Sacrip'Anne

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lundi 7 décembre 2015

Alors voilà.

Il y en a certainement pour avoir parlé de "la France qui se réveille avec la gueule de bois".

J'ai fermé les écoutilles le plus possible depuis hier soir.

Parce que figurez-vous que ce qui me met dans une colère de malade, c'est n'est pas le résultat des régionales, c'est le fait de n'en être pas surprise, et, pire, que d'aucuns s'en effarent.

Encore un coup de ces idiots d’électeurs qui ne font pas comme on leur dit. Ou à ces abrutis d'abstentionnistes. Ou de ces crétins de "les autres", hein ?

Et déjà les mêmes litanies sur les raisons pour lesquelles, les fronts à faire ou à ne pas faire.

Soupir.

Évidemment pas un pour remettre en cause les politiques urbaines, d'éducation, économiques, sociales, ou tout simplement la considération des citoyens qu'on a pu oublier d'avoir.

Faudrait pas fâcher les riches. Les pauvres, ils ont déjà assez de problèmes.

Ni le Medef ou le CAC40. Clergé moderne.

Alors si on ne veut pas contrarier tous ces gens, on ne va quand même pas se poser des questions sur comment vivre ensemble, hein ?

France, patrie des droits de l'homme, c'te bonne blague. J'ai un sourcil ironique levé à l'idée que celui que d'aucuns surnommaient Flanby a déjà préparé le terrain pour la future présidente de 2017.

Parce que oui, hein. Pas la peine de se mettre la tête dans le sac, disons-le tout net : il y a des possibilités tout à fait solides que la merde empire dans les années à venir.

On va donc en prendre plein la gueule.

Et peut-être que quand on aura bien bien bien mal partout, bien plus fort qu'à nos petits privilèges, on commencera à refaire travailler l'intelligence collective, un petit peu ? On verra bien.

En attendant, "Des armes", histoire de.

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A propos d'armes, il y a celle qui me paraît essentielle, l'éducation. Si ça vous intéresse, n'hésitez pas à faire un tour ici et à contribuer

lundi 20 avril 2015

Va bien te faire cuire le postérieur, Vincent Delerm

Or donc.

Je n'ai AUCUN jugement sur le fait que des gens puissent apprécier le tour de chant de ce type, coincé en pleine mue, qui enfile des clichés comme d'autres des perles. Perso, je trouve ça physiquement douloureux de l'écouter, mais j'essaie au maximum de l'éviter et on s'en porte bien lui et moi.

Ok, le monde ne me semblait pas plus vide quand, n'entendant plus parler du type, je pensais naïvement qu'il avait fait carrière dans autre chose que la chanson, mais bon.

La semaine dernière, il a surgi dans ma radio. Comme j'étais accompagnée, nos bavardages ont couvert le son de la chanson et ça s'est passé (mais diable que c'est douloureux).

Sauf qu'après la chanson, il y a eu commentaires variés de lui et des chroniqueurs sur l'appel d'Alexandre Jardin (les Bleus Blancs Zèbres pour ceux que ça intéresse. Et que le type, déjà pas très sympathique vu de ma paroisse, commence à laisser tomber un méprisant "moi j'aime bien que les types qui écrivent les livres restent à leur place".

Alors là, pour le coup, c'est le "chanteur" qui aurait dû rester à la sienne.

Qu'on aime ou pas Alexandre Jardin, sa vie, son oeuvre, il se trouve que ce type bosse depuis des années sur l'alphabétisation. Oui, ce truc qui permet aux gens de décrypter toute la journée, du panneau indicateur à la profession de foi politique, du contrat de travail au roman qui permet de s'évader un peu.

Un sujet assez majeur, donc, tout le monde n'étant pas né dans un milieu favorisé qui permet de se la ramener avec ses études littéraires (je sais de quoi je cause, je fais partie de ces gens pour qui lire est aussi accessible que respirer).

Qu'Alexandre Jardin manifeste son manque de foi dans la chose politique en disant "regardez, ici on fait bouger des idées et ça marche", c'est plutôt plus constructif que de soupirer mollement en trouvant des bonnes raisons à ne rien faire.

Qu'il soit auteur devrait-il le disqualifier de vouloir apporter sa pierre à l'édifice ?

Qu'il s'empare, justement, d'un rôle de citoyen, parce qu'il a envie d'autre chose (qu'on juge ses idées bonnes, mauvaises, pragmatiques ou idéalistes), c'est plutôt plus glorieux que de soupirer mollement dans la radio en disant que ouais, chacun sa place.

Victor Hugo aussi, qui a quand même fait des changements de cap politiques assez notables pour qu'on les remarque, il aurait dû "rester à sa place d'écrivain" ? Derrière l'écritoire, sors nous un best seller à intervalles réguliers et surtout ferme ta gueule, tu vas agacer le petit Delerm ?

Quoi qu'il en soit, que ce "chanteur" préfère rester à sa place, c'est une chose. Qu'il ait potentiellement lui-même des activités tournées vers le monde qu'il entoure mais qu'il préfère ne pas médiatiser, c'est une possibilité.

Qu'il ait un avis arrogant et définitif sur les gens qui ne font pas comme lui ne fait que me le rendre, si possible, encore plus antipathique...

Du coup je me souhaite une nouvelle quasi décennie sans nouvelles de sa part, mon monde s'en portera mieux.

vendredi 9 janvier 2015

Je suis Frédéric

Tout le monde a été frappé, mercredi midi, par l'impensable.

Mercredi soir, dans l'immense boîte pour laquelle je travaille, nous avons appris que l'un d'entre nous faisait partie de la liste des tués.

Frédéric Boisseau était bien moins connu qu'un certain nombre des victimes de l'attentat. Il n'était ni journaliste, ni dessinateur.

Pour autant, à sa façon, il contribuait, comme les autres, à rendre la vie meilleure. Les uns par le rire, par la dénonciation. Lui par ses gestes quotidiens.

Il faisait partie de ces gens qui, peut-être dans votre entreprise, fourmillent pour vous simplifier la vie, la rendre plus agréable. Remplir les machines à café, réparer ce qui est cassé, changer des néons ou des stores cassés, nettoyer, faire la plonge.... autant de métiers de l'ombre dont on se rend compte de l'importance quand ils sont mal assurés.

Je ne connaissais pas Frédéric, je ne sais pas s'il était petit ou grand, ou blond ou brun ou à carreaux. Je ne connaissais pas le son de sa voix, la couleur de ses yeux, je ne sais pas s'il avait le sens de l'humour, s'il était gourmand ou fan de foot.

Mais je sais que lui comme moi avons été, chaque jour, guidés par les mêmes valeurs d'entreprise : esprit de service, esprit d'équipe, esprit de progrès. Respect de toutes les formes de diversité. Éthique.

Mercredi midi c'était citoyen, humain, émotionnel. Depuis mercredi soir ça touche au perso, un peu irrationnellement, mais très nettement. Cette culture d'entreprise qui nous rassemble tous, cette envie de faire du bon boulot, ce soucis de contribuer, par chacun de nos gestes quotidien, à améliorer celui de ceux pour qui nous travaillons, font partie des "guides" de tous les employés, partout dans le monde, dans nos métiers si différents, dans des pays si éloignés. Et pourtant le même fil rouge.

Depuis mercredi soir, je pleure des grands messieurs dont le travail, très visible et exposé, incarne une forme de liberté. Et je pleure Frédéric, je pense à sa femme, à ses enfants, à sa famille, qui ne pourront jamais accepter que ce jour-là, simplement en partant faire son travail, leur mari et père, fils ou frère, ait perdu la vie.

Je voudrais, une peu vainement, un peu irrationnellement, que chacun ait le nom de Frédéric en tête en même temps que Cabu et Ahmed, Wolinski et Maris, et les autres. Je voudrais qu'il soit au cœur de tous les hommages. Dans le cœur des gens. Sa vie ne valait pas moins.

Depuis mercredi soir, je suis Frédéric.

mardi 17 juillet 2012

Des souvenirs qui affluent...

Je pense beaucoup à Paco, toujours.

Bien sûr parce qu'avec Luce, on se parle, et que en creux de son chagrin l'absence de Paco hurle. Comment en serait-il autrement.

Je pense à lui aussi parce que l'an dernier à cette époque, précisément, on avait plein de souvenirs ensemble. Les décorticages de billets Cyranoesques. Les potacheries sur Twitter auxquelles il a parfois participé, d'un mot amusé, un peu moqueur.

Une proposition de contre-fête Toulousaine pour les parisiens à laquelle il avait été le premier à réagir, et qui s'est transformée en soirée de rires infinis.

Et puis des tas de petits liens invisibles qui se resserrent autour des grosses mauvaises nouvelles et qui font que, d'un coup, on se retrouve à se dire, quelques mois plus tard, que c'est dingue à quel point il manque...

Samedi dernier, je suis allée voir Cyrano avec sa nouvelle distribution.

Il y avait le rang dernier un monsieur qui faisait partie de "ces fans", de ceux qui connaissent la pièce par cœur et ne peuvent s'empêcher de partager. Autant dire qu'on a eu une partie du texte en stéréo.

J'étais partagée entre l'agacement, parce que moi c'était mon Enchanteur que j'étais venue voir et écouter me raconter l'histoire. Et le souvenir de Paco, le soir de la première, en octobre dernier, Paco dont les lèvres bougeaient en même temps que le texte défilait. En silence, lui, en respect des autres, bien sûr. C'était lui. Mais quand même. Ce souvenir de l'avoir vu si pris par un texte qu'il adorait.

Je pense beaucoup à Paco. Et comme il manque.

mercredi 4 avril 2012

Doser

Ces jours de bureau ci, tout est dans le dosage.

De la prise de recul, de la prise de conscience. Du déplaçage d’œufs dans d'autres paniers. De paris sur l'avenir.

De courtoisie polie mais pas hypocrite mais pas plus que de la courtoisie.

J'avais tellement pas besoin de ça...

Ou bien si.

J'avais besoin de ça pour me coller un coup de pied magistral aux fesses.

Et prendre les gentillesses et la gratitude d'hier de ceux pour qui on travaille comme carburant pour tenir jusqu'à renouvellement de la situation.

C'est ça. Faisons cela.

Seulement mercredi, donc.

mardi 24 janvier 2012

Mais euh !

Je ne sais pas pourquoi je voulais absolument passer en ios5 sur mon Iphone.

Sans doute parce qu'on m'a souvent dit : y a une mise à jour, faut mettre à jour ?

Bref. Pour ceux qui connaissent la rapidité des maj sur ces objets du diable, vous comprendrez que c'est une tache qu'on procrastine volontiers...

Jusqu'à avant-hier. Où ça a longuement, trèèèèès longuement sauvegardé. Puis pof, au milieu de la nuit je me lève, c'était terminé, mais l'upgrade ne s'était pas fait.

Hier soir, alors que j'étais garde-malade (enfin malade, on a vu des malades pires que ça) à la maison pour Cro-Mi, je décide d'en profiter pour retenter. J'aurais dû savoir que le signe était contre moi.

Après de longues heures de sauvegarde, voyant que ça n'avançait pas des masses, je vais prendre un bain. En en sortant, paf (le chien), tout planté.

Purien.

Iphone en rideau.

Le temps de tenter une restauration, une fois, deux fois, plantage. Montée d'angoisse.

Puis la troisième est la bonne. Idem avec la resynchro avec la sauvegarde de la veille. Perdu quelques photos...

Et surtout, niguedouille que je suis, à force de vouloir dissocier carnet d'adresse du téléphone de celui du client mail, TOUS mes contacts.

Couchée à 3 heures du mat, à peu près soulagée d'avoir encore un téléphone, dépitée de ce que j'ai perdu, y compris du précieux temps de sommeil.

Donc, pour ceux qui ne sont pas sur Twitter ou n'y ont pas vu mon message désespéré : si vous pensez que je dev(r)ais avoir votre numéro, n'hésitez pas à me le renvoyer.

A vot' bon coeur :)

(Et je suis fatigue, pardon pour les approximations linguistiques pour les heures à venir).

jeudi 22 décembre 2011

L'année prochaine, je te dis...

Ca fait des mois que ça m'agace, que ça me pèse, que ça m'horripile...

Quand le père de Cro-Mi prend ses vacances d'entrée de jeu, sachant très bien quelles seront les miennes et que ça se marche dessus.

Quand il se prend 15 jours pour un voyage au bout du monde mais qu'il "n'arrive pas" à faire plus qu'un pont pendant le reste de l'année pour elle.

Et que du coup, la moitié des vacances scolaires qu'elle pourrait passer avec son père, Cro-Mi les passe au centre de loisirs. Et qu'on se partage chichement le peu qui reste.

Ca me pèse parce que ça lui pèse à elle, qu'elle aimerait bien passer plus de deux ou trois jours d'affilée avec lui.

Et ça m'horripile parce qu'à ce compte il est bien facile de dire qu'elle lui manque, qu'il aimerait la voir plus souvent. Sauf quand ça perturbe sa vie de célibataire qui profite, en fait.

Alors l'autre jour, je faisais l'avocat de ma fille, je lui disais que j'aimerais bien qu'il se penche sur un calendrier, qu'il relise les mails où je lui indique mes dates pour éviter de prendre les mêmes congés. "J'ai pas eu le choix". Imparable.

Et que Cro-Mi aimerait bien passer du temps avec lui pendant ses vacances, que ça serait bien pour elle s'il pouvait s'attacher à la prendre pendant ces vacances auxquelles il "a droit", et surtout dont elle a besoin, envie. Et lui aussi, si j'en crois les paroles.

Sauf qu'il ne peut pas ! Trop de boulot ! Trop de choses à faire ! Trop de contraintes dans son équipe ! (et pour partir au débotté au bout du monde, là, y avait moyen. Oui, pile pendant les vacances de la Toussaint).

Alors je fais le disque rayé. Je lui dis qu'il punit tout le monde : lui et surtout, notre fille.

"L'année prochaine, je te dis... j'aurais moins de travail et je pourrais prendre des vacances".

L'année prochaine, oui.

J'espère que oui. Au temps pour le temps perdu ? Et... Comment vous dire que je n'y crois qu'à moitié ?