Sacrip'Anne

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vendredi 24 janvier 2014

The Queen of the Petit Déjeuner !

On a changé de micro-ondes, il y a quelques semaines. L'ancien avait développé des tics nerveux dissuasifs, du genre faire des étincelles dès qu'on mettait un truc à chauffer dedans.

Bref, le nouveau est (encore) plus simple d'utilisation, avec une porte facile à ouvrir, et on en a profité pour donner à Cro-Mignonne des cours de réchauffage de son lait du matin avec cet outil flambant neuf (et violet et chromé, ce qui lui donne une touche inimitable).

Elle a enchaîné quelques heures après avec un cours de grille-pain, et après deux ou trois jours de tatonnages pour trouver la bonne vitesse de descente du machin, a maîtrisé l'outil avec une dextérité remarquable.

La voici donc, le matin, très affairée à SE préparer SON petit déjeuner. Ses gestes sont précis, la maladresse gracieuse de l'enfance derrière nous.

Elle est rayonnante de fierté d'être "une grande" et moi de la voir si épanouie dans ses autonomies nouvelles.

C'est beau un enfant qui pousse droit.

mardi 10 décembre 2013

Mon japonais

On m'a présentée hier à un japonais qui va me coller aux basques, de plus ou moins près, pour la fin de mes jours.

Il s'appelle Hashimoto et son truc, c'est de bombarder ma thyroïde avec mes propres anticorps jusqu'à destruction complète de cette dernière, si j'ai bien suivi.

Je ne sais pas trop quoi en penser. Entre le discours de celle qui me l'a présenté qui a plutôt dit que c'était bénin, et les quelques lectures faites depuis qui trouvent ça quand même un peu chiant et beaucoup moins épisodique qu'annoncé. On verra quand je la reverrai, je suppose.

Et puis je me dis aussi qu'il vaut mieux se trouver chanceuse d'avoir été diagnostiquée avant d'avoir le moindre symptôme, que quitte à avoir une maladie à vie, c'est mieux d'en avoir une qui ne vous tue pas, ou pas tout de suite, pas directement.

Mais ça fait drôle, quand même.

Enfoiré d'Hashimoto.

lundi 2 décembre 2013

Reprise de la vie normale

J'étais malade, comme un chien, la semaine dernière, et entre les jours "rentrée plus tôt" et ceux carrément assignée au lit par le docteur, je n'ai pas beaucoup travaillé.

Compliqué de reprendre le chemin ce matin. D'abord parce que je tousse encore beaucoup, que ça m'épuise et que ça ma vide, et puis à force de tousser je me suis fait mal, de ci, de là, j'ai plus envie qu'on me plaigne que de retrouver les bizarreries de bureau.

Le fait est, mon fauteuil y est favorable à la hanche douloureuse.

Mais la position assise néfaste à ma toux.

Rien ne sera jamais parfait en ce bas monde.

Et surtout, mettre les pieds dans un échange de mails de "oui mais c'est pas moi qui m'en occupe", bon sang de bois. Mais BON SANG DE BOIS. C'était mieux sous la couette, même si je n'y suis pour rien et obligée de rien sur ce sujet, leurs absurdités institutionnalisées m'ont déjà épuisée.

Ça sera mieux demain, on va dire.

jeudi 14 novembre 2013

Querelles intestines

L'an dernier, tout notre département (marketing, communication, tout ça) avait lancé une gazette interne pour raconter aux autres services ce qu'on faisait.

Ça a été très mal vécu par certains qui ont argué qu'on écrasait les autres de notre savoir-faire sans leur laisser une chance de se valoriser eux. A notre grande surprise à tous et évidemment, plutôt grande tristesse (toute chose étant comparable par ailleurs, ça ne nous a pas non plus empêchés de dormir, soyons sérieux).

Alors les chefs ont décidé que le canard interne serait global. Il est maintenant imprimé sur du beau papier recyclé, maquetté avec bien plus de soin.

Chaque département doit contribuer, avec ses référents, comme on dit par ici. Et les chefs jouent au comité de rédaction, retoquant ce qui n'est pas assez corporate ou lisse, entre autres.

Nommée volontaire d'office, je viens de commettre une horrible potacherie : "Marketing, communication, qui sont ces gens, quels sont leurs réseaux ?". Une façon d'expliquer hors jargon et avec de l'humour et de l'auto dérision la réorganisation de notre service.

Je l'ai fait relire à mes comparses qui se sont bien marrées.

Et à l'heure de le "livrer", j'ai un pincement au cœur à me dire qu'au mieux, il va être très sérieusement rentré dans le moule. J'aurais pu faire directement comme ça, vous me direz. Mais bon. Quitte à bénévoler contre mon plein gré, autant y prendre du plaisir, après moi le déluge, hein.

La vie en entreprise, en somme.

Edit : il est visible sur le blog privé !

mardi 12 novembre 2013

Effet Vache qui Rit sur l'état du monde

Je ne sais pas si c'est le trop plein, issu des douze mois derniers. La haine sociale, la haine familiale, toutes ces choses qu'on a prises de plein fouet et qui font que je n'en peux plus.

Mais là j'en ai marre.

Non seulement toute la journée on constate que le monde n'est pas celui qu'on voudrait. Mais en plus, ceux qui sembleraient être nos camarades d'indignation nous font passer une sorte de casting Vache qui Rit impitoyable. On a les idées mais pas pour les bonnes raisons. Ou alors on ne devrait pas d'avoir d'avis si. Ou alors si, justement, il faudrait avoir un avis sur ça, et le bon, de préférence. Ça me rappelle ces vieilles blagues soixante-huitardes : deux trotskystes ça fait un mouvement, avec un troisième ça fait une faction dissidente, ou quelque chose du genre.

Tes principes intéressent pour ceci, mais si tu en as d'autres qui contrarient, alors là, t'es plus qu'un(e) empêcheur/se de militer en rond.

J'ai l'impression qu'il n'y a souvent qu'un très petit pas entre intelligence collective et moutonnisme. Et qu'il se passe plus de temps à pointer la poutre dans l’œil du copain que de la foutre dans la tronche de ceux qui en auraient bien besoin.

J'en ai marre de ça, j'ai besoin de croire qu'on peut faire des choses à plusieurs sans que ça vire à celui qui a la plus grosse (voix) ou le plus gros (égo), et qu'il ne reste qu'à bêler derrière pour dire qu'on fait partie du chœur.

Triste monde. On est jamais mieux déçus que par ceux qui nous ressemblent le plus, sans doute.

mercredi 30 octobre 2013

Au marché

Maintenant que l'Enchanteur n'enseigne plus aux aurores le samedi matin, on peut prendre le temps de se réveiller après son retour tardif du vendredi, et de prendre notre chariot de mémé, éventuellement nos enfants, pour se livrer à un petit marché du samedi matin.

J'y retrouve avec plaisir mon maraîcher de là où j'ai grandi, avec ses légumes biscornus et terreux, le marchand de fromage et le boucher (qui oooooose me demander si je cuisine assez bien pour sa viande, non mais ho. Mais qui donne des sucettes aux petits).

On y papote avec les commerçants, on y voit le maire en campagne, on montre des choses bizarres telles que des produits frais aux enfants.

Et surtout on y croise notre voisine M, cheveux courts, gouaille en étendard, qui nous informe des dernières nouvelles du conseil syndical, de l'état du monde et des bitcheries de nos voisins pas aimés.

Sans parler du fait que ça renouvelle considérablement les idées de plats pour les jours qui suivent. "Oh regarde la drôle de carotte, on va faire une purée !".

J'aime bien nos nouveaux samedis matin.

chariot.jpg

lundi 28 octobre 2013

Frénésie automnale

A changement de poste, changement de chef, et ma nouvelle, qui est quelqu'un que j'apprécie de longue date, fait ses armes de manager avec nous.

Or, nous voici attendus au tournant. Notre département est supposé sortir du "livrable" à tour de bras, et on ne s'en prive pas. Le bon côté des choses, c'est la satisfaction régulièrement renouvelée d'être "au bout" d'un dossier, de transmettre un nouvel outil.

Le mauvais c'est qu'on est sans arrêt sur la brèche et que plus on "livre", plus on nous en demande (ce qui est, malgré tout, très très bon signe).

Du coup, même après une semaine dernière raccourcie, je louche sur ce vendredi férié, pas tant pour honorer les morts que pour souffler un peu.

C'te vie qu'on mène !

Bon début de semaine à vous :)

mercredi 9 octobre 2013

Ma routine beauté (ou : la nudité du visage est mon crédo)

Ce qu'il y a de magique avec internet, c'est que ça permet de découvrir des gens, des choses, des univers très très loin des nôtres.

Pour ma part, mes aliens les plus lointaines, ce sont les blogueuses "beauté".

Des filles qui font des billets et même, parfois, des vidéos, pour raconter comment elle prennent soin d'elles et se "font" belles [1].

Ne voyez pas dans mon étonnement quelconque trace de mépris ou de jugement, soyons bien clairs : chacun sa vie et sa façon de la mener.

Juste que ça me fait rire, quand je tombe chez un spécimen, de lire des trucs du genre : "ma routine beauté est très simple et rapide" suivi de l’énumération de 8 actions du genre laver avec tel produit, puis sécher avec tel autre, puis superposer trois types de crèmes à vertus différentes et quelques couches de maquillage.

Je vais donc faire ce jour mon coming-out de blogueuse beauté.

Ma routine est très simple : je me lave à l'eau et au savon. Si j'ai la peau qui tire je met de la crème Nivé ahhh. Un coup de mascara et parfois une ombre à paupière, si je suis très en avance ou que j'ai rien d'autre à faire.

Et c'est tout.

Alors je sens bien, dans les discussions alarmistes de certaines collègues que je pourrais me préoccuper de mes rides naissantes, encore que je trouve que la graisse les tend bien, pour le moment (huhuhu j'adore dire ça aux gens, ça les plonge en état de choc durable), que je pourrais avoir meilleure mine et faire plus jeune et unifier mon teint tout en illuminant mon regard.

Mais d'une je m'en fous. Je me trouve une bonne tête comme ça.

Et de deux j'ai horreur d'avoir des trucs sur mon visage, du genre fond de teint et poudres.

Alors voilà, je me dis que, peut-être, j'ai loupé un truc dans ma vie de fâme, que éventuellement, mon glow naturel n'est pas magnifié. Je pourrais aussi vous dire qu'en fait j'ai le style "nude", sauf que de ce que j'ai compris, pour avoir l'air nude du visage, faut mettre plein de trucs dessus.

Mais du coup je me lève une demi-heure avant de partir le matin et ça me va très bien comme ça.

Et toc et paf.

Note

[1] oh mon dieu que je hais cette expression. Se faire belle. Non mais ho. Portenawak

jeudi 3 octobre 2013

La hiérarchie pour les Nuls

Entendu cette semaine en réunion, pour parler des réorganisations d'un service de notre SuperBoîte :

"Alors ils étaient au même niveau, côte à côte, ensuite il est passé sur elle, et après elle est partie en congé maternité".

J'avoue, j'ai ri.

mardi 1 octobre 2013

Plein de vrac

Ouh lala cette semaine qu'on m'a fabriquée !!! Y a d'la deux réunions par jour, et du ceci à corriger, et cela à relire, et untel à briefer et, et et !

Ça ne va pas chômer, en somme.

Alors du en vrac.

Martin Winckler est depuis quelques jours sur Twitter. Il y est tel qu'on l'imagine, plein de pédagogie, de martèlement de choses essentielles dont on doit s'armer. Et puis il parle aux gens. Pour de vrai. Curieuse sensation, mais belle, quelque chose de très humain.

Il twittait l'autre jour "Le mal qu'on fait en disant ce qu'on pense être la vérité n'égalera jamais le mal qui est fait quand on choisit de garder le silence" et ça m'a plu. Vous vous doutez.

Alors je vous livre en partage. Merci, doc !

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Et puis sinon dans le genre : dans les moments difficiles il faut garder le sourire, ma coullègue-coupine préférée à moi, l'autre soir, se trouve en délicate posture. Contrôlée avec fouille au corps par des policiers très zélés (à ne pas aller faire leurs quotas là, un peu plus loin, où sont les vrais méchants).

Il faut vous dire qu'elle est super impressionnante : y a des fois où elle ne peut pas donner son sang parce qu'elle est en dessous du poids limite (ok ça ne veut pas forcément dire inoffensive, mais j'atteste de sa pacifisivité).

Et donc elle me raconte que c'est quand même hyper désagréable, la fouille au corps, et qu'elle a failli dire à la fliquette que, ohla, attention, vous avez failli m'enlever mon tampax, là" mais que vu l'ambiance elle a jugé préférable de faire profil bas.

J'avoue, j'admire. Et d'avoir eu l'humour qui va bien et d'avoir su le faire taire :D

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Du coup on relativise carrément les ascenseurs en panne trois jours, n'est-ce pas ?

lundi 26 août 2013

Le chemin du travail

Ce matin, sur le chemin du travail, il y avait encore des absents, ou bien des pas réveillés.

13 minutes de trajet. Le rêve. Si ça pouvait être comme ça toute l'année.

Vague sentiment d'étrangeté familière à revenir dans ces lieux [1].

Et puis mon acte de fierté du jour.

J'ai failli oublier mon badge. Sans qui pas d'accès au parking, ni au bureau, ni à la cantoche. Le drame, en somme. Et puis sur le palier de la maison, je me suis souvenue que je ne l'avais pas, et l'ai donc récupéré in extremis.

De quoi moins se pourrir la journée de rentrée, en somme.

Bon. C'est parti.

Note

[1] d'autant que, si mes infos sont bonnes, il devrait y avoir -encore- du mouvement d'ici quelques jours

lundi 17 juin 2013

Dinosaures

On a emmené une des stagiaires du marketing déjeuner avec nous.

Qui nous a collé un sacré coup de vieux en ne sachant pas qui était je ne sais plus quelle idole de notre jeunesse enflammée.

Du coup on s'est enfoncés encore en lui expliquant qu'on avait connu Madonna jeune et Michael Jackson noir.

Depuis, sur le plateau, ambiance top 50 où fusent les plus grands noms de la variété internationale et française.

Le camarade L. entonne "and when the rain begins to fall" dans un plus pur style Jermaine Jackson et Pia Zadora. Quant à ma voisine A, elle lutte désespérément contre Stéphanie de Monaco. Mais si, rappelez-vous, "Comme un ouragan !!!".

La stagiaire a détalé depuis longtemps, mais je pense que maintenant, en plus, elle trouve que c'est moche, de vieillir ! :p

mercredi 5 juin 2013

Génération Sida

Je ferme le journal de Keith Haring. Emue, bien sûr.

Tranches de ma propre vie qui se mélangent à la sienne.

Novembre 1993. Je vais avec mon père à l'hôpital où mon oncle est admis. Il a un peu moins que l'âge que j'ai maintenant. Il ressemble à une vieille momie, il pue.

"Il a le Sida depuis longtemps, vous ne saviez pas ?"

Non on ne savait pas. C'est un truc qu'on fait volontiers dans ma famille paternelle. On se chope un truc bien mortel, on endure en silence, en serrant les dents, pour que le regard des autres ne change pas, par honte, que sais-je. Et puis on clamse d'un coup, en laissant les autres bien empêtrés dans leur chagrin et le milliard de trucs qu'on aurait dû prendre le temps de se dire.

Bref.

Dernière fois que j'ai vu mon oncle. 29 novembre, il meurt. J'ai souvenir que mon père me dit que la meilleure chose que je puisse faire de mon chagrin et de ma colère, c'est de me donner à fond pour la journée militante qu'on a prévue à la fac le 1er décembre.

Retour quelques semaines en arrière. On a besoin d'expliquer aux étudiants que le Sida n'est pas qu'un truc de pédés. Que n'importe qui, presque n'importe quand, peut être infecté. Oui, encore. On contacte un centre d'accueil de personnes en fin de vie et en grande précarité, pas loin de la fac.

On y rencontre Houria. Elle a l'air d'avoir 80 ans. Elle en a à peine 30. Houria a été contaminée par son mari, lui-même contaminé au bordel, ou quelque chose du genre. Parti parce que sa femme malade, c'était plus la honte que lui-même malade. Houria sans emploi, malade, échoue après des années de galère, de honte et de souffrance dans ce centre où on la rencontre. C'est elle qui, entendant parler de nous par l'encadrement, souhaite témoigner.

Elle pleure de reconnaissance parce qu'on la touche. Parce qu'on ose. Parce qu'on lui serre la main, lui fait la bise. Parce qu'on s'inquiète d'elle et qu'on a pas l'air d'avoir peur.

On passe quelques heures ensemble à récolter son témoignage, que je vais monter à la radio locale où je passe des heures plus potaches, généralement. Et puis à parler, de tout, de rien, de la vie.

1er décembre 1993, le retour. On distribue quelques dizaines de kilos de capotes, négociées gratuitement. On parle tant qu'on peut, à qui veut nous entendre. On se fait envoyer chier, aussi (ce "j'ai déjà mes oeuvres..." je l'ai encore en travers de la gorge, 20 ans plus tard).

Je vais dans l'amphi qu'on nous a prêté pour la diffusion du témoignage d'Houria. Plus de monde que ce que je craignais. On raconte pourquoi on est là, en trois mots et on passe la bande.

Emotion dans le public, émotion pour nous. Je suis entre mon deuil et la force des mots d'Houria.

On sort, je récupère un peu, vais l'appeler pour lui dire comment ça s'est passé, qu'il y avait du monde, qu'ils ont beaucoup demandé si enfin elle arrivait à ne pas avoir honte, comment elle allait.

On m'annonce avec tout le ménagement possible qu'elle est morte quelques minutes avant.

La haine.

J'ai la haine.

Aujourd'hui, je connais des gens qui vivent avec le VIH. Des gens de mon âge, un peu moins. Pas beaucoup de plus vieux, ils ont fait partie de cette génération qui voyait tomber les siens dans l'impuissance la plus totale...

Ce qu'on a en commun, c'est l'accident de capote, c'est le truc foireux qui nous a mené dans ce dispensaire anonyme, gratuit et glauque, où il faudra revenir après une semaine de stress. On est pas beaucoup dans notre génération à n'avoir pas eu la grande trouille au moins une fois. Même sans avoir été exposés, juste pour être sûr.

Ce qui me différenciait d'eux à ce moment précis, c'est le bol. Le bol d'avoir su dire non ou de me tirer, ou le bol que l'accident ne soit pas fatal.

Ce qui me différencie d'eux maintenant c'est qu'ils vivent avec une maladie mortelle dont ils doivent quotidiennement maîtriser l'évolution (ou, on le souhaite, la non évolution. Alors que moi, j'ai eu, peut-être, peur, et surtout, de la chance [1].

Keith Haring raconte qu'avec une sorte d'énergie du désespoir, il a tenté dans ses derniers mois l'homéopathie et l'art thérapie. Arsenal dérisoir.

Ses mots en surimpression.

Et, de plus en plus j'ai l'impression, des mômes qui pensent que le VIH, c'est pas si grave que ça, la preuve, on vit avec, et y a pas un vaccin ?

Tout ça pour ça.

Vous savez ce qu'elle a, la génération Sida ? Elle a la haine.

Note

[1] la chance de n'avoir pas fait la mauvaise rencontre avec laquelle j'aurais fait les mauvais choix, la chance de n'avoir pas été exposée, de ne pas avoir eu d'accident majeur, de n'avoir pas été violée, etc. A quoi ça tient...

lundi 22 avril 2013

Top ten des demandes alakon

Je viens d'écrire un machin vite fait pour le canard interne de MaBoîte, et je ne résiste pas à l'idée de partager avec vous.

Il s'agit de partager les phrases qui nous font frémir d'avance, vu qu'on sait que sous une demande qui, du temps où nous étions débutants, nous semblait innocente, se cache une brave galère qui peut même, avec un peu d'aide et de malchance, virer cauchemar intégral.

Dans mon métier, on a recensé, avec l'aide de mes camarades potaches et noteurs préférés, 10 phrases et une en bonus que je vous livre illico :

  1. « Tu as 5 petites minutes ? »
  2. « J’ai juste une / quelques petites corrections »
  3. « Non mais ça ne va pas prendre longtemps… »
  4. « Et on ne pourrait pas juste… » (changer l’image de côté, prévoir un clic de plus, rajouter trois pages, ad lib)
  5. « Toi qui fais de la comm’ tu vas pouvoir m’aider ! »
  6. « Il me faudrait juste un copier/coller. »
  7. « Je sais que je m’y prends à la dernière minute… »
  8. C’est pour quand ? « Avant-hier » (et non, ça ne passe pas mieux avec la note d’humour…)
  9. « Peux-tu rajouter… » (on a fui avant d’entendre la suite) et son copain « Est-il possible ? »
  10. « C’est déjà parti ? Je viens de voir un truc !!! »
  11. Le bonus ! Le bonus !« Maintenant que je l’ai sous les yeux, je me rends compte… »

N'hésitez pas à enrichir !

lundi 25 mars 2013

Ces gens-là

Il est temps, grand temps, de faire face à une vérité qui, si elle nous est incompréhensible, à nous autre humains non sortis de la cuisse de Jupiter, n'en est pas moins un fondement de ce qui se passe dans la tête de gens qui défilent pour la manif de la honte, ces derniers temps.

Nous demandons l'égalité des droits face au mariage, notamment[1]. Il faut savoir que ces gens-là ne considèrent pas l'égalité des humains comme un fondement de notre société.

Ils nous sont supérieurs, par leurs valeurs, leurs choix de vie. C'est eux qui le disent, hein ?

C'est quelque chose contre quoi je me suis heurtée il y a quelques mois. L'épouse de feu mon oncle, aveuglée par sa rage à dézinguer le compagnon de sa fille qu'elle détestait, nous a sorti une diatribe au cours de laquelle elle ne s'est même pas rendu compte que c'était, aussi, mes choix de vie qu'elle jugeait, condamnait. (Ainsi que ceux de nombreuses autres personnes, mais qui n'étaient ni à table, ni à elle apparentées).

Dans son discours, il apparaissait notamment que les gens qui ne désirent pas se marier mais ont des enfants ne veulent pas ce qu'il y a de meilleur, ont dans l'idée à l'avance qu'ils vont se séparer et donc (sic) aiment moins leurs enfants que les gens qui se marient (devant Dieu, sinon ça vaut à peine).

Elle ne voyait pas le problème à me condamner dans le même panier puisque moi, c'est pas pareil, c'est la famille. Je passe sur l'absence de rigueur de l'argument puisque justement, c'est mon "point".

Et elle ne voyait aucun problème à considérer comme seule règle acceptable celle de "son monde", monde qu'elle décrivait comme, en effet, fermé à ce qui se passe autour, ailleurs, centré sur son système de valeurs accepté comme unique vérité possible en ce bas monde.

Il va de soi que la charité, la tolérance, l'amour du prochain prônés par le christianisme dont ce "notre monde" se réclame n'existe que dans nos têtes d'objecteurs. Ils sont le monde des élus, ils n'ont pas besoin de s'abaisser à ces considérations, autrement que dans leurs bonnes oeuvres occasionnelles.

Alors autant je crois qu'il a pu être utile d'échanger avec des gens qui se positionnaient contre cette forme d'égalité par préjugé culturellement acquis, par méconnaissance des discriminations faites, des souffrances engendrés, je crois, oui, que parfois il a été possible de faire bouger les idées, de les enrichir.

Autant je pense que devant le mouvement imbriaque [2] des marcheurs de la manif de la honte, seule notre indifférence nous protégera de leurs illuminations.

Au final, ils ne sont pas si nombreux. Ils sont persuadés que de pousser leurs gamins devant, c'est un acte de bravoure héroïque, comme d'en envoyer un au séminaire et l'autre devenir chevalier. Ils ne VOIENT PAS le problème que de hurler à la face du monde que leur modèle parental est le meilleur, puisque c'est celui de leur monde.

Sauf que leur monde appartient au passé de mon pays. Ils en sont la dernière gerbe.

Et puisque dialoguer avec eux est impossible, je les compisse de mon mépris le plus total.

Soyez les enflures que vous voulez être. Ce n'est pas grâce à vous que le monde ira mieux. Et puisque vous croyez au jugement dernier, craignez pour vous. Vos actes fanatiques d'illuminés confits dans la haine ne devrait pas vous valoir beaucoup d'honneurs.

Pendant ce temps là, on va s'acharner, nous, à essayer sourire par sourire, mot par mot, indignation par indignation et parfois loi par loi, à tenter de ne pas laisser sombrer l'égalité, la fraternité des humains entre eux quelle que soit leur naissance.

Quel que soit leur monde.

Notes

[1] et comme le faisait remarquer Eli l'autre jour, nous serions bien inspirés de mettre autant d'énergie dans toutes les questions d'égalité

[2] Ivre, fou, stupide

jeudi 18 octobre 2012

Reconversion ?

Une amie chère me demande, quand on parle d'envies professionnelles pour la suite de nos loooongues vies au travail, pourquoi je ne m'y mets pas, tout de suite, là maintenant.

La réponse évidente : parce qu'il faut faire bouillir la marmite et que je n'ai pas dans mon compte épargne de quoi faire tourner la maisonnée le temps nécessaire à ingurgiter le savoir nécessaire.

Et puis lequel ?

J'ai, depuis quelques années, la sensation que je pourrais travailler avec des enfants, mais sous quelle forme ? Enseigner ? Ou les accompagner quand ils ont des soucis ?

Alors quoi ?

Et puis combien et quand ?

Bref, il en manque encore un peu avant de me lancer. Des sous, et des idées.

Mais j'espère bien qu'un jour...

mercredi 10 octobre 2012

Ta mère la redoublante !

Nous avons regardé, hier soir, le "documentaire" "Ta mère en 6e" diffusé par France 2.

Pour ceux qui n'ont pas regardé, il s'agissait de 5 parents qui, pour une semaine, redevenaient collégiens (en 6e, donc).

L'idée majoritairement évoquée était de se "rapprocher" de leurs enfants en vivant ce qu'ils vivaient. Mais ces fringants quinquagénaires n'ont donc plus de mémoire pour ne pas se souvenir de leurs propres années collège ? Leur fallait-il vraiment vivre les journées à rallonge de leurs enfants pour se rendre compte qu'elles étaient... à rallonge ?

Quoi qu'il en soit, les voici installés sur leurs bancs. A peu près structurellement incapables d'arriver à l'heure... et un peu rétifs à l'idée d'accepter de jouer le jeu même quand ça ne les arrange pas.

Et figurez-vous que ce collège, c'est Bisounoursville ! Pas un gamin qui cause en zyva ! Pas une bagarre ! Pas un petit un peu malmené ! Pas un enfant en difficulté ! Les parents sont intégrés comme si c'était normal, et tout se passe comme dans une émission de Jacques Martin : les cours sont joyeux et efficaces et à la fin, tout le monde a une bonne note !

Merveilleux.

J'ai dans l'idée qu'un certain nombre de salariés de l'Educ Nat ont dû faire des petits bonds sur leurs canapés hier soir en comparant leurs conditions de travail et celles qui nous ont été brièvement montrées.

Mais après tout, foin de mauvais esprit, y a pas que les banlieues pourries dans la vie, soyons heureux soyons joyeux.

Il n'en reste pas moins que je m'interroge. Les parents se sont surtout plaints que c'était dur pour eux, et ont été très fiers d'avoir des très bonnes notes sur des contrôles de 6e. Je les comprends, je ne suis pas sûre moi même de savoir encore poser une division. En revanche pour la dictée, ça va, ça s'assurait tranquille.

Mais je les ai très peu entendus compatir à la vie de leur enfant, réaliser qu'on leur en demande beaucoup. D'autant que tout ce qui fait la vie d'un collégien "hors scolaire mais dans les murs" (poussées hormonales diverses, velléités de détachement des parents, etc) et qui, justement, complique d'autant la vie de ces minots a été complètement ignoré...

Bref. J'ai ri hier soir, mais depuis je m'interroge : s'agissait-il vraiment d'un pseudo documentaire, ou bien d'un outil de propagande, à quelques heures d'annonces concernant la réforme de l'Education Nationale ?

lundi 8 octobre 2012

Lundi matin

Endormie hier comme on aurait éteint l'interrupteur, trop tôt pour avoir profité comme je l'aurais voulu du retour de mon Enchanteur, trop tard pour mon réveil de ce matin.

Cruel.

Je suis, chroniquement, plus fatiguée le lundi matin que le vendredi soir (et c'est déjà pas brillant le vendredi).

Pas d'inspiration pour ce que j'ai à faire.

Cette réunion qui me tombe avec des pas rigolos en fin de journée.

Pas envie.

Pas envie.

Lundinite d'enfer.

lundi 27 août 2012

Comme on replonge

Et c'est ainsi qu'un matin, c'est le réveil qui nous indique l'heure à laquelle sortir du lit, et non plus notre bon plaisir.

On flotte un peu à chercher ses automatismes, d'autant qu'ils sont un peu modifiés. Heure légèrement décalée, gamine endormie laissée aux soins d'un Enchanteur...

Exotique sensation d'avoir le temps de grignoter un peu, du coup.

La route, encore peu partagée. Ca ne durera pas. Demain, déjà, mercredi, nous serons de nouveau nombreux.

Et puis au bureau. Ouvrir les cartons, s'installer dans un nouveau lieu. Coller deux ou trois photos. Organiser son espace. Retrouver des collègues, échanger quelques nouvelles, éplucher l'e-courrier, reprendre doucement ses marques.

Sortir déjeuner, parce que quand même. Profiter du calme encore relatif pour étirer la pause.

Se dire sur le trajet du retour que sans qu'on s'en rende vraiment compte, on est retombé dedans. Que c'est redevenu notre vie normale, cette vie-là.

Vacances déjà finies... C'est reparti.

Un air de vacances

Un "air" de vacances - Séguret, été 2012

mardi 29 mai 2012

Passage à l'essoreuse à salade

Ca secoue, quand même, ces derniers mois.

Ca secoue, ça fait peur, ça noue les tripes.

Des mots, par milliers, pour se dire des choses importantes et des petits riens, pour se dire les liens.

Ca secoue en bien, aussi. La maison n'est plus une maison "des filles" et ça c'est une vraie bonne nouvelle, à laquelle je dois beaucoup d'équilibre dans les phases qui ont secoué.

Le fait est que, quand même, là, je suis épuisée.

Rassurée : ceux qui nous ont joué des tours vont bien. Avec de l'espoir qu'on s'offre quelques mois (années ? décennies ?) sans grande trouille majeure.

Et épuisée comme quand on décompense. Quand les nuits de sommeil n'y suffisent plus, quand il faut aller chercher dans les réserves et que c'est une fatigue de plus.

Vivement les vacances, qu'on se repose, j'espère.

Et qu'on profite les uns des autres, puisque c'est ça qu'il faut retenir, avant tout : maintenant tout le monde va bien.

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