Après la visite de l'expo consacrée à Colette à la BnF, il y a quelques semaines, j'ai, absolument sans le faire exprès, vécu un week-end thématique : art queer et représentation lesbienne.


Et tant mieux, parce que la visibilité, justement, elle manque (n'en déplaise à ceux que ça défrise).
Dans le fameux ciné où l'on rencontre d'adorables vieilles cinéphiles et des drama queen hors d'âge, j'ai vu, pour commencer ma série "double film", La petite dernière, film de Hafsia Herzi, adapté du roman de Fatima Daas. Il s'agit de l'histoire de Fatima, lycéenne en banlieue - pas les banlieues chics, on s'en doute, qui se découvre lesbienne et cherche à trouver son chemin entre ses désirs, ses amours et sa religion.
J'en ai croisé quelques unes, des Fatima, l'une d'entre elles a eu un moment ses habitudes sur mon canapé, et à chaque fois cette question. Jusqu'à quel point peut-on tout concilier, peut-on exister en tant que soi "entière", dans un monde qui trouvera toujours qu'on a quelque chose qui ne va pas ?
Et puis dimanche sur l'excellente idée de Llu, nous sommes allées voir l'exposition "Nous autres" au BAL pour y découvrir le résultat des entretiens entre Donna Gottschalk et Hélène Giannecchini, avec un bout d'expo consacré également à Carla Williams.

C'était un incroyable moment suspendu, entre conscience de ce qui a avancé et qui reste, toutefois, si fragile, émotion à distance d'espace et de temps.
Si vous pouvez, allez la voir, ça finit le 16 novembre mais ça vaut la peine de trouver un petit moment.

Qu'il s'agisse de ses souvenirs personnels ou de son militantisme, la jeune Donna et celle qu'elle est devenue touchent au cœur. Je suis, depuis, plongée dans le catalogue de l'exposition, les yeux et le cœur encore plein des images et des mots qui tracent son histoire.

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Commentaires
Pile dans le sujet et formidablement traité et interprété et subtil il y a le film Skiff de Cecilia Verheyden, sortie prévue en février 2026, mais pour lequel je vois une séance ce samedi 15 novembre à 09:30 au MK2 Beaubourg. Et pareil on voit les progrès faits, mais aussi leurs limites et combien la société peut vite à nouveau peser.
Gilda merci d'être la seule à manifester quelque chose sous ce billet. En parlant d'invisibilisation... Et merci pour la reco ! Je ne pourrai pas, samedi, mais je vais guetter la sortie !
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