Sacrip'Anne

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mardi 21 mai 2013

Derrière la porte

J'étais à deux, trois mètres de cette porte, et derrière elle se trouvaient mes souvenirs.

C'est faux d'ailleurs.

Si cette porte avait été ouverte, si j'avais eu le droit de la pousser, j'aurais vu derrière de nouvelles couleurs, d'autres meubles, d'autres odeurs.

Il n'y aurait pas eu le fauteuil de mon papy, l'odeur de pipe, il n'y aurait pas eu ma grand-mère dans la cuisine, il n'y aurait pas eu, l'étage au-dessus, mon lit et son édredon, comme ceux des jeunes filles d'antan, ni l'eau de Cologne sur la tablette de mon labavo.

Il n'y aurait pas eu les rires, Monocle et SaNiaise dissertant sur Carmen, Papy tonnant que lui, il apprendrait l'allemand quand ça serait une langue morte. Il n'y aurait pas eu de puits d'amour ou de ficelle fraîche, il n'y aurait pas eu Papa qui m'apprend à faire du vélo sans roulettes dans la rue devant.

Il n'y aurait pas eu mon frère petit, maman, il n'y avait pas mes cours de cuisine, ma grand-mère montée sur une chaise à cause d'une souris dans le garage, les têtards au fond du jardin, les promenades à vélo.

Ils sont dans ma tête, ces souvenirs. Nombreux, accentués, ravivés encore par ce passage sur les lieux où ils se sont fabriqués.

Et la meilleure façon de les faire vivre, c'était de les raconter à Cro-Mi, devant la porte, et tout au long du weekend. Les miens, et ceux des autres qu'on m'a transmis.

Et maintenant qu'elle sait où j'ai appris à casser des oeufs ou à faire du vélo sans roulettes, ou son grand-père, son arrière-grand-père, son arrière-arrière-arrière grand-mère on laissé des empreintes qui vivent dans nos souvenirs, elle est heureuse.

Elle me l'a dit ce matin encore. entre sa fierté d'avoir 7 ans et son essayage de cadeaux, entre un câlin du matin et un rire. Elle est contente de connaître nos souvenirs et d'en avoir vu un bout de décor.

Derrière la porte

lundi 13 mai 2013

La terrifiante histoire de Clara et du Ronpiche (histoire pour ma fille)

Clara ne dormait pas, cette nuit là.

Elle entendait un bruit sourd jusque dans sa chambre. Jusque sous sa couette. Rrrrrronnnnppiche. Rrrrrronnnnppiche.

Elle connaissait ce bruit, c'était signe que l'un de ces terribles envahisseurs avait profité de la nuit pour squatter la maison.

Un Ronpiche.

Elle hésita longtemps. S'enfouir un peu plus sous la couette, terrifiée ? Ou bien partir à la recherche de ce Ronpiche et s'en débarrasser une fois pour toute ?

Clara était une petite fille courageuse. C'est donc la deuxième solution qu'elle choisit. Par précaution, elle enfila son casque de pompier, ses lunettes de piscine, prit sa lampe de poche qui ne marche pas et son épée de pirate. Et commença par faire le tour de sa chambre.

Pas de Ronpiche dans sa chambre.

Très lentement, très doucement, elle ouvrit la porte. Aucun Ronpiche dans le couloir.

Elle entra avec mille précautions dans la salle de bains. Zéro Ronpiche ici. Pas plus que dans les toilettes.

La cuisine était baignée par la lumière des lampadaires, il fut facile à Clara de vérifier que ce satané Ronpiche ne s'y cachait pas non plus. Non, même pas dans le réfrigérateur !

Elle pénétra ensuite le salon. Très lentement, très doucement, elle se pencha pour vérifier sous tous les meubles, derrière toutes les chaises. Pas l'ombre d'un pet de Ronpiche.

Mais le bruit du Ronpiche persistait.

Clara savait qu'elle devait continuer ses recherches.

Elle ouvrit en silence la porte de la chambre de son frère. Elle se fraya un chemin entre les trente-mille-douze chaussettes par terre, les quatre-vingt-douzaines de milliards de jouets en vrac, souleva tout ce qui ne puait pas trop, et se rendit à l'évidence.

Ce crétin de Ronpiche n'était pas là non plus.

C'est en ouvrant la porte de la chambre de ses parents qu'elle sut qu'elle approchait du but. Le bruit du Ronpiche y était plus fort que partout ailleurs.

Elle regarda derrière la porte, sous le lit, toujours pas de Ronpiche... et pourtant, forcément, il était là !!!

Elle comprit alors l'horrible vérité !

Forcément, le Ronpiche était dans le lit de ses parents, et il avait commencé à les dévorer !

Vite ! Pourvu qu'il soit encore temps !

Clara brandit son épée de pirate et commença à frapper partout du plat de la lame en plastique sur la couette, pour déloger le Ronpiche.

La lumière s'alluma et ses parents se relevèrent d'un coup.

"Mais qu'est-ce que c'est que ce bazar, Clara, qu'est-ce que tu fais ici ?"

"Euh, c'est-à-dire qu'il y a avait un terrifiant Ronpiche dans votre lit et il fallait le tuer avant qu'il ne vous dévore et..."

La maman de Clara éclata de rire.

"Tu as raison ma chérie, il y a bien un Ronpiche dans ce lit. Mais il ne veut pas du tout nous tuer ! En fait ..."

Son père s'était déjà rendormi, et de ses narines sortait un...

... terrifiant Rrrrrrrrrrrrrrrronpiiiiiche, Rrrrrrooonnnnnpiche. [1]

Note

[1] Histoire inventée pour Clara pendant les vacances et qui la fait beaucoup rigoler, surtout quand on beau-père ronfle, allez comprendre.

lundi 6 mai 2013

Images et souvenirs

Mon objectif premier pour cette première salve de vacances printanières (car il y en aura quelques autres jours la semaine prochaine, sans compter les deux fériés de celle qui démarre, on ne va pas se laisser abattre), c'était de passer le plus de temps possible avec Cro-Mignonne.

Pour le plaisir, bien sûr, mais pour lui dire aussi, en actes, qu'à défaut d'avoir des solutions rapides et efficaces à ses soucis avec le Lutin, j'étais là, avec elle, pour elle.

Alors en vrac, on a beaucoup cuisiné (elle a fait son premier gâteau en lisant elle-même la recette), beaucoup lu, acheté son premier dictionnaire et quelques "Bibliothèque Rose", rigolé, fait des câlins, fait des changements d'eau pour Oscar le Chieur (y a qu'à voir la photo, ceci est sa production de... trois jours...), installé le nouvel aquarium-cadeau d'anniversaire dans lequel le poisson prendra ses aises le jour J, vu des amies, parlé, parlé, parlé, dit des bêtises, fait des câlins, regardé des quantités industrielles de "Norbert et Jean" et de Dîners presque parfaits, pris l'air un peu, mais pas trop, parce que météo et allergies se sont relayées pour lui pourrir les bronches. Collé des dizaines de vignettes Panini. Fait des blagues drôles et d'autres d'âge bête (oui, on est en plein dedans. Oui, toutes les deux). Ri d'un tricot dont l'une des couleurs part en biais et pas l'autre.

On a pleuré un peu aussi, dans un accès de chagrin de "c'est trop injuste je veux qu'il arrête". On a passé du temps à trois avec l'Enchanteur.

On a fait des câlins (oui, encore d'autres).

Et hier je l'ai déposée chez son père pour une semaine.

J'ai un énorme trou en forme de ma fille dans le cœur, depuis.

Mai 2013 Collages

Mai 2013 Oscar

Mai 2013 Tricot

Mai 2013 Repas

jeudi 25 avril 2013

Questions alakon, réponses alakon

En épisode II du billet sur les questions alakon, vous vous doutez bien que nous disposons, nouzôtres esprits créatifs et un peu décalés de la comm', de quelques réponses et interjections bien senties pour bouter l'ennemi hors des frontières de notre open space [1].

Ainsi, si vous passez par chez nous et qu'au cours d'un échange vous entendez tout ou partie de l'échantillon suivant, ça ne PEUT pas être bon signe. Au mieux on est parti en déconnade. Au pire, c'est le préambule à un NON sonnant et pas du tout trébuchant.

  • "Non mais j'ai aucun problème avec ça." Signifie qu'on a un problème majeur avec ça. Va s'ensuivre un argumentaire musclé de 10 mn pour démonter point par point ce qui nous défrise dans le sujet.
  • "On va la refaire en SVC". Cette phrase suit un long monologue à base de "il faut vérifier l'appétence[2] de nos clients et prospects pour cette solution, ensuite on va crosser le wording avec un SWOT[3], et double checker avec les datas de la R&D". Le SVC, c'est : "sujet-verbe-complément". D'une redoutable efficacité pour démontrer le plein de vide, le SVC, si vous voulez mon avis.
  • "Foutaises !" : phrase victorieuse au bingo des expressions.
  • "On est laaaaaaaarges". Sert soit à marquer l'ironie pour une demande "pour avant-hier". Soit à constater qu'on est vraiment laaaaarges dans le temps et que c'est exotique. Soit pour dire qu'on s'est mis tout seuls très en retard et noyer le poisson.
  • "Bon, là, on va faire ça et ça et bises ma poule, et hop c'est parti" Le "bises ma poule"[4] est un nom commun qui désigne les formules de politesse en bas d'un courrier, d'un mail, etc. Généralement, cette expression vient quand on nous fournit un torche-balle ou un projet pas du tout réfléchi et que, excédés, on choisit de faire à la place au lieu de passer trois interminables heures en réunion pour faire avec ou faire faire par les bonnes personnes.
  • Et bien sûr les expressions imagées qui ne sont pas le reflet d'une quelconque mauvaise humeur, mais juste notre petit langage à nous "néanmoins... oreille en plus" étant notre expression du moment, je vous l'offre en partage.

A vous les studios !

Notes

[1] qui se trouve être, de loin, le plus coloré, décoré, foutraque et bariolé de nos bureaux, pour effrayer ledit ennemi

[2] quand c'est avant de manger, généralement, je dis qu'à propos d'appétence, c'est l'heure de la cantine :D

[3] une liste des pour et des contre, pour faire court

[4] mon pôpa saura d'où ça vient !

lundi 22 avril 2013

Top ten des demandes alakon

Je viens d'écrire un machin vite fait pour le canard interne de MaBoîte, et je ne résiste pas à l'idée de partager avec vous.

Il s'agit de partager les phrases qui nous font frémir d'avance, vu qu'on sait que sous une demande qui, du temps où nous étions débutants, nous semblait innocente, se cache une brave galère qui peut même, avec un peu d'aide et de malchance, virer cauchemar intégral.

Dans mon métier, on a recensé, avec l'aide de mes camarades potaches et noteurs préférés, 10 phrases et une en bonus que je vous livre illico :

  1. « Tu as 5 petites minutes ? »
  2. « J’ai juste une / quelques petites corrections »
  3. « Non mais ça ne va pas prendre longtemps… »
  4. « Et on ne pourrait pas juste… » (changer l’image de côté, prévoir un clic de plus, rajouter trois pages, ad lib)
  5. « Toi qui fais de la comm’ tu vas pouvoir m’aider ! »
  6. « Il me faudrait juste un copier/coller. »
  7. « Je sais que je m’y prends à la dernière minute… »
  8. C’est pour quand ? « Avant-hier » (et non, ça ne passe pas mieux avec la note d’humour…)
  9. « Peux-tu rajouter… » (on a fui avant d’entendre la suite) et son copain « Est-il possible ? »
  10. « C’est déjà parti ? Je viens de voir un truc !!! »
  11. Le bonus ! Le bonus !« Maintenant que je l’ai sous les yeux, je me rends compte… »

N'hésitez pas à enrichir !

vendredi 19 avril 2013

Et la tendresse, bordel ?

Ça pète à Boston.

Ça hait à Paris.

Ça chahute en Argentine.

Et pas mieux dans plein d'endroits.

Impossible d'allumer la radio, la télé, d'ouvrir un journal, de surfer sur internet, sans être pris dans une violence... violente.

Ce matin, en tournicotant avant que le réveil ne sonne, l'écran de ma tablette ne parlait que de députés qui se foutaient sur la gueule, littéralement, cette nuit, et les policiers abattus aux Etats-Unis.

On a perdu les humains ? Tout le monde est devenu fou ?

Jusque dans notre petite sphère intime.

Vous n'avez pas idée de ce que ça fait. La violence des propos des cathos fin de race dégénérés en surimpression avec ce qu'on vit. Un môme en détresse psychique, sa mère en plein déni. Ok, elle aussi est malade. Je ne la juge pas (enfin juste dans ma Ford intérieure, quand vraiment moi je déborde), je ne prétends pas que sa maltraitance soit malveillante. Mais entendre clamer partout qu'une femme ne devient mère que par l'accouchement et que c'est une consécration sacrée qui garantit que l'enfant sera heureux, pour peu qu'il ait aussi un vrai papa, quand on a sous les yeux la preuve que si c'était si simple, il n'y aurait que des enfants qui vont bien...

J'ai envie d'un monde où on laisserait un peu plus de place à la bienveillance, à la tendresse. Juste un tout petit peu plus qu'en ce moment.

mercredi 17 avril 2013

Signes indubitables de changement de saison

  • Opté pour les pieds nus dans les ballerines plutôt que chaussettes et Kickers
  • Mon badge (parking bureau, ascenseurs bureau, accès bureau) ne se trouve jamais là où je le cherche. Signe clair que j'ai troqué mon manteau pour le blouson de jean de printemps.
  • Cro-Mi sifflote, de loin en loin.
  • On baisse les stores au bureau aveuglés par un concept oublié : la lumière.
  • Il arrive même qu'on ait, légèrement, trop chaud.
  • Il arrive même qu'on ait, rarement mais nettement, besoin de lunettes de soleil.

Il n'est pas très convaincant, encore, mais oui, le printemps arrive enfin à Paris.

lundi 15 avril 2013

Le fil de mes pensées

En ce moment, mes pensées sont de guingois [1].

On me plonge malgré moi dans des états que je n'aime pas, dans des pensées qui me révoltent mais contre lesquelles je n'ai que peu de prise.

Alors je respire par le nez, quelques minutes. Je me prends ces minutes de pause pour sentir l'air entrer et sortir. J'acte : ça ne va pas. J'ai peur / mal / je ressens de la colère. Et le fait de les regarder, ça va mieux.

Je prends le temps de sentir le sol sous mes pieds, quand je marche. Je surdéguste ce que je mange, quand je peux. Pour éviter de les avaler toutes crues, ces pensées de guingois. Ca fait partie d'un ensemble que je travaille depuis quelques mois (pour le plus grand bénéfice de mon tour de taille, au demeurant), mais qui m'aide dans ces instants compliqués.

Je me souris dans la glace. Ca me fait rire. Ca détend.

Et c'est reparti pour un tour où je peux respirer presque normalement, penser à autre chose. Trouver ma juste place dans cette situation, celle qui sera bonne pour moi comme pour ceux qui comptent.

Un tour où je peux trouver en quelle énergie convertir ma colère, mes énervements.

Un tour où je peux me dire qu'après tout, ça va, que c'est à moi de rendre aux choses leurs justes places. Au moins je suis droite dans mes bottes. Au moins je ne suis pas folle à lier. Au moins, quand tout ça sera passé, on aura plus qu'à savourer la sérénité retrouvée, ce qui ne sera sans doute pas le cas de la provocatrice de ces sentiments négatifs. Au moins Cro-Mignonne va bien bien bien. Au moins on avance, on progresse, on grandit.

Au moins, on constate qu'on est forts, mon Enchanteur et moi, quand il s'agit d'encaisser. Solidaires, déterminés. Une bonne équipe. Et ça c'est une belle promesse d'avenir.

Note

[1] Défaut de rectitude, de régularité

jeudi 11 avril 2013

Le paradoxe familial

Le plus dur, au fond, dans ce qui arrive à notre Lutin Facétieux et à Cro-Mignonne, c'est de constater que dans la "grande équipe" qui gravite autour de lui, il y a quelqu'un qui joue contre son camp.

Alors il faut désacraliser l'image de la mère, s'offrir un ricanement cynique à la santé des enfoirés qui trouvent que rien de tel qu'une maman et un papa quels qu'ils soient. Et puis mettre à distance, s'occuper du vrai problème.

Après tout, ce sont ceux qui acceptent qu'ils font partie du problème, au moins juste parce qu'ils sont concernés, qui acceptent, aussi, de faire partie de la solution.

Hier soir, on a convoqué le conseil de famille. Fait l'état des lieux.

Cro-Mi va bien. Elle est très juste dans son positionnement, dans ses réactions, je trouve. Elle n'enlève rien au Lutin de son affection, mais lui a signifié fermement que jusqu'à ce qu'il lui montre qu'il ne la confond pas avec un punching ball, ça va bien, c'est marre, elle fait la grève du bain avec lui, non mais. Mais quand même. Elle est, je trouve, d'une maturité incroyable sur l'équilibre entre "je comprends qu'il a des trucs à régler, mais je ne peux pas l'aider sur tout, je compatis, mais je ne veux pas subir". Bref. Solidaire, mais pas victime.

On a encore parlé et parlé et rappelé à la règle, remis à plat les raisons de leur existence, creusé avec le Lutin.

J'ai l'impression que, petit à petit, les idées font leur chemin. On est loin, encore, je crains, du moment où il lâchera prise sur ce qui le rend si malheureux et sur quoi il n'a aucun pouvoir. Mais l'idée qu'il est acteur de son propre bonheur, et surtout de sa propre vie a, il me semble, allumé quelque chose dans son regard. L'idée que le pleur libère aussi (et guérit, m'ajouterait Luce), semble, petit à petit, venir compenser l'idée que d'aller mettre le doigt sur ce qui fait mal, c'est "trop triste".

L'Enchanteur me dit qu'ils étaient tout légers, les enfants ce matin.

Chouette. Le pouvoir des mots a agi, un peu.

Il faudra parler encore, ça ne sera pas la dernière fois qu'il y a aura un enfant qui aura besoin, bien sûr.

Mais je n'oublie pas, aussi, à quel point ils s'aiment, à quel point on s'aime, et à quel tout ça nous rend armés pour accepter la difficulté, et y fabriquer des solutions.

(Même si, du coup, on est un peu fatigués, là).

mercredi 10 avril 2013

Des nids ?

Quand on a affaire à quelqu'un qui est en plein déni, que fait-on ?

Vous me direz, ça n'est pas la première fois de ta vie, Anne, que tu es face à un bon gros déni (des nids ?) des familles, et tu sais que rien ni personne ne peut en faire sortir la personne qui trouve plus d'intérêts à ne pas voir ce qui cloche qu'à s'intéresser au monde réel et tenter d'agir dessus.

Et vous aurez raison.

Sauf que là, ce n'est pas de moi qu'il est question. Ou par rebonds. Mais de deux enfants. Celui qui se mange sa souffrance en pleine poire et dont la mère refuse de la considérer. Du coup, il se fait bouffer et dès qu'un événement qui lui rappelle un peu plus que les autres qu'il souffre, il explose.

Et l'autre, la mienne, qui dès qu'un événement rappelle à son comparse qu'il a mal se prend le retour de bâton.

Alors qu'est-ce qu'on fait ?

On ne peut pas laisser ce gamin là au bord de la route. On ne peut pas tolérer que la mienne supporte l'inconséquence d'une qui ne lui est liée que par les circonstances.

Mais concrètement, on fait quoi ?

On change le psy qui prétend qu'il est urgent d'attendre ? Qui ne nous donne à considérer que le tout petit petit bout de la lorgnette ? C'est une possibilité.

On parle encore et encore ? On fait ça, dès qu'on peut.

Ce qui n'empêche pas le gamin de raconter à sa mère ce qu'il pense qu'elle veut entendre, tellement il a peur de perdre les bribes qu'elle lui donne, tellement, aussi (et c'est lui qui le dit) c'est douloureux que de juste formuler la pensée "j'ai mal à ma mère".

Ca me fait bisquer [1], oui, et même plus. D'autant que la dénieuse en question en profite pour donner des leçons d'éducation. Sur des choses qui n'existent pas, forcément, puisque son fils lui raconte des conneries pour ficeler une histoire vite fait et changer de sujet.

Mais elle. Nous donne. Des leçons. D'éducation.

C'est pas comme si elle nous le rendait de week-end de Pâques de trois jours sans lui avoir filé la moindre douche ni le moindre chocolat, hein.

Je pourrais tout péter aujourd'hui, tant ma colère est grande (trouver moyen de la convertir en autre chose, respirer...).

Note

[1] Éprouver du dépit, de la colère

mardi 9 avril 2013

Top chef Home edition

J'ai profité de me sentir bien ingambe [1] pendant ce week-end de trois jours pour me lancer dans des fantaisies culinaires !

Dans le désordre.

J'ai découvert avec effarement que mon Enchanteur ne savait pas ce que c'était que les gougères ! Aussitôt réalisé, aussitôt recette demandée à maman [2], aussitôt ou presque recette réalisée.

(La preuve, floue, mais la preuve).

Gougeres

Du coup ça m'a donné des idées. Du genre les faire en plus petit et les farcir "façon profiteroles" avec une chantilly au roquefort. Oui mais pour ça, il me faudrait un siphon [3]. Avec des petits dés de saumon frais, genre. Non ? Mioum. Hâte de tester. Oui mais pour ça, le siphon, euh !!!

Et puis sinon, dans la série des impros culinaires qui deviennent des best of, il y a eu le gratin de chou fleur aligoté en hiver, le printemps réserve aussi sa découverte. Je partage.

Samedi je faisais des nuggets maison (des blancs de poulets coupés et panés, histoire de montrer aux enfants que le poulet ça a un goût et une consistance. Meilleur que chez Mc Truc). Bref. J'étais en panne de chapelure pour les 15 derniers, alors du coup, j'ai bricolé un truc avec du pesto, rallongé à l'huile d'olive et au citron, et passé dans le parmesan pour la panure....

Un SUCCÈS ! Du coup je partage.

En revanche, à vous raconter tout ça, j'ai une petite faim, là :p !

Notes

[1] Qui est bien en jambes, léger, dispos, alerte

[2] qui l'a fournie avec promptitude, autant dire que le sujet était une urgence ressentie comme telle par toute la famille

[3] et là, l'Enchanteur se marre

mercredi 3 avril 2013

Un petit poisson, un petit oiseau...

Et voilà Cro-Mignonne s'assoter [1] pour les poissons.

La faute de son père qui, après l'avoir baladée à la Foire du Trône, me l'a ramenée lundi soir porteuse d'un vague bocal en plastique à poignée et d'un poisson rouge dedans.

J'ai vu une lueur de sadisme dans son regard.

Alors certes, les poissons, ce n'est pas si sot, comme passion. Sauf que bon. Pour avoir goûté il y a longtemps aux joies du massacre organisé de poissons (pas fait exprès, le massacre, hein !), j'en ai tiré la conclusion qu'un poisson, il était surtout bien dans son habitat naturel.

Et lui avec ses messages, non mais laisse-le crever, le poisson, c'est juste pour qu'elle apprenne à s'en occuper. Ouate le fuque ??!! Torturer un poisson pour donner à notre fille le message : de toute façon il va crever ? Il m'énerve, là.

Parce que oui. En vrai, un poisson rouge, ça vit dehors, dans des grands bassins. C'est supposé faire une cinquantaine de centimètres, adulte, et ça peut vivre trente ans.

Alors ok, tout le monde connaît quelqu'un qui en a gardé un 7 ans dans un bocal opaque.

Y a aussi des gens qu'on a guéri de maladies incurables, hein.

Mais je ne crois pas que ça soit une BONNE leçon à donner que de traiter un être vivant comme ça (genre, ça serait, pour nous, de vivre dans des chiottes d'un mètre carré, toute notre vie, ET de se faire comprimer des organes vitaux pour tenir dans l'espace). Ok ce n'est qu'un poisson. Mais en extrapolant, je ne la trouve pas terrible. Je ne vois pas quoi en tirer de positif.

Je vous ai dit qu'il ne m'avait même pas prévenue, hein ? Ni demandé mon avis ? Ni proposé, devant mes arguments, que ça se passe chez lui, la leçon de choses. Et que donc, sa leçon de cruauté, il va falloir que je l'assume, larmes comprises. Entretien du truc aussi, si ça la lasse (et ça va la lasser, forcément, sauf s'il meurt avant).

Alors j'ai retrouvé dans la cave un aquarium plus grand, là où j'avais dit plus jamais. Parlé beaucoup à Cro-Mignonne de ce dont un poisson de ce type a besoin. Qu'on s'y prenait mal, mais qu'on allait quand même essayer de faire au moins pire. Et on verra.

Mais franchement, là, je suis ga-vée.

Note

[1] Enticher d’une ridicule passion

mardi 2 avril 2013

Tu la vois ma grosse inspiration ?

Je regarde cette semaine impollue [1] avec l'oeil torve de qui serait bien restée au lit.

Ou en tout cas à la maison. Ou en tout cas pas au bureau.

Mais bon.

Au moins on y était attendus chocolatement.

Cloche en chocolat

Et y a des jours comme ça, où tout en restant lucides sur la relation employeur / employés en ce 21e siècle, je me dis, le mien, il est très loin de la perfectitude, mais il a du savoir vivre, au moins un peu :)

(et puis contente de l'ajouter au butin des enfants, l'un des deux n'ayant eu aucun chocolat à Pâques. Pas 7 ans, c'est un peu tôt pour se passer de chocolats, je trouve :( )

Note

[1] Sans tache, non souillée

jeudi 28 mars 2013

Tousse pas maman !

Au bureau, on a une collègue qui s'auto surnomme "maman". Sur un mode Audiardo-Béruriesque, hein, pas qu'elle se prenne pour nos mamans.

Du coup, parfois, quand on lui cause, on croirait un peu qu'on parle avec l'inénarrable Norbert (mais si, faites pas semblant de ne pas savoir qui est Norbert de Top Chef de l'an dernier !!).

Bref, hier, quelqu'un me dit un truc débile, et comme malgré l'aspect quotidien de la chose, je ne suis pas encore habituée, je m'en étouffe en buvant mon thé. Quinte de toux s'ensuit, et là, je l'entends me dire :

"Tousse pas maman, y a rien de chaud !".

Moment de silence incrédule sur l'open space.

Echanges de regards rigolards.

Puis fusent les "mais qu'est-ce que tu racontes ?", "qu'est-ce que tu as dit ?", "mais d'où tu sors ça ?".

Elle extrêmement étonnée qu'on ne connaisse pas cette expression à ses yeux très répandue. Quelques recherches sur les internets lui ont montré que quand même, on était pas les seuls à ne pas connaître.

Et elle, hilare, assez convaincue que c'est le reste du monde qui a tort, même pas victime d'une quelconque ribote [1].

Faut dire, c'est déjà elle qui, la semaine dernière, nous avait fait un exposé sur le fait que les hommes de cavernes étaient de mauvaise humeur parce qu'à force d'être dans les cavernes, ils ne voyaient pas assez le soleil, comme nous en hiver.

Si, comme moi, vous vous posiez la question de savoir comment on peut établir que les hommes des cavernes étaient de mauvaise humeur, sa réponse vous éclairera : "ben ça se voit, maman, à la télé, ils sont toujours en train de grogner".

C.
Q.
F.
D.

Note

[1] Excès de table, et surtout de boisson

mercredi 27 mars 2013

Le parler vrai

Hier j'ai pris part à une réunion fort intéressante, en présence de tous nos directeurs commerciaux, de leur chef, du mien [1] et bien sûr leurs costards et leurs cravates.

Outre le fait que c'était vraiment intéressant, et que c'est chouette d'être embarquée dans ces moments d'échanges où la stratégie se dessine, j'ai pu, à la teneur des échanges, deviner quel était le dernier thème des formations des chefs des commerciaux.

Il y en avait un qui sortait cette expression à tout bout de champ.

"Le parler vrai !"

"On va leur parler vrai !"

"Il ne faut pas hésiter à leur parler vrai !"

Le tout avec la ferveur d'un nouveau converti.

C'est à se moment qu'il faut s"interdire tout dépris[2]. Ok, les nôtres sont sensibles au jargon, aux modes, au dernier qui a parlé qui a raison. Ok ils cherchent le moyen le plus facile de convaincre leurs futurs clients que c'est avec nous qu'il faut travailler et sont prêts à beaucoup pour ça.

Mais tout bel effort vers la simplicité dans la communication est bon à prendre. Toute volonté d'élaguer le superflu pour aller à l'essentiel est à encourager.

Ravaler, alors, les "c'est vrai, avant on leur parlait faux, mais ça c'était avant".

Ricaner, quand même, un peu, intérieurement. On est pas des bêtes.

Mais sachez le brave gens, aujourd'hui, quand on cherche à vous vendre un truc, on va tenter de le faire en vous parlant vrai. Il fallait y penser, non ? :D[3]

Notes

[1] autant dire qu'on était pas beaucoup de femmes, oh ! comme c'est étonnant ! Alors qu'on fait toute cette communication sur la diversité cheux nous

[2] sentiment par lequel on déprise, et qui est moins fort que le mépris de la gent commerciale

[3] Ok, en vrai, je ne m'en remets pas de rire. Ca et "on veut faire un "tout en image" avec du texte", j'en peux plus !

lundi 25 mars 2013

Ces gens-là

Il est temps, grand temps, de faire face à une vérité qui, si elle nous est incompréhensible, à nous autre humains non sortis de la cuisse de Jupiter, n'en est pas moins un fondement de ce qui se passe dans la tête de gens qui défilent pour la manif de la honte, ces derniers temps.

Nous demandons l'égalité des droits face au mariage, notamment[1]. Il faut savoir que ces gens-là ne considèrent pas l'égalité des humains comme un fondement de notre société.

Ils nous sont supérieurs, par leurs valeurs, leurs choix de vie. C'est eux qui le disent, hein ?

C'est quelque chose contre quoi je me suis heurtée il y a quelques mois. L'épouse de feu mon oncle, aveuglée par sa rage à dézinguer le compagnon de sa fille qu'elle détestait, nous a sorti une diatribe au cours de laquelle elle ne s'est même pas rendu compte que c'était, aussi, mes choix de vie qu'elle jugeait, condamnait. (Ainsi que ceux de nombreuses autres personnes, mais qui n'étaient ni à table, ni à elle apparentées).

Dans son discours, il apparaissait notamment que les gens qui ne désirent pas se marier mais ont des enfants ne veulent pas ce qu'il y a de meilleur, ont dans l'idée à l'avance qu'ils vont se séparer et donc (sic) aiment moins leurs enfants que les gens qui se marient (devant Dieu, sinon ça vaut à peine).

Elle ne voyait pas le problème à me condamner dans le même panier puisque moi, c'est pas pareil, c'est la famille. Je passe sur l'absence de rigueur de l'argument puisque justement, c'est mon "point".

Et elle ne voyait aucun problème à considérer comme seule règle acceptable celle de "son monde", monde qu'elle décrivait comme, en effet, fermé à ce qui se passe autour, ailleurs, centré sur son système de valeurs accepté comme unique vérité possible en ce bas monde.

Il va de soi que la charité, la tolérance, l'amour du prochain prônés par le christianisme dont ce "notre monde" se réclame n'existe que dans nos têtes d'objecteurs. Ils sont le monde des élus, ils n'ont pas besoin de s'abaisser à ces considérations, autrement que dans leurs bonnes oeuvres occasionnelles.

Alors autant je crois qu'il a pu être utile d'échanger avec des gens qui se positionnaient contre cette forme d'égalité par préjugé culturellement acquis, par méconnaissance des discriminations faites, des souffrances engendrés, je crois, oui, que parfois il a été possible de faire bouger les idées, de les enrichir.

Autant je pense que devant le mouvement imbriaque [2] des marcheurs de la manif de la honte, seule notre indifférence nous protégera de leurs illuminations.

Au final, ils ne sont pas si nombreux. Ils sont persuadés que de pousser leurs gamins devant, c'est un acte de bravoure héroïque, comme d'en envoyer un au séminaire et l'autre devenir chevalier. Ils ne VOIENT PAS le problème que de hurler à la face du monde que leur modèle parental est le meilleur, puisque c'est celui de leur monde.

Sauf que leur monde appartient au passé de mon pays. Ils en sont la dernière gerbe.

Et puisque dialoguer avec eux est impossible, je les compisse de mon mépris le plus total.

Soyez les enflures que vous voulez être. Ce n'est pas grâce à vous que le monde ira mieux. Et puisque vous croyez au jugement dernier, craignez pour vous. Vos actes fanatiques d'illuminés confits dans la haine ne devrait pas vous valoir beaucoup d'honneurs.

Pendant ce temps là, on va s'acharner, nous, à essayer sourire par sourire, mot par mot, indignation par indignation et parfois loi par loi, à tenter de ne pas laisser sombrer l'égalité, la fraternité des humains entre eux quelle que soit leur naissance.

Quel que soit leur monde.

Notes

[1] et comme le faisait remarquer Eli l'autre jour, nous serions bien inspirés de mettre autant d'énergie dans toutes les questions d'égalité

[2] Ivre, fou, stupide

jeudi 21 mars 2013

Rébellion militante

J'ai honte. J'ai un truc à vous confesser. C'est très grossier.

Ce matin [1], sur la route. Un pont qui enjambe l'A86.

Des banderoles tendues dans sa largeur, s'opposant vivement au mariage pour tous, conspuant Taubira, faisant un amalgame du type "on veut du boulot, pas du mariage homo" incompréhensible dans sa logique.

Et trois mecs à agiter des petits drapeaux au logo de la manif dont je ne dirai pas le nom tant ça m'exaspère.

Petite consolation mesquine, ils se gèlent le cul.

Mais ça me met en pétard qu'ils agitent la propagande de leur godan [2] sans qu'on puisse même leur répondre.

Alors j'ai fait la seule chose que mon statut d'automobiliste en mouvement me permettait. J'ai honte, c'est même vulgaire. Mais je n'avais que ça ou périr étouffée par mon indignation.

J'ai tendu un gros doigt d'honneur à celui qui regardait dans ma direction en passant.

Je sais, c'est nul, c'est moche, c'est pas bien.

Mais au moment où, à la légère crispation, je me suis dit qu'il avait vu, je me suis sentie teellllement soulagée d'avoir pu, au moins un peu, dire que ça n'est pas parce qu'ils occupaient cet espace et qu'on ne pouvait pas ne pas les voir qu'on allait être d'accord.

Merde quoi.

(Bon, ok, je sais que c'est mal, mais pour de vrai, je n'ai pas vraiment honte. J'en peux plus).

Notes

[1] un lapin a tué un chasseur

[2] Conte, tromperie

mercredi 20 mars 2013

Projets d'ailleurs

Pour qui connaît l'agenda de ministre de mon saltimbanque Enchanteur préféré, il n'est pas difficile de deviner que notre vie sociale du week-end est compliquée[1].

Mais cette année, nous ne nous sommes pas laissés faire par le temps qui ravage tout sur son passage, file trop vite et toutes ces sortes de choses ! Non non, toute occasion de prendre l'air étant la bonne, nous avons op-ti-mi-sé ribon-ribaine [2].

Ok, le bref séjour Toulousain, s'il était complètement satisfaisant du point de vue amical, était un peu plus compliqué de celui des trajets.

Mais là.

Là !!!

LÀ !!!!

Je viens d'envoyer le chèque d'acompte, les statistiques météorologiques sont de notre côté.

Et sauf si le ciel nous tombe sur la tête, nous irons passer un bout du week-end de la Pentecôte en Bourgogne. Envie de montrer à ma fille un bout de son histoire familiale (la pauvre, elle croit qu'elle est vietnamienne :D). De lui montrer des endroits où j'ai fixé des souvenirs d'enfance, de vadrouiller à nous quatre ailleurs qu'entre nos quatre murs, de manger et boire des bons produits du cru !

De sortir l'appareil à faire de belles images, de prendre le temps, de sortir du quotidien, de voir de beaux paysages, de sniffer l'air de la campagne (j'espère que c'est encore la campagne, là-bas, dites donc !), d'aller voir le Musée Colette et les potiers de St Amand, de sourire à la vie.

Et pis c'est tout.

Non mais !

Notes

[1] Je vous encourage, d'ailleurs, à aller l'applaudir, histoire qu'on ne soit pas loin l'un de l'autre pour rien :D

[2] Coûte que coûte

mardi 19 mars 2013

L'inscription la plus compliquée du monde

Cinq visites, deux jeux de copie intégraux des revenus, deux ou trois coups de fil, c'est ce qu'il aura fallu pour que notre mairie daigne ENFIN inscrire le Lutin à la cantine et au centre (fort heureusement, il y est allé, quand même).

Un coup il manque des papiers, un coup encore un peu, le troisième il en faut de nouveaux, le quatrième, finalement on va faire autrement, le cinquième, suite à un courrier disant qu'il fallait l'inscrire (gné ? mais c'est fait depuis belle lurette) pour dire "oups, ben on a perdu le dossier, on va recommencer".

Pour finir par un calcul tellement à l'ouest qu'il en fait rire, si ça ne donnait pas envie de pleurer. Enfin, nous voilà aux deux tiers de mars, et la bonne nouvelle, c'est qu'il faudra tout recommencer dans deux mois, pour l'année de CE1.

Outre l'agacement, la fatigue, la colère devant l'employée qui ne peut s'empêcher de porter jugement sur tous les pans de notre vie qui lui sont donnés à voir, mais que de coule [1]. De papier, d'énergie, de bon sens. De temps.

Et moi qui ai souvent à coeur de défendre le service public et ceux qui l'assurent, là, je vous le dis tout net, ma mairie, je n'en suis pas fière.

Enfin. Ca c'est fait.

Note

[1] Menus gaspillages causés dans une maison, dans une administration, par des domestiques, des employés peu vigilants ou peu délicats

lundi 18 mars 2013

Brèves de rentrée

Depuis son retour chez nous, le Lutin a aligné une semaine de "points verts", qui signifient que tout a bien été. Ok, comme on veut être encourageants, on met aussi des points verts les jours où ils ne se voient pas. Histoire que le volume lui donne confiance. On a parlé, vite hier, quand je lui ai montré l'ardoise blanche, le tableau, les points, il m'a dit que ça lui avait fait du bien de parler, chouette. Je lui ai rappelé que le psychologue était là pour ça, aussi, autrement.

Emue que j'étais par l'énorme câlin qu'il m'avait fait en rentrant.

Heureuse de sa joie quand je lui ai dit que si, le 11 avril, il n'y avait que des points verts, je lui offrirais le DVD de Totoro dont il rêve.


***

Cro-Mignonne rentre, quasi systématiquement, surexcitée et un peu désagréable de chez son père. Je comprends : il fait le plein d'activités en quelques jours, il prend sa place de papa gâteau, et ils en profitent, c'est chouette. Mais du coup il faut resserrer les boulons, un peu, le dimanche soir, une semaine sur deux.

Mais quand même ses tendresses à moi réservées, ses réflexions si enfantines et pourtant si empreintes de réflexion.

Elle avait un peu le trac de rentrer, hier soir. J'essaye d'apaiser la pression qui porte, aussi, sur les épaules des bons élèves, lui dire que si elle trouve ça difficile, on sera plusieurs à lui expliquer, mais qu'elle a l'air de très très très bien s'en sortir, et qu'on ne lui demande pas de passer en CM2 à la fin de l'année, juste de faire de son mieux, en fonction du niveau de mieux du jour, de l'heure, de l'exercice, et d'essayer de garder cette joie d'apprendre.

Elle allait mieux, après.


***

Retour plus tôt hier de l'Enchanteur pour cause d'un Cyrano annulé. Je ne sais pas si vous avez idée de combien c'est précieux, une soirée de plus ensemble. Je crois que c'était la première fois qu'on passait un dimanche soir à nous quatre. Pas besoin alors de se livrer à d'alliciantes [1] manoeuvres, la joie d'être tous les deux nous a duré largement toute la soirée.

Note

[1] Qui séduit, qui captive

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