Sacrip'Anne

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jeudi 23 juin 2016

Bonheur collectif Montessorien

Cette année ne cesse de décevoir sur l'état du monde et sur ceux qui se targuent de le diriger. Comme Kozlika disait, difficile de parler d'un bonheur par jour quand il est si difficile de se réjouir de quoi que ce soit de collectif.

Pour autant, dans une année qui a été très dure aussi d'un point de vue (politique) locale, j'ai un grand bonheur.

A l'automne dernier, un enseignant de l'école de ma fille a lancé un projet inspiré de la pédagogie Montessori (entre autres) à l'école en bas de chez nous.

Celle-là même où l'année a été aussi très très difficile et qui est un peu laissée à l'abandon.

J'ai eu un grand plaisir à aller taper des sous sur les internets pour essayer d'apporter ma petite pierre à l'édifice. Étant donné l'implication et l'énergie que ça a demandé pour lui, il me semblait que c'était bien le moins.

Vous trouverez des nouvelles en images et un petit bilan sur le blog du projet : ça marche. Et ça va continuer l'an prochain.

C'est une petite chose à l'échelle de l'humanité, mais ça n'est pas rien, ce projet : c'est de l'espoir, c'est du refus de baisser les bras, c'est du travail, c'est du bonheur des enfants.

Alors voilà. Mon bonheur collectif c'est d'avoir été une toute petite partie mais une partie quand même de ce projet-là. Je me réjouis d'avance pour les CP de l'an prochain !

lundi 20 juin 2016

La valse

La semaine dernière, Lomalarchovitch a eu un truc qui ressemble suffisamment à une roséole pour qu'on se dise qu'il a probablement eu la roséole.

Bref, bébé un peu (un peu !) abattu, puis tacheté de rose mais sans appétit (SANS APPÉTIT !!). Puis bébé remis et hop, c'est reparti.

Vendredi soir, Cro-Mignonne avait froid. Un truc qui lui arrive une fois par an, et encore, les années bissextiles uniquement. La voici enroulée dans le plaid-doudou au bout de mon lit, je parlais avec mes parents au téléphone quand soudain, je réalise qu'elle s'est endormie (ENDORMIE !!!).

Le truc qui ne lui est pas arrivé depuis ses 5 ans et demi, quelque chose comme ça.

De fait, elle avait la chair de poule et plus de 38,5° de fièvre. On a annulé la pyjama party du lendemain et on a bien fait, ça a duré 36 heures comme ça sans autre symptôme qu'un mal de gorge fugace.

Et puis dimanche matin elle était remise et hop, c'est reparti.

Je l'ai rendue vaillante et en bon état (j'espère) à son père hier soir, et puis en faisant des bisous à son petit frère on l'a trouvé un peu chaud. Oui, il l'était un peu mais rien de méchant. Jusqu'à ce que ça grimpe et que finalement 38,3° et pas d'autre symptôme.

Ce matin c'était 38,5°, rieur et actif mais un peu branlant sur ses jambes quand même.

Comment vous dire ?

Un peu marre de la valse du Doliprane, là, tout de suite.

(Mais : que de câlins quand les enfants sont malades, oh oui oh oui !!)

vendredi 10 juin 2016

Colombes, quartiers abandonnés

Nous sommes donc un matin de juin 2016. Aux Fossés-Jean, quartier (très) populaire de Colombes.

J'ai croisé la directrice de l'école de ma fille, alors qu'elle sortait de sa voiture et que j'allais chercher la mienne. On échange trois mots, elle me dit que c'est compliqué, à l'école, qu'il y a une poignée de gamins incontrôlables qui perturbent les classes. Qu'on ne peut pas faire grand chose, qu'on a pas prise sur eux.

De fait, ce n'est pas la première fois qu'on constate la très faible implication des parents dans l'école : galères répétées pour trouver des parents accompagnateurs, une volontaire (sur 120 familles) pour organiser la fête de l'école... pour la partie la plus agréable. Mais aussi : parents ignorant les mots dans le carnet, les rendez-vous, ou alors ils viennent pour insulter la directrice, l'enseignant. Ou font oui oui de la tête mais semblent perdus.

"On a plus de mixité", me dit la directrice. Les familles les moins pauvres partent du quartier.

Faut dire, faut avoir un certain sens militant pour mettre ses enfants dans cette école dont les bâtiments se disloquent.

La municipalité nous répond, inlassablement "il y a 38 écoles à Colombes". Et il faut bien un dernier sur la liste, position que nous tenons fièrement depuis des années.

La municipalité argue que grâce à elle, les travaux de rénovation du quartier démarrent. La précédente dirait que c'est grâce à leur travail, la précédente que...

En attendant les équipements diminuent, les familles fuient, la misère sociale s'installe.

Qu'avons-nous fait pour en arriver là ? Nos politiques urbaines, sociales, montrent des limites, ça craque de partout.

Et la prise de conscience ? Niveau municipal, c'est à pleurer. Nous sommes la ville où, si un enfant vient à la cantine sans avoir été inscrit, il y a une pénalité. Jusque là, pourquoi pas ? Prix unique, 5 euros. Plus cher, donc, que le prix d'un repas (j'ai un QF de 6 et je dois payer un tout petit peu moins de 4 euros, donc pour la majorité des familles, ça peut même être le double). Et cerise sur le gâteau, il faut huit élèves "de dernière minute" minimum pour que la cantine centrale ajuste le nombre de repas livrés.

Récapitulons : un enfant vient à la cantine pour une raison bonne ou mauvaise alors qu'il n'a pas été inscrit dans les temps. Il va donc payer prix du repas + 5 euros pour avoir, potentiellement un morceau de la ration de ses camarades. Qui eux-même n'auront pas la quantité prévue pour leur repas alors qu'ils sont régulièrement inscrits.

Alors sur un plat de ratatouille pour 150 élèves, ça va, s'il s'agit de yaourts ou de portions indivuelles, ça devient plus compliqué.

Vous savez ce qu'a répondu la municipalité quand l'opposition s'est indignée de ces 5 euros sans nuances ? "C'est la justice sociale selon nous".

Ça doit se retrouver avec un peu de patience sur les vidéos des conseils municipaux de l'an passé.

Du coup quand ils nous font leur grand numéro sur les efforts pour notre quartier (qui doit représenter un petit quart des habitants de la ville), comprenez qu'on y croit pas trop, voire qu'un rictus crispé s'installe sur notre visage.

Mais vous savez quoi ? C'est de notre faute, on est les pauvres. On a pas mérité d'être riches et d'avoir la qualité de service public qui va avec. On a pas mérité des fenêtres qui ferment (ou ouvrent) dans une école étanche. On a pas mérité des réflexions sur l'urbanisation et le maintien d'une saine mixité, qui était pourtant une des grandes réussites de ce quartier il y a encore quelques années.

Et puis on s'en fout. On construit du neuf, le tramway arrivera au pied de la rue. Alors pendant quelques années ces nouveaux habitants plus riches mettrons leurs enfants dans le privé. Puis petit à petit on virera la misère sociale à coup de pression financière et de maltraitance dans d'autres villes, les plus riches gagneront, et là on reconstruira une école flambant neuve pour faire plaisir à cet électorat tout neuf, j'imagine.

Tant pis pour les mômes sacrifiés entre temps.

Tant pis pour le constat effarant qu'il y a des enfants de moins de 10 ans incontrôlables, et qu'on ne peut pas juste dire que c'est la faute des parents.

Tant pis pour la remise en question.

Après nous le déluge (et en plus on est en zone inondable).

Sauf si entretemps la colère des pauvres, de ceux qu'on maintient la tête sous l'eau en les traitant d'assistés devient plus forte. Et là qui vivra verra, la tête de qui sur quelle pique...

J'ai mal à mon quartier, j'ai mal à mes valeurs.

J'ai mal aux systématiques réponses des élus "c'est pas nous c'est les autres".

J'ai mal au monde.

mardi 7 juin 2016

Détail des tailles

Suite à cet article, et puis à celui de Sophie Gourion, ça a fait du bruit sur Twitter et Libé nous cite (merci à eux) (après l'intertitre "Fillettes" pour ceux qui ne veulent pas tout lire).

Et puis je suis allée chez Décathlon où j'ai fait le constat en live que ça marche presque à tous les coups, ces histoires de tailles filles plus petites que pour les garçons du même âge.

J'ai l'exemple des marinières Tissaia, Fille d'Album m'envoie elle aussi une photo issue de son shopping enfantin, du coup je me demande. Un tumblr où on rassemblerait tout ça ? Pour faire causer, pour illustrer, pour démontrer. Bonne idée ou pas ? Vous en pensez quoi ?

Par ailleurs il faut que je vérifie mais on m'oppose parfois que les enfants 3-10 ans ont des courbes genrées. Certes les courbes le sont, mais est-ce parce qu'elles sont sur une autre page qu'elles mentionnent des mesures différentes ? A vérifier dans le carnet de santé des mômes ce soir.

mardi 31 mai 2016

Au milieu du rhume coule une rivière de morve

Comme toutes les trois semaines environ, Lomalarchovitch a le nez qui coule.

Ça fait partie de la joie des premières années et des contacts avec les copains-copines qui eux-mêmes...

Pas de quoi en faire un billet, pas plus du fait qu'hier, nous l'avons mis au lit un petit peu fiévreux.

Et ce matin il s'est levé (tôt) et... chougnasse.

Notre fils.

Chougnasse.

Je vous avoue que j'ai commencé à m'inquiéter sérieusement. Ce petit bonhomme toujours content et quand il ne l'est pas, de façon tellement fugitive qu'on a pas le temps de réagir avant que le sourire ne lui revienne.

Il était râleur, pas content, pleurnichard.

Tout juste sorti de sous la couette, il était un peu tôt pour évaluer sa température.

Et puis on s'est souvenus qu'à la halte-jeux, il avait peu goûté (phénomène qui fera sans doute la une de la gazette pendant plusieurs semaines, étant donné qu'ils s'extasient en continu sur son appétit, semblant indiquer qu'il a BEAUCOUP mangé, alors qu'ils nous le rendent affamé. On y peut rien, c'est le fils de son père, lui même fils de son père, ils ont le coup de fourchette spectaculaire. Et un métabolisme qui me rend jalouse).

Hier soir non plus, il n'avait pas mangé des tonnes.

Alors on lui a donné à manger.

Retour à l'humeur souriante qui lui est naturelle.

Soulagement parental.

Petit bonheur à voir cet ogrillon joli retrouver sa joie de vivre.

lundi 30 mai 2016

Est-ce que c'est un paradoxe ?

Je ne sais pas si c'est un paradoxe, cette dualité que je porte, ou bien si ce sont les autres qui amalgament ?

Ok, ok, j'ai la carrure, psychologiquement (et physiquement :p ) pour prendre sur mes épaules, pour organiser, prendre en charge. Faire la tour de contrôle, distribuer le job.

Prendre les décisions, piloter leur mise en œuvre.

Mais est-ce que ça veut dire que c'est OK pour moi d'être la seule "en charge" ? Ben non.

Ces derniers temps, il a fallu ajuster du budget et du plan de carrière, à la maison.

Alors oui pour optimiser, proposer, donner des idées, je suis là, pas de problème.

Mais depuis, encore plus que d'habitude, je me sens seule adulte à devoir vérifier où en est chacun, qui fait quoi, on sera ok pour le délai, et puis pour le mois prochain, comment ça va marcher ? On fait un point budget ce week-end ? Hey, on avait dit qu'on faisait un point budget, ce week-end. Et puis pour l'inscription à la cantine, tu auras les pièces ? C'est sûr ? Tu n'oublies pas d'y aller ?

Ça use, d'être l'adulte responsable. Même si j'y trouve du confort (une vague sensation de contrôler les possibles dérapages), et quelque chose qui me dit que je suis cap.

J'ai envie, aussi, qu'on s'occupe de moi, de mes creux, de mes états d'âme.

Qu'on s'inquiète de comment je vis, comment je le vis.

Et puis oui, techniquement, éthiquement, politiquement, je trouve que la fête des mères, c'est bof, mais que c'est quand même sympa un dessin. La grande a oublié (et m'a offert des smileys coeur sur hangouts pour se faire pardonner), le petit ne peut pas y penser, c'est en m'entendant en parler au téléphone avec mon père que son père s'est dit que...

Bref. On peut être gérer et avoir envie d'avoir un peu de soutien moral, de l'amour. De l'empathie.

Je ne doute pas qu'une partie des troupes en éprouve, en revanche pour l'exprimer, ils ne sont pas au top. Et pour saisir les perches non plus.

Alors je déprime un peu, entre le petit qui est en mode "j'ai presque deux ans", inusable pile dans la couche, la grande qui expérimente la pré adolescence, le genou toujours douloureux, le boulot éreintant, l'école qui a toujours plus besoin des parents d'élèves pour tout et n'importe quoi et l'autre adulte de la famille qui ne voit même pas que j'en chie. Et que j'aimerais bien, parfois, ne pas être la seule adulte en charge.

Ça va passer, je sais, je sais. Et puis la grande, quand même, sait voir et aider. Et puis l'autre adulte a appris à prendre des choses en charge. Et puis un jour je pourrais prendre du temps pour moi seule et reprendre mon souffle.

Mais là, le H24 sur la brèche, j'avoue, j'en peux un peu plus du tout.

Appui.jpg

mercredi 25 mai 2016

Air Beach Boys

J'ai commencé la journée assise par terre, sur le tapis, avec mon fils, à faire un concert de Air Beach Boys.

Moi jouant sur une guitare faite (par lui) en méga blocks, lui chantant dans sa lampe-de-poche-micro.

Niveau bonheur, la suite de la journée risque d'avoir du mal à s'aligner.

C'était trop bien.

BeachBoy.jpg

mardi 24 mai 2016

De l'énergie nécessaire

Or donc, il me restait un jour de congé à prendre avant la fin mai, et je m'étais dit qu'un lundi de repos après le week-end d'anniversaire de ma fille ne serait pas de trop.

Il faut dire, entre la fête elle-même (heureusement, il a fait environ bon et on a pu sortir les six trolls pour un spectacle théâtre et danse de plein air) et la pyjama party qui a suivi (quatre enfants sous notre toit jusqu'au dimanche fin de matinée) c'était déjà dense.

Et puis Lomalarchovitch était surexcité par le fait d'avoir ses frère et sœur, en plus d'avoir un nouvel achievement en cours de déblocage, il est de nouveau au taquet, fier de ses bravades et sourd partiel à la voix parentale.

Me voici donc lundi, en comité d'enfants restreint, à me dire que ouf, on peut souffler. Sauf, donc, que Lomalarchovitch était toujours au taquet, aggravé par le fait qu'il pleuvait comme vache qui pisse et qu'on était confinés dans une pièce pour laisser la femme de ménage travailler à peu près tranquille.

A l'heure de la sieste, appel de l'école, ma fille était malade. Il a fallu évaluer à distance, temporiser parce que j'étais seule à la maison [1] avec un bébé qui dort, donc pas possible de sortir en le laissant et préférable de ne pas le réveiller.

De façon opportune, ledit bébé a décidé d'écourter sa sieste est je l'ai emmené récupérer sa soeur.

Du coup j'ai passé la fin de journée avec un bébé chiant ET épuisé DONC encore plus chiant, et une gamine qui, en fait, allait parfaitement bien, mais a trouvé sympa de nous faire son numéro d'ado rebelle et drama queen parce que je l'ai forcée à se couvrir avant d'aller sous la pluie[2].

Bref, une journée bien tendue du slip comme on aime et qui m'a fait apprécier le calme relatif du trajet en voiture pour aller au boulot ce matin. Oui, dans les bouchons et parmi les conducteurs fous furieux, j'ai apprécié le calme.

Côté bonheur : j'étais pas au bureau :ppp

Notes

[1] pour une raison que je n'évoquerai pas ici mais plutôt là

[2] en revanche, j'ai prévenu son père qu'elle a cherché à apitoyer et il lui en a mis une deuxième couche. Elle a, paraît-il, passé la soirée à bouder CHEZ LUI, ce qui est moins désagréable que de bouder CHEZ MOI.

mardi 17 mai 2016

Et puis ce qui pique un peu

À lire sur le blog privé : "Et puis ce qui pique un peu"

jeudi 12 mai 2016

Bonheurs en retard

Bon, ce n'est pas tout ça que d'agiter les internets avec des histoires de féministeries, il faudrait aussi un peu songer à raconter des bonheurs. Ce n'est pas faute d'en avoir vécu, figurez-vous, mais je bosse comme une cinglée et quand je ne bosse pas, j'essaie d'éviter les ordinateurs, au moins un peu.

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Alors d'abord, et c'est important de s'en rappeler, il y a eu le premier pique-nique de la saison ! Ce qui signifie que OUI, il a fait assez beau et chaud[1] pour le faire ! C'était bon, c'était chouette, on a rencontré de nouveaux copains et à l'issue de tout ça j'ai même repéré un magnifique rocking-chair PLIABLE sur lequel je louche pour de prochaines occasions. Ben oui ma bonne dame, on ne rajeunit pas et mon dos hurle à la mort après chaque fois où je lui fais le coup du pique-nique. Et puis je me vois tellement bien dans mon rocking-chair avec sandwich d'une main et tricot de l'autre, à l'ombre partielle des feuilles printanières. Non ?

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Nous nous préparons (fébrilement, en ce qui la concerne) à fêter les dix ans de Cro-Mignonne. 10 ANS ! Vous vous rendez-compte ? 10 ans qu'elle est là.

C'est curieux cette sensation avec les mômes, que le temps file mais qu'ils ont toujours été là, hein. Elle est épatante, avec son caractère bien trempé, ses timidités, son envie d'autonomie, sa façon de s'emparer des responsabilités et de comprendre que bon, plus elle en fait, plus les négos pour les petits et grands plaisirs sont faciles. Elle me ravit.

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Lomalarchovitch est en pleine explosion du langage, sujet sur lequel il n'était pas tellement en retard, notez-bien. Du coup ça bavarde tant que ça peut, il chante, n'importe quel objet lui servant de micro (déjà) ! C'est le plus joli "petit escargot[2]" du monde et un Beach Boy accompli.

Il est drôle et gentil et déjà un peu grande diva, dites donc. Très sûr de son pouvoir sur nous.

Je me régale de mes mômes et je mesure ma chance.

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Et nous ?

Ben on est crevés. Mais assez heureux, je crois (je ne le dis pas trop fort pour ne pas nous porter le mauvais oeil :D)

Notes

[1] contrepèterie belge bien connue

[2] porte sur son dos

jeudi 5 mai 2016

Attention, ça taille un peu petit !

Alors voilà. J'ai une fille de bientôt dix ans [1].

Elle a toujours été en taille dans une moyenne haute (juste sous la courbe des 25 % les plus grands), ce qui est un étonnement perpétuel pour moi. Et un tout petit peu au-dessus de cette même courbe pour le poids. Faut dire qu'avec son poids de cheveux, en plus :D

Quand je la vois, elle me fait l'exact même effet qu'un fruit d'été juste mûr pour être mangé : joliment remplie, pleine de vie, pas maigre, mais vraiment pas grosse non plus. Elle a un petit bidon à géométrie variable selon la quantité de légumes disponibles au repas d'avant, des fesses pour lesquelles je me damnerai.

Bref. Magnifique.

J'ai longtemps cru que c'était parce qu'elle n'était pas "juste mince" que les fringues "de son âge" lui étaient très vite trop serrées. Concrètement, là, elle met du douze ans, et ça ne va plus durer très très longtemps. Alors, oui, je me suis longtemps dit que c'était ses jolies fesses haut perchées, rondes et fermes, celles-là même qu'on lui envie.

Et puis plus elle grandissait, plus j'ai eu l'impression qu'en fait, les tailles de fringues rayon filles étaient sous taillées. Sans parler du fait que les t-shirts sont cintrés, les pantalons forcément slim, enfin bref, la mode enfantine a bien changé, depuis nos sous-pulls unisexes et nos pantalons en velours de même [2].

Enfin bref, quoi qu'il en soit, depuis des années je regarde ça d'un oeil dubitatif en me demandant si, tout en me disant que bon, faudrait être bien cynique pour sous-tailler les fringues de petites filles de beaucoup beaucoup de marques et leur faire ressentir dès le plus jeune âge qu'elles sont TROP GROSSES POUR LEUR AGE (et ceux via des parents pas du tout réceptifs aux messages généralement peu bienveillants concernant l'acceptation de soi d'un côté, et la consommation de l'autre).

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Depuis presque 22 mois j'ai un fils. Mon père le surnomme l'ogrillon, j'ai entendu le sobriquet "Viking". Enfin bref. il est grand. Il est déjà plus grand que la taille moyenne à deux ans. Mais bon, il a encore les pieds qui touchent par terre, la plupart du temps, je vous rassure.

On commence à virer le deux ans de son tiroir parce que ça tire un peu, et à le passer en trois. Il se trouve qu'il aime le rose alors on lui a acheté une marinière avec rayures roses. Et puis un petit t-shirt bleu avec un cœur trop mignon. J'ai pas fait gaffe dans le rayon promo de mon supermarché, j'ai pris du trois ans, en me disant que ça allait au moins lui faire la saison, ma pauv'dame. C'est en rentrant que j'ai vu la mention "T-shirt fille" sur le bleu. Et par déduction que j'ai pigé, pour les rayures roses. On lui a pris des fringues dites "de fille" [3].

Et puis là on lui a mis.

Et bé ça fera pas la saison.

Alors que le t-shirt garçon de son pyjama, il n'est pas horriblement trop grand mais quand même, on voit bien qu'il a de la marge, surtout en hauteur.

Là, avec ses t-shirts de fille, il est bien moulé, ça lui remonte au-dessus du nombril quand il lève les bras.

Du coup oui, je peux confirmer. L'injonction sur le corps des filles, ça commence à trois ans. Et il y a des parents pour mettre leurs mômes au régime, oui, je dis bien au régime, à cause de ça. D'autres qui habillent leurs enfant au rayon adulte. D'autres à les faire monter sur la balance pour bien leur mettre en tête qu'elles ne sont pas dans la norme souhaitable dès le plus jeune âge. Je vous jure. Il y en a. Beaucoup.

Tailles.jpg

Je vous mets la photo du plus grand (et moins cintré) des t-shirts, sur l'autre, c'est pire. Dessus un t-shirt fille (vous aurez compris, hein, y a du rose) en taille 3 ans. Dessous un t-shirt garçon taille 3 ans. Sans même focaliser sur la longueur, il y a bien 2-3 cm d'écart (à multiplier par un devant et un dos, donc le double, voyez ce que ça fait comme différence sur un corps d'enfant) en largeur.

Je suis dans une rage folle. Contre le monde. Contre les injonctions faites sur le corps de toutes petites filles. Sur le fait de faire flipper des parents si tôt, sur les fabricants, les distributeurs, les cons. En colère.

Et je partage avec vous.

Pour que tous les parents qui se disaient que c'était bizarre, cette taille de vêtement, tiltent comme j'ai tilté. Pour qu'on ait encore moins de remords à piocher dans les rayons qui leur vont, pour qu'on coupe leurs étiquettes (ça rend le tri compliqué, je sais, j'ai fait !), pour qu'on les rassure, pour qu'on soit de moins en moins nombreux à être dupes et de plus en plus nombreux à être scandalisés.

Parce que c'est un scandale.

Notes

[1] dans 16 jours, me dirait-elle à l'oreille si elle n'était pas très occupée à jouer en ce moment même

[2] oui je suis un dinosaure né dans les années 70 si je veux, non mais ho !

[3] mais je vous rassure, son pénis est resté bien accroché et il n'a pas l'air de se sentir blessé dans son ressenti du tout. Juste, il a pointé le rose et fait "cochon" d'un air ravi, paraît-il

lundi 2 mai 2016

Gonze de féministe

Je fais un clin d'oeil au site antédiluvien "Copine de Geek", dans ce titre, mais en fait, il s'applique aux conjoints de toutes. Et non, pas nécessairement aux conjointEs dans les cas de couples homo justement parce qu'il s'agit d'intériorisation de valeurs "dites féminines".

Je participe à un projet qui est bien chouette sur la maternité et le féminisme. Et dans les discussions préparatoires, il y a une phrase qui a fait tilt.

Pourquoi on dit que les hommes devraient aider dans les tâches ménagères ? Aider, c'est faire la gentillesse de donner un coup de main. C'est prendre en charge un petit morceau. Alors que, dans ce qui nous occupe, il s'agit de partager également la responsabilité d'un foyer.

Cette phrase est entrée en collision avec plein de choses vécues, de comportements visibles, de conversations. Et le constat que même nos mecs, "alliés" et parfaitement convaincus de la nécessité du partage en théorie, ne sont pas forcément dans la posture qui convient en terme de pratique.

Commençons déjà par déconstruire un peu le stéréotype. Autour des machines à café, quand on parle des rapports entre sexes (rire gras), on explique généralement que bon, chez nos ancêtres, les hommes allaient chasser le mammouth pendant que la femme vaquait en chantant à des activités plus faciles physiquement, comme la cueillette, l'élevage des enfants, les soins au foyer.

Passons sur cette vision rigoureusement scientifique (ahem) et interrogeons-nous. Qui parmi les hommes que nous connaissons est réellement allé chasser le mammouth dans les dernières années ? Personne dans les derniers millénaires.

Du coup, on a remplacé la chasse par des tas d'autres activités dites masculines comme gagner 25 % de plus en se levant le matin ou aller faire la guerre, mais fondamentalement, cette aptitude de Killer de Mammouth est devenue environ inutile. Surtout depuis qu'on chasse dans les rayons du supermarché, ce qui est à la portée de tous sans distinction de genre. Et même, rions donc, est devenu une activité de gonzesse, faire les courses, dites donc.

Donc voilà. On ne naît pas Fâme avec la vocation de servir le foyer. C'est dit. Ce ne sont pas des prérogatives féminines que de s'occuper de la maison, ce ne sont pas des choses innées qui éclosent de nos petites mains vaillantes mais joliment manucurées.

Mettons que nous ayons affaire à des hommes qui ne trouvent pas que c'est dégradant d'être une femme (et donc de se livrer à des activités de femmes). Et qu'ils soient déjà conquis à l'idée qu'ils peuvent le faire (en théorie), soyons même fofolles, disons-nous qu'ils en ont déjà fait, des trucs de la maison.

Ouah.

Soyons bien clairs, on ne vous dira pas merci. Parce que le foyer commun, comme son nom l'indique, il est commun. Et qu'il nous appartient en commun (je sais, je me répète) d'en faire un lieu vivable pour chacun de ses habitants. Alors non, on ne vous dira pas merci à chaque machine vidée, ou alors vous le faites à chaque fois qu'on fait un truc aussi. Je vous renvoie à cet excellent article qui m'a donné plein d'inspiration et de clés logistiques (oui, on a des corbeilles, plein, et les mômes rangent leur linge). Et qui en prime m'a déculpabilisée. On ne vous dira pas merci, mais on vous respectera et on vous montrera (ou on essaiera) le plaisir qu'on a à vivre dans un foyer propre et serein.

On ne vous fera pas de listes. J'en rigole maintenant mais au début de notre vie commune, l'Enchanteur, plein de bonne volonté, mais surtout d'inertie, m'a demandé une méthodologie pour nettoyer la salle de bains. Oui vous pouvez vous étouffer de rire.

Donc si vous ne savez pas comment faire, plutôt que de nous prendre pour vos mamans qui avons du temps pour faire votre éducation en plus de nettoyer, allez sur internet. Y a tout. Je suis sûre que vous trouverez des tutos pour tout faire dans une maison, et même des bonnes idées qu'on a pas encore eues. Et là vous allez forcer notre admiration.

Et puis arrêtez de penser que nous sommes les grandes vestales de la vie du foyer, qu'on va, en un éclair de génie, savoir à quel moment organiser les vacances, la rentrée, quelles courses faire, et quelle sortie éducative et sympa pour le week-end.

Prenez des initiatives. Si elles sont mauvaises, tant pis. Si elles sont bonnes, génial.

Arrêtez de vous reposer sur nous pour prendre les décisions et organiser le qui fait quoi. On a pas gagné le droit au sérieux et à la responsabilité. Nous aussi on adore glander des heures en attendant que ça tombe tout cuit. Et les mômes qu'on a, on a choisi de les faire / les inclure dans notre foyer. Ça ne contient pas une clause de "moi aussi je suis un peu ton enfant ma chérie". Non non non. Jamais.

En écrivant ce billet mi fâché mi rigolard (parce qu'il vaut mieux en rire), je mesure qu'en plus, on peut progresser. Si je prends notre exemple domestique, mon Enchanteur, il est passé de zéro (rappelez-vous, la méthodo salle de bains) à la gestion de la bouffe de la semaine, du lave-vaisselle, d'une bonne partie des machines.

Certes, il lui manque encore un peu d'initiative personnelle, mais il commence à ne plus me demander mon avis sur tout et à FAIRE. Et ben vous savez quoi ? Ça allège sérieusement notre quotidien et ça permet de moins s'engueuler sur des trucs de peu d'intérêt comme le ménage, et de plus rigoler autour de séries. Que du bonus.

Donc voilà. C'est possible. Ça ne tache pas.

Ça fait juste de vous nos partenaires. Nos alliés. Et devinez quoi ? C'est tout juste ça qu'on cherche. Allez même savoir si c'est pas bon pour le couple, dites donc. En voilà une idée révolutionnaire, non ?

lundi 25 avril 2016

Vite !

Vite, vite, avant que le rythme de rentrée ne balaie tout, quelques bonheurs vacanciers...

  • faire la cuisine avec ma fille, la voir mûrir peu à peu sur son rapport à la nourriture
  • rire de son sens de l'auto dérision
  • entendre les compliments ("t'es belle, maman") et les déclarations d'amour de mon bébé joli
  • avoir TROIS HEURES TOUTE SEULE
  • n'en rien faire de plus compliqué que l'étoile de mer sur le lit, bouquiner, somnoler, bouquiner encore
  • avoir hâte de retrouver les autres après
  • savoir que je faisais le dernier rendez-vous avec mon maintenant ancien toubib
  • profiter de la passion pour les Beach Boys de mon fils pour écouter Good Vibrations plein de fois par jour
  • se promener avec des amis au soleil et profiter de leur chouette présence

(et oublions les épisodes fâcheux comme la voiture à la fourrière...)

Ayé, c'est fini, c'est la rentrée.

Mais bon, j'ai posé mes congés pour cet été, histoire de pouvoir rêver soleil et bons moments loin du boulot.

mercredi 13 avril 2016

La semaine d'avant vacances

Je pense que les menaces de la charcutière de priver Lomalarchovitch de ses saucisses a fonctionné : depuis, il est l'incarnation du bébé parfait.

Quand je rentre, on papote, on joue, on lit beaucoup, on chante. Il a oublié son art de la provoc et sa surdité totale au "non" des dernières semaines.

Sachant qu'il ne s'agit que d'un répit, je savoure chaque micro seconde de ces fins de journées si douces qu'elles en effacent le stress du travail, juste avant.

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Les parents de bref passage parisien sont venus dîner hier soir. C'était bien chouette et beaucoup trop court. Ah ! Si Paris était à Marseille, que les choses seraient plus faciles !

Du coup j'ai vu une photo semi récente (d'il y a quinze jours, autant dire plus d'un tiers de son âge, donc plus du tout d'actualité) de Nièce Adorée qui est vraiment très très belle (et très petite).

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Et puis J-3 avant les vacances.

lundi 11 avril 2016

Printanier (en images)

Il y a quelques rayons de soleil et il ne nous en faut pas plus pour se précipiter et mettre les pieds (nus, pour les plus grands[1]) dans l'herbe.

Hier, une fois n'est pas coutume, on a eu un dimanche en famille. Alors on en a profité.

Il y avait un petit grand qui faisait sa première sortie en draisienne ("avélo ! Avélo !"), pas encore très aboutie d'un point de vue équilibre, mais carrément si on s'en tient à l'enthousiasme du jeune homme.

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Et puis cet excellente chose toute amie des parents Montessoriens que sont les bâtons et les pommes de pin. Intense concentration garantie. Et un peu de repos dans l'activité : courir dans l'herbe après l'explorateur en herbe.

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Il y avait Cro-Mignonne, ma grande-chose adorée, pile à l'âge où on peut, en l'espace de quelques secondes, passer d'un questionnement intense sur le fait que les bâtons utilisés la dernière fois pour jouer aux agents secrets, est-ce qu'ils seront là ou pas, à un autre sur le fait qu'on voit la marque de sa culotte sous son legging (soupir).

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Et des câlins, parce que les câlins c'est important.

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Note

[1] oui, on sait, en avril, pas d'un fil, mais bon. Où est le fun, si on reste en chaussures, hein ?

jeudi 7 avril 2016

Bonheur d'aujourd'hui

Soudain ça me frappe.

Il y a cinq ans j'étais dans l'une des années les plus compliquées de ma vie.

J'étais, depuis quelques mois, seule avec ma fille, je venais de sortir de six mois d'acharnement contre des banquiers avec quelques alliés, mais moins que de gens qui compliquaient les choses.

Il y a avait un truc qui tenait de la torture sentimentale dans mon existence.

J'étais crevée. Et en même temps assez contente de me réapproprier ma vie, mais c'était dur, tous les jours, pour la logistique, pour les sous, pour le moral, pour tout.

Je ne savais pas encore que quelques semaines plus tard, on allait re faire connaissance avec mon Enchanteur. Je n'imaginais même pas ce qui allait suivre. J'étais certaine que je serai mère d'une enfant unique (unique en son genre, elle l'est restée !).

Et là je me dis que bon. On a un quotidien sportif, surtout cette semaine, on a des séquelles de la fatigue tous les deux. Mais des enfants pleins de vie et de jubilation de vivre. OK la porte fait shboing la nuit quand il rentre et ça me met de mauvaise humeur[1], mais on rit, et on vit et même si on est pas riches, qu'on se marche un peu dessus dans l'appart et qu'un nombre considérable de nos appareils électro ménagers ont canné dans ces deux dernières années, on est heureux.

D'un futur que je n'imaginais pas il y a cinq ans.

Note

[1] il va falloir encore un peu de temps pour que je sois sereine face aux interruptions du sommeil, je le crains

mardi 5 avril 2016

Mary Poppins

La fille de Mary Poppins [1] a une fille qui vit aux États-Unis depuis quelques années.

Elle y a eu deux fils, dont un qui est quasi jumeau de Lomalarchovitch, et qui est né avec une maladie congénitale. Du coup Mary Poppins a passé beaucoup de temps aux États-Unis à aider sa fille et on l'a très peu vue ces derniers mois.

Hier, le téléphone a sonné. C'était elle. Pour dire qu'elle avait hâte qu'on se voit.

Alors certes, elle est rentrée depuis deux mois ou presque mais elle a été occupée tout le temps et là, elle a hâte. Je lui propose samedi, et elle me répond "demain ?".

J'adore sa doute tyrannie et comme elle nous manque beaucoup, ce soir, on va voir Mary Poppins. J'ai hâte de voir comment ils vont se tourner autour avec Lomalarchovitch. Lequel des deux va déployer le plus grand numéro de charme !

Et j'ai hâte de la voir !

Note

[1] l'ancienne nounou de Cro-Mignonne, donc, pour ceux qui ne la connaissent pas

lundi 4 avril 2016

Comme on s'aime

Ce matin, émue par le manège plein de tendresse de mon fils (aller chercher une peluche, la câliner tendrement en "lui chantant" - c'est-à-dire en chantonnant deux mots et en comptant sur nous pour remplir les trous - une de ses chansons d'avant dormir), je lui tends les bras en lui proposant un câlin.

Bras dans lesquels ils s'est précipité, avant de m'escalader et m'entourer de ses petits bras.

Du coup je lui ai demandé s'il voulait qu'on se serre fort comme on s'aime. Et là, pression desdits petits bras autour de moi.

Il n'y a pas grand chose qui puisse donner un shoot d'amour pur aussi puissant, dans la vie, quand même.

Et me voilà, donc, emplie de bonheur pour les heures à venir.

mercredi 30 mars 2016

Et ben non, c'est pas facile

Je ne sais pas si c'est l'âge, le recul, l'expérience, mais je me suis rendu compte qu'on était très nombreuses à minimiser quand il s'agissait de s'épancher sur un sujet difficile lié à la maternité.

Du genre "j'ai les nerfs en pelote parce que mon bébé a hurlé toute la journée. Pourtant, c'est un bébé facile".

Stop.

Arrêtons.

Un bébé "facile", ça n'existe pas. Certes il y a des bébés gros dormeurs, des bébés qui ne font ni coliques, ni reflux, des bébés pétaradants de santé. Des bébés dont on dira ici qu'ils sont moins difficiles que d'autres.

Mais rappelons quand même qu'un bébé c'est un être en construction qui dispose de peu de moyens de communication. Pour la partie positive de la communication, ça fait des tas de bonheurs, pour la partie négative, c'est cris ou pleurs ou hurlements. Et TOUS les bébés pleurent. Oui, c'est usant, nerveusement. Oui c'est difficile de rester calme, sereine et positive après plusieurs heures de ce traitement.

Et puis les bébés ils ont une digestion très personnalisée. Ils mangent quand ça les arrangent, chient quand ça nous met le plus dans une posture compliquée. Et ils demandent des soins immédiats. Et puis quand ils commencent à sortir du biberon ou du nichon, c'est pour malaxer, pétrir, expédier, pulvériser de la bouffe PARTOUT. En plus on nous explique que c'est bon pour leur motricité. Et puis nous, ça ne peut pas nous faire de mal au "manger bouger" de nettoyer derrière eux plusieurs fois par jour, hein.

Quand ils grandissent, ils sont super maladroits. Ils se bugnent sans arrêt, explorent pile le centimètre carré douteux alors que vous avez sécurisé tout le reste de la maison. Ont un radar pour détecter un truc dangereux et se précipiter dessus où qu'ils soient. Ils ont besoin d'une surveillance permanente et même comme ça, ça ne suffit pas.

Ils ont un caractère impossible. C'est pas de leur faute, ça s'apprend, résister à la frustration. Pas de bol, c'est nous qui devons leur apprendre. Comme la patience. Et le pire, c'est qu'un bébé qui grandirait et ne piquerait jamais une crise ou ne s'amuserait pas à dire non à tout propos, on s'inquièterait pour lui.

Et puis ils s'emmerdent. Il y a besoin de leur proposer des jeux sur lesquels ils se concentrent / s'amusent, et des sorties pour prendre l'air, et des activités, et ceci et cela. Tous les jours. Jusqu'à ce que la nounou / crèche / halte jeux / maternelle vienne nous délivrer (et là on se plaint de ne plus avoir assez de temps pour eux). Et là ils tombent malade pour les années qui suivent. Le rhume continu, c'est le tarif minimum. Celui qu'on chopera aussi.

Tout ça pour dire que même quand ils sont "faciles" (c'est-à-dire qu'ils dorment raisonnablement la nuit, acceptent de faire une sieste, mangent sans trop de difficultés, tombent malades de trucs pas plus graves qu'un rhume / une varicelle et pas trop trop souvent, pas plus de tous les 15 jours), élever un bébé en essayant de le faire au moins mal, ce n'est pas FACILE.

Et encore, on a même pas évoqué les valeurs qu'on veut transmettre et qui se heurtent à plein de trucs. Le bleu pour les filles, le gamin qui veut faire de la danse. Les autres qui Savent. La déconstruction de tout un tas de chose, la construction d'autres, confrontées à ce que nos enfants en font.

Alors ok, globalement, on a fait exprès de les faire. Ils nous apportent, outre leur maillon de perpétuation de l'espèce, de l'espoir, de l'amour, du rire, des ouvertures vers plein de choses. Oui on savait. Ou on croyait savoir.

Et on ne les regrette pas.

C'est juste qu'ils nous transforment en esclaves éreintés de leurs besoins infinis. En paradoxes ambulants, jamais rassasiés de la joliesse de leur enfance, consternés par le temps qui passe, mais aussi dépités par le manque devenu total de temps personnel. Et inquiets. En permanence. Pour rien ou pour des trucs importants. On s'en passe. On se réjouit d'avoir 10 minutes seule une fois toutes les 6 ou 7 semaines. On endure, mais c'est dur.

Tout ça pour dire : ce sont nos enfants, nos choix, on les assume.

Mais par pitié, les copines. Ne minimisez plus, ne cherchez plus à vous excuser. Ne dites plus "pourtant j'ai de la chance, il/elle est facile".

Parce qu'aussi choupis qu'ils soient, aussi formidables, aussi merveilleux, non, ils ne sont pas faciles. Ce n'est pas facile.

Et il y en a marre de se plier à l'injonction de la mère parfaite qui traverse tout ça avec le sourire ébahi permanent.

C'est pas facile.

On s'en tire bien. Plutôt. Suffisamment. Enfin on espère.

C'est pas facile.

On en retire parfois une certaine fierté.

Mais ce n'est pas facile.

Et que ceux qui voudraient qu'on se taise là-dessus et qu'on ressorte nos sourires épuisés mais heureux 24 h / 24 aillent se faire cuire les fesses.

On a le droit de le dire.

Que ce n'est pas facile. Et oué, heureusement qu'il y a des moments de bonheur indicible. Sinon ça ferait bien longtemps qu'il n'y aurait plus d'humanité pour bousiller l'humanité, c'est moi qui vous le dit.

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mardi 29 mars 2016

Pas bavarde, mais…

Or donc j'ai un peu fait une pause de bavardages, ces derniers temps, mais il y a quand même eu, malgré la douleur en bas à gauche, des petits malheurs et des terribles, des bonheurs dans la musette. Parmi lesquels :

  • un week-end absolument impromptu avec l'ami Moukmouk. Pour cause de genou et d'agendas de fin de semaine un peu tordus, on a pas fait de grand tourisme suburbain, mais on a papoté, placoté, discuté, bien ri, bien cuisiné et bien mangé. C'était drôlement bien et j'ai hâte que ça recommence.
  • le lit "de grande" de ma fille est enfin arrivé. Par "de grande" il faut entendre : un peu surélevé avec une cabane en dessous. Dans laquelle on a mis son tatami et son futon, du coup il y a de la place pour les soirées pyjamas. Et mettre hors de ma vue / du dessus de son lit la tonne de peluches qui colonisaient l'espace jusque là. Par ailleurs elle a la chance à peu près unique d'avoir un lit assemblé par sa mère, Cyrano de Bergerac (ou presque) et un Indien (d'Amérique). Je ne vois pas comment ne pas faire de beaux rêves avec ça.
  • Lomalarchovitch fait des petites phrases ! On est pas complètement dans les "Marquise, vos beaux yeux…", mais pour les "Encore bisou maman !" ça fonctionne très bien. Je m'émerveille de la précision de ce qu'il nous raconte avec ses moyens de 20 mois et demi, et de ce qu'il comprend (sauf le mot "non" que résolument, il n'entend pas. Bizarre, hein ?)
  • Ma Nièce Adorée est née !!! Pour la Journée Internationale du Droit des Femme !! C'est la plus belle des enfants dans la catégorie Ma Nièce Adorée. J'ai hâte de la rencontrer.
  • Pour la première fois depuis la naissance de mon fils, j'ai été assez reposée pour ne pas m'endormir à la sieste hier. C'est peut-être un détail pour vous, et je ne m'illusionne pas sur la durée dans le temps de cette sensation magnifique, mais si vous saviez ce que je savoure !!!
  • Et puis des bons moments avec les amis ce week-end, Lomalarchovitch en mode conquérant, archi chiant et super adorable à la fois, des promesses de rayons de soleil (un jour). Des tas de bouquins dont un certain nombre de bons.

Bref, il aura été assez inattendu, ce mois de mars.

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