Alors voilà, cette fois je ne me ferai pas voler ma vie, quitte à tomber de fatigue, que ça soit en faisant des choses qui me plaisent plutôt qu'à déprimer au fond de mon lit. Mon cerveau a pigé qu'il avait l'autorisation d'être erratique, en ce moment, c'est le grand nimp', les ascenseurs émotionnels, les bugs de fatigue. Mais on en rira un jour (pas trop lointain, si possible).

Or donc nous voilà en terrasse avec deux collègues à boire un verre en regardant les badauds béer et le soleil passer de l'autre côté de la rue Saint-Lazare, puis à nous saluer gaiement. Je prends par accident une photo incroyable que je ne peux publier nulle part car le type qui s'est incrusté dans le cadre n'est probablement pas d'accord. Mais j'adore cette photo. Demande-moi la prochaine fois qu'on se voit.

Prince chante "Purple rain" dans mes oreilles, j'ai ma tenue préférée de toute l'année (une robe noire ample et droite en coton qui me tombe sur les chevilles, mon vieux blouson en jean plein de badges, des baskets confortables), je savoure l'air sur mes jambes et le plaisir de marcher au rythme de sa royale Badness.

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Et là dans ta tête tu es la coolitude. Tu sens ta démarche souple épouser la batterie, bien dans tes fringes, bien dans ton make-up , d'ailleurs il t'a valu des compliments de l'alternante graphiste ET de ton aîné, bien dans tes baskets bigarrées. Ton livre du moment t'attend, tu le retrouveras dans quelques minutes dans la poche de ce sac d'un framboise vibrant. Tu es dans ta bulle, tu fusionnes avec la musique et avec la lumière de fin de journée sur les bâtiments haussmanniens. Tu es bien, ça ne durera peut-être quelques minutes mais là, à cet instant précis, tu n'es ni entravée par la fatigue ni par une tristesse plus ou moins passagère. Juste bien. Tu dégages autant de lumière que la scène finale de "Perfect Days"

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Les passants qui passent, si jamais ils remarquent quoi que ce soient tant les gens ne voient : rien[1], auront peut-être l'impression d'une petite grosse dame entre deux âges qui se dandine, l'air un peu ailleurs, elle a tellement une tête à daronner tout le monde que c'est à elle qu'on demande un kleenex dans la rue, ou la direction qu'on cherche en vain.

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La vérité est ailleurs.

Note

[1] D'ailleurs, les marcheurs dans les foules denses, ça ne va pas du tout. Pour avancer : visez les trous dans la foule. L'endroit où il n'y a pas déjà des gens. Et surveillez avec les deux trucs ronds posés au dessus de votre nez, sur votre visage, que les trous ne se sont pas remplis avant d'avancer.

Commentaires

1. Le vendredi 22 mars 2024, 11:13 par Gilsoub

un coup de Toshop et je t'anonymise ton bonhomme ;-)

2. Le vendredi 22 mars 2024, 11:20 par Sacrip'Anne

Gilsoub ben justement, c'est "sa gueule" qui est intéressante, en fait.

3. Le vendredi 22 mars 2024, 12:06 par Anna

La vérité (du moment) est relative, oui. Merci pour celui-là, légendaire !

4. Le vendredi 22 mars 2024, 12:21 par Sacrip'Anne

Anna vu la rudesse du moment, je choisis de garder les légendes plus que les moments morve au nez ou regard torve, hein !

5. Le samedi 23 mars 2024, 08:18 par Valérie de Haute Savoie

J'ai toute la scène si jolie en tête maintenant :heart:

6. Le samedi 23 mars 2024, 11:35 par Sacrip'Anne

Valérietu as même la bande son !

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