J'ai honte. J'ai un truc à vous confesser. C'est très grossier.

Ce matin [1], sur la route. Un pont qui enjambe l'A86.

Des banderoles tendues dans sa largeur, s'opposant vivement au mariage pour tous, conspuant Taubira, faisant un amalgame du type "on veut du boulot, pas du mariage homo" incompréhensible dans sa logique.

Et trois mecs à agiter des petits drapeaux au logo de la manif dont je ne dirai pas le nom tant ça m'exaspère.

Petite consolation mesquine, ils se gèlent le cul.

Mais ça me met en pétard qu'ils agitent la propagande de leur godan [2] sans qu'on puisse même leur répondre.

Alors j'ai fait la seule chose que mon statut d'automobiliste en mouvement me permettait. J'ai honte, c'est même vulgaire. Mais je n'avais que ça ou périr étouffée par mon indignation.

J'ai tendu un gros doigt d'honneur à celui qui regardait dans ma direction en passant.

Je sais, c'est nul, c'est moche, c'est pas bien.

Mais au moment où, à la légère crispation, je me suis dit qu'il avait vu, je me suis sentie teellllement soulagée d'avoir pu, au moins un peu, dire que ça n'est pas parce qu'ils occupaient cet espace et qu'on ne pouvait pas ne pas les voir qu'on allait être d'accord.

Merde quoi.

(Bon, ok, je sais que c'est mal, mais pour de vrai, je n'ai pas vraiment honte. J'en peux plus).

Notes

[1] un lapin a tué un chasseur

[2] Conte, tromperie