Sacrip'Anne

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Mot-clé - questions métaphysiques

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lundi 28 janvier 2013

La surprise du tricot

Ca a fait ricaner, quand j'ai dit que je me lançais dans le tricot.

Pas les copines qui ne connaissaient pas mon passif.

Mais ma famille, oui.

Ma famille qui sait que je descend d'une aïeule grande tricoteuse et surtout spécialiste de choses importables.

Les pulls à manches décalées (en hauteur et/ou en profondeur). A motifs plus ou moins probables.

Bref, mon dernier essai de point mousse datait, je pense, de l'adolescence, mais n'était pas une franche réussite.

Et puis là, envie de faire bouger mon bras endolori par des journées au clavier de l'ordinateur, de ces jolies aiguilles, du plaisir des copines, donc.

A ma grande surprise, s'il y a de la marge de progression, nettement, ce n'est pas SI mal. Il y a même des choses qu'on porte régulièrement, quotidiennement

Alors après quelques bonnets, écharpes, écharpes-tubes, je me suis lancée la semaine dernière dans mon premier pull. Challenge !

J'ai lu les billets indispensables de luckyslug sur le sujet. Engrangé de bonnes ondes kozlikiennes. Réécrit entièrement le patron en virant tout ce qui ne concernait pas ma taille, rentranscrivant ce qui ne m'était pas intelligible pour le transformer en choses faciles à comprendre en un coup d'oeil pendant l'action. Monté les mailles lundi dernier et...

J'ai déjà un dos, et le bas d'un devant !

Je ne sais pas si ça ne sera pas, au final, un pull que pour le week-end, ou bien s'il sera mettable, ou bien pas du tout, même le week-end ? Pour le moment il ressemble à peu près au patron. Ca m'encourage.

Ca m'est curieux, cette geekerie de tricot qui me vient. J'aimerais que ça marche, moi qui aimerais depuis des années savoir faire des trucs de mes mains sans être très douée. Et c'est très bizarre, de fabriquer quelque chose qui prend forme (bizarre, bien, hein !).

Bref.

Surprise. En bien.

mardi 23 octobre 2012

39 kilomètres

Je ne l'ai pas vu sauter en direct.

Au travail, et puis l'info m'avait échappé, et puis voilà. Je ne l'ai pas vu en direct.

Mais depuis j'ai regardé plusieurs fois le saut de Felix Baumgartner. Se jeter dans le vide depuis 39 kilomètres.

Pour une qui, comme moi, commence à avoir le vertige du haut de sa chaise, imaginez.

C'est au-delà de mon entendement que de me faire hisser dans une minuscule nacelle à 39 kilomètres au-dessus de la Terre. 39 KILOMETRES quoi !!!!

Je me demandais, en entendant Patrick Baudry parler du saut, à quoi ressemblait la Terre vue de 39 kilomètres.

C'est beau. Ca a quelque chose de magique. Voir à la fois l'arrondi de la planète et les grands reliefs du sol, c'est émouvant.

Et complètement inenvisageable que de se jeter d'une petite cage dans le vide. A 39 kilomètres du sol.

Absolument inconcevable de tomber pendant près d'un quart d'heure.

Il l'a fait et depuis, je reclique régulièrement pour voir Felix Baumgartner se jeter dans l'espace et retomber sur ses pattes.

Fascinée je suis.

jeudi 18 octobre 2012

Reconversion ?

Une amie chère me demande, quand on parle d'envies professionnelles pour la suite de nos loooongues vies au travail, pourquoi je ne m'y mets pas, tout de suite, là maintenant.

La réponse évidente : parce qu'il faut faire bouillir la marmite et que je n'ai pas dans mon compte épargne de quoi faire tourner la maisonnée le temps nécessaire à ingurgiter le savoir nécessaire.

Et puis lequel ?

J'ai, depuis quelques années, la sensation que je pourrais travailler avec des enfants, mais sous quelle forme ? Enseigner ? Ou les accompagner quand ils ont des soucis ?

Alors quoi ?

Et puis combien et quand ?

Bref, il en manque encore un peu avant de me lancer. Des sous, et des idées.

Mais j'espère bien qu'un jour...

vendredi 1 juin 2012

Vivre ensemble

Hier soir, on est rentrées, main dans la main, avec Cro-Mi, pour trouver un Enchanteur affairé à la marche de la maison.

Et puis on a passé un bout de soirée à trois toute douce, avant d'assister au spectacle vivant de ma fille devant des oeufs brouillés aux asperges (drama queen powa, encore un peu).

Une fois la bambinette couchée, j'ai rattrapé mon retard d'Etchebest pendant qu'il bossait dans son bureau sur son ordinateur.

Et quand il est venu me rejoindre, j'ai eu cette curieuse sensation que ça y est, on vivait ensemble, complètement.

Pourtant il reste quelques cartons, pourtant ça fait longtemps que petit à petit, les jours ensemble deviennent plus nombreux que les jours pas.

Ca tient à ça, la vie commune, finalement ? Quand on branche son ordinateur principal dans une pièce d'une maison qui devient notre "chez nous" ? ;)

Ca me plait, en tout cas, que tous ses ordinateurs soient branchés sous le même toit que les miens.


Edit : on me souffle dans l'oreillette : "d’autant, tu omets de le dire, que j’ai configuré un bootsplash pour la première fois".

Il m'avait semblé que c'était un détail un peu trop intime pour vous le livrer sur un blog. Mais quand même. Applaudissons, et la performance, et le symbole !

jeudi 3 mai 2012

Jolie petite personne

Hier soir, après le centre, je disais à Cro-Mignonne que j'avais enfin pu parler à la maman du chef de bande des mini malfrats, qu'elle avait entendu ce que je lui avais dit de son fils.

Cro-Mignonne me répond : '' "Tu sais, à propos, l'autre jour, A. [1] est tombé et les autres se moquaient en disant que c'était bien fait pour lui"''

Pause de 5 secondes pendant laquelle je préparais le sermon puis elle reprend d'elle-même :

"Je leur ai dit que ça n'était pas bien de dire ça, qu'on ne devait pas souhaiter que les gens aient mal".

Emotion. Je lui ai expliqué pourquoi j'avais la larme à l'oeil et si fière de l'entendre tenir pareil discours. Qu'il y avait bien des adultes pour n'être pas capables de ce qu'elle venait de faire, de dire.

Elle m'impressionne, ma fille.

Note

[1] l'affreux jojo en question

jeudi 2 février 2012

De tous genres

Curieuse foire que ce salon dont je sors.

De très sérieux juristes aux filles de cabaret qui arpentent les allées presque nues. Du spectacle pour plaire "au plus grand nombre" et des experts fort pointus.

Du syndicaliste tombé dans la marmite quand il était petit à l'élu qui ne se syndiquera jamais.

De celui qui est y est venu par hasard, pour faire des places de ciné dans la boîte, et qui se retrouve à gérer un plan social, à celle qui se planque derrière son statut de salariée protégée, ou l'inverse.

Du militant convaincu au collectionneur de stylos.

Du retraité qui trouve moyen de se faire inviter pour manger gratos à la super star des syndicats qui vient prendre la parole.

Drôle de faune, côté exposants, côté visiteurs.

Beaucoup de fatigue. Mais toujours un ou deux moments de grâce qui font que bon. Un paquet de gens qui ont vraiment envie d'un monde meilleur. C'est bien que ça soit fini mais ces quelques minutes valaient la peine du reste.

Retour au bureau, demain. Ca sera, au moins, plus confortable.

Edit à la demande de Madeleine : quelques illustrations des tweets des derniers jours :)

Cross Rossignol

Le MiYieu

MJ sosie tout moisi

lundi 19 décembre 2011

Cro Mi s'ennuie

L'autre jour, alors que je lisais peinard dans mon bain (l'excellente biographie de Victor Hugo par Alain Decaux - et non JC, private joke inside - pour ceux que ça intéresse), Cro-Mi se plante à côté de la baignoire, avec toute l'intensité de qui, à 5 ans et d'mi, a une question dont la réponse ne peut souffrir d'attente.

- Maman ?

- Oui ma chérie.

- Maman, pourquoi on fait tout ce qu'on fait, dans la vie ?

Arg. De la métaphysique. Je lui demande donc :

- Tout ce qu'on fait quoi, ma chérie ? (des fois que ça permette de faire un peu entonnoir et qu'on thématise la conversation).

- Ben tout. Aller travailler, aller à l'école.

Alors je lui dis, que travailler ça sert à gagner des sous, que si on a de la chance, on peut aussi s'y épanouir, trouver sa place dans le grand monde du travail, rencontrer des gens intéressants.

Et aller à l'école, ça sert à apprendre à apprendre, à découvrir le monde, la vie sociale, etc.

- Pourquoi tu me demandes ça mon amour ?

Et là, elle me répond qu'elle s'ennuie. Qu'à l'école, elle passe son temps à jouer seule, vu qu'elle a fini avant les autres. Et qu'elle préfère quand c'est dur. Parce que quand c'est dur, c'est pour faire réfléchir les élèves et là on apprend. Alors que ce qu'elle fait, elle le sait déjà.

Léger vertige de la mère, qui a prudemment posé Victor loin de l'eau... et qui lui promet qu'en CP, ça va être plus dur, et qu'en plus il y aura des devoirs (à prononcer d'un air terrible). Que cette année, la maîtresse ne sait pas trop quoi faire avec elle parce que c'est rare d'avoir des élèves qui vont aussi vite, mais qu'il faut qu'elle soit patiente.

(D'autant, ndlm[1], qu'elle est dans la classe de sa meilleure amie et de son amoureux, un changement de classe pour celle d'un(e) instit qui gérerait mieux serait vécu comme une punition).

Mais que oui, l'an prochain, elle va travailler, beaucoup plus, et que ça ne sera plus pour rire.

Là, un regard heureux comme si elle avait découvert l'atelier du père Noël.

Un sourire radieux.

On me tourne le dos, son petit cul balance et je l'entends s'éloigner au son des flap flap flap sautillants de ses pieds nus sur le parquet.

Pincement au coeur.

Mais quand même... fierté.

Je digère la conversation et reprends Victor.

Note

[1] Note De La Maman