Je ne sais pas si c'est le trop plein, issu des douze mois derniers. La haine sociale, la haine familiale, toutes ces choses qu'on a prises de plein fouet et qui font que je n'en peux plus.

Mais là j'en ai marre.

Non seulement toute la journée on constate que le monde n'est pas celui qu'on voudrait. Mais en plus, ceux qui sembleraient être nos camarades d'indignation nous font passer une sorte de casting Vache qui Rit impitoyable. On a les idées mais pas pour les bonnes raisons. Ou alors on ne devrait pas d'avoir d'avis si. Ou alors si, justement, il faudrait avoir un avis sur ça, et le bon, de préférence. Ça me rappelle ces vieilles blagues soixante-huitardes : deux trotskystes ça fait un mouvement, avec un troisième ça fait une faction dissidente, ou quelque chose du genre.

Tes principes intéressent pour ceci, mais si tu en as d'autres qui contrarient, alors là, t'es plus qu'un(e) empêcheur/se de militer en rond.

J'ai l'impression qu'il n'y a souvent qu'un très petit pas entre intelligence collective et moutonnisme. Et qu'il se passe plus de temps à pointer la poutre dans l’œil du copain que de la foutre dans la tronche de ceux qui en auraient bien besoin.

J'en ai marre de ça, j'ai besoin de croire qu'on peut faire des choses à plusieurs sans que ça vire à celui qui a la plus grosse (voix) ou le plus gros (égo), et qu'il ne reste qu'à bêler derrière pour dire qu'on fait partie du chœur.

Triste monde. On est jamais mieux déçus que par ceux qui nous ressemblent le plus, sans doute.

Commentaires

1. Le mardi 12 novembre 2013, 12:03 par Gilsoub

Triste monde oui, ou chacun essaye de persuadé l'autre qu'il a raison de toute manière. Et sinon je pense effectivement que l'on a la gauche la plus donne. Tiens prend quelques amis de gauche, mais pas tout à fait de la même sensibilité et pose la question (d'un ton un peu énervé c'est plus crédible) : Mais enfin pour vous c'est quoi être de gauche ?
Surtout ne dis plus rien et écoute ! Tu vas vite comprendre que la gauche (quel quel soit) au pouvoir n'as que peu de chance elle aura contre elle non seulement son opposition naturel, mais en plus les gens de son bord politique...
Comme toi je rêve juste de pouvoir construire quelques choses sur les valeurs que je considère de gauches, c'est à dire la solidarité( versus les valeurs de droite c'est à dire l'individualisme) dans la société. J'avoue que depuis une discussion avec un (ex ?) ami plutôt Front de Gauche qui m'a doctement expliqué qu'en me revendiquant Socialiste je ne pouvait pas sérieusement me dire de gauche je suis septique sur la nouvelle manière de penser politique. Tu as raison, "On est jamais mieux déçus que par ceux qui nous ressemblent le plus..."

2. Le mardi 12 novembre 2013, 12:21 par samantdi

Y'a des gens qui se sont fâchés avec leurs amis, leurs familles, leurs voisins, leurs collègues (mais ce n'était pas leur faute) et qui arrivent sur les blogs et les réseaux sociaux sous une apparence plaisante et originale... et au bout d'un certain temps on se rend compte que peut-être ce n'était pas un hasard si ces personnes s'étaient pris de bec avec tout leur entourage parce que ce sont de VERITABLES casse-couilles.

Ça ne les empêche pas d'avoir des qualités, y'en a de plus attendrissants et émouvants que d'autres, mais pour ma part, je les fuis dès que je les identifie.

La vie est vraiment trop compliquée avec ces personnes que RIEN JAMAIS ne satisfait, sauf un roulement permanent de nouveaux venus qui les découvrent avec les yeux qui brillent, quelques semaines, quelques mois, jusqu'à ce que...

Finalement, je ne suis pas sûre qu'on soit déçu par ceux qui nous ressemblent, mais plutôt par des personnes dont on a mal pris la mesure.

3. Le mardi 12 novembre 2013, 14:04 par Sacrip'Anne

Gilsoub, c'est ça, il faudrait que tout soit noir, blanc, uniforme... pour avoir le droit de penser. Note qu'avec le critère "femme", c'est encore pire puisqu'on te soupçonne de ne pas être capable de penser par toi-même... soupir.

samantdi, oui, sans doute. Il doit y avoir, aussi, des besoins de reconnaissance individuelle, d'affirmations de choses. Enfin bref. Pour ma part, en ce moment, le grand brouhaha m'épuise et j'ai plus envie d'essayer d'agir sur un petit cercle proche que de participer au grand tumulte en ligne, mais bon. Là non plus il n'y a pas de vérité, disons... des bisous ma tante Pim :)

4. Le mardi 12 novembre 2013, 19:20 par julio

Une société de plus en plus dure ; je ne suis pas spécialement un nostalgique, mais il est vrais que cette société na plus rien avoir avec mon adolescence faite d’amitié solidarité. Moi je vie dans un petit village, et ont voie bien les changements en 30 ans. Bon courage tous n’est pas perdu une bonne crisse devais tous remettre en place non ? Nous ça va nous somme une famille très solidaire comme les doigts de la main, rien de particulier en réalité nous somme une famille espagnol. Pas de secret entre nous tous les sujets sont abordé pas de tabou non plus, de mentalité libéral pour les sujets de culture et de gauche pour la vie en société ; bien sur il y a des sujets ou nous somme et je suis incapable de ne taire comme le racisme le machisme etc. mais je suis conscient de faire partis des privilégiés, incapable d’être sourd et aveugle et insensible aux difficultés de mais semblables ! Aller pas d’abattement bon courage ! :) ;)

5. Le mardi 12 novembre 2013, 20:46 par Eli

Mais quel rapport avec la Vache Qui Rit?

6. Le mardi 12 novembre 2013, 23:30 par Gilsoub

Ah ben oui mais en plus si tu est une" femme " ! Pouvais pas savoir moi ;-)
Allez des bise tout plein :-)

7. Le mercredi 13 novembre 2013, 06:48 par Valérie de haute Savoie

Ce qui m'épuise l'énergie en ce moment, c'est l'impression que l'on nous tire vers le bas constamment. De toutes les manières.
Alors, il me reste à ma portée, de dire ce que je pense, sans agressivité, mais fermement, pour ne pas faire partie par faiblesse du troupeau des épuisés qui laissent dire faute de trouver la force de se lever.
Parce qu'il m'est inimaginable de penser que nous sommes ce peuple recroquevillé dans la trouille de l'autre.

8. Le mercredi 13 novembre 2013, 08:44 par Sacrip'Anne

julio je ne sais pas si "une bonne crise" est une expression dont j'aurais eu l'idée. J'espère que ce que le monde nous offre aujourd'hui sera l'occasion de refaire partir le balancier, dans l'autre sens...

Eli à cause de la vieille pub Vache qui Rit avec le casting de vaches : trop grande, trop maigre, trop grosse :D

Gilsoub penses-y la prochaine fois que tu vois une femme en situation de se faire expliquer la vie par un homme alors qu'elle ne lui demandait rien :p

Valérie, oui, ça fait partie de ce que j'appelle agir sur mon environnement immédiat, ne pas tolérer, ne pas laisser dire, etc. Comme toi, ça m'est inimaginable, mais alors on cauchemarde sérieusement, là...

9. Le mercredi 13 novembre 2013, 22:25 par L'impatiente

Alors ça, ça me parle ! Dans mon boulot assez militant je peste (le mot est faible) souvent sur le fait que nous passons autant voire plus d'énergie à nos gueguerres imbéciles sur LA façon dont on doit agir qu'aux actions elles mêmes. (et aux querelles de personnes : et machin ? ha non on bosse pas avec lui passken 1983 il avait fait alliance avec bidule qui est un vendu et d’ailleurs il est dans la CAUSE que depuis 3 ans alors tu comprends ...), ça me fatigue !!
Et pendant ce temps là les gros vrais salopiots se marrent !

10. Le jeudi 14 novembre 2013, 10:27 par Sacrip'Anne

L'impatiente oué. Je crois que quiconque a bossé dans le social sait que c'est la meilleure façon de perdre une tonne d'illusions, hélas... Bisous, va.

11. Le jeudi 14 novembre 2013, 17:56 par andrem

Il est passé dans le commentaire n°8 une perche que je vais saisir histoire de me la prendre en pleine poire par retour. Mais faut bien un suicidaire toujours dans les conversations.
Donc.
Pouf pouf.
Normal qu'une femme ne demande jamais. Il faudrait qu'elle sache qu'il y a une question.
OK, je ne sors pas, je suis resté dehors d'avance.

Je sais, les plaisanteries et le second degré cachent toujours de noirs desseins, et l'argument est même abondamment utilisé de toute part. Mais c'est le prix de la liberté d'expression, et je préfère que des paroles même douteuses se lâchent que de laisser couver l'incendie sans fumée ni feu. Il reste indispensable d'être capable de mauvais goût et d'archaïsme si l'on veut garder la tête froide et le cœur battant.

A par ça, tout d'accord avec toi, et il serait bon de voir ce qui marche parfois, y compris quand tout va mal mais que c'est quand même ceux-là qu'on souhaitait voir arriver qui sont là.

Penser à ce que ce serait si c'était ceux d'en face qui tenaient les rênes (on l'a quand même vu pendant dix ans, non, et on n'a pas encore compris?).

Penser que la planche était bien largement savonnée avant qu'ils arrivent, et pour les miracles il faut être capable de patienter un peu plus de 24 heures. Qui attend un miracle, d'ailleurs? Il n'y en aura pas, mais il nous appartient, à nous, de tenter de rester paisibles devant l'hystérie. Et putaingue que c'est dur.

Penser que les impôts que nous payons ne sont pas une invention d'il y a quelques mois, qu'ils existaient bien avant, qu'on voudrait nous faire croire qu'avant c'était avant, comme dirait Delon-le-crachat.

Et puis aussi pousser à la roue pour que ceux qui ne bougent pas assez comprennent qu'il serait temps qu'ils se bougent, qu'il ne faut pas faire de cadeaux, en font-ils, en face? La grande réforme fiscale, elle est où, par exemple ?

Relire un bon coup la fable des grenouilles qui demandent un roi. Finalement, l'inactivité au moins apparente a du bon, elle repose, et finalement, on avance, si on regarde bien. Jamais assez, et jamais exactement vers ce qu'on aimerait, mais quand même.

Se préparer enfin à une belle déroute municipale, toutes les conditions sont réunies, et d'heureux citadins se trouveront emmairés chez Marine et ses sbires. Se préparer à cela. De pied ferme.

12. Le jeudi 14 novembre 2013, 21:27 par K

Intéressantes réflexions malgré leur caractère indéniable caractère désenchanté.
Tu évoques des choses qui me font penser aux conseilleurs et aux payeurs : ce sont rarement les mêmes ! Et puis une idée ou un sentiment ouvert au collectif en devient suspect, bing les snipers sont là, c'est étonnant non ? Tu peux passer pour un rêveur dépensier !
Le partage, la coopération, c'est chiant ! Car ça prend du temps, ça nécessite d'écouter, de (se) modifier, d'accepter, bref tout une qualité relationnelle qui aurait tendance à se perdre ??? Tant pis je vais continuer à faire partie des habituels suspects ;-)
Notre communauté humaine réduite aux aguets ?
Et si en raison de la complexité des choses, de la confusion, une espèce de réflexe primaire était de se satisfaire que tout pourrait être abordé de façon simpliste. Tranquille du coup !
Pour ceux qui nous ressemblent le plus, je ne sais pas, peut-être qu'ils semblent proches, sans l'être au fond, car sur la surface c'est facile de faire comme si, tant que ça n'engage pas vraiment. On retrouve les conseilleurs et les payeurs !
J'en conclus pour ma part que ce n'est pas les individualistes forcenés, compétiteurs, grandes gueules, intégristes de ceci ou cela et compagnie qui vont me faire changer quoi que ce soit dans ma manière d'être et d'agir et de l'expliquer à mes enfants, à mes proches.
Ils n'imaginent pas les trésors d'inertie que je peux déployer ;-) et, en plus, on peut être courtois et ferme !

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