On me recommande un film à aller voir toutes affaires cessantes, ce qui nous mène à vendredi soir ou samedi.

Je tentais de m'extraire mentalement du cauchemar qu'était mon retour en train hier soir, en cherchant la bonne séance au bon endroit[1].

Certes j'aurais pu me rendre dans un UGC ou MK2 facilement accessible en transports en commun, mais la séance de 10h15 du dimanche matin, en partant à 9h15, bon. J'ai beau être matinale, c'est quand même un peu violent. Ou celle de 18 heures, qui nous met le début du film à 18h15, puis deux heures et demie de film, le temps de s'extraire du cinoche et de se rendre à la station la plus proche, 21 heures, l'heure où les correspondances commencent à s'enchaîner moins bien, retour 22 heures au moins, il y a un tas de contraintes à gérer.

Bref, je me faisais la réflexion qu'on a une sorte de malus banlieue, quand même. Et encore, je suis en petite couronne, j'ai le choix entre un train et un métro pour rentrer chez moi, et même un Noctilien (mais j'ai passé l'âge de ces conneries, bordel).

Dès qu'on veut mettre le nez dehors, boire un verre le soir (on ne boit jamais un seul verre), se jeter dans un cinéma de toute urgence, voir une expo, il y a une logistique qu'il serait dangereux de négliger, faute de terminer la soirée dans une galère sans nom. Ou à payer une fortune à un taxi pour rentrer.

Pendant très longtemps, vivre dans Paris ne me tentait pas plus que ça. La période des enfants, la logistique des courses et des poussettes dans des immeubles forcément trop étroits, les appartements forcément trop petits rapport à mon budget.

Aujourd'hui, j'adorerais pouvoir sortir de chez moi, marcher 5 minutes pour m'engouffrer dans une salle de ciné, ne pas me soucier du retour, il y aura toujours moyen de rentrer à pied, ou en vélo (encore que je ne pratique pas le vélo dans Paris mais c'est une autre histoire).

Évidemment mon budget est encore plus réduit, cette envie a peu de chances de trouver résolution.

On a la vie qu'on a, j'aime mon appartement des quartiers populaires, il est suffisamment vaste pour nous trois, il mériterait d'être refait de fond en comble mais hey, on s'en tape, et ça n'est pas SI loin, vraiment pas.

Mais quand même.

Oui, il existe, ce malus banlieue[2].

Un type à velo descend la rue, le cinéma Le Balzac en arrière plan.

Notes

[1] Et ça va me mener dans ce temple de l'étrangeté qu'est le Balzac, cette institution, aussi bien en termes d'ancienneté de l'établissement qu'au sens : endroit où on met des gens un peu étranges. Comme aux Cinq Caumartin mais encore plus riches et snobs.

[2] Et oui, je sais que les villes de banlieue disposent de cinémas, de programmation culturelle parfois riche et variée. Mais le jour où le cinéma du centre-ville programme ce film, en VO, je mange mon chapeau.

Commentaires

1. Le mercredi 14 janvier 2026, 10:50 par Kozlika

Sur la même longueur d'ondes que toi. Le quartier peut être très sympa, les voisins adorables, la vue agréable mais le gros gros gros malus ce sont les transports, longs, compliqués, sans plan B (pun intended, cette ligne de RER est un cauchemar) si ta ligne est en panne. J'avais plusieurs collègues qui ne venaient absolument jamais à Paris en dehors des trajets domicile-boulot tant c'était trop la galère.

2. Le mercredi 14 janvier 2026, 11:45 par Sacrip'Anne

Kozlika c'est pour ça que je ne me plains pas trop : avec le choix métro / train je ne suis quasiment jamais en galère en cas de grève. Mais oui, cette logistique de transport enlève de la spontanéité à beaucoup de choses. Bref, plus qu'à beaucoup gagner au Loto et me trouver un petit 4 pièces cosy dans le centre de Paris et hop.

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