Sacrip'Anne

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Mot-clé - enfance

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mardi 2 avril 2013

Tu la vois ma grosse inspiration ?

Je regarde cette semaine impollue [1] avec l'oeil torve de qui serait bien restée au lit.

Ou en tout cas à la maison. Ou en tout cas pas au bureau.

Mais bon.

Au moins on y était attendus chocolatement.

Cloche en chocolat

Et y a des jours comme ça, où tout en restant lucides sur la relation employeur / employés en ce 21e siècle, je me dis, le mien, il est très loin de la perfectitude, mais il a du savoir vivre, au moins un peu :)

(et puis contente de l'ajouter au butin des enfants, l'un des deux n'ayant eu aucun chocolat à Pâques. Pas 7 ans, c'est un peu tôt pour se passer de chocolats, je trouve :( )

Note

[1] Sans tache, non souillée

jeudi 28 février 2013

L'explosion des bulles

Parfois, pour se rendre la vie plus simple, il faut d'abord regabeler [1].

Ou plutôt, aller chercher les difficultés là où elles sont nichées.

Hier soir on a "convoqué" le Lutin Facétieux pour une discussion fort sérieuse.

Où il a été d'abord question du rappel à la loi : interdit de frapper, soi, un autre humain. C'est partout dans le monde, c'est valable pour tout le monde, dans toutes les circonstances. Que quand on ne respecte pas la loi, il y a des sanctions, quand on est grand, ça peut être une amende, ou la prison, ou faire des choses pour la communauté. Et que pour les petits, ça prenait d'autres formes. Que son père allait voir le psychologue du Lutin la semaine prochaine pour en parler avec lui et qu'on poserait des règles spéciales pour lui à la rentrée. Que le but n'était pas de l'exclure, mais de lui donner des guides pour qu'il regagne notre confiance, qu'il rentre dans la loi. Qu'on trouverait des dérivatifs à la pulsion, comme crier un grand coup, ou tordre son bonnet de rage (j'en tricoterai d'autres !).

On a ensuite évoqué le point le plus douloureux : si tu as fait ça, c'est sans doute parce que tu as une grande souffrance. Et on a commencé à passer en revue ce qui pouvait coincer dans sa vie, parce que les mots, chez lui, c'est compliqué. Alors parfois il faut lui en soumettre quelques uns pour qu'il reconnaisse ce qui, en lui, fait écho. Evidemment, la souffrance d'être moqué pour ses difficultés de langage. Rassurer. Rappeler qu'il n'y est pour rien, mais qu'il travaille dur pour améliorer. Que ça n'est qu'une partie de qui il est. Qu'il est normal qu'il en souffre, mais qu'il y a des adultes autour de lui pour l'aider, sur tous les plans.

Et puis évidemment, évidemment, la souffrance de ne pas vivre avec sa mère la relation qu'il en espère. On a acquiescé au fait que c'était un vrai grand motif de souffrance. Expliqué qu'on était trop près de lui pour l'aider, mais que c'est pour ça que le psychologue était là. Pour voir quoi faire de cette souffrance. Que c'était dur pour lui et qu'on le savait, mais qu'on ne le laisserait pas dévorer par son petit monstre intérieur de souffrance devenu incontrôlable.

La bonne nouvelle c'est qu'il était dans un piteux état avant, signe que ça a cogité. La bonne nouvelle c'est qu'il me semble que si c'est sorti à ce moment, c'est aussi signe qu'il se sent dans un environnement qui peut l'aider à trouver des solutions. La bonne nouvelle c'est qu'il avait finalement l'air soulagé de s'être fait prendre, j'y vois le soulagement de qui se dit qu'il n'a pas trouvé la porte de sortie, mais qu'il y a des gens pour l'aider à trouver, maintenant. La bonne nouvelle c'est que Cro-Mi va bien, elle a tout à fait compris que finalement, elle était la victime mais qu'elle n'y était pour rien, et que c'était signe, bizarre et inacceptable, mais signe quand même, qu'elle était importante pour lui. La bonne nouvelle c'est qu'elle semble être partante pour faire partie de la solution. La bonne nouvelle c'est que demain soir, c'est les vacances, qu'il va aller s'aérer, et nous souffler un peu, faire le point avec son psy, réfléchir à comment intégrer celle de l'école dans le processus.

Mais bon sang, c'est dur, et on est épuisés.

Note

[1] Chercher des difficultés sur

mercredi 28 novembre 2012

Cro-Mi, la salsa et le djembé

J'aime beaucoup le système du centre de loisirs de l'école élémentaire.

Sortis de l'étude et des devoirs, les enfants ont une heure d'activités sportive, ou artistique, ou ludique, ou bien tout ça à la fois.

Les enfants qui sont là de façon archi régulière s'inscrivent à des activités "suivies". C'est ainsi que Cro-Mignonne occupe ses soirées par de la salsa le lundi, du djembé le mardi, des jeux d'aventure le jeudi. Si on ajoute la piscine du vendredi avec sa classe, c'est à se demander comment elle ne dort pas plus le matin, mais bon.

Ce système, je le trouve bien pour plein de raisons. D'abord parce qu'il n'y a pas fromage OU dessert devoirs OU activités, comme c'est le cas, par exemple, dans la future ex école du Lutin Facétieux.

Ensuite parce qu'elle permet aux enfants d'avoir des activités extra scolaires DANS le temps où ils sont dans les murs de l'école / du centre, sans avoir besoin de charger la mule le mercredi ou le samedi.

Par ailleurs, ils font leur choix en interne, hors de la sphère d'influence des parents. Du coup ils choisissent quelque chose qu'ils ont vraiment envie de faire, et pas ce que leurs parents aimeraient leur voir faire.

Et, enfin, ils ont la possibilité de changer d'activité ou de continuer à chaque trimestre.

Pour une qui, comme moi, observe d'un œil circonspect l'apprentissage au conservatoire, trouve que la notion de plaisir/jeu dans la découverte est essentiel, c'est plutôt un très bon équilibre entre régularité et approche adaptée.

On a vendu ça à son père (qui souhaitait l'inscrire au conservatoire), sur le mode : en plus commencer par un instrument rythmique, ça ne peut qu'être une bonne base pour ses futurs apprentissages !

Et, nous, on a le plaisir de petites démos à la maison, comme hier soir !

Djembe

Djembé 2

Djembé 3

Djembé 4

Djembé 5

Djembé 6

Djembé 7

jeudi 15 novembre 2012

Nos vies changent...

Il y a des moments comme ça dans la vie où on ne sait pas trop si on doit se réjouir ou s'attrister.

En fait si, on sait. Il y a des deux et ils sont si intimements liés qu'on ne peut que ressentir les deux.

Si tout suit son cours sans incidents[1], dans quelques semaines, le Lutin Facétieux rejoindra la maison, au quotidien.

Changer d'école et de chambre principale.

Evidememnt on est tous contents. D'abord parce que cet enfant a le sens de la joie en lui et qu'il anime la maison à sa façon particulière. Parce que chacun à notre façon, de père, de jumelle adoptive, de belle-mère aux ongles crochus, on l'aime.

Alors on se réjouit, on se dit que ça va être chouette, la vie à quatre.

Pour autant, ce qu'on ne peut ignorer c'est que les raisons qui ont poussé à cette décision ne sont pas sans effets sur notre petit bout de grand garçon, que ça ne va pas être si simple pour lui. Qu'il ne suffit pas de la promesse d'un chouette lit pour le consoler de bien des choses.

Bref. Là n'est pas le lieu.

Mais c'est pour dire : à chaque fois que je me dis que je suis contente qu'on puisse lui offrir qui on est, et des choses qu'on pense justes et bonnes pour son éducation, son poussage droit, je pense aussi à ce qui pèse sur ses petites épaules maigrichonnes et j'ai un soupir à fendre l'âme.

Mais quand même. Ca va, aussi, être chouette et riche de plein de choses.

"Et toi ?", me demandait une amie l'autre jour.

Moi je sais que parfois, dans la vie, on sait ce qu'on a à faire.

Je suis contente d'entendre ses facéties plus souvent.

Je suis très très consciente du fait que je vais, dans la dynamique familiale, écoper du mauvais rôle, certains jours. Celles sur qui se cristalliseront les "t'es pas ma mère" qui ne seront pas de la haine mais de la peine. Et en même temps, d'avoir la possibilité, j'espère, de lui transmettre de l'apaisement, de l'équilibre.

Oui, j'espère y arriver, j'espère lui offrir quelque chose qui le construira, lui servira, à cet enfant, en même temps qu'à ma Cro-Mignonne.

Enfin voilà...

Nos vies changent et même si les nuances et les soupirs à fendre l'âme, quand même, je suis intimement convaincue que c'est pour le mieux. Et qu'il y aura de si bons moments.

Note

[1] et il suffit que je pose quelques mots ici pour que, soudain, on craigne le doute... tsss

jeudi 25 octobre 2012

Différents

Ils poussent, nos jumeaux dépareillés, c'est curieux de voir deux enfants du même âge si différents.

Cro-Mignonne trace son sillon. Elle sait ce qu'elle est, ce qu'elle veut. Elle est "Madame je sais tout", peut agacer parfois. Elle a dû être Borgia dans une vie antérieure pour avoir pareille méfiance de nombre d'aliments. Elle lit de mieux en mieux, aime apprendre, aime participer, aider aux activités des grands, les yeux et les oreilles ouvertes vers ce qui la fait grandir. Hyper sensible à la justice. Capable de s'obstiner au delà de l'entendement pour ce qu'elle pense être bien.

Le Lutin Facétieux est plus fantasque. Il a sa bulle réconfort et il alterne les moments d'agitation pour attirer l'attention et les moments de repli. Il est courageux et fragile. Parfois on le regarde et on voit dans son regard qui se perd la tourmente intérieure. Il est paresseux et ne voit aucune objection à se faire servir, il n'a pas très envie de devenir grand, pour le moment. Il fait diversion dans les larmes, il se retranche dans les pleurs, facilement.

Et pourtant, la belle entente entre eux. Il a fallu leur expliquer que c'est normal, dans une fratrie, de se chicaner, de ne pas être d'accord sur tout. Depuis ils rigolent aux histoires que je leur raconte, quand j'avais leur âge ou à peine plus, avec mon frère. Parfois j'entends Cro-Mignonne raconter au Lutin Facétieux une anecdote sur son oncle que je lui avais racontée. Elle morte de rire.

Complices, parfois contre leur gré, parfois par association, mais heureux de se retrouver.

Nos enfants uniques le sont de moins en moins...

Môminets, Vaison la Romaine, été 2012

lundi 15 octobre 2012

Du genre des jouets

Nous avons reçu, ce week-end, le catalogue Oxyb***.

Ne résistant pas à la tentation, nous l'avons, l'Enchanteur et moi, parcouru, avant de le laisser à l'avidité des enfants.

Quelle CA-TA-STROPHE !!!

Un cauchemar pour féministe.

Princesses pour les filles, pirates pour les garçons. Pompiers pour les garçons, re princesses pour les filles.

Et quand on en vient aux déguisement de la sphère médicale, c'est docteur pour les garçons, infirmière pour les filles.

Oh my gode.

Rose ou bleu et aucune vérité entre les deux.

Effarée je suis.

Et après ça on se demande comment des stéréotypes persistent aussi fort y compris chez des enfants.

Je fulmine.

(Et apprécie d'autant les repérages de ma fille à base de microscopes et de talkie-walkie, non mais !)

jeudi 27 septembre 2012

Fratrie

Curieux écho.

Hier midi on se disait avec un collègue-copain qu'on avait de la sympathie pour l'idée qu'une fratrie était composée d'autre chose que les liens du sang, qu'il y avait du "frère et sœur" dans l'idée d'enfants élevés ensemble, même partiellement.

Qu'en tout cas c'était notre optique et qu'on essayait de faire partager à nos enfants (pour lui, une paire de "demi" frères et sœurs, que cette expression est horrible, pour nous, une paire qui n'a pas une goutte de sang commun mais qui n'en est pas moins "nos enfants" dans la drôle de famille que nous formons).

Et puis hier soir, du monde, une fête, les enfants. Et Cro-Mignonne de dire "mon frère et moi on a 6 ans".

Ok, ils s'étaient proclamés jumeaux. Mais je soupçonne qu'il y avait aussi de l'amusement vis-à-vis de la gémellité.

Ok ils agissent, depuis toujours, comme des frères et sœurs, parfois comme un vieux couple, mais en tout cas dans un fonctionnement de tandem qui leur convient et qui fait souvent plaisir à voir.

Mais connaissant ma fille et sa vision de ceux qui l'entourent, ce mot "mon frère" dans sa bouche, c'est une déclaration d'amour officielle, c'est de la tendresse en barre, c'est... émerveillant.

Je ne sais pas comment lui la conçoit. Ils ont une vision des liens affectueux assez différente. Je ne sais pas s'il pense "ma sœur" quand il pense à elle.

Mais quoi qu'il en soit, leur lien réciproque et la certitude qu'ils se font du bien, les enfants plus si uniques, c'est un bonheur à vivre.

Ils sont chouettes.

vendredi 31 août 2012

Prépar-hâtifs

Cartable : prêt, étiqueté.

Contenu du cartable : prêt, marqué, désemballé.

PAI : signé hier soir par le docteur, médicament acheté, ordonnance jointe, photo collée.

Le tout plusieurs jours avant la rentrée, je ne suis pas loin de me considérer comme wonder woman. :-D

Et la gaminette ?

Cro-Mignonne excitée, ravie, enchantée, extatique, à l'idée d'entrer au CP. Pas impressionnée pour un sou à côtoyer, au centre de loisirs, des beaucoup plus grands qu'elle. A l'aise comme un poisson dans l'eau. Manifestement heureuse, équilibrée, et espérant "une bonne note le premier jour".

Ca s'annonce pas pire :)

vendredi 27 juillet 2012

Une nouvelle vie

Hier, j'ai été tendue toute la journée vers Toulouse.

On trouve là-bas de la brique rouge, de la fort bonne nourriture, et un nombre conséquent de gens qui me sont chers.

Parmi eux, il y a ma Floh. Floh qui m'a lue longtemps, puis qui a glissé des petits mots. Qui m'a rendu visite. A qui j'ai rendu visite. Floh qui a changé de vie, de ville. Et petit à petit les liens se sont resserrés, et on a commencé à se parler beaucoup, de nos petits riens et de nos grandes révolutions intérieures.

Floh fait partie des quelques gens qui m'ont soutenue tous les jours dans les moments creux de l'an dernier. Et puis qui a ri avec moi aussi.

Et j'espère avoir pu, parfois, d'une bêtise ou d'un mot, alléger un tout petit peu ses tracas et partager ses joies.

En parlant de joie, il y a eu cette année pour Floh un projet qui avait été loin de ses sphères d'intérêt pendant longtemps. Un projet qu'il a été un peu compliqué de mener à bien. Un projet qui s'est achevé hier.

Ou plutôt un projet qui a commencé hier.

Une nouvelle vie qui est passée de son bidon au cercle des humains. Je sais qu'il y a à Toulouse et dans les environs bien des bonnes fées pour se pencher sur son berceau :) D'ailleurs il y en a une en particulier que je charge de lui transmettre quelques bonnes ondes de ma part, à cette nouvelle vie !

Et moi, je souhaite à Floh, à J., L. et E. la plus belle des vies de famille du monde. Que l'harmonie et la sérénité vous guident, que l'amour vous porte, que l'humour soit votre ciment, et que vous soyez heureux, tous.

Bienvenue, petite nouvelle vie.

mardi 24 juillet 2012

Poker face

C'est Snana qui m'a fait penser à ça, hier, en racontant sur Twitter comment malgré son expression neutre, sa fille s'était délectée à la découverte d'un bien joli nouveau mot (testicule, pour ceux qui se demanderaient, était le mot en question).

(Et après tout, testicule n'est pas un gros mot, pourquoi faudrait-il réagir spécifiquement à l'apprentissage de ce lexique de l'anatomie, hein ? :-D )

Donc je me remémorais des fois où j'ai entendu des déjà parents dire comme il était dur de se retenir de rigoler, parfois, quand l'heure est à la gronderie.

Pour ma part, j'ai tranché : je ris.

Et j'explique à ma fille que je ris parce que sa façon de réagir est drôle, parce qu'elle met de l'astuce à se sortir d'un mauvais pas, mais que je suis quand même fâchée de la bêtise.

Généralement, ça ne la dispense pas d'une explication de texte et des conséquences proportionnées à la dite bêtise, d'ailleurs.

Au final, je me dis que c'est, aussi, une façon de montrer que c'est contre la bêtise, qu'on est fâché, et que ça n'enlève pas l'amour qu'on porte à l'individu, et puis lui donner confiance dans sa capacité à se défendre, même si au final, elle se fait gronder quand même.

Et puis zut. C'est comme ça que ça se passe et que ça nous va bien, je crois.

mercredi 4 juillet 2012

Mon arpète

Cro-Mignonne aime, depuis longtemps, touiller, mélanger, patouiller dans la cuisine.

C'est vaguement ironique quand on sait son peu de goût pour s'aventurer à des saveurs dites "pas aimées" ou inconnues !

Depuis quelques mois, elle a franchement gagné en dextérité, du coup elle est devenue ma petite arpète en cuisine.

Elle casse les œufs et mélange les appareils, elle commente et elle aime ça !

Depuis son anniversaire, elle a, à table, la règle des 5 bouchées : pour quelque chose qu'elle décrète "ne pas aimer" d'entrée de jeu, elle mange une toute petite portion, 5 bouchées, pour goûter "honnêtement", et aussi parce qu'on ne va pas faire 4 plats différents par repas pour que chacun y trouve son compte, une règle réfléchie en commun qui après un ou deux grincements, s'assimile plutôt bien.

Mais la chipie ! Quand elle cuisine avec moi, je la prends à m'imiter et à goûter volontairement et de sa propre initiative ce que nous préparons !

Les fraises du gâteau d'anniv' de Lutin Facétieux ! Le saumon cru que nous nous apprêtions à mettre dans l'appareil de la quiche ! Le mélange thon / pomme de terre / huile d'olive / sel qui allait garnir un samossa ! Et celui au chèvre et à la menthe (pourtant, la menthe, c'est vert !).

En dehors du plaisir que j'ai à "cuisiner avec", en règle générale, j'aime ces moments de transmission de moi à elle, du geste pour tel ou tel mélange, de chercher les goûts qui iraient bien ensemble, avec elle. Ces moments à nous deux où on papote et on s'active pour le dîner, avant de se plonger dans la baignoire.

Et j'aime, aussi, la curiosité des goûts qu'elle disait ne pas avoir jusqu'ici, qui, tout petit à petit, s'éveille. Elle prétend toujours ne pas aimer certaines choses, mais figurez-vous que l'autre jour, elle s'est engouffré une fajita bourrée de légumes, si si, parfaitement.

Elle devient grande, cette petite fille, et c'est joli à voir.

jeudi 14 juin 2012

Elémentaire, ma chère Cro-Mi

L'école élémentaire où Cro-Mignonne va faire ses premiers pas d'élève à devoirs semble aussi bien organisée que la maternelle ne l'est (lamentablement) pas.

Pour preuve, nous avons eu mardi la liste des fournitures à prévoir pour la rentrée !

Et ce n'est pas rien. J'ai cru un instant être tombée dans une faille spatio temporelle et vivre en direct la rentrée de ma fille à Sciences-Po.

Vérifications faites, il s'agit bien de sa rentrée prochaine en CP. Bon sang de bois, ça ne rigole pas (et là, je partage une pensée émue pour tous les parents célib' de mon tonneau qui gagnent "trop" (hinhinhinhin (rire nerveux)) pour bénéficier de l'allocation rentrée scolaire et qui commencent à benchmarker les sites de fournitures pas chères. Car oui, ça aussi, ça change, le savoir, ça douille).

Or donc, en femme organisée que je suis, j'ai saisi la liste et e-shoppé les fournitures, histoire de mettre ça dans un coin et de ne plus avoir à y penser, encore moins subir l'hystérie et les ruptures de stock de la pré rentrée.

Curieux moment de nostalgie à constater que les gommes Ma**t et la colle Cleo**tra existent encore, comme de "mon" temps (oui, vieille conne !).

Et surtout émotion au choix du premier cartable. En matières recyclées et tout, hein ?

La même marque que celle qui faisait les délices des pubs de mon enfance, choisi dans sa gamme de couleurs préférées.

Premier cartable

Soupir.

Heureusement qu'on a les vacances pour se préparer, quand même.

lundi 4 juin 2012

Y a des jours

Y a des jours où nos adorables têtes blondes se transforment en monstres autocentrés.

Où on peut leur dire mille fois la même chose, ils ignorent, absorbés dans leur instant.

Et où ça fait drame quand, malgré plusieurs avertissements, la punition tombe.

Il y a des jours où on en peut plus d'entendre des "désolée, je le ferai plus" dont on sait qu'ils ne sont que paroles pleines de vides. Promesses sincères à portée d'une ou deux secondes, minutes, tout au plus.

Et d'ailleurs, ça ne loupe pas...

Et là, j'dois dire, toujours pas sortie de mon essoreuse, il ne faut pas me pousser beaucoup pour que je manque d'humour, complètement.

J'ai besoin de vacances, urgentes, je crois. Histoire de me remettre de cette fête des mères pourrie (et des quelques mois qui l'ont précédée).

jeudi 3 mai 2012

Jolie petite personne

Hier soir, après le centre, je disais à Cro-Mignonne que j'avais enfin pu parler à la maman du chef de bande des mini malfrats, qu'elle avait entendu ce que je lui avais dit de son fils.

Cro-Mignonne me répond : '' "Tu sais, à propos, l'autre jour, A. [1] est tombé et les autres se moquaient en disant que c'était bien fait pour lui"''

Pause de 5 secondes pendant laquelle je préparais le sermon puis elle reprend d'elle-même :

"Je leur ai dit que ça n'était pas bien de dire ça, qu'on ne devait pas souhaiter que les gens aient mal".

Emotion. Je lui ai expliqué pourquoi j'avais la larme à l'oeil et si fière de l'entendre tenir pareil discours. Qu'il y avait bien des adultes pour n'être pas capables de ce qu'elle venait de faire, de dire.

Elle m'impressionne, ma fille.

Note

[1] l'affreux jojo en question

lundi 12 mars 2012

Des arts premiers

Je vous préviens tout de suite, le titre est trompeur et nous n'allons pas débattre des formes d'art préférées de notre ancien président.

Juste, l'autre jour, je me demandais à quel moment les enfants perdent ce goût pour le dessin.

Tout petits, dès qu'ils peuvent attraper un crayon, ils en colorient des pages et des pages (et des murs et des murs). Une fois à l'école, il y a au moins un dessin par jour rapporté à la maison (dans mon cas : plié en 8 au fond d'une poche), des découpages, des coloriages.

Et puis un jour on cesse de dessiner. Ca devient important que le trait soit maladroit, que l’œil ne suive pas la main.

Parce que le langage remplace quand il se complète de la lecture, de l'écriture ? Pourtant l'un n'empêche pas les autres et réciproquement ?

Alors voilà. On a des milliers de petits crabouilleurs, pendant des années on se creuse pour trouver la ressemblance avec la fleur ou le dinosaure (mais siiiiiii maman, tu vois bien, là, que c'est un tyranosaure !!!!), et puis pof. Ils s'arrêtent, comme frappés par une loi non écrite.

Pourquoi ?

vendredi 17 février 2012

On m'a volé ma réunion !

La semaine dernière j'ai pu, grâce ou la faute à mes microbes, aller accompagner et chercher Cro-Mi à l'école plusieurs fois, ce qui n'est pas du tout dans nos habitudes quotidiennes, la faute au travail et toutes ces sortes de choses.

Jeudi dernier, donc, la maîtresse me dit que "oh ! justement !" elle m'avait mis un mot dans le cahier pour dire qu'elle organise une réunion pour la remise des livrets (première période).

Mais qu'en ce qui concerne ma fille, elle n'a rien à me dire.

Rien à me dire ?

Non, tout va très bien.

Je me dis qu'elle me voit bien lorgner sur le créneau de 18h15, que ça l'arrangerait que personne ne le prenne. Qu'elle pense me faire plaisir.

Moi je trouve que c'est triste, un élève dont on a rien à dire. Ok elle "marche bien". Mais alors ? Elle préfère la peinture ou les collages ? La poésie ou les maths ? Ou tout ça à la fois ? Et est-ce qu'elle tarit ses incessants bavardages, le temps de la classe (non, d'ailleurs, première petite remarque inaugurale d'une, présumons, longue série sur ce sujet sur le livret).

Bref. Je vois bien où elle voulait en venir, pour son confort et ma flatterie, mais moi ça m'attriste, vraiment, qu'elle n'ait rien à me dire, cette enseignante. Pas pour ma fille : je sais pas mal ce qu'on peut en dire. Pour elle. C'est pas bon signe sur le choix de son métier...

lundi 19 décembre 2011

Cro Mi s'ennuie

L'autre jour, alors que je lisais peinard dans mon bain (l'excellente biographie de Victor Hugo par Alain Decaux - et non JC, private joke inside - pour ceux que ça intéresse), Cro-Mi se plante à côté de la baignoire, avec toute l'intensité de qui, à 5 ans et d'mi, a une question dont la réponse ne peut souffrir d'attente.

- Maman ?

- Oui ma chérie.

- Maman, pourquoi on fait tout ce qu'on fait, dans la vie ?

Arg. De la métaphysique. Je lui demande donc :

- Tout ce qu'on fait quoi, ma chérie ? (des fois que ça permette de faire un peu entonnoir et qu'on thématise la conversation).

- Ben tout. Aller travailler, aller à l'école.

Alors je lui dis, que travailler ça sert à gagner des sous, que si on a de la chance, on peut aussi s'y épanouir, trouver sa place dans le grand monde du travail, rencontrer des gens intéressants.

Et aller à l'école, ça sert à apprendre à apprendre, à découvrir le monde, la vie sociale, etc.

- Pourquoi tu me demandes ça mon amour ?

Et là, elle me répond qu'elle s'ennuie. Qu'à l'école, elle passe son temps à jouer seule, vu qu'elle a fini avant les autres. Et qu'elle préfère quand c'est dur. Parce que quand c'est dur, c'est pour faire réfléchir les élèves et là on apprend. Alors que ce qu'elle fait, elle le sait déjà.

Léger vertige de la mère, qui a prudemment posé Victor loin de l'eau... et qui lui promet qu'en CP, ça va être plus dur, et qu'en plus il y aura des devoirs (à prononcer d'un air terrible). Que cette année, la maîtresse ne sait pas trop quoi faire avec elle parce que c'est rare d'avoir des élèves qui vont aussi vite, mais qu'il faut qu'elle soit patiente.

(D'autant, ndlm[1], qu'elle est dans la classe de sa meilleure amie et de son amoureux, un changement de classe pour celle d'un(e) instit qui gérerait mieux serait vécu comme une punition).

Mais que oui, l'an prochain, elle va travailler, beaucoup plus, et que ça ne sera plus pour rire.

Là, un regard heureux comme si elle avait découvert l'atelier du père Noël.

Un sourire radieux.

On me tourne le dos, son petit cul balance et je l'entends s'éloigner au son des flap flap flap sautillants de ses pieds nus sur le parquet.

Pincement au coeur.

Mais quand même... fierté.

Je digère la conversation et reprends Victor.

Note

[1] Note De La Maman