Il ne se passe une semaine dans une vie de meuf sans qu'on vienne nous expliquer ce qu'on devrait faire, penser, être, comprendre. Généralement sans sollicitations de notre part.

Dans ces moments, j'ai des réactions assez variables. Globalement, quand ça vient d'une personne que j'aime bien (malgré tout) je laisse causer. Pour les pas proches, voire inconnus (oui, oui, les inconnus savent bien mieux que nous ce qui est bon pour nous) ça peut être beaucoup moins aimable. Ceux qui savent savent.

Là, dans ma vie, on arrive à quasi deux ans d'emmerdes de tailles conséquentes qui s'enchaînent ou se cumulent. Je commence juste à redormir presque bien quelques nuits par semaine. Donc je pleure, je me braque, je ne comprends pas toujours les trucs dans le bon sens, je suis à fleur de peau et chez les grandes choses sensibles dans mon genre, pas seulement des sens mais aussi des émotions, dotée d'un tempérament un peu volcanique, documenté dans ma famille comme "elle est gentille mais faut pas la chercher trop longtemps", je veux bien l'admettre, ça peut avoir quelque chose d'un peu spectaculaire.

Il y a des gens que ça impressionne, parfois. Et certaines des ses personnes, mettons ça sur le compte d'une vague inquiétude, me font part de leurs meilleures recommandations pour que ça aille mieux.

Est-ce que vous avez déjà recommandé à un allergique aux pollens d'arrêter de respirer pour esquiver les effets secondaires du printemps ? J'espère pour vous que non.

C'est à peu près aussi utile que de me suggérer de me calmer quand je suis en rogne, ou de réagir moins vivement quand une grosse émotion me traverse.

Du coup, de très sombres perspectives planent sur moi, sachez-le.

Je soupire à en décrocher le toupet de notre président.

Je ne suis plus tout à fait dans l'adolescence et je crois avoir démontré ma capacité à prendre et assumer des décisions de nature à me sortir des situations qui ne me conviennent pas. Je suis généralement plutôt capable de soutenir ma famille, mon propre popotin et un certain nombre de gens autour de moi.

Ces deux dernières années, il se trouve que j'ai été moins bonne auprès d'une très très chère qui sais pourquoi et comment et que ça n'empêche pas de m'aimer autant que je l'aime. Que j'ai été moins bonne pour me soutenir toute seule, récemment, parce que j'étais prise dans ce marathon d'emmerdes à gérer / digérer. Et malgré tout absolument capable de fonctionner, au quotidien. Que j'ai même été capable d'aller me nicher dans quelques paires de bras, à distance ou dans la vraie vie, d'aller dire mes vulnérabilités à quelques personnes qui m'ont fait l'amitié et la joie de me communiquer un peu de leur énergie. Trop dingue. J'ai même appris, dans quelques cas de doute, à faire confiance dans le fait que la personne en face me voulait du bien et n'allait pas cesser de me parler du jour au lendemain parce que j'étais moins rigolote que d'habitude. Ou à demander quand j'ai l'impression d'avoir foiré un truc plutôt que de vriller toute seule dans ma tête, de suppositions en hypothèses toutes plus fausses les unes que les autres.

La meuf serait capable de prendre soin de soi. D'avoir des jours vraiment dégueu, mais globalement, de rester debout. Et même, d'apprendre des trucs au passage. Dingue, non ?

On peut être sensible et pas du tout fragile. Voire : cette capacité à percevoir plein de choses qui passent plus inaperçu pour d'autres, il arrive que ça nous renforce, que ça nous tienne, que ça nous donne accès à des ressources insoupçonnées, que ça nourrisse nos instincts de survie. Faites confiance. Ca va aller. Même si à un instant T, ça ne va pas, et qu'on a parfaitement le droit de le dire sur le ton qu'on veut.

Etonnez-vous, après, que quand on tombe sur les rares personnes qui nous accueillent comme si ce qu'on est, c'est bien comme ça, ni trop, ni pas assez, ni "tu devrais", juste nous, avec nos qualités et nos chiantises, on leur en soit reconnaissant(e)s.

Commentaires

1. Le mercredi 29 mai 2024, 16:30 par Jenny

Sensible mais pas fragile... ça résonne chez moi. Il m'est arrivé il y a quelques mois de confronter 3 hommes dans la tranche 45-55 ans et de pleurer de frustration de ne pas être entendue. Eh bien, j'ai eu droit au "faut pas pleurer pour ça ma p'tite dame" (le p'tite dame, n' pas été pronocé mais il était bien là, croyez-moi). Je leur ai dit que je pleurais de frustration et pas pour les attendrir ni prace que j'étais fragile... De manière générale, je suis très sensible à tout, le bon comme le mauvais, mais pas fragile. J'ai tendance à penser que l'introspection et la bonne connaissance de soi-même ont cet effet-là... PS : on ne dit JAMAIS à quelqu'un en rogne de se calmer... leur faudrait quelques notions de psycho à ces gens-là...

2. Le mercredi 29 mai 2024, 20:32 par Sacrip'Anne

Jenny tant mieux si ça résonne. Moi, je trouve ça super riche, la sensibilité. Pas toujours facile, mais plein de choses incroyablement puissantes. Donc ce qu'en pensent les autres...

(Oui, je suis en train d'arrêter de m'excuser en permanence d'être moi)

3. Le dimanche 2 juin 2024, 11:42 par Laurent

Je t'envoie maladroitement un peu de joie d'ici.

4. Le dimanche 2 juin 2024, 15:12 par Sacrip'Anne

Merci Laurent. Ça s'adoucit un peu ici. ❤️😘

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