Sacrip'Anne

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Mot-clé - fêtes pas chier

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mercredi 2 décembre 2015

La chasse à la baleine

Y a des jours, vous êtes content(e)s que les vêtements tombés du placard le matin correspondent finalement aux péripétiesqui vous attendent.

Par exemple, quand vous vous retrouvez en fin d'après-midi en pleine chasse à la baleine.

C'est ce qui m'est arrivé lundi. On avait, avec deux collègues, rendez-vous avec une agence de communication. Pour ceux qui ne m'ont jamais vue en vrai, il faut savoir que je fais des gestes en parlant. Potentiellement de grands gestes.

Or donc sur le dernier tiers de la réunion, je sens au détour d'un de ces gestes illustratifs un truc désagréable qui me rentre dans le sein droit.

Pour avoir déjà vécu cette sensation déplaisante [1] j'ai identifié sans peine le coup de la baleine de soutif qui perce sa gaine de tissus et prend sa liberté, après avoir subi les contraintes du job un peu trop longtemps à son goût.

Il se trouve que j'avais une chemise / tunique ample à large encolure. Ce qui m'a mise tout de suite dans l'embarras (si elle remonte d'un centimètre, impossible de cacher le truc, tout le monde va la voir) autant que dans la possibilité d'intervenir illico presto.

J'ai donc pris une posture un peu étrange en mode "allangui, mais je cache mon décolleté d'un bras" et de l'autre, ait profité de la forme de demi-cercle de la baleine pour la pousser hors de sa gaine en exerçant une sorte de rotation en passant par le bas du vêtement.

Une fois dégagée, fort heureusement sans trop d'encombres, je l'ai récupérée toujours par le bas et donc sous la table[2], je la récupère.

J'ai ensuite terrassé et plié tant que j'ai pu la baleine (connue pour sa souplesse) pour la mettre dans la poche de mon pantalon.

A la fin de la réunion, j'ai évacué ma baleine dans la corbeille à papier [3]

Mes collègues assurent n'avoir rien vu. Quant aux trois messieurs de l'agence, ils ont été polis. Morale de l'histoire : soyez toujours prêts pour la pêche à la baleine.

(Et sinon, je vais vous embêter encore un peu avec tout ça, mais que ceux qui trouvent que c'est une bonne idée n'hésitent pas à relayer, et pourquoi pas soutenir avec un petit don notre projet "Tous bons élèves !" à l'école Langevin Wallon de Colombes)

Notes

[1] il y a même une fois où j'avais dû retirer mon soutif, en le faisant passer par mes manches, à un feu rouge, tellement c'était intenable

[2] comme quoi les vêtements du haut pas rentrés dans le pantalon, c'est pas juste une question de style, c'est aussi se préparer à toutes les situations

[3] car l'expérience m'a déjà montré plusieurs fois que la gaine recousue, en tout cas par mes soins, ne suffirait pas à contenir la baleine plus de quelques heures

mardi 10 novembre 2015

Z'en avez pas marre, les gars ?

Depuis des années, il y a un truc qui me sidère dans les discussions "para féminisme".

De plus en plus, il y a des hommes pour dire qu'ils sont d'accord sur le fait que plus d'égalité est souhaitable, qu'ils souhaitent prendre leur place dans des domaines comme la parentalité, que les "combats" féministes les y aident, d'une certaine manière, en ouvrant le champ des possibles pour tous les genres. Et ça c'est chouette, même si du coup, ces hommes "prennent de la place" et qu'il s'agit ENCORE d'eux.

De façon horripilante, il y a au moins un mec par conversation pour dire "oui mais moi je ne suis pas comme ça". C'est très bien, on en est contents, on donne le cookie au monsieur et ça n'est pas le sujet. Mais au moins, disons qu'ils ont une conscience, quelque part, et même s'ils ramènent à eux, on peut espérer qu'au bout du compte, dans les faits, dans le quotidien, ils aient des pratiques moins chiatiques que d'autres, au bureau, à la maison, dans la rue...

Mais, très très très rarement, quand il s'agit de foutre la paix aux femmes dans la rue, par exemple, ou de viol conjugal et que le pathétique "argument" vêtements / attitude / maquillage / allure de la victime surgisse et finisse par leur "donner tort", face à ces pauvres mâles qui ne peuvent rien faire contre des pulsions très naturelles, il en est pour s'indigner. Je crois même que je n'ai jamais entendu un homme dire que l'argument ne tient pas la route. Alors que j'ai souvent entendu des hommes ricaner avec un air connivent (dans le meilleur des cas) à l'évocation de la salope qui passe les jambes à l'air.

Alors je pose la question.

Que vous soyez séduits par une robe, une allure, un sourire, une chevelure, bref, qu'une personne attire votre attention n'est PAS la question. Figurez-vous que ça arrive à tout le monde, mêmes aux femmes (qui, oui, ont le droit d'être séduites aussi et de ne pas attendre le bon vouloir du mâle).

Mais vous n'en avez pas marre d'être réduits à vos pulsions ? Et si vous deviez vraiment toutes les suivre, combien de personnes devriez vous frapper, tuer, embrasser, violer par jour ?

Sérieusement, ça ne vous indigne pas qu'on vous dise que vous, les hommes, vous êtes des animaux conduits par votre cerveau reptilien ? Ca flatte quoi, chez vous, au juste ?

Encore une fois, qu'on ait de l'appétit pour un autre, c'est la vie et c'est ça qui fait que l'espèce a un peu duré.

Mais qu'on se serve de cet argument pour expliquer que les femmes ont tort d'être dans l'espace public, et encore plus tort d'y être comme elles sont, et que ça ne vous fasse rien de vous faire insulter au passage, ça me dépasse.

Rappelons au passage que la grande majorité des coupables de viols font partie de l'entourage de leur(s) victime(s). Et que, tant qu'on y est, s'il n'y avait que de belles gonzesses dénudées pour se faire violer, ça se saurait.

hashtag pointvenusdemilo

vendredi 2 octobre 2015

Mi figue, mi raison

A lire sur le blog privé

lundi 18 mai 2015

Le japonais qui va se faire cuire le cul

Alors pour les fans (!!!) de mon coloc japonais, quelques nouvelles !

Les analyses de mi avril l'ont montré déjà affaibli : juste un peu au-dessus du plafond, avec des anti corps revenus dans les clous.

Du coup on grimpe d'un cran pour le dosage, et on en a profité pour changer de matelas (j'ai profité de mes insomnies matinales pour réaliser que le précédent me faisait mal, dites donc).

Et ben là, figurez-vous qu'il m'arrive de me réveiller tard, vers 6 heures du mat ! Et parfois plus ! Et même me rendormir, luxe incroyable.

Du coup je suis écrasée non plus par la fatigue pesante de l'hypothyroïdie mais par la dette de sommeil à rattraper. C'est dans ces cas-là qu'on ressent nettement la différence entre fatigue et sommeil, en fait.

Bon. Et je suis un peu à la ramasse, aussi. Du genre à oublier ma tête à la maison avant de partir. Le contrecoup, le prix à payer pour ces derniers mois où j'ai arraché un peu de leurs derniers retranchements de quoi fonctionner.

Mais avec bonne humeur et joie de vivre retrouvés.

Et ça c'est chouette.

Pour célébrer ça, je vous invite à aller regarder les japonais dormir :)

vendredi 13 mars 2015

Curieuse semaine

Lundi, même en ayant pas fait médecine, je savais. Appel au doc première heure le matin, prise de rendez-vous en urgence pour le lendemain, et puis le boulot. Y en a, pas mal, ces temps-ci. Du chouette, du satisfaisant, pour la plus grosse part, mais du bon gros volume de boulot. De quoi avoir la sensation d'être honnêtement crevé en fin de journée.

Curieusement le fait de savoir me fait mieux "vivre" les symptômes. Mais c'est aussi la chappe de fatigue qui s'abat sur moi. Maintenant que j'ai médicalement le droit d'être fatiguée au-delà du "c'est normal après une grossesse et un accouchement", ça pèse encore plus lourd, d'une certaine façon.

Soir venu : poireautage dans le froid et dans la cour de l'école pour accueillir notre maire et quelques adjoints pour une réunion publique. On les alpague comme il se doit sur leur absence de réponse. Meeting improvisé, ça pèle bien, à 19h30, dans ce sifflet venteux. Et puis satisfaction mesquine à être plus nombreux dehors qu'à attendre à l'intérieur pour la réunion. Promesse de réponse sous 15 jours par Mme le maire, on se dit à jeudi avec l'adjointe avec qui on venait de réussir à choper un rendez-vous.

Mardi début d'après-midi, bureau du doc. Elle regarde mes analyse "ah mais ça ne va pas du tout !" et moi. Et mes analyses. Et moi. Elle me dit "vous encaissez bien, vous, dites donc".

Politesse ? Volonté ? Tempérament ? Question de survie ? En tout cas me présenter au monde en mode "je suis fatiguée, tellement tant et plus que si vous saviez, vous vous endormiriez immédiatement sous mes ondes de fatigue", c'est pas moi. Alors oui, à part la mine battue, pour le presque reste du monde, c'est une maladie "invisible". Y a mon Enchanteur, qui sait un peu (et qui relève bien la logistique). Mais même à la maison, j'essaie, au moins un peu, de communiquer de l'énergie, et un peu de sourire.

Ordonnance, médicaments. Y a plus qu'à attendre quelques semaines pour que ça fasse effet. Plus qu'à trouver le bon dosage, après.

Mercredi du boulot du boulot du boulot. Mi semaine passée, j'ai l'impression d'avoir couru trois marathons. Mais mes dossiers en cours donnent des résultats satisfaisants. On puise l'énergie où on peut.

Jeudi pareil. Puis départ pour la mairie pour notre rendez-vous. Ce qui me sauve la peau, sans doute, c'est la pause de 15 mn sur un banc dans la fin de journée ensoleillée. Vitamine D en absorption directe, mères émerveillées par les jeux de leurs enfants, la vie passe autour de moi, je respire lentement, je me pose.

Puis rendez-vous, plutôt positif dans la forme. Mais on se réjouira quand les fenêtres ouvriront et fermeront, pour de vrai, notamment. Petite satisfaction de constater que la maire n'a pas dû apprécier DU TOUT de se faire prendre en défaut. Gniark gniark. Du coup ils parlent des "engagements pris par Mme le Maire", sans doute pour nous faire comprendre que "eux, contrairement aux autres, ils s'engagent et ils tiennent leurs promesses". Qu'ils fassent, surtout. Pour de bonnes ou de mauvaises raisons, mais qu'ils fassent, les enfants s'en foutent du qui manipule qui, de l'élu en quête de mandat ou du parent d'élève en mode troll citoyen.

Retour maison quasi 21 heures. Plus qu'un jour.

Vendredi productivité limitée à l'essentiel. Gros coup de barre après le énième réveil supra matinal. Encore quelques heures, et puis il faudra récupérer les mômes chez la copine, dont l'une juste pour la fin d'après-midi. Profiter d'eux, au max. Les faire rire, les faire sourire. Embrasser la grande jusqu'à dimanche. Coucher le petit. Faire un peu le guignol sur ma wi-fit pour faire de la "bonne fatigue", pour transpirer toute cette pesanteur.

Curieux comme cette sensation de me bouger, si peu soit-ce, me donne l'impression de ne pas céder trop de terrain à ce connard de japonais. Tant que je peux peux faire du hula hup devant ma télé, je résiste, et si je résiste, je ne déprime pas trop. Et puis écroulage jusqu'où le sommeil pourra me mener. On verra.

Et puis samedi, dimanche, dormir tant que je peux, tant que Lomalarchovitch me laisse faire. Renoncer à des sorties plaisirs parce que sinon je ne tiendrai pas la semaine d'après. Lire moins que ce que je voudrais. Maudire, râler, me désoler un peu de ces freins. Me dire que c'est temporaire. Et que profiter des mes blonds, au moins un peu, ce n'est pas une punition.

Mais bordel, cette fatigue.

jeudi 9 octobre 2014

Le diabète gestationnel qui pose des questions

Depuis qu'on m'a diagnostiqué ce foutu diabète gestationnel au cours de ma grossesse, je me pose beaucoup de questions.

D'abord sur la prévalence de ce DG (oui j'ai la flemme, j'ai un bébé à la maison, je ne dors pas assez, j'abrège si je veux). On nous a annoncé, à l'hôpital, environ 6 % des grossesses, 10 % sur notre bassin (car population défavorisée).

Or nous étions une bonne vingtaine à la réunion hebdomadaire des futures mères fraîchement diagnostiquées. Hebdomadaire. Même s'il y avait des semaines avec moins de personnes, j'ai une puce qui commence à me gratouiller l'oreille. Mettons 10 en moyenne, fois 4 semaines et demi par mois, fois 12 mois. Rapportées aux un peu moins de 3 000 naissances annuelles qui se passent dans cet hôpital. Ok mon calcul est très approximatif, mais il y a moyen d'être très rapidement au dessus de 6, même 10 %.

Du coup je m'interroge, recense un peu mon entourage. Et là aussi, on est plus près de 20 à 30 % des grossesses qui ont reçu ce diagnostic. Avec des qui, comme moi, avaient plusieurs facteurs de risque (âge, poids, antécédents de diabète type 2,...). D'autres rien. Des jeunes minces avec personne de malade dans leur famille.

Par ailleurs, plusieurs personnes médicalement autorisées, ma gynécologue-endocrinologue en tête, la nutritionniste de l'hôpital, et j'en passe, ont considéré que la grosse chute quelques jours avant et la douleur de mon bras très présente le jour de l'examen ont très probablement conduit à une hausse de ma glycémie pour cause de stress. Car oui, un rien, un stress, une colère, une fatigue, des tas de trucs influent sur votre glycémie. On ne vous dit pas qu'aller faire trois fois le tour du labo en marche rapide avant les prises de sang vous font baisser très vite, non plus.

Or donc, nous sommes nombreuses à avoir été chopées juste au dessus du radar. Un poil de cul au dessus du seuil. Sans deuxième test possible, juste le verdict : allez hop, c'est parti.

Ce qui m'a tout de suite sauté aux yeux, c'est que l'hôpital nous a généreusement fourni les appareils de mesure. Gratuitement offert. Du coup il n'y a que les consommables à acheter, aux frais de la sécu. Pour 6 contrôles par jour, compter environ 100 euros par mois. C'est pas grave, c'est la sécu qui paye (et le labo qui s'engraisse).

L'autre chose qui m'a frappée c'est la minimisation. On vous balance le mot diabète à la gueule et puis "non mais c'est juste un petit régime à faire, hein". Et même quand vous évoquez la possibilité d'une erreur, la réponse généralement admise est que "bah de toute façon ça ne fait pas de mal, et puis comme ça vous aurez moins à perdre après la grossesse".

Alors même si je ne conteste pas le fait que manger moins sucré n'est pas nuisible, tout le monde ne passe pas sa vie obsédé(e) par les kilos (à prendre, à perdre, à regretter éternellement, à détester, etc). Par ailleurs ce principe de précaution est un peu insultant pour les femmes qui sont hospitalisées régulièrement en fin de grossesse parce que le petit ou le grand régime ne résoud pas leur VRAI diabète gestationnel.

Avec trois mois de dextros puis trois mois de recul, j'ai cette information : en suivant le régime prescrit j'étais quasi systématiquement très en dessous des seuils tolérés pendant la grossesse. Et généralement proche (par le dessous ou le dessus) de ces seuils les jours de lâchage, mais j'ai eu 95% de contrôles sans soucis, mettons.

Alors je me pose beaucoup de questions sur cette "épidémie".

Et maintenant que pour moi c'est passé mais que ma copine Lizly en est victime à son tour, je n'ai pas de meilleur conseil à lui donner (hors alimentaires :D) que : tu ne trouveras pas beaucoup d'alliés dans le sérail, alors si tu as peur de manquer d'énergie pour le reste, laisse faire, même si c'est révoltant pour toi, pour les diabétiques vrais en général et les femmes en galère pendant leur grossesse en particulier.

Parce que même si on connaît notre droit à dire non, la fin d'une grossesse comprend ce truc qu'on appelle accouchement, à la fin, qu'on a besoin de toutes nos forces pour s'y préparer et pas besoin de quelqu'un qui risquerait de nous dire : "ah ben oui mais si vous aviez fait le petit régime, il serait plus petit, votre bébé" (témoignage véridique d'une qui a refusé de plier) (et mon cul c'est du poulet concernant le poids de mon fils, par exemple).

jeudi 4 septembre 2014

"Je"

Je ne suis pas une sainte, une idole, une madone.

J'ai des colères, des emportements, de la moquerie trop prompte à sortir.

Mais j'aime les gens. J'aime leur chaleur, leur envie de partage. J'aime nos différences et nos ressemblances.

Je ne suis pas incassable.

Mais cet amour des gens, des humains particuliers, me rend forte.

Je ne suis pas rancunière en générale.

Faut juste pas toucher à ma famille, aux archi proches. Sinon, là, c'est foutu pour la vie. Y en a deux ou trois, sur ma listes de gens pour qui c'est définitivement foutu, c'est pas lourd, en 39 ans de vie, quand on y songe.

Je ne suis pas belliqueuse. Mais j'ai pas peur du combat. Les fouteurs de merde m'agacent mais ne me font pas peur. Personne ne pourra, je crois, me reprocher manque d'honnêteté ou hypocrisie. Je suis malheureusement réputée pour dire très franchement ce que j'ai dans la tête.

Et aucun emmerdeur n'aura ni ma liberté de penser, ni celle de m'exprimer.

Grâce à ma famille, à ma tribu, et à mes proches, je suis solide. Équilibrée.

Du coup je peux me faire couillonner un peu candidement, à cause de cette envie de faire confiance aux gens, de tirer ma force de notre humanité.

Mais c'est principalement ça qui me rend forte aussi. La foi dans ce que l'autre peut avoir de bon. L'humanité.

Alors bon.

Autant vous dire que c'est pas pour tout de suite que je vais faire cliente de la dépression, de la rage qui possède ou de l'obsession maladive.

Je vais juste devoir me faire un peu violence pour respecter ma règle de "même si on a envie de faire confiance il va falloir prouver a priori et non jusqu'à preuve qu'elle n'était pas bien placée".

mardi 13 mai 2014

Au royaume du glucide les féculents sont rois

J'ai longuement hésité à publier ce billet sur le blog privé. Pas envie que des personnes mal intentionnées viennent fourrer leur nez dans cette intimité qui est la mienne en ce moment.

Ce qui me fait pencher vers le public est un encouragement, qui date déjà un peu, de Krysalia.

Krysalia a cette grande qualité de partager ses expériences, dans tous les domaines dans lesquels elle en a, avec une grande générosité. Elle m'a donc soufflé que ça serait bien que je parle de ce que je vis et comment.

Le partage étant, dans mes valeurs, plus important que de me laisser pourrir par la toxicité des malveillants, me voilà partie, donc, et sur la partie publique qui plus est.

Lire la suite...

dimanche 20 avril 2014

Touche pas à mes seins !

Je trouvais cette grossesse relativement sereine en "avis de Les Gens". Les Gens qui Savent et qui vous racontent comment vous devez mener votre vie.

C'était d'autant plus savoureux qu'avec les emmerdes qui me tombent sur la tête à intervalles réguliers, je me sentais bien cible des "moi je tu devrais en tout genre".

Mais pas trop. Soit je fait (enfin) peur à Les Gens qui ont découvert ma véritable identité de gorgonne. Soit j'ai pris de la sagesse et je ne les entends plus que d'une oreille fort fort lointaine. Soit encore on considère qu'au deuxième, on Sait, et que tout a été dit précédemment.

J'en étais là de mes réflexions quand j'ai rencontré un Les Gens. Un type cordial, dont j'avais fait connaissance à peu près une heure avant et qui, devant mon refus d'alcool (visiblement il n'avait pas vu, assise que j'étais, la pastèque gonflée qui me sert de bide), m'encourage d'un "allez, plus que trois ans".

Trois ans ?!!! Mais qui me veut du mal au point de me priver de bon vin, d'une bière fraîche en terrasse, d'un pink mojito, bref, des délices alcoolisés de la vie, même consommés avec grande modération, pendant TROIS ANS Trouvez pas que j'en chie déjà assez, dans la vie ??? Et je vous garantis que je ne suis pas une pochtronne coutumière des bitures hebdomadaires (au moins), hein. Juste que bon. Quand même. Faut pas déconner.

J'ai rétorqué que trois mois ça irait bien. Il s'est étonné que je refuse de nourrir mon enfant à venir. J'ai répondu que j'avais tout à fait l'intention de le nourrir, avec du lait dans un biberon. Il a grimacé, dégoûté par tant d'irresponsabilité avant (politesse oblige, il avait, malgré tout, l'air d'un garçon poli), de finir par admettre que c'était avant tout une question de choix de la mère. Je ne te le fais pas dire, olibrius. Et même si ça me place en tête de ta liste des mauvaises immondes mères, va te faire cuire le cul si t'es pas d'accord.

Non parce que déjà pour la première j'avais envie d'allaiter avec mes seins autant que de me pendre avec mes propres tripes. Et ça ne s'est pas arrangé depuis.

Par ailleurs, depuis plusieurs mois, en plus des concessions liées à la grossesse "standard", je me tape quand même quelques contraintes un chouïa relous(es ??) toute seule comme une grande et pour le bien-être de ce futur merveilleux enfant.

Je fais ma part. Mais JE VEUX RECUPERER MON CORPS PUTAIN DE BORDEL DE MERDE, EUH !!!

Et à partir du moment où cet enfant est traité avec les égards et les soins qui lui sont nécessaires, je ne vois pas au nom de quelle opinion, surtout celle d'un mec qui ne saura JAMAIS ce que c'est de céder la place à un individu vampiresque pendant 9 mois (et 3 ans, dans son cas), je devrais faire ma religion en fonction de l'injonction des autres.

Alors ne vous méprenez pas. Je suis ravie pour toutes celles qui ont savouré l'extase de l'allaitement au sein (oui parce que dans un bib, y a du lait, donc on peut raisonnablement parler d'allaitement AUSSI), je suis tout à fait capable de lire les recommandations de l'OMS, de l'OMG, du PSG et de la Leche League et je suis ravie pour toutes celles à qui ça a apporté de la lumière et de la connaissance.

Mais considérons que je sais lire, traiter l'information, et que personne n'est autorisé à décider à ma place, que ça soit sous la forme d'injonction farouche ou de conseil bienveillant.

Touche pas à mes seins, bordel.

lundi 16 décembre 2013

No quoi ?

Pour des tas de raisons, certaines que j'identifie sans peine et d'autres moins, je peine à croire que c'est la semaine prochaine, Noël.

Pourtant je suis à peu près à jour des cadeaux (enfin à quelques coutures près), pourtant les calendriers chocolatés se dévorent à pleines dents, pourtant les décos sont bien là, pourtant je sais...

Bref. On y est presque et je n'y suis pas du tout, encore.

Nul doute qu'une bonne séance de papier cadeau me remettra les idées en place. D'ailleurs, je ne le trouve plus, çui-là. Zut. Les magasins.

Voilà qui va me rappeler la date efficacement, je crains.

mardi 10 décembre 2013

Mon japonais

On m'a présentée hier à un japonais qui va me coller aux basques, de plus ou moins près, pour la fin de mes jours.

Il s'appelle Hashimoto et son truc, c'est de bombarder ma thyroïde avec mes propres anticorps jusqu'à destruction complète de cette dernière, si j'ai bien suivi.

Je ne sais pas trop quoi en penser. Entre le discours de celle qui me l'a présenté qui a plutôt dit que c'était bénin, et les quelques lectures faites depuis qui trouvent ça quand même un peu chiant et beaucoup moins épisodique qu'annoncé. On verra quand je la reverrai, je suppose.

Et puis je me dis aussi qu'il vaut mieux se trouver chanceuse d'avoir été diagnostiquée avant d'avoir le moindre symptôme, que quitte à avoir une maladie à vie, c'est mieux d'en avoir une qui ne vous tue pas, ou pas tout de suite, pas directement.

Mais ça fait drôle, quand même.

Enfoiré d'Hashimoto.

mardi 10 septembre 2013

Garnements mal élevés

Au cas où ça ne transparaîtrait pas complètement, nous formons au sein de l'équipe une bande de renégats rigolards et parfois mal élevés.

Du genre que d'aucuns se battent pour avoir en réunion parce que nous, au moins, on bosse vite et bien ET en rigolant.

Le problème de la potacherie, c'est que ça vire à l'escalade et à la surenchère. Pour le meilleur et parfois pour le pire.

C'est ainsi qu'un jour, l'une d'entre nous ayant fait sécession pour le déjeuner, en guise de "rho tu nous manques", nous lui avons envoyé une photo pleine de doigts tendus. Bouhhhh. Vulgaire, grossier, pas bien, pas beau.

Nonobstant ce constat, nous nous sommes entêtés et c'est ainsi que désormais, la tradition fait que les absents [1] reçoivent systématiquement la photo des majeurs de ceux qui sont à table (oui oui, j'en ai reçu 4 pendant les vacances).

C'est donc vulgaire, grossier, pas bien, pas beau, mais ça nous fait rire comme des baleines adolescentes et vous savez les bienfaits du rire sur l'organisme, non ?

FINGERS.jpg

Note

[1] qui ont toujours tort, c'est bien connu

jeudi 25 avril 2013

Questions alakon, réponses alakon

En épisode II du billet sur les questions alakon, vous vous doutez bien que nous disposons, nouzôtres esprits créatifs et un peu décalés de la comm', de quelques réponses et interjections bien senties pour bouter l'ennemi hors des frontières de notre open space [1].

Ainsi, si vous passez par chez nous et qu'au cours d'un échange vous entendez tout ou partie de l'échantillon suivant, ça ne PEUT pas être bon signe. Au mieux on est parti en déconnade. Au pire, c'est le préambule à un NON sonnant et pas du tout trébuchant.

  • "Non mais j'ai aucun problème avec ça." Signifie qu'on a un problème majeur avec ça. Va s'ensuivre un argumentaire musclé de 10 mn pour démonter point par point ce qui nous défrise dans le sujet.
  • "On va la refaire en SVC". Cette phrase suit un long monologue à base de "il faut vérifier l'appétence[2] de nos clients et prospects pour cette solution, ensuite on va crosser le wording avec un SWOT[3], et double checker avec les datas de la R&D". Le SVC, c'est : "sujet-verbe-complément". D'une redoutable efficacité pour démontrer le plein de vide, le SVC, si vous voulez mon avis.
  • "Foutaises !" : phrase victorieuse au bingo des expressions.
  • "On est laaaaaaaarges". Sert soit à marquer l'ironie pour une demande "pour avant-hier". Soit à constater qu'on est vraiment laaaaarges dans le temps et que c'est exotique. Soit pour dire qu'on s'est mis tout seuls très en retard et noyer le poisson.
  • "Bon, là, on va faire ça et ça et bises ma poule, et hop c'est parti" Le "bises ma poule"[4] est un nom commun qui désigne les formules de politesse en bas d'un courrier, d'un mail, etc. Généralement, cette expression vient quand on nous fournit un torche-balle ou un projet pas du tout réfléchi et que, excédés, on choisit de faire à la place au lieu de passer trois interminables heures en réunion pour faire avec ou faire faire par les bonnes personnes.
  • Et bien sûr les expressions imagées qui ne sont pas le reflet d'une quelconque mauvaise humeur, mais juste notre petit langage à nous "néanmoins... oreille en plus" étant notre expression du moment, je vous l'offre en partage.

A vous les studios !

Notes

[1] qui se trouve être, de loin, le plus coloré, décoré, foutraque et bariolé de nos bureaux, pour effrayer ledit ennemi

[2] quand c'est avant de manger, généralement, je dis qu'à propos d'appétence, c'est l'heure de la cantine :D

[3] une liste des pour et des contre, pour faire court

[4] mon pôpa saura d'où ça vient !

mercredi 3 avril 2013

Un petit poisson, un petit oiseau...

Et voilà Cro-Mignonne s'assoter [1] pour les poissons.

La faute de son père qui, après l'avoir baladée à la Foire du Trône, me l'a ramenée lundi soir porteuse d'un vague bocal en plastique à poignée et d'un poisson rouge dedans.

J'ai vu une lueur de sadisme dans son regard.

Alors certes, les poissons, ce n'est pas si sot, comme passion. Sauf que bon. Pour avoir goûté il y a longtemps aux joies du massacre organisé de poissons (pas fait exprès, le massacre, hein !), j'en ai tiré la conclusion qu'un poisson, il était surtout bien dans son habitat naturel.

Et lui avec ses messages, non mais laisse-le crever, le poisson, c'est juste pour qu'elle apprenne à s'en occuper. Ouate le fuque ??!! Torturer un poisson pour donner à notre fille le message : de toute façon il va crever ? Il m'énerve, là.

Parce que oui. En vrai, un poisson rouge, ça vit dehors, dans des grands bassins. C'est supposé faire une cinquantaine de centimètres, adulte, et ça peut vivre trente ans.

Alors ok, tout le monde connaît quelqu'un qui en a gardé un 7 ans dans un bocal opaque.

Y a aussi des gens qu'on a guéri de maladies incurables, hein.

Mais je ne crois pas que ça soit une BONNE leçon à donner que de traiter un être vivant comme ça (genre, ça serait, pour nous, de vivre dans des chiottes d'un mètre carré, toute notre vie, ET de se faire comprimer des organes vitaux pour tenir dans l'espace). Ok ce n'est qu'un poisson. Mais en extrapolant, je ne la trouve pas terrible. Je ne vois pas quoi en tirer de positif.

Je vous ai dit qu'il ne m'avait même pas prévenue, hein ? Ni demandé mon avis ? Ni proposé, devant mes arguments, que ça se passe chez lui, la leçon de choses. Et que donc, sa leçon de cruauté, il va falloir que je l'assume, larmes comprises. Entretien du truc aussi, si ça la lasse (et ça va la lasser, forcément, sauf s'il meurt avant).

Alors j'ai retrouvé dans la cave un aquarium plus grand, là où j'avais dit plus jamais. Parlé beaucoup à Cro-Mignonne de ce dont un poisson de ce type a besoin. Qu'on s'y prenait mal, mais qu'on allait quand même essayer de faire au moins pire. Et on verra.

Mais franchement, là, je suis ga-vée.

Note

[1] Enticher d’une ridicule passion

mercredi 26 décembre 2012

De grandes tablées

Je viens d'une "petite" famille en nombre, qui plus est, mes cousines ont vécu l'essentiel de leur enfance à l'étranger, alors cette année, j'ai fait une découverte assez impressionnante.

Il faut dire, pour nous, le moment où on fêtera notre fin d'année, ça sera samedi, quand les enfants seront revenus, les grands-parents varois de Cro-Mignonne arrivés, les paternels du Lutin réunis pour l'occasion. Et là, enfin, on ouvrira les cadeaux. Parce que c'est quand même plus rigolo quand on le fait tous ensemble.

Or donc, on s'est gardé les soirées du 24 et d'hier en amoureux, mais j'ai été l'invitée de célébrations de fin d'année dans les deux familles de mon amoureux. Du genre nombreuses, NOMBREUSES, les familles.

Et mon premier constat est immédiat : une famille nombreuse, ça fait du bruit !

BEAUCOUP de bruit.

Et malgré la trève de Noyel, bien connue des marchands d'armes, on devine entre les blagues, les froissements de papiers, les verres entrechoqués, les histoires des uns, les alliances des autres, les fines frontières des clans, enfin bref. Dans une énorme grande famille, on le sent bien, y a bien des histoires.

Je dois dire qu'au delà de Noël, du moment, j'ai été très touchée de l'accueil chaleureux de certains qui me connaissaient à peine ou pas, d'une sorte d'adoption avunculaire qui s'est jouée en quelques rires, et de jolis mots.

(Mais quand même, le retour à une sorte de silence relatif, après, c'est reposant !)

mardi 3 juillet 2012

R(ecycle) In Peace, Hercule

Hier soir, alors que je tentais d'allumer mon gropécé de la maison (c'est-à-dire : en faisant autre chose le temps qu'il procède) j'ai entendu un sinistre biiiip biiiiip biiiiip.

Extinction. Rappuyage. Biiiip. Biiiiip. Biiiiip.

Même protocole quelques heures plus tard. Biiiip. Biiiiip. Biiiip.

Les plus avertis d'entre vous auront reconnu le bruit du trépas de l'ordinateur.

Les plus optimistes me diront, comme nous le constations hier, qu'en l'absence de schhhhcrrouuutch puis tac tac tac tac tac, ça ne fait pas le bruit du disque dur défunté et qu'avec un peu de chance, mes données ne sont pas, pour toujours, enfermées dans la boîte noire.

M'enfin ! Mon Hercule !

Au moins 8 ans de vie commune ! Mon premier dotclear s'est installé par son entremise !!!

C'est grâce à lui que j'ai entendu pour la première fois la voix de Samantdi ! Que j'ai passé des heures à papoter avec Jath et Gilsoub, l'été dernier !!!!

C'est avec lui que j'ai écrit des centaines de billets, des milliers de mail, écouté de la musique, travaillé (parfois), déclaré des impôts et missivé rageusement...

Hercule...

Le fait est que pour le moment il va falloir "survivre" avec l'eeepc et le téléphone. Parce qu'il suffit que je tape dans mes maigres éconocroques pour qu'un autre truc tombe en panne, cette année. Donc, je pense, il va falloir attendre fin novembre pour le remplacer.

Mais Hercule... comment remplacer mon Hercule ? Que j'avais choisi composant par composant, monté avec soin (sache, ordi, si tu me lis, que plus jamais je ne ferai ça pour un autre...).

Hercule. Mon vieux pote, ma fenêtre sur les parents loin et les copains, le cadre de battements de coeur et de rigolades...

Hercule.

Chuis dé-goû-tée.

mardi 3 janvier 2012

Tas de bons vieux !

Ca m'ex-as-père.

Cette façon de se jeter des "bonne année !" des "tous mes voeux !" et des "Et surtout... la santé, hein !" à la gueule, au bureau...

Ces messages pseudo personnalisés mais envoyés à des carnets d'adresse entiers (j'ai rien contre les vrais messages personnalisés, ou les vrais messages généraux, mais les faux perso, ça me rend limite hystérique).

Et puis les gens que j'aime, ils le savent bien, que je leur souhaite des tas de belles choses. Y compris entre le 1er février et le 31 décembre, voyons ! Et je sais bien que ceux qui m'aiment m'en souhaitent tout autant, et pas seulement 31 jours par an.

Je sais, je ronchonne.

Je sais, les conventions qui mettent de l'huile dans les rouages sociaux, tout ça.

Je sais.

Il n'empêche que ce qui me plait de plus en plus, pour passer ces fêtes, ce sont des choses assez aux antipodes de ce qui est conventionnellement mis en avant. Pas toujours facile à vendre, c't'affaire. Y en a qui y tiennent, à leur dinde ou à leurs cotillons.

J'ai eu la chance, cette année, de pouvoir vivre les choses à peu près exactement comme ça me convient bien. Avec comme cadeaux précieux, outre des présents sympathiques, des mots importants, du temps partagé, passé ensemble, vraiment. Pas juste côte à côte.

Du coup le retour est un peu étrange.

Et on se jette des "bonne année" de circonstance, plus ou moins inspirés, d'un bout à l'autre de l'open-space.

Arg.

Veux rentrer chez moi.