Sacrip'Anne

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lundi 20 juin 2016

La valse

La semaine dernière, Lomalarchovitch a eu un truc qui ressemble suffisamment à une roséole pour qu'on se dise qu'il a probablement eu la roséole.

Bref, bébé un peu (un peu !) abattu, puis tacheté de rose mais sans appétit (SANS APPÉTIT !!). Puis bébé remis et hop, c'est reparti.

Vendredi soir, Cro-Mignonne avait froid. Un truc qui lui arrive une fois par an, et encore, les années bissextiles uniquement. La voici enroulée dans le plaid-doudou au bout de mon lit, je parlais avec mes parents au téléphone quand soudain, je réalise qu'elle s'est endormie (ENDORMIE !!!).

Le truc qui ne lui est pas arrivé depuis ses 5 ans et demi, quelque chose comme ça.

De fait, elle avait la chair de poule et plus de 38,5° de fièvre. On a annulé la pyjama party du lendemain et on a bien fait, ça a duré 36 heures comme ça sans autre symptôme qu'un mal de gorge fugace.

Et puis dimanche matin elle était remise et hop, c'est reparti.

Je l'ai rendue vaillante et en bon état (j'espère) à son père hier soir, et puis en faisant des bisous à son petit frère on l'a trouvé un peu chaud. Oui, il l'était un peu mais rien de méchant. Jusqu'à ce que ça grimpe et que finalement 38,3° et pas d'autre symptôme.

Ce matin c'était 38,5°, rieur et actif mais un peu branlant sur ses jambes quand même.

Comment vous dire ?

Un peu marre de la valse du Doliprane, là, tout de suite.

(Mais : que de câlins quand les enfants sont malades, oh oui oh oui !!)

lundi 7 mars 2016

Anti-douleur

Jeudi, paf, le chien, je me prends un gadin. Depuis j'ai mal au genou. Moins que jeudi mais assez pour me plaindre.

Comme un fait exprès, un festival de chouettes anti-douleur se produit depuis et aide à prendre ça avec le sourire.

  • Un apéro quasi impromptu avec la jolie Llu
  • Un ours qui débarque pour le week-end
  • De la bonne cuisine
  • Le lit de ma fille qui est enfin arrivé
  • Le lit de ma fille qui n'était pas trop une purge à monter
  • Les rires et sourires et plans charmeurs de Lomalarchovitch
  • Des discussions à n'en plus finir, de la littérature québécoise à l'origine de la tomate-pomme de terre
  • Des câlins matinaux avec un bébé rigolard de trouver ses parents dans sa chambre
  • La tête de ma fille en voyant son lit dans sa chambre (et qui s'est mise à ranger pendant une heure et demi sans que je lui demande, incroyab')
  • Les sourires ravageurs de Lomalarchovitch (oui encore)
  • Retrouver ma fille à la maison après une semaine chez son père (même si elle passait les journées chez nous, moi non)
  • Un message ce matin pour dire que Nièce Adorée est en chemin

(Mais oui, je vais aller voir le toubib).

Happy_Feet.jpg

mardi 16 février 2016

Luce

C'est l'aînée des sœurs de Luce qui m'avait adoptée en premier comme sorte de petite sœur supplémentaire. Et puis quand Luce a commencé à écrire sur un blog, les affinités se sont créées naturellement.

On s'est rencontrées en chair et en os le soir où elle a rencontré François.

On a eu nos filles la même année et on a partagé ça, le fait de devenir mères, avec des choses qui faisaient encore qu'on se ressemblait.

On s'est vues, un peu, quand elle était parisienne, pas tant. La vie file et Paris est longue à traverser, surtout avec des enfants.

Et puis François est tombé malade, et on s'est vues un peu plus parce que c'était ce que je pouvais faire pour essayer d'être là, au mieux.

J'ai essayé d'être un témoin digne de leur mariage. Je vois encore le regard mi amusé mi consterné de François face à mes ailes. Rose. Fuchsia.

On s'est vues aussi après, mais beaucoup moins parce que rapidement, il y a eu le déménagement à Tours. Mais on s'est parlé beaucoup au téléphone, parce que c'était ce que je pouvais faire pour essayer d'être là. Parler. Écouter les larmes et proposer les verres d'eau [1].

Ça a l'air tragique comme ça, mais notre histoire à toutes les deux est aussi, est surtout faite de beaucoup de rires et de nombreuses (très très nombreuses) heures à analyser tout ce qui ne va pas (chez les autres, principalement). Et de rires. Et de valeurs communes. Et de rires.

On se voit moins parce que Tours c'est encore plus loin que l'autre côté de Paris (encore que), que la vie est trépidante.

On se parle moins souvent aussi parce que la vie est trépidante. Mais c'est ça qui est chouette avec les vrais de vrais amis et les techniques modernes : le lien n'est jamais distendu complètement.

Mais quand l'occasion de se voir se présente c'est une grande joie qu'il faut saisir !

Ce midi j'ai mangé avec mon amie Luce et si ça n'est pas un bonheur formidable que de l'avoir comme amie, alors je ne sais pas ce que c'est que le bonheur.

Note

[1] essayez, vous verrez

jeudi 14 janvier 2016

Bonheur du soir

Retrouvé hier soir un petit bonhomme fiévreux, comme savent le faire les enfants. Ils vous affichent un 39° triomphant sans aucune autre indication de ce qui ne va pas et puis le lendemain, pof, frais comme des gardons, prêts à vous retourner l'appart, la tête et le cœur en douze secondes.

Bref, hier soir, petite chose chaude et languissante.

Alors au mépris de tout ce que les bons parents devraient faire, on s'est installés tous les deux sous la couette et on a regardé le clip d'Une chanson douce avec des tas de photos de bébés kitch qu'il adore (c'est la chanson que je lui chante tous les soirs depuis sa naissance, et les têtes de bébés, ça lui plaît), et puis "m'bawé" (vous aurez tous reconnu Le lion est mort ce soir par Pow Wow sans difficultés, bien sûr), et enfin quelques Fabulettes de son choix[1].

Une fois la troupe couchée, mon tricot tout défait (j'ai un peu loupé une ligne dans le patron, oups) et recommencé, on a regardé Blue Jasmine. Balèse, le Woody, de faire un film qu'on regarde sans s'ennuyer avec principalement des personnages si antipathiques. Et Cate Blanchett n'a pas volé son Oscar.

Du bon amour, du bon ciné, que faut-il de plus pour être heureux ?

Note

[1] C'est fou d'ailleurs, il y en a, quand je les entends, ça remonte tout droit de mon enfance. C'est émouvant, doublement. Merci Anne Sylvestre pour ces bonheurs à rebondissements générationnels

mercredi 2 décembre 2015

La chasse à la baleine

Y a des jours, vous êtes content(e)s que les vêtements tombés du placard le matin correspondent finalement aux péripétiesqui vous attendent.

Par exemple, quand vous vous retrouvez en fin d'après-midi en pleine chasse à la baleine.

C'est ce qui m'est arrivé lundi. On avait, avec deux collègues, rendez-vous avec une agence de communication. Pour ceux qui ne m'ont jamais vue en vrai, il faut savoir que je fais des gestes en parlant. Potentiellement de grands gestes.

Or donc sur le dernier tiers de la réunion, je sens au détour d'un de ces gestes illustratifs un truc désagréable qui me rentre dans le sein droit.

Pour avoir déjà vécu cette sensation déplaisante [1] j'ai identifié sans peine le coup de la baleine de soutif qui perce sa gaine de tissus et prend sa liberté, après avoir subi les contraintes du job un peu trop longtemps à son goût.

Il se trouve que j'avais une chemise / tunique ample à large encolure. Ce qui m'a mise tout de suite dans l'embarras (si elle remonte d'un centimètre, impossible de cacher le truc, tout le monde va la voir) autant que dans la possibilité d'intervenir illico presto.

J'ai donc pris une posture un peu étrange en mode "allangui, mais je cache mon décolleté d'un bras" et de l'autre, ait profité de la forme de demi-cercle de la baleine pour la pousser hors de sa gaine en exerçant une sorte de rotation en passant par le bas du vêtement.

Une fois dégagée, fort heureusement sans trop d'encombres, je l'ai récupérée toujours par le bas et donc sous la table[2], je la récupère.

J'ai ensuite terrassé et plié tant que j'ai pu la baleine (connue pour sa souplesse) pour la mettre dans la poche de mon pantalon.

A la fin de la réunion, j'ai évacué ma baleine dans la corbeille à papier [3]

Mes collègues assurent n'avoir rien vu. Quant aux trois messieurs de l'agence, ils ont été polis. Morale de l'histoire : soyez toujours prêts pour la pêche à la baleine.

(Et sinon, je vais vous embêter encore un peu avec tout ça, mais que ceux qui trouvent que c'est une bonne idée n'hésitent pas à relayer, et pourquoi pas soutenir avec un petit don notre projet "Tous bons élèves !" à l'école Langevin Wallon de Colombes)

Notes

[1] il y a même une fois où j'avais dû retirer mon soutif, en le faisant passer par mes manches, à un feu rouge, tellement c'était intenable

[2] comme quoi les vêtements du haut pas rentrés dans le pantalon, c'est pas juste une question de style, c'est aussi se préparer à toutes les situations

[3] car l'expérience m'a déjà montré plusieurs fois que la gaine recousue, en tout cas par mes soins, ne suffirait pas à contenir la baleine plus de quelques heures

mardi 7 avril 2015

Au milieu d'eux

Alertée par le maître sur les enfants qui ne reçoivent pas de courrier, j'ai écrit des lettres pour "la classe", en me disant que ça serait chouette, et que ceux qui n'ont pas de lettres pourraient s'approprier les miennes.

D'ailleurs la dernière est partie ce matin, avec en bonus l'histoire du Ronpiche (qui me fait moins rire en ces moments de sommeil ultra fragile où je dors encore moins, réveillée par les bruits de mon Ronpiche domestique, qui lui dort très bien et ne voit pas le problème...)

J'ai, bien sûr, écrit à ma fille des lettres qu'elle râlera parce que je suis, pour elle, difficile à relire. Oui, j'en ai profité pour écrire au plume, et si j'ai hâte de la revoir, ça va me manquer, ces petits rituels de courrier tous les quelques jours :)

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Samedi c'était marché, et on a fait pique-niquer Lomalarchovitch à la buvette, au milieu des gens, et en plein défilé, de la voisine-copine communiste qui a trollé encore plus aux les élus en représentation (dont le glissant comme un poisson et le menteur comme un arracheur de dents qui se plaint qu'on l'agresse quand on est pas d'accord avec lui).

Au milieu des gens, au milieu de la vie locale, c'était bien.

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Hier après-midi c'était visite d'amis avec leur pitchoune. Le Lutin et elle s'en sont donné à coeur joie, Lomalarchovitch occupé, busy bee, mais super sage au milieu.

J'ai terminé la journée épuisée par leur énergie, mais ravie d'avoir posé mon séant au milieu de cette énergie de vie.

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Finalement c'est ça qui fait du bien : être au milieu de la vie qui vit. Même si ça reste épuisant et donc en mode très limitée pour le moment.

mercredi 18 mars 2015

Lettre au CE2A

Chère classe de ma fille,

Vous vous apprêtez à partir en classe de mer, et j'en suis ravie pour vous.

Ça va être drôle, ça va être l'aventure, ça va être autre chose qu'à la maison et à mon avis, avec votre instituteur, vous allez revenir avec des bons souvenirs plein la tête. Et peut-être quelques drames de la cohabitation H24 avec vos meilleurs copains, aussi, mais ça c'est une autre histoire.

Même si laisser ma fille encore partir loin de moi me rend un peu triste, je ne peux que penser avec joie avec tout ce que vous allez vivre.

D'autant plus que j'ai d'excellents souvenirs de ma classe de mer. C'était l'année du CM1-CM2, j'étais dans une classe à double niveau. J'avais fait CM1 au premier trimestre et j'étais passée en CM2 pour Noël.

Il se trouve qu'en plus des vacances, on est partis en classe de mer (à Andernos les Bains, un peu plus au sud que là où vous allez partir, mais c'est la même mer !) Dans mes souvenirs on est partis trois semaines. TROIS SEMAINES. On a fait du bateau (de l'Optimist, comme vous, mais en plus vieux). On avait préparé ça par un certain nombre de séances d'initiation à la voile dans les étangs près de notre école où on pelait de froid. Et on avait hâte de voir ce que ça faisait, de naviguer en mer !

On a fait du kayak, des promenades, des fêtes, des baignades. Et on a un peu travaillé. Quand je dis un peu, c'est vraiment peu.

Environ une demi journée sur l'ensemble du séjour. Il se trouve que c'est justement cet après-midi là que mes parents, qui étaient copains avec mon instituteur, ont débarqué pour une visite, avec un terre-neuve (un gros gros chien noir plein de poils) et un énorme sac plein de gâteaux. Du coup on s'est arrêtés plus tôt que prévu.

Il m'en reste des lacunes sur la division avec des virgules, mais comme maintenant, j'ai droit à la calculatrice, ce n'est pas très grave.

Je vous souhaite de vous amuser autant que nous. Et revenez vite, quand même !

mercredi 21 janvier 2015

Pomme d'amour

J'ai un bébé pomme d'amour, ses joues rebondies, rouges et tièdes lui font une tête de joli clown.

J'ai un bébé farceur, qui se retourne sur le ventre MAIS avec un bras coincé en dessous et râle parce que bon, quand même, faudrait voir à pas trop se fatiguer à appuyer sur son bras pour se dégager.

J'ai un bébé omnivore, qui a envie de tout goûter et vient d'entamer une très probablement longue histoire d'amour avec des croûtons de pain.

J'ai un bébé enchanteur, qui sourit tant et tellement quand il nous voit, chacun d'entre nous de son petit monde, papa, maman, frère et soeur, et qui sourit aussi au reste du monde. Il fait des têtes de charmeur, des têtes de farceur, j'ai un bébé irrésistible.

J'ai un bébé sauveur, il suffit de passer un peu de temps avec lui pour réapprendre le sourire, pour oublier un peu le fracas du monde qui tombe en pièce.

Alors je parle de lui parce que ça fait plus de bien que de parler du monde, là tout de suite.

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jeudi 6 novembre 2014

Le grain de riz

Bon.

Il est l'heure de mettre sur le tapis LE sujet polémique.

Non parce que de toute part ça en cause, autour de moi, ces jours-ci, et le monde ne peut pas continuer à tourner sans un avis de plus.

Le riz.

Soyons clair, le riz est un aliment de base dans nombre de pays, il en existe de multiples variétés et de nombreuses façon de le cuire et de accommoder. Loin de moi l'idée de porter un jugement sur les pratiques des autres.

Mais il faut se rendre à l'évidence, chez les français, on est globalement pas très bons en cuisson du riz. Je veux dire : même dans les restaurant, le riz en accompagnement, c'est souvent pas top. Et quand je vois les rayons rempli de précuit en sachet pas bon, ça me déprime vaguement.

Alors chez nous, le riz, on le rince (en plus, ami surveilleur de l'indice glycémique, dans l'idée de rincer, il y a l'objectif d'enlever l'amidon, et ton riz en sera d'autant moins cruellement défavorable à ton taux de sucre dans le sang). Abondamment, jusqu'à ce que l'eau de rinçage reste claire.

Et après des années chez mes parents de cuisson dans la casserole d'eau, qu'on égoutte après le temps de cuisson, j'ai rencontré un asiatique fourbe et cruel qui a fait entrer dans ma maison un rice-cooker, un immonde truc décoré de fleurs gris pâle et rose pastel mais qui cuit vachement bien le riz.

Donc riz acheté par sac de 22,5 kgs, bien rincé, 3/4 de gobelet par personne, l'équivalent d'une phalange d'eau au dessus du niveau de riz, on appuie sur le bouton, on touille si on est dans le coin à la fin de la cuisson et on laisse au chaud jusqu'au moment de manger, et la vie est belle.

Et toc et paf.

vendredi 5 septembre 2014

Mais ça c'est bien passé, bordel, euh !!!

Je reviens sur cette histoire de césarienne.

Je savais, parce que plusieurs amies sont passées par là, y compris dans des temps où mes projets de maternité n'étaient pas encore formulés, que certaines femmes vivaient très mal cette façon de donner naissance.

Et je précise directement dès le début de ce billet qu'il n'est aucunement question pour moi de nier leur souffrance ni les raisons pour lesquelles elles en viennent là. Chacune digère ce qu'elle peut de sa vie, son entourage, la pression social et son monde intérieur, chacune réagit différemment, et si certaines femmes souffrent, il faut les aider à passer le cap.

Pour ma part, ça n'est pas le cas du tout.

Au contraire, l'accouchement par voie basse de l'aînée reste encore, plus de 8 ans après, un souvenir douloureux, violent, compliqué. L'autre jour je me disais : bon ben au moins, je n'aurais plus à avoir peur de comment va se passer l'accouchement, je m'arrête là, et cette pensée était directement liée à la naissance de ma fille.

J'ai mis un mois à pouvoir formuler que je la trouvais magnifique à haute voix, un an à pouvoir raconter cet accouchement. Et quelques années de plus à me dire que bon, oui, je pouvais faire un autre enfant, tant pis, au pire je meurs sur place mais j'aurais connu la joie (j'exagère à peine).

Autant pour son frère, j'ai été tout de suite plongée dans le bonheur de profiter de lui (à part les agrafes un peu douloureuse et les changements de position à négocier avec un peu d'attention les premiers jours, j'avais à peu près oublié qu'on m'avait ouvert le ventre moins d'une semaine après). Je me suis sentie disponible pour lui, pour moi, pour son père, sa soeur et son frère, très rapidement et on profite bien, malgré la fatigue inhérente à la présence d'un tube digestif trop mignon dans votre vie.

Du coup je suis un peu en décalage. Que ça soit le personnel de l'hôpital (visiblement, il est important pour eux de prendre en charge la fameuse souffrance au plus tôt, et je peux vous assurer qu'il ne se sont pas jetés sur le bistouri, la bave aux lèvres et l'envie d'en découdre, il ont pris le temps de s'assurer que c'était la meilleure option possible et avaient l'air désolés de m'annoncer que bon, il faut y aller, là), le médecin de la PMI, mais aussi les femmes qu'on croise et qui demandent si tout s'est bien passé.

Je réponds oui, avec enthousiasme. Si on en vient à constater que Lomalarchovitch est né par césarienne, j'ai en général droit à une exclamation horrifiée "ah mais il né par césarienne, quand même !". Ben oui. Mais du coup il est né vite, vivant, et moi aussi. Enfin pas vite mais vivante. Et en assez bon état pour l'accueillir rapidement mais dans une bouffée d'amour plutôt que dans un gémissement de souffrances.

Peut-être que je n'ai pas besoin de la preuve par le vagin pour être investie par ma maternité. Peut-être que chez moi, ça se joue autrement. Ou je ne sais quoi d'autre. Peut-être, on ne sait pas, que mon espèce de gros bon sens paysan me dit que si on pratique ce genre d'intervention depuis plusieurs millénaires, à force, ça devient quasi aussi naturel que le chemin prévu à cet effet ? (Je rigole, hein).

Tout ça pour dire : ça c'est, dans ma tête, dans mon corps, dans notre histoire de famille agrandie, dans mon rapport à mon fils, bien passé. Très bien, même. Et j'en suis heureuse et soulagée.

Mais je trouverais ça chouette, puisque j'ai l'intuition qu'il y aura des femmes pour en avoir souffert, dans les commentaires, que celles qui ont passé le cap et qui s'y trouveront aussi nous raconte, quel a été leur déclic, leur truc pour passer outre. Histoire que je ne me contente pas de vous balancer que je vais bien, mais que ça serve aussi un peu.

On y va ?

jeudi 28 août 2014

Expériences postières

L'autre jour, j'étais au petit bureau de poste près de chez nous pour y faire un massif envoi.

J'espérais vaguement qu'on pourrait m'aider à traiter en bloc cet envoi (genre : je paye et on passe l'ensemble dans des machines à affranchir). Las. Tout ce qu'on m'a dit c'est que de toute façon les timbres de collec' (dont je ne voulais pas), il n'y en avait pas parce qu'on venait de faire un inventaire alors faut aller en centre-ville. Sinon le distributeur de timbres il est là.

Fort heureusement, j'ai un peu la pratique du mailing et j'avais trié mes enveloppes en 92 / reste de l'Ile de France / reste de la France / reste du monde. Ce qui m'a permis d'acheter mes carnets puis de peser chaque enveloppe qui allait dans des contrées exotiques et acheter la vignette correspondante.

La principale difficulté, et pas la moindre quand vous manquez de sommeil, c'est de conserver l'ordre des enveloppes et de récupérer les vignettes DANS LE MÊME ORDRE, dans le but de coller la bonne vignette au bon tarif sur la bonne enveloppe.

Et après, je me suis installée comme j'ai pu en plein milieu du bureau de poste et collé tous mes timbres. Modernité totale des installations, retour en arrière brutal de l'usagère (je ne sais pas si on a franchi le cap de parler de clients ???) qui n'avait pas joué à coller des timbres aussi nombreux depuis bien des années.

J'en suis sortie un peu partagée, de cette expérience.

Et puis hier matin, j'entends trois coups frappés discrètement. Je bondis à la porte pour y trouver "le facteur des colis", que je remercie de n'avoir pas sonné, et qui me répond qu'il l'a fait exprès puisqu'il sait qu'on a un bébé.

Tout gentil et fort attentionné, il m'a même posé les volumineux colis à un endroit plus pratique que dans le chemin.

Du mal à envisager que ça tienne de la même maison, tout ça.

(Mais merci à lui, encore et encore) !

jeudi 31 juillet 2014

Il n'est de meilleure compagnie qui ne se quitte

En ces temps de nouveautés, de découvertes d'un petit être, et de morceaux de nous par la même occasion, je peine à m'ouvrir au monde. Pas aux copains, aux amis, aux humains chouette, non, mais aux nouvelles du monde du moment et à la haine violente qu'elles suscitent. Du mal à comprendre à quoi ça rime et où ça mène.

Bref. Malgré tout un peu de la violence de notre bonne vieille planète s'est infiltrée chez nous. Figurez-vous qu'un compagnon de 14 ans et quelques m'a plantée là, quittée comme une vieille chaussette, abandonnée.

Il faut dire qu'il devait se sentir trahi et suborné depuis quelques temps. Depuis que ce n'est plus avec moi qu'il a des rapports privilégiés.

N'empêche, il faisait partie des premiers à visiter mon tout premier apartement. J'avais ouvert des yeux effarés à son coût (mal indiqué), mais l'avais rapporté néanmoins.

Il avait parfois donné des signes de faiblesse, mais 14 ans de loyauté, ça n'est pas rien.

Et puis la semaine dernière, la femme de ménage l'a mis en route et il a fait un bruit étrange. On l'a inspecté sous toutes ses coutures sans trouver la source, mais pour différentes raisons on s'est dit que son heure était venue.

Et en plus d'un nouveau bébé, on a depuis ce matin un nouvel aspirateur (SILENCIEUX !!!!).

Rest In Peace, premier aspirateur de ma vie adulte.

vendredi 23 mai 2014

Prendre soin de soi

En voilà une expression qui me fait bondir.

Pas dans la réalité de l'encouragement à se faire du bien.

Dans son injonction "beauty glam girly" qui consiste à dire qu'une femme / fille ne prend pas soin d'elle si elle n'est pas déguisée en dadame avec le maquillage comme il faut et la coupe de cheveux à la mode.

C'est particulièrement exaspérant dans les émissions de relooking, où on considère que la fille qui vit super bien dans ses vêtements, elle ne prend pas soin d'elle et qu'il FAUT intervenir (généralement elle se fait balancer par ses proches). C'est plus rarement un garçon et il faut qu'il soit très décalé des normes sociales pour qu'on l'envoie se faire formater.

Or, il me semble, le soin de soi, ce n'est pas cosmétique. Ça peut l'être aussi, mais ça n'est pas ça avant tout.

On ne doit à personne la beauté, l'apprêtement, l'épilation au poil près, le rasage impeccable, le vêtement à la mode. On se doit, à soi, de faire ce qu'on doit pour se sentir bien selon nos besoins individuels.

Si la vie en collectivité fait que l'hygiène est un facteur de la bonne santé générale, personne ne doit vous dire que le rouge est votre couleur, qu'avec votre forme de visage il est hors de question que vos cheveux soit comme ci ou comme ça, et que votre morphologie en O vous interdit à tout jamais le port de vos chaussures préférées. Qui en plus font "trop jeunes", "trop vieilles", "trop pas assez", au nom de l'injonction du moment.

Alors prenez soin de vous. Pas comme le voudraient les gens qui font fortune sur votre besoin de croire qu'en changeant de marque, votre vie va s'améliorer.

Juste en vous faisant le plus de bien possible, quelle qu'en soit VOTRE manière (pour peu qu'elle reste à peu près légale et ne fasse pas de mal à autrui).

lundi 10 février 2014

En écrivant

Au cours d'un échange avec Cédric Gentil, l'autre jour [1], il disait combien sa vie avait changé "depuis qu'il écrit".

Cette phrase m'a fait un drôle d'écho, parce que ça fait tellement longtemps que l'écriture fait partie de ma vie, soit parce que je le pratique, soit parce que c'est quelque chose de pas incongru, dans ma famille, que de jouer du mot, que j'avais un peu de mal à imaginer qu'on puisse écrire "d'un coup", si j'ose dire. Et surtout j'étais heureuse de me dire que, comme pour la lecture, on pouvait tomber dedans à tout moment.

Mais ceci n'était qu'anecdotique par rapport à ce que ça implique.

Car écrire, ça n'est pas juste former un mot et puis un autre, chercher un peu de sens, une jolie musique de la langue.

C'est, déjà et avant tout, raconter. Or, quand on raconte, même si on est au plus près des faits tels qu'on les vit, on distancie, déjà. On digère et c'est comme ça qu'on pose un décor, une lumière. Ce qui fait mal s'apaise au moins un peu. Ce qui fait du bien brille de mille feux.

Cet acte d'écrire, déjà, a changé la vie, a permis de passer au pas d'après, ou alors de fixer dans le temps un instant précieux.

Ensuite on écrit de mille et une manières et pour mille et un motifs. Certains publient d'autre pas. Certains bloguent et d'autres noircissent de secrets carnets éclairés à la lampe de poche.

Pour tous ceux qui ont la chance de se donner à lire, il y a les yeux, les "moi aussi", les "ah toi tu vois ça comme ça ?", les mots de soutien, les rencontres.

Le fait de passer de l'écriture "privée" à l'écriture en ligne me fait dire, en parallèle à Cédric, que l'écriture a construit des pans essentiels de ma vie. Des rencontres, des amis, des amours. De la confiance aussi pour "vendre" ça dans l'exercice de mon métier.

Des débats, des engueulades, mais le plus souvent, de l'amour sous toutes ses formes qui circule, et des humains pour recevoir.

Alors que sont quelques regards fielleux et malsains dans tout ça ?

C'est "L'écriture ou la vie", comme disait Jorge Semprun, et j'ai toujours choisi la vie.

Note

[1] et encore bravo bravo pour le prix bien mérité !!!

mardi 1 octobre 2013

Plein de vrac

Ouh lala cette semaine qu'on m'a fabriquée !!! Y a d'la deux réunions par jour, et du ceci à corriger, et cela à relire, et untel à briefer et, et et !

Ça ne va pas chômer, en somme.

Alors du en vrac.

Martin Winckler est depuis quelques jours sur Twitter. Il y est tel qu'on l'imagine, plein de pédagogie, de martèlement de choses essentielles dont on doit s'armer. Et puis il parle aux gens. Pour de vrai. Curieuse sensation, mais belle, quelque chose de très humain.

Il twittait l'autre jour "Le mal qu'on fait en disant ce qu'on pense être la vérité n'égalera jamais le mal qui est fait quand on choisit de garder le silence" et ça m'a plu. Vous vous doutez.

Alors je vous livre en partage. Merci, doc !

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Et puis sinon dans le genre : dans les moments difficiles il faut garder le sourire, ma coullègue-coupine préférée à moi, l'autre soir, se trouve en délicate posture. Contrôlée avec fouille au corps par des policiers très zélés (à ne pas aller faire leurs quotas là, un peu plus loin, où sont les vrais méchants).

Il faut vous dire qu'elle est super impressionnante : y a des fois où elle ne peut pas donner son sang parce qu'elle est en dessous du poids limite (ok ça ne veut pas forcément dire inoffensive, mais j'atteste de sa pacifisivité).

Et donc elle me raconte que c'est quand même hyper désagréable, la fouille au corps, et qu'elle a failli dire à la fliquette que, ohla, attention, vous avez failli m'enlever mon tampax, là" mais que vu l'ambiance elle a jugé préférable de faire profil bas.

J'avoue, j'admire. Et d'avoir eu l'humour qui va bien et d'avoir su le faire taire :D

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Du coup on relativise carrément les ascenseurs en panne trois jours, n'est-ce pas ?

lundi 2 septembre 2013

Plus un

Hier c'était un jour de "+ 1" pour moi. Un jour à plein de coups de fils et sms, mots gentils et twitts câlins. Un jour à bisous en rab des enfants et à douceurs.

Un jour à plein de cadeaux.

Un jour à plein d'heures libres à savourer.

C'était doux.

Si la vie qui passe n'est pas toujours sereine, pour le moment, elle est aussi l'occasion de moments si doux que je me fais bien au défilement des années. Sans doute qu'elles ne sont pas encore assez pesantes pour me faire sentir, vraiment, leur poids, leurs contraintes. Pour l'essentiel, tant de choses sont encore à venir, possibles.

Je m'épingle cette pensée pour les jours plus moroses.

vendredi 2 août 2013

Merci Norbert !

Je disais donc : ici on peut causer cuisine.

Et j'en profite pour remercier Norbert. Oui, Norbert, le délicat Bérurier de la cuisine télévisée, l'improbable chef au vocabulaire imagé. Le clown de service, parfois.

Parce que Norbert, à la télé, il a filé des tuyaux qui ont changé la vie de nos magrets et de nos pavés de saumon.

Alors ok, le saumon, il a un peu voyagé et fait l'objet de quelques ajustements. Finalement le lave-vaisselle, c'était un peu compliqué, mais en testant et restant on arrive à des pavé si succulents qu'on aimerait les épouser. Avec un peu de pesto, ou un filet d'huile d'olive, ou de citron (ou un mélange de trois), c'est magie dans ton assiette.

Quant aux magrets, que vous dire ? Slurps ? Miam ?

Tout ça pour dire que regarder la télé bêtassoune, parfois, ça fait du bien dans les assiettes :)

jeudi 4 juillet 2013

Elles sont de retour

Après une matinée en réunion dans des bureaux vitrés, avec des zones dépolies, j'ai vu passer un certain nombre de bas de jambes de gens.

Je peux donc vous dire que l'affirmation qui suit a été rigoureusement été établie sur un panel large et anonyme (en tout cas, anonyme de la tête qu'on ne voyait pas).

Les années 80 sont de retour.

80 % des jambes de femmes vues au bureau étaient vêtues de pantalon trop court avec un revers.

Voilà comment je le sais.

Peuuuuuuuur !!!!

jeudi 24 janvier 2013

C'est pas juste

L'autre jour, il y avait Larcenet, sur Inter, chez Busnel.

Le mondain à la mèche a lancé notre Manu sur l'un des sujets qui le font démarrer, immanquablement. Internet. Et surtout, les commentaires sur Internet.

Manu Larcenet, dans un argument qu'on lui a déjà entendu, disait qu'il lui était insupportable que n'importe qui vienne démolir l'expertise de quelqu'un, que tout le monde se positionne à égalité de savoir.

Et aussi qu'il avait souffert de critiques infondées sur qui il était, inexactes, déjà, et s'attachant à sa personne plutôt qu'à son travail. Que s'il y répondait, la "meute" se jetait sur lui. Que c'était injuste et que cette injustice lui était violente.

Même si je ne partage pas tout son avis sur le web participatif, ces mots ont fait écho, et puis je me suis dit que c'était le cas partout.

Quand on nous dit quelque chose de juste, on peut argumenter, ne pas être d'accord, mais il y a quelque chose de bien fondé qui doit alimenter la réflexion.

L'injustice, elle, nous met dans un état de sidération, de choc émotionnel, les bras nous en tombent et on est, déjà, dans l'irrationnel, les mots perdent de leur sens et l'absurde s'en mêle.

C'est un peu de ça qu'il s'agit en ce moment dans la société, d'ailleurs. Des gens à qui on enlève rien qui viennent dégueuler à la face de gens qu'on considère comme des citoyens à droits réduits. Sous des prétextes qu'on à peine à réfuter tellement ils ne tiennent sur rien de logique, rien de juste.

Et en plus, ils se plaignent d'être victimes d'intolérance.

C'est dégueulasse, c'est injuste, c'est violent. Et ça fait mal à l'humanité.

mardi 22 janvier 2013

Vadrouilles et péripéties

Contrastes.

Vendredi, nous avons passé deux heures et quelques dans une salle d'embarquement, puis plus de trois heures dans un avion, sans jamais être sûrs que nous partirions. Parfois il y a eu la tentation de repartir, d'aller se rouler en boule sous la couette.

Mais la perspective d'être attendus si amicalement en Toulousie nous a donné du courage, et c'est épuisés mais heureux que nous nous sommes couchés à pas d'heure. En ayant pu finir L'écharpe, grâce à toutes ces heures de temps libre subitement procurées par la neige et les aéroports de Paris !

Rainbow Scarf

Samedi, il y a eu gastronomie. Et marche avec les amis.

A chaque fois que je suis à un endroit où plein de gens ont envie d'un monde meilleur, j'ai quelques minutes, comme ça, où les larmes me montent avec les frissons, une sorte d'émotion intense à se sentir pas seul dans ses rêves et ses espoirs [1].

20 janvier 2013 - Manif Toulouse

Et puis j'ai cajolé un petit bout de vie baveux et serré dans mes bras sa maman, on a dîné comme des rois touchés pas de jolies attentions, et puis brunché le lendemain dans les rires et la bonne humeur qui aurait été totale si on avait pas dû, en dernière minute, s'acheter des billets de train plus tôt pour cause de vol annulé, et les remplaçant trop tard et menacés.

C'est sûr, 6 heures de train sur les strapontins d'entre-voitures bondés, accompagnés par les voyageurs d'un autre train, lui annulé, c'était long.

C'est sûr la fin du retour sous la neige c'était le "trop" de trop.

Mais nous retrouver tous les quatre bien au chaud.

Se dire que quand même, on a fait des choses belles, et des choses importantes.

Il était bien, ce week-end, quand même. Malgré les contrastes.

Merci les coupaings.

Note

[1] Wedontcare, si tu passes par là, j'ai pensé fort que tu y étais aussi et j'aurais aimé te dire que j'étais là, à quelques pas de toi, et puis je n'avais rien pour te joindre alors je me suis résolue, mais un peu triste de ne pas avoir pu

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