Cro-Mignonne Incorporated

vendredi 17 février 2012

On m'a volé ma réunion !

La semaine dernière j'ai pu, grâce ou la faute à mes microbes, aller accompagner et chercher Cro-Mi à l'école plusieurs fois, ce qui n'est pas du tout dans nos habitudes quotidiennes, la faute au travail et toutes ces sortes de choses.

Jeudi dernier, donc, la maîtresse me dit que "oh ! justement !" elle m'avait mis un mot dans le cahier pour dire qu'elle organise une réunion pour la remise des livrets (première période).

Mais qu'en ce qui concerne ma fille, elle n'a rien à me dire.

Rien à me dire ?

Non, tout va très bien.

Je me dis qu'elle me voit bien lorgner sur le créneau de 18h15, que ça l'arrangerait que personne ne le prenne. Qu'elle pense me faire plaisir.

Moi je trouve que c'est triste, un élève dont on a rien à dire. Ok elle "marche bien". Mais alors ? Elle préfère la peinture ou les collages ? La poésie ou les maths ? Ou tout ça à la fois ? Et est-ce qu'elle tarit ses incessants bavardages, le temps de la classe (non, d'ailleurs, première petite remarque inaugurale d'une, présumons, longue série sur ce sujet sur le livret).

Bref. Je vois bien où elle voulait en venir, pour son confort et ma flatterie, mais moi ça m'attriste, vraiment, qu'elle n'ait rien à me dire, cette enseignante. Pas pour ma fille : je sais pas mal ce qu'on peut en dire. Pour elle. C'est pas bon signe sur le choix de son métier...

mardi 7 février 2012

Ca m'gratte

Je suis la seule ???

Je veux dire : toute petite, Cro-Mignonne a été sensible aux étiquettes. Mais là, au moindre truc : "ça m'gratte".

Et, curieusement, c'est principalement un vêtement qui ne lui convient plus, pour x ou y raison(s ?), qui est incriminé.

Du coup, malgré mes ruses de sioux, le nombre de vêtements mettables sans négociations fond comme neige au soleil (et comme ma patience du matin aussi).

Non mais.

Est-ce que ça m'gratte, moi ?

lundi 19 décembre 2011

Cro Mi s'ennuie

L'autre jour, alors que je lisais peinard dans mon bain (l'excellente biographie de Victor Hugo par Alain Decaux - et non JC, private joke inside - pour ceux que ça intéresse), Cro-Mi se plante à côté de la baignoire, avec toute l'intensité de qui, à 5 ans et d'mi, a une question dont la réponse ne peut souffrir d'attente.

- Maman ?

- Oui ma chérie.

- Maman, pourquoi on fait tout ce qu'on fait, dans la vie ?

Arg. De la métaphysique. Je lui demande donc :

- Tout ce qu'on fait quoi, ma chérie ? (des fois que ça permette de faire un peu entonnoir et qu'on thématise la conversation).

- Ben tout. Aller travailler, aller à l'école.

Alors je lui dis, que travailler ça sert à gagner des sous, que si on a de la chance, on peut aussi s'y épanouir, trouver sa place dans le grand monde du travail, rencontrer des gens intéressants.

Et aller à l'école, ça sert à apprendre à apprendre, à découvrir le monde, la vie sociale, etc.

- Pourquoi tu me demandes ça mon amour ?

Et là, elle me répond qu'elle s'ennuie. Qu'à l'école, elle passe son temps à jouer seule, vu qu'elle a fini avant les autres. Et qu'elle préfère quand c'est dur. Parce que quand c'est dur, c'est pour faire réfléchir les élèves et là on apprend. Alors que ce qu'elle fait, elle le sait déjà.

Léger vertige de la mère, qui a prudemment posé Victor loin de l'eau... et qui lui promet qu'en CP, ça va être plus dur, et qu'en plus il y aura des devoirs (à prononcer d'un air terrible). Que cette année, la maîtresse ne sait pas trop quoi faire avec elle parce que c'est rare d'avoir des élèves qui vont aussi vite, mais qu'il faut qu'elle soit patiente.

(D'autant, ndlm[1], qu'elle est dans la classe de sa meilleure amie et de son amoureux, un changement de classe pour celle d'un(e) instit qui gérerait mieux serait vécu comme une punition).

Mais que oui, l'an prochain, elle va travailler, beaucoup plus, et que ça ne sera plus pour rire.

Là, un regard heureux comme si elle avait découvert l'atelier du père Noël.

Un sourire radieux.

On me tourne le dos, son petit cul balance et je l'entends s'éloigner au son des flap flap flap sautillants de ses pieds nus sur le parquet.

Pincement au coeur.

Mais quand même... fierté.

Je digère la conversation et reprends Victor.

Note

[1] Note De La Maman