, qu'une femme appartenant au comité de direction fasse de l'humour sur le fait que les hommes, on ne peut pas leur demander de concevoir une offre adaptée aux besoins des clients.

Et le tollé que ça aurait provoqué.

Et la leçon de morale et les excuses qu'elle aurait probablement dû formuler.

De l'humour my ass.

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(Oui c'est ma grande semaine de l'énervement).

mercredi 21 octobre 2015

Sinistres esclavagistes

Nous partageons nos locaux professionnels avec plusieurs entreprises, dont l'un des leaders de l'intérim.

Lundi, au pied de chez nous, le syndicat-qui-n'était-pas-convié-à-la-conférence-sociale venait en délégation. Avec une délégation particulière, à vrai dire : celle des intérimaires sans papiers d'un département voisin.

Et il se trouve qu'ils étaient tous noirs.

On a donc eu une ribambelle de commentaires, pour le mieux, approximatifs sur le dialogue social quand on les as entendus scander "Assassins" à leur employeur. C'est vrai, quoi, tous les jours, on traite des gens d'assassins pour le plaisir, ne cherchons surtout pas à comprendre pourquoi. Bande de cons.

Mon exaspération a encore monté d'un cran un peu plus tard. On les entendait et voyait scander / chanter des slogans. Et derrière nous, dans la cour où on accède au restaurant d'entreprise, où on fume, où on prend l'air, une bande de rombières à gueules marinesques qui se bidonnent à "compléter" les voix de la délégation par des "ohé ohé". Ben oui, ils sont noirs. Forcément, c'est la Compagnie Créole.

Je vous passe les mille et une autre raisons de haïr nos voisins de bureau.

Simplement voilà. On a été, je pense, deux, ma collègue-amie en tête, à aller les voir et leur demander pourquoi ils manifestaient.

Figurez-vous qu'un de leur collègue est mort des suites d'un accident du travail sur un chantier.

Fin juillet.

Ils ne l'ont appris que la semaine dernière.

Parce que oui, les travailleurs sans papiers, c'est pratique, ça permet de leur filer les jobs les plus dangereux, ils n'ont pas d'autre choix que de les accepter.

Et si jamais ils clamsent, on peut planquer les cadavres tranquillou, c'est pas comme s'il y avait des voix autorisées pour s'indigner en leur nom.

Aucun de nous n'accepterait pour lui les conditions de travail que ce monsieur, que ces collègues ont subi. Chacune des revendications du syndicat qui les a soutenus nous paraît être une évidence, si on le transpose à nos vies professionnelles.

Pourtant.

Tous les jours, des morts et du silence.

Des sources ici et ici.

lundi 12 octobre 2015

L'exploit

Je ne me suis pas encore remise du choc.

Figurez-vous qu'on a un matelas épais. Et ceux qui savent, savent, c'est compliqué de trouver des draps-housse pour matelas épais, ça coûte une fortune, bref, une constante épine dans le pied, un caillou dans la chaussure quotidien[1] !

Dans un éclair de clairvoyance, j'ai vérifié ce que le dealer de matelas, un suédois bien connu de tous, vendait. Et il en avait. A un prix fort raisonnable.

Nous avons donc engouffré nos jeunes punks chevelus dans la voiture et avons mis cap sur le magasin du suédois le plus proche, avec comme objectif : un déjeuner tôtif au restaurant du magasin + acheter quelques draps-housse, le tout en revenant pas tard vu que le plus jeune des punks chevelus avait catégoriquement (et bruyamment) refusé de faire sa sieste du matin.

Nous avons donc mis le cap sur le restaurant. A part une erreur stratégique monumentale : venir avec le déjeuner du petit et le convaincre que c'est meilleur que les frites des grands. Il a mis toute la résistance dont il est capable à nous convaincre de lui faire goûter TOUT et a à peine touché à son plat. Ça a été un peu long et parfois pénible. Mais bon. On a survécu, globalement. Note pour plus tard : se souvenir à l'occase qu'ils font du repas bébé et que de toute façon, il préférera ce qu'il y a dans notre assiette.

Et puis on a été acheter trois draps et on est sortis.

Non vous ne rêvez pas. Entre une volonté absolue, un agacement post déjeuner notoire et une connaissance diabolique des raccourcis, nous n'avons acheté que ce pour quoi nous étions venus.

Et, à mon humble avis, on devrait remettre des médailles pour ça.

Note

[1] dit celle qui se retrouve tous les matins avec le drap housse déhoussé alors que son voisin de lit, non, quelle injustice

lundi 28 septembre 2015

Douceurs d'automne

Comme il faut, comme on peut, se créer une carapace pour résister à ce qui ne nous va pas dans le monde, il faut bien regarder autour de soi et trouver le plus doux.

Comme des rires d'enfants, du soleil d'automne, de la douceur en plein air.

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Hier c'était les premières (très appréciées) descentes en toboggan de Lomalarchovitch.

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Il faisait beau, il y avait une petite fille beaucoup plus vieille mais pas tellement plus grande qui parlait l'extra-terrestre avec beaucoup de convictions, une grande soeur aux petits soins, une mère qui a failli se prendre un marron sur la goule (pas la faute de mon voisin, mais celle des marronniers et du vent qui soufflait bien).

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Il y avait mon tout petit tout fier de ses supers pouvoirs de marcheur grimpeur glisseur, ma grande crâneuse sur son beau vélo, un moment à trois joliment partagé.

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Et puis le retour, la sieste, du tricot tout doux pour les enfants présents et ceux à venir.

Notre toute petite portion de monde était jolie.

vendredi 18 septembre 2015

Je voudrais

Je voudrais que dans mon oreille, devant mes yeux, ça soit plus doux.

Que dans ma télé, ma radio, mon journal, devant ma machine à café, ça soit un peu bienveillant, parfois.

Qu'on cesse de nous inonder de ceux qui trichent, s'arrangent avec la conscience qu'ils n'ont pas, s'acharne à être contre ce que les autres pourraient avoir et que peut-être (mais peut-être que non), du coup ils n'auraient pas, ou autrement. Que juste l'idée que quelqu'un d'autre ait quelque chose, une chance de vie, une chance de liberté, d'égalité, de fraternité, ne soit pas vécu comme un risque ou une agression.

Je voudrais que l'intelligence collective refasse surface.

Je voudrais qu'on nous parle beaucoup beaucoup des exemples vertueux, qui existent et qui sont (encore) nombreux, pour nous montrer un monde qui fasse moins peur et qui donne envie de participer en bien, pas de s'arc-bouter sur nos petits ou grands avoirs.

Moins de menteurs outranciers, moins de voleurs, moins d'individualistes forcenés, moins de soif de pouvoir ou de pognon.

Je voudrais moins de violence, de haine, de manipulations. Je voudrais qu'on ait envie de vivre ensemble.

vendredi 11 septembre 2015

Ma maire exagère

Hier en rentrant (dans des conditions un peu épiques et donc au meilleur de ma résistance nerveuse), j'ai trouvé une lettre de ma ville.

Avec Madame la Maire qui nous dit que c'est bien la première fois qu'elle nous écrit mais que le Grand Paris et la dépossession des communes de leur moyen, non non non c'est pas possible, dépassons nos points de vue et manifestons ensemble.

Comment dire poliment ?

1- non merci 2- merci de ne pas dépenser nos sous à m'écrire des torche-balle de cet acabit.

Par ailleurs je venais de lire dans la propagande municipale qu'un effort exceptionnel avait été consenti à l'école Langevin Wallon dans le cadre des travaux d'été.

Une autre façon de formuler les choses est que les services vétérinaires [1] ont mis la ville en demeure de réaliser des travaux urgents de mise aux normes en les menaçant de fermeture de la cantine.

Je sens qu'on va encore passer une bonne année, les parents d'élèves, dites donc.

Note

[1] Et oui ça me fait rigoler que ça soit les services vétérinaires qui supervisent l'alimentation scolaire de nos petits singes enfants.

mercredi 2 septembre 2015

"We built the Pyramids"

Mon amie Minka me demande quelles sont les 5 "réalisations" (notons les guillemets, ils sont importants) dont je suis le plus fière.

Alors on va dire que "réalisations", c'est très large.

Celle d'il y a neuf ans, trois mois, douze jours, la brunette toute en jambes qui a des pieds quasiment aussi longs que les miens, dotée d'un caractère certain, lectrice assidue du Club des Cinq et de la Cabane Magique, joueuse émérite de Splatoon qui râle sur la connexion qui l'empêche chez moi d'avoir le même niveau que chez son père. Je la vois grandir hors de moi, à sa façon, et avec une évidence à savoir ce qu'elle veut qui parfois me fait tempêter mais principalement me réjouit.

Celui d'il y a treize mois et vingt-deux jours, jeune marcheur de plus en plus assuré, babilleur aux "Allo ? Ouuuiiiii" répétitifs, charmeur éhonté qui est déjà, de son jeune âge, une merveilleuse petite personne, gentil avec du caractère, rigolo et rigolant. Si j'ai bien conscience que je serais une terrible mère au foyer, il me tarde de le retrouver tous les soirs et d'entendre ses "iiiii" enthousiastes à mon arrivée.

Voilà. Ça c'est facile.

Il y a l'équilibre. J'essaie d'arriver à équilibrer les compartiments de ma vie (boulot, vie familiale, notamment) de façon à ce que ça soit le plus agréable possible à vivre. Du coup, je n'ai pas un intitulé de poste ronflant ni un salaire mirobolant, mais j'ai un boulot que j'aime beaucoup la plupart des temps, et dans lequel je peux ménager des horaires qui me donnent un peu de temps avec les enfants le soir. Et, la semaine sur deux où Cro-Mignonne n'est pas là, grâce au tempérament couche-tôt de Lomalarchovitch, nous avons quelques belles soirées en amoureux.

Certes nos week-ends sont compliqués des horaires atypiques de mon amoureux, plus de vacances ne seraient pas de refus. Et s'il y avait moyen de moyenner un peu de télétravail régulier, ça serait sans doute à creuser. Mais globalement, j'y trouve mon compte et je me trouve très "chanceuse" par rapport à la moyenne des parisiens, d'avoir ce petit petit peu de temps en plus.

Et puis il y a les autres. Alors certes, les autres ne sont pas une réalisation, hein. Mais ce qu'on met de soi dans les relations, un peu ? Enfin je trouve que j'ai un magnifique entourage familial (à un pouillème près) et amical, qui rend les choses belles, riches, drôles, épanouissantes. Bref. Je vous aime les gens et je suis heureuse qu'on se soit trouvés et qu'on fasse durer.

Et on va finir par notre histoire avec l'Enchanteur. Là encore, on ne peut pas dire exactement qu'une relation amoureuse soit une réalisation, mais vous voyez l'idée ? Je trouve qu'avec nos horaires décalés, nos divergences totales de vues en matière d'organisation, notre tribu hétérogène à géométrie variable et tout ce qui peut mettre des grains de sable dans les rouages, on s'en sort super bien et on se rend très heureux.

Un billet plein de triches avec la question de départ, mais connaissant un peu Minka, je suis sûre qu'elle y trouvera son compte :)

mardi 1 septembre 2015

Rentrer, vieillir

Or donc nous sommes rentrés de vacances. C'était bien, les vacances.

C'était il y a quelques jours et ça semble déjà loin.

On a eu un épisode organisationnel intense, d'ailleurs, sur le quai de la gare, dont on s'est finalement bien tirés puisqu'on est arrivés plus tôt que ce qu'on aurait dû (à la faveur d'une correspondance qu'on aurait loupée et qu'on a pas faite).

Je sais c'est incompréhensible.

Et puis la vie a repris son cours et la vie de bureau en particulier. Et le pli est repris et on oublie, ces journées à vivre juste pour nous, entre nous.

Vivement les prochaines, quand même.

Fort heureusement le petit-déjeuner croissant et pain au chocolatesque et les multiples et chaleureux voeux d'entrée dans le club des quadragénaires rendent cette journée assez douce.

Allez zou ! Faut y retourner !

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jeudi 13 août 2015

Have you met Dotty ?

Nous sommes le 13 août et c'est l'anniversaire de Dotclear !

12 ans déjà et au-delà des lignes de code, bien des rencontres, des amis, des amours, des bébés. Pour notre part, on fête la chose avec nos premières vacances à cinq dans le Couvepenty de Kozlika, en admirant Franck mettre en ligne la toute nouvelle version !

Autant vous dire que rien de cet agréable séjour n'aurait été possible sans l'impétrant.

Pour son anniversaire, Dotclear s'offre une nouvelle mascotte : have you met Dotty ?

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Elle est chouette, hein ? Vivement les produits dérivés (je vote pour la création de tote bags pour qu'on puisse mettre nos tricots dans des sacs Dotty by Dotclear, ça serait la super classe, non ?)

Bon anniversaire, Dotclear, et merci pour tout :)

lundi 27 juillet 2015

Le magasin de toutes les tentations

Il y a depuis peu près de chez nous un magasin qui porte atteinte à toutes mes velléités de décroissance.

Pourtant, il est situé dans une zone commerciale pas très attirante.

MAIS ! On y vend de ces bricoles indispensables pour la maison (comme le pschit à citron, mais aussi mille et un autres gadgets pour la cuisine, et puis des rayons thés et cafés et gourmandises, des tas de choses pour la déco, la salle de bains, le DIY).

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Bref. Déjà, comme ça, sur le papier, un temps des enfers de la consommation.

Si je vous dis qu'en plus, à l'ouverture, on y offre des viennoiseries sorties du four, qu'on peut y assister à des ateliers cuisine, déco, que sais-je, vous avez compris que je suis devenue très faible.

Si j'ajoute qu'en plein milieu il y a une sorte de grand salon avec des canapés et fauteuils accueillant, de quoi se faire du café, du thé, et regarder le monde passer (comme le monsieur qui matait le tour de France pendant que son épouse dévalisait le magasin, samedi), le spot parfait pour faire goûter un bébé avant d'entreprendre sa tournée, vous avez compris que je suis accro.

Et c'est comme ça que, partis pour un tapis de salle de bains en bambou, on est rentrés avec des cadeaux secrets pour nos hôtes de cet été, un sticker en ardoise pour noter les trucs à acheter + le feutre / craie qui va bien, un paillasson neuf, des petites bouteilles en verre pour stocker le contenu des fioles à sauce soja que les enfants empilent, une balle rebondissante qui fait de la lumière pour Lomalarchovitch qui les adore et une pierre à pizza.

J'ai UN PEU honte.

Mais j'adore ce magasin.

Au secours !!!!

mercredi 22 juillet 2015

Drôles d'échéances

Je finis une dizaine, sans amertume ni angoisses, mais avec un sentiment très présent de densité, sur ces dix dernières années.

C'est rigolo, d'ailleurs, au jour près, il y a des coïncidences amusantes !

Il y a dix ans je finissais de m'installer dans ce tout nouvel appartement. Je vivais avec un homme qui avait déjà ébranlé ma confiance, mais avec encore des projets communs et plein d'envies. J'avais rencontré ou allais rencontrer (ou e-rencontrer) ceux qui sont de proches amis d'aujourd'hui.

Et surtout, je repassais encore (une fois de temps en temps).

Il y a cinq ans j'étais aussi dans des cartons, professionnels, ceux là. C'était le début d'un changement de phase professionnelle, c'était quelques jours avant la fin de l'histoire avant le père de ma fille.

Je ne repassais plus, déjà.

Aujourd'hui ? Pas de cartons en vue, hors ceux des récurrentes livraisons diverses. On a refait un sol dans la chambre qui n'est plus la mienne, la vie est parfois agitée du trop peu de temps pour tout ce boulot, tous ces enfants, toutes ces envies, toute cette fatigue, parfois très drôle, parfois grinçante. Il y a un grand petit bonhomme de plus dans nos vies et dans nos coeurs qui a pris tant de place qu'on croirait l'avoir toujours conu.

Il y a de l'amour, des projets, des enfants qui poussent, et aussi de l'amour (oui, c'est important, faut qu'y en ait autant de fois que possible).

C'est assez plein d'amour, donc, et plutôt serein, ces dernières semaines dans la trentaine. (Mais vivement les vacances, hein !)

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vendredi 19 juin 2015

Putain de tolérance

Je sors de la voiture et je viens d'entendre la formule "stop au racisme, oui à la tolérance" (en substance).

Mais putain de nom de dieu de merde, s'il y a bien un truc qui me met en colère, c'est d'opposer racisme et tolérance.

Le contraire de raciste n'est pas tolérant.

Parce qu'aucun de nous n'a à se mettre dans la position d'autorité et de supériorité qui tolère.

Tolérer, verbe transitif : Ne pas user, souvent avec condescendance, du pouvoir, de l'autorité que l'on détient pour interdire quelque chose, pour empêcher de faire quelque chose

Donc non, je n'ai pas à tolérer que les noirs, les juifs, les arables, les chinois, les homosexuels, les roux, les manchots, les amateurs de caniche et même ces gros cons d'électeurs du FN aient les mêmes droits que moi. De fait, ils font partie de la même espèce et, si sur le même sol territorial que moi, soumis aux mêmes lois.

Point à la ligne.

Qu'on arrête d'ériger des statues aux non racistes, ou non-phobes-de-tous-genres pour leur tolérance. Merde. Si on veut des cookies en récompense, on peut se les faire nous-même.

Et qu'on s'attaque un peu à éduqer des gens pour démonter tous ces mécanismes puants qui font qu'on désigne l'autre comme source de toutes ses emmerdes.

mardi 2 juin 2015

C'est compliqué

C'est chouette, cette période où le boulot est passionnant. C'est chouette, mais un peu chronophage.

Je rentre vidée, encore porteuse de fatigue accumulée, puis les enfants, l'Enchanteur et puis... dodo.

Je manque de temps pour écrire de longs mails à mes amies de loin, pour écrire, pour aller lire les autres, ça me manque, beaucoup, même si je suis heureuse de ce que je fais de mes journées.

Je manque de temps pour creuser mes sujets d'intérêt du moment, notamment comment on pourrait avoir une approche "éthique" du data dans nos métiers (et là j'imagine ma chère Samantdi froncer du sourcil et m'imaginer approcher le data comme d'autres chassent le dahu).

Il faudrait aussi trouver plus de temps pour les copains de Dotclear, renouer avec une vie sociale moins en pointillés (c'est en bonne voie), réfléchir à quoi faire des pistes de cadeau d'anniv que nous a fournies le Lutin (a priori difficiles à réaliser).

Et puis continuer à trouver du temps pour dormir et écluser la dette de sommeil, à regarder les enfants pousser.

Enfin bref. La vie cavale et il lui manque encore 5 ou 6 bonnes heures libres par jour pour bien faire.

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