Sacrip'Anne

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Mot-clé - chaos et maîtres du monde

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jeudi 5 mai 2016

Attention, ça taille un peu petit !

Alors voilà. J'ai une fille de bientôt dix ans [1].

Elle a toujours été en taille dans une moyenne haute (juste sous la courbe des 25 % les plus grands), ce qui est un étonnement perpétuel pour moi. Et un tout petit peu au-dessus de cette même courbe pour le poids. Faut dire qu'avec son poids de cheveux, en plus :D

Quand je la vois, elle me fait l'exact même effet qu'un fruit d'été juste mûr pour être mangé : joliment remplie, pleine de vie, pas maigre, mais vraiment pas grosse non plus. Elle a un petit bidon à géométrie variable selon la quantité de légumes disponibles au repas d'avant, des fesses pour lesquelles je me damnerai.

Bref. Magnifique.

J'ai longtemps cru que c'était parce qu'elle n'était pas "juste mince" que les fringues "de son âge" lui étaient très vite trop serrées. Concrètement, là, elle met du douze ans, et ça ne va plus durer très très longtemps. Alors, oui, je me suis longtemps dit que c'était ses jolies fesses haut perchées, rondes et fermes, celles-là même qu'on lui envie.

Et puis plus elle grandissait, plus j'ai eu l'impression qu'en fait, les tailles de fringues rayon filles étaient sous taillées. Sans parler du fait que les t-shirts sont cintrés, les pantalons forcément slim, enfin bref, la mode enfantine a bien changé, depuis nos sous-pulls unisexes et nos pantalons en velours de même [2].

Enfin bref, quoi qu'il en soit, depuis des années je regarde ça d'un oeil dubitatif en me demandant si, tout en me disant que bon, faudrait être bien cynique pour sous-tailler les fringues de petites filles de beaucoup beaucoup de marques et leur faire ressentir dès le plus jeune âge qu'elles sont TROP GROSSES POUR LEUR AGE (et ceux via des parents pas du tout réceptifs aux messages généralement peu bienveillants concernant l'acceptation de soi d'un côté, et la consommation de l'autre).

---

Depuis presque 22 mois j'ai un fils. Mon père le surnomme l'ogrillon, j'ai entendu le sobriquet "Viking". Enfin bref. il est grand. Il est déjà plus grand que la taille moyenne à deux ans. Mais bon, il a encore les pieds qui touchent par terre, la plupart du temps, je vous rassure.

On commence à virer le deux ans de son tiroir parce que ça tire un peu, et à le passer en trois. Il se trouve qu'il aime le rose alors on lui a acheté une marinière avec rayures roses. Et puis un petit t-shirt bleu avec un cœur trop mignon. J'ai pas fait gaffe dans le rayon promo de mon supermarché, j'ai pris du trois ans, en me disant que ça allait au moins lui faire la saison, ma pauv'dame. C'est en rentrant que j'ai vu la mention "T-shirt fille" sur le bleu. Et par déduction que j'ai pigé, pour les rayures roses. On lui a pris des fringues dites "de fille" [3].

Et puis là on lui a mis.

Et bé ça fera pas la saison.

Alors que le t-shirt garçon de son pyjama, il n'est pas horriblement trop grand mais quand même, on voit bien qu'il a de la marge, surtout en hauteur.

Là, avec ses t-shirts de fille, il est bien moulé, ça lui remonte au-dessus du nombril quand il lève les bras.

Du coup oui, je peux confirmer. L'injonction sur le corps des filles, ça commence à trois ans. Et il y a des parents pour mettre leurs mômes au régime, oui, je dis bien au régime, à cause de ça. D'autres qui habillent leurs enfant au rayon adulte. D'autres à les faire monter sur la balance pour bien leur mettre en tête qu'elles ne sont pas dans la norme souhaitable dès le plus jeune âge. Je vous jure. Il y en a. Beaucoup.

Tailles.jpg

Je vous mets la photo du plus grand (et moins cintré) des t-shirts, sur l'autre, c'est pire. Dessus un t-shirt fille (vous aurez compris, hein, y a du rose) en taille 3 ans. Dessous un t-shirt garçon taille 3 ans. Sans même focaliser sur la longueur, il y a bien 2-3 cm d'écart (à multiplier par un devant et un dos, donc le double, voyez ce que ça fait comme différence sur un corps d'enfant) en largeur.

Je suis dans une rage folle. Contre le monde. Contre les injonctions faites sur le corps de toutes petites filles. Sur le fait de faire flipper des parents si tôt, sur les fabricants, les distributeurs, les cons. En colère.

Et je partage avec vous.

Pour que tous les parents qui se disaient que c'était bizarre, cette taille de vêtement, tiltent comme j'ai tilté. Pour qu'on ait encore moins de remords à piocher dans les rayons qui leur vont, pour qu'on coupe leurs étiquettes (ça rend le tri compliqué, je sais, j'ai fait !), pour qu'on les rassure, pour qu'on soit de moins en moins nombreux à être dupes et de plus en plus nombreux à être scandalisés.

Parce que c'est un scandale.

Notes

[1] dans 16 jours, me dirait-elle à l'oreille si elle n'était pas très occupée à jouer en ce moment même

[2] oui je suis un dinosaure né dans les années 70 si je veux, non mais ho !

[3] mais je vous rassure, son pénis est resté bien accroché et il n'a pas l'air de se sentir blessé dans son ressenti du tout. Juste, il a pointé le rose et fait "cochon" d'un air ravi, paraît-il

lundi 7 décembre 2015

Alors voilà.

Il y en a certainement pour avoir parlé de "la France qui se réveille avec la gueule de bois".

J'ai fermé les écoutilles le plus possible depuis hier soir.

Parce que figurez-vous que ce qui me met dans une colère de malade, c'est n'est pas le résultat des régionales, c'est le fait de n'en être pas surprise, et, pire, que d'aucuns s'en effarent.

Encore un coup de ces idiots d’électeurs qui ne font pas comme on leur dit. Ou à ces abrutis d'abstentionnistes. Ou de ces crétins de "les autres", hein ?

Et déjà les mêmes litanies sur les raisons pour lesquelles, les fronts à faire ou à ne pas faire.

Soupir.

Évidemment pas un pour remettre en cause les politiques urbaines, d'éducation, économiques, sociales, ou tout simplement la considération des citoyens qu'on a pu oublier d'avoir.

Faudrait pas fâcher les riches. Les pauvres, ils ont déjà assez de problèmes.

Ni le Medef ou le CAC40. Clergé moderne.

Alors si on ne veut pas contrarier tous ces gens, on ne va quand même pas se poser des questions sur comment vivre ensemble, hein ?

France, patrie des droits de l'homme, c'te bonne blague. J'ai un sourcil ironique levé à l'idée que celui que d'aucuns surnommaient Flanby a déjà préparé le terrain pour la future présidente de 2017.

Parce que oui, hein. Pas la peine de se mettre la tête dans le sac, disons-le tout net : il y a des possibilités tout à fait solides que la merde empire dans les années à venir.

On va donc en prendre plein la gueule.

Et peut-être que quand on aura bien bien bien mal partout, bien plus fort qu'à nos petits privilèges, on commencera à refaire travailler l'intelligence collective, un petit peu ? On verra bien.

En attendant, "Des armes", histoire de.

::video YouTube id='nMOimPB8aOY'::

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A propos d'armes, il y a celle qui me paraît essentielle, l'éducation. Si ça vous intéresse, n'hésitez pas à faire un tour ici et à contribuer

lundi 16 novembre 2015

Que faire de la peur ?

Même pas peur, cri bravache, cri un peu enfantin.

Bien sûr qu'on a peur. Parce qu'on est humains. Parce qu'on a bien des raisons de ne pas être optimistes. On fabrique de l'exclusion, de la discrimination depuis des décennies, on refuse de voir... et ça nous pète à la gueule, littéralement.

J'ai bien peur, donc, que ça ne soit pas la dernière fois.

Pour autant, même si, fondamentalement, on a peur, que faire de cette peur ?

Pour ma part, une réponse est évidente : continuer à vivre. Sans minimiser le danger, mais sans le voir partout. Sans terroriser ma fille en lui faisant porter le poids d'une terreur aveugle qui n'est pas la peur.

Une autre réponse essentielle : en ayant certainement pas peur de l'autre. En continuant à saluer les gens dont je croise le regard dans la rue, quelle que soit leur tenue, leur tronche. En faisant entendre ma voix à chaque fois qu'un discours insoutenable sera tenu en ma présence. Pas par espoir de faire changer d'avis, mais dans celui de donner du courage, peut-être, à ceux qui se taisent même quand ils ne sont pas d'accord ? Un peu vaniteux, sans doute. Je n'ai pas d'autres armes.

Faisons quelque chose de beau de cette peur qu'on nous prive de nos libertés, de nos vies, de nos façons de vivre : rapprochons-nous. Faisons bloc avec nos différences conciliables, pas avec nos ressemblances.

Voici ce que je me dis, là tout de suite, dans le chaos du dedans de ma tête.

mardi 10 novembre 2015

Z'en avez pas marre, les gars ?

Depuis des années, il y a un truc qui me sidère dans les discussions "para féminisme".

De plus en plus, il y a des hommes pour dire qu'ils sont d'accord sur le fait que plus d'égalité est souhaitable, qu'ils souhaitent prendre leur place dans des domaines comme la parentalité, que les "combats" féministes les y aident, d'une certaine manière, en ouvrant le champ des possibles pour tous les genres. Et ça c'est chouette, même si du coup, ces hommes "prennent de la place" et qu'il s'agit ENCORE d'eux.

De façon horripilante, il y a au moins un mec par conversation pour dire "oui mais moi je ne suis pas comme ça". C'est très bien, on en est contents, on donne le cookie au monsieur et ça n'est pas le sujet. Mais au moins, disons qu'ils ont une conscience, quelque part, et même s'ils ramènent à eux, on peut espérer qu'au bout du compte, dans les faits, dans le quotidien, ils aient des pratiques moins chiatiques que d'autres, au bureau, à la maison, dans la rue...

Mais, très très très rarement, quand il s'agit de foutre la paix aux femmes dans la rue, par exemple, ou de viol conjugal et que le pathétique "argument" vêtements / attitude / maquillage / allure de la victime surgisse et finisse par leur "donner tort", face à ces pauvres mâles qui ne peuvent rien faire contre des pulsions très naturelles, il en est pour s'indigner. Je crois même que je n'ai jamais entendu un homme dire que l'argument ne tient pas la route. Alors que j'ai souvent entendu des hommes ricaner avec un air connivent (dans le meilleur des cas) à l'évocation de la salope qui passe les jambes à l'air.

Alors je pose la question.

Que vous soyez séduits par une robe, une allure, un sourire, une chevelure, bref, qu'une personne attire votre attention n'est PAS la question. Figurez-vous que ça arrive à tout le monde, mêmes aux femmes (qui, oui, ont le droit d'être séduites aussi et de ne pas attendre le bon vouloir du mâle).

Mais vous n'en avez pas marre d'être réduits à vos pulsions ? Et si vous deviez vraiment toutes les suivre, combien de personnes devriez vous frapper, tuer, embrasser, violer par jour ?

Sérieusement, ça ne vous indigne pas qu'on vous dise que vous, les hommes, vous êtes des animaux conduits par votre cerveau reptilien ? Ca flatte quoi, chez vous, au juste ?

Encore une fois, qu'on ait de l'appétit pour un autre, c'est la vie et c'est ça qui fait que l'espèce a un peu duré.

Mais qu'on se serve de cet argument pour expliquer que les femmes ont tort d'être dans l'espace public, et encore plus tort d'y être comme elles sont, et que ça ne vous fasse rien de vous faire insulter au passage, ça me dépasse.

Rappelons au passage que la grande majorité des coupables de viols font partie de l'entourage de leur(s) victime(s). Et que, tant qu'on y est, s'il n'y avait que de belles gonzesses dénudées pour se faire violer, ça se saurait.

hashtag pointvenusdemilo

vendredi 23 octobre 2015

Non mais c'est de l'humour !

Récemment, dans notre entreprise, filiale d'un groupe mondialement connu, récompensé notamment pour sa parité H/F dans les comités de direction, et auteur d'une étude qui démontre que la mixité dans les organisations génère plus de performance...

... le directeur commercial en pleine présentation devant 150 personnes a expliqué que le fait de travailler sur les prix, ce n'était pas une affaire de femmes.

On a dû être trois à ouvrir des yeux grands comme des soucoupes.

Mais c'est de l'humoooooooour, voyons, ne t'indigne pas comme ça (sous-entendu "chienne de garde qui a perdu toute forme de dérision de capacité à gérer du second degré) ! me dit-on.

Ben voyons.

J'aurais adoré, pour appuyer ma démonstration sur la responsabilité et l'exemplarité nécessaires des cadres dirigeants, qu'une femme appartenant au comité de direction fasse de l'humour sur le fait que les hommes, on ne peut pas leur demander de concevoir une offre adaptée aux besoins des clients.

Et le tollé que ça aurait provoqué.

Et la leçon de morale et les excuses qu'elle aurait probablement dû formuler.

De l'humour my ass.

FINGERS.jpg

(Oui c'est ma grande semaine de l'énervement).

mercredi 21 octobre 2015

Sinistres esclavagistes

Nous partageons nos locaux professionnels avec plusieurs entreprises, dont l'un des leaders de l'intérim.

Lundi, au pied de chez nous, le syndicat-qui-n'était-pas-convié-à-la-conférence-sociale venait en délégation. Avec une délégation particulière, à vrai dire : celle des intérimaires sans papiers d'un département voisin.

Et il se trouve qu'ils étaient tous noirs.

On a donc eu une ribambelle de commentaires, pour le mieux, approximatifs sur le dialogue social quand on les as entendus scander "Assassins" à leur employeur. C'est vrai, quoi, tous les jours, on traite des gens d'assassins pour le plaisir, ne cherchons surtout pas à comprendre pourquoi. Bande de cons.

Mon exaspération a encore monté d'un cran un peu plus tard. On les entendait et voyait scander / chanter des slogans. Et derrière nous, dans la cour où on accède au restaurant d'entreprise, où on fume, où on prend l'air, une bande de rombières à gueules marinesques qui se bidonnent à "compléter" les voix de la délégation par des "ohé ohé". Ben oui, ils sont noirs. Forcément, c'est la Compagnie Créole.

Je vous passe les mille et une autre raisons de haïr nos voisins de bureau.

Simplement voilà. On a été, je pense, deux, ma collègue-amie en tête, à aller les voir et leur demander pourquoi ils manifestaient.

Figurez-vous qu'un de leur collègue est mort des suites d'un accident du travail sur un chantier.

Fin juillet.

Ils ne l'ont appris que la semaine dernière.

Parce que oui, les travailleurs sans papiers, c'est pratique, ça permet de leur filer les jobs les plus dangereux, ils n'ont pas d'autre choix que de les accepter.

Et si jamais ils clamsent, on peut planquer les cadavres tranquillou, c'est pas comme s'il y avait des voix autorisées pour s'indigner en leur nom.

Aucun de nous n'accepterait pour lui les conditions de travail que ce monsieur, que ces collègues ont subi. Chacune des revendications du syndicat qui les a soutenus nous paraît être une évidence, si on le transpose à nos vies professionnelles.

Pourtant.

Tous les jours, des morts et du silence.

Des sources ici et ici.

vendredi 11 septembre 2015

Ma maire exagère

Hier en rentrant (dans des conditions un peu épiques et donc au meilleur de ma résistance nerveuse), j'ai trouvé une lettre de ma ville.

Avec Madame la Maire qui nous dit que c'est bien la première fois qu'elle nous écrit mais que le Grand Paris et la dépossession des communes de leur moyen, non non non c'est pas possible, dépassons nos points de vue et manifestons ensemble.

Comment dire poliment ?

1- non merci 2- merci de ne pas dépenser nos sous à m'écrire des torche-balle de cet acabit.

Par ailleurs je venais de lire dans la propagande municipale qu'un effort exceptionnel avait été consenti à l'école Langevin Wallon dans le cadre des travaux d'été.

Une autre façon de formuler les choses est que les services vétérinaires [1] ont mis la ville en demeure de réaliser des travaux urgents de mise aux normes en les menaçant de fermeture de la cantine.

Je sens qu'on va encore passer une bonne année, les parents d'élèves, dites donc.

Note

[1] Et oui ça me fait rigoler que ça soit les services vétérinaires qui supervisent l'alimentation scolaire de nos petits singes enfants.

jeudi 2 juillet 2015

3-Dans ma rue #Colombes

10 juin : dans la presse progagandiste locale. "Démarrage des travaux de la rue où j'habite le 1er juin.

Je dois être vraiment étourdie, j'ai rien vu. Ou alors la presse propagandiste véhicule quelques erreurs ou approximations ?

12 juin : ohhhhhhh ! Des beaux papiers sur les voitures ! Un magnifique arrêté qui explique tout. Bon. Personne n'y comprend rien. On intuite toutefois qu'il serait prudent de dégager les voitures lundi matin au plus tard.

15 juin : il y a moins de voitures mais rien ne se passe.

16 juin : il y a moins de voitures mais rien ne se passe.

17 juin : il y a moins de voitures mais rien ne se passe.

18 juin : il y a moins de voitures mais rien ne se passe.

19 juin : il y a... des plots de béton au sol \o/ Enfin un !!! Il s'est passé quelque chose !!!

La rue perpendiculaire doit changer de sens. Au fil des jours, les indications sont masquées dans l'ancien sens interdit. En revanche, à part une barrière vauban qui se déplace au gré des besoins des riverains, rien n'indique que l'ancien sens permis est désormais interdit. Oups.

20 juin : un samedi matin (donc), il y a des ouvriers qui murent le passage dans le patio qui longe le début de la rue.

Dans l'après-midi il y a un trou dans le mur.

22 juin : il n'y a plus de trou. Il n'y a plus de mur.

24 juin : oh la belle double palissade qui obstrue la rue ! Enfin de l'action !!! Mais où est le passage pour les piétons riverains ?

25 juin : Oh tiens, un trou dans la palissade en tôle. En revanche faut enjamber la structure en bois. Mais bon.

26 juin : tiens, le passage est entièrement ouvert. Merci les ouvriers, riverains ? Ou la mairie ?

Pendant ce temps, à l'autre bout de la rue, chacun s'engouffre joyeusement dans son sens préféré. Le seul problème c'est qu'on ne peut pas s'y croiser. Les panneaux de l'ancien sens autorisé indiquant le sens de circulation sont toujours en place.

Boum ! L'accrochage ! Ah mais tiens, ça ne serait pas la mairie, qui est en charge de la signalisation ?

30 juin matin : un magnifique panneau avec une belle image indique des choses assez peu compréhensibles sur la création du centre de quartier et la circulation. Las, il est posé à un endroit où aucun des automobilistes concerné ne peut le lire.

30 juin soir : ouh lala ! Le panneau à migré presque au bon endroit, dans l'ancien sens autorisé désormais interdit ! Hélas, il est semi planqué par des arbres. Ou leur feuillage. Bref, il ne sert à rien.

1er juillet (soir) : oh !! Des beaux panneaux sens interdit !!! Magnifique !

2 juillet (matin) : juste en passant dans la rue, je vois au moins deux voitures prendre fièrement le sens interdit.

On pas le cul sorti des ronces.

D'autant que vous savez quoi ? Ma voisine M, généralement bien informée, m'a dit sur le marché samedi dernier que les VRAIS travaux, ils ne vont commencer qu'en septembre.

Laule, la mairie.

lundi 15 juin 2015

2- Féminitudes

Deuxième histoire de la catégorie (à vrai dire une synthèse dialoguée de quelques conversations récentes).

– Non mais tu m'emmerdes, avec tes principes ! Si j'ai envie, moi, de m'occuper plus des gosses que mon mari ? Si je suis d'accord avec le fait que les tâches ménagères, c'est un truc de femmes ?

– Mais tu es d'accord avec qui, là-dessus ??

– Ben avec le monde entier ! Y a que vous autres, les féministes, pour cacher votre flemme par des grands discours sur le partage des corvées, mais regarde partout, tout le temps, ça s'est fait comme ça !?

– Et si ça s'est fait comme ça parce qu'à force de raconter aux femmes qu'elles doivent le faire parce que c'est leur boulot, que dis- je, leur rôle terrestre ?

– Et ?

– Et si à force de le répéter on l'a cru comme une vérité, alors qu'en fait...

– En fait quoi ??

– Sérieusement, tu ne trouves pas qu'un homme a tout ce qu'il faut comme matériel pour passer l'aspirateur ? Deux bras, deux jambes, et un cerveau pour trouver ou ça se branche ?

– Si. Mais ça l'ennuie. Et puis il bosse plus. Et il rapporte plus à la maison.

– Et du coup tu le rembourses en jouant la parfaite femme domestique sans horaires ?

– Non, c'est pas ça. Rhhaaaa. Tu déformes tout.

– Non mais là, on dirait que tu te sens redevable.

– Oui, un peu, enfin non, mais je ne vais pas l'embêter avec les couches sales et l'aspirateur, il a le droit de se reposer aussi.

– Et toi ?

– Ben quoi, moi ?

– Tu te reposes quand, toi ? Ta mission sur Terre prévoit ça, un peu ?

– ...

– Et vos mômes, ils ne seraient pas contents aussi de voir que leur père s'occupe d'eux un peu tous les jours ?

– Je ne crois même pas qu'il sache changer un bébé.

– Et toi, tu savais, avant la première fois où tu l'as fait ? Faut arrêter avec l'instinct, ça marche surtout au bon sens. Et personne n'est génétiquement favorisé pour supporter l'odeur de caca de bébé.

– Oui mais bon. A quoi tu sers, après

– Après quoi ?

– Une fois que tu as partagé les mômes et le ménage avec ton mec, tu sers à quoi ? Elle est où, ta place ?

– C'est une vraie question ?

– Oui, pourquoi ?

– C’est presque insultant, comme question... Alors ma place elle est aussi dans mon rôle de mère, que je remplis d'autant mieux que j'ai par ailleurs des sujets d'épanouissement : l'autonomie financière, par exemple, le fait de côtoyer d'autres adultes au boulot, de pouvoir avoir un boulot intéressant. Et aussi en partir tôt pour profiter des mômes. En jouant avec eux, en leur parlant, et pas seulement en les faisant manger ou en repassant leurs chaussettes. Et toi, ta place, quand ils auront grandi, elle sera où ?

– Dans leur souvenir, dans leur équilibre d'adultes, comme grand–mère.

– Et si tu te retrouves jeune veuve, tu les fais manger comment, tes futurs adultes équilibrés, avec ton trou dans ton C.V. ?

– ...

– Par ailleurs on peut souhaiter aux enfants qui ont des parents qui travaillent de pouvoir accéder à l'équilibre, quand même.

– ...

– T'es bien silencieuse.

– Je me dis que bon. Quelles que soient nos positions respectives, on sacrifie des choses, quand même. Et quel que soit notre mode de vie, on est toujours dans la preuve : qu'on est une bonne mère, qu'on peut faire carrière en allant chercher les mômes le soir.

– C'est exactement pour ça que je suis féministe. Pour qu'on ait juste le même nombre de choses à prouver que les hommes, ni plus, ni moins.

lundi 20 avril 2015

Va bien te faire cuire le postérieur, Vincent Delerm

Or donc.

Je n'ai AUCUN jugement sur le fait que des gens puissent apprécier le tour de chant de ce type, coincé en pleine mue, qui enfile des clichés comme d'autres des perles. Perso, je trouve ça physiquement douloureux de l'écouter, mais j'essaie au maximum de l'éviter et on s'en porte bien lui et moi.

Ok, le monde ne me semblait pas plus vide quand, n'entendant plus parler du type, je pensais naïvement qu'il avait fait carrière dans autre chose que la chanson, mais bon.

La semaine dernière, il a surgi dans ma radio. Comme j'étais accompagnée, nos bavardages ont couvert le son de la chanson et ça s'est passé (mais diable que c'est douloureux).

Sauf qu'après la chanson, il y a eu commentaires variés de lui et des chroniqueurs sur l'appel d'Alexandre Jardin (les Bleus Blancs Zèbres pour ceux que ça intéresse. Et que le type, déjà pas très sympathique vu de ma paroisse, commence à laisser tomber un méprisant "moi j'aime bien que les types qui écrivent les livres restent à leur place".

Alors là, pour le coup, c'est le "chanteur" qui aurait dû rester à la sienne.

Qu'on aime ou pas Alexandre Jardin, sa vie, son oeuvre, il se trouve que ce type bosse depuis des années sur l'alphabétisation. Oui, ce truc qui permet aux gens de décrypter toute la journée, du panneau indicateur à la profession de foi politique, du contrat de travail au roman qui permet de s'évader un peu.

Un sujet assez majeur, donc, tout le monde n'étant pas né dans un milieu favorisé qui permet de se la ramener avec ses études littéraires (je sais de quoi je cause, je fais partie de ces gens pour qui lire est aussi accessible que respirer).

Qu'Alexandre Jardin manifeste son manque de foi dans la chose politique en disant "regardez, ici on fait bouger des idées et ça marche", c'est plutôt plus constructif que de soupirer mollement en trouvant des bonnes raisons à ne rien faire.

Qu'il soit auteur devrait-il le disqualifier de vouloir apporter sa pierre à l'édifice ?

Qu'il s'empare, justement, d'un rôle de citoyen, parce qu'il a envie d'autre chose (qu'on juge ses idées bonnes, mauvaises, pragmatiques ou idéalistes), c'est plutôt plus glorieux que de soupirer mollement dans la radio en disant que ouais, chacun sa place.

Victor Hugo aussi, qui a quand même fait des changements de cap politiques assez notables pour qu'on les remarque, il aurait dû "rester à sa place d'écrivain" ? Derrière l'écritoire, sors nous un best seller à intervalles réguliers et surtout ferme ta gueule, tu vas agacer le petit Delerm ?

Quoi qu'il en soit, que ce "chanteur" préfère rester à sa place, c'est une chose. Qu'il ait potentiellement lui-même des activités tournées vers le monde qu'il entoure mais qu'il préfère ne pas médiatiser, c'est une possibilité.

Qu'il ait un avis arrogant et définitif sur les gens qui ne font pas comme lui ne fait que me le rendre, si possible, encore plus antipathique...

Du coup je me souhaite une nouvelle quasi décennie sans nouvelles de sa part, mon monde s'en portera mieux.

lundi 16 février 2015

Mais merde, le monde !

Je suis en colère. Triste. Effondrée. Pessimiste.

Voilà ce qu'on nous propose comme modèle de pensée facile. Je te hais parce que tu es la cause de tous mes ennuis donc je viens te tuer au nom d'une raison supérieure que je considère comme la seule et unique possible.

Des bien coiffés qui piaillaient à la cathophobie il y a quelques mois au prétexte qu'on ne considère pas leurs croyances comme ayant force de loi pour tous ceux qui ne les partagent pas, à ceux qui pensent honorer un prophète en faisant couler le sang de gens, soigneusement choisis pour leur peu de danger réel.

De ceux qui trouvent que c'est la faute aux musulmans qui sont quand même très pas comme nous, à ceux qui pensent que c'est la faute aux juifs, s'ils ne foutaient pas sur la gueule des palestiniens on en serait pas là.

De ceux qui pensent que les autres, ils sont trop foncés, trop clairs, trop à gauche ou à droite, où on s'arrête pour mettre sur la gueule du voisin ?

Et à qui profite le crime ? A des vendeur de pétrole ou de soda, à quelques plus riches que tous les autres...

Pendant ce temps nos politiciens pantins comptent leurs points gagnés à coups de discours plein d'émotions et nous font les poches, nous mentent, oui mais avec le sourire madame, en réduisant mandat après mandat ceux qui ont le droit d'être considérés par la sociétés.

Pendant ce temps-là on interroge pas nos responsabilités. Qu'avons-nous fait avec l'urbanisme qui cloisonne et sépare et compromet l'intégration de tous, depuis 50 ou 60 ans ? Qu'avons-nous fait en permettant à nos petits racismes et sexismes ordinaires de s'exprimer, ou bien en ne nous élevant pas contre celui des autres ?

Alors quoi ? On continue à faire comme si c'était la faute de l'autre, sans se demander où s'arrêtera la définition de l'autre ? On s'équipe de politiciens encore pire que ceux qu'on a, on attend que ça pète de partout en se fermant à tout ce qui ne se passe pas en bas de chez nous ?

Et on verra après si nos enfants, ou les enfants de nos enfants, profiteront d'un rebond de monde un peu meilleur ?

Je pleure du monde qu'on laisse exister en se disant que c'est la faute des autres, si on en est là.

Et je pense à nos camarades danois qui eux, n'ont pas été si longs à trouver qu'il fallait se dresser à nos côtés, quand ça a pété sous nos yeux et qu'on trouvait que çay tay trop nul, le terrorisme, bouh le vilains méchants, moi chuis contre la guerre et pour la paix dans le monde et mort aux vaches.

(Oui je suis en colère, très).

lundi 9 février 2015

Surdité partielle à Colombes

Or donc au premier conseil d'école de l'école en bas de la maison, que fréquente ma fille avec assiduité, nous avions appris que c'était pire que ce qu'on croyait.

Pas une fenêtre qui n'avait besoin de réparation (ou de changement). Des revêtements de sol épuisés. Des stores absents, ou cassés. Des éléments de sécurité hors d'état. Plus de lumière aux abords de l'école. Plus de serviettes en papier dans les toilettes. J'en passe.

Le représentant du conseil municipal avait quitté la séance en plein milieu du conseil.

Depuis il a fait une visite de repérage de travaux à faire. Qui devaient être "votés au budget". Pas de nouvelles.

Depuis les services vétérinaires sont passés à la cantine et ont noté de graves manquements : pas de séparation entre le sale et le propre, pas de locaux/vestiaires pour les agents, entre autres. Il a fallu une menace de fermeture pour que la municipalité se décide à réaliser des travaux (qui ne sont pas encore datés).

Alors certes. On est dans un quartier pauvre, ça ne doit pas remonter des masses d'impôts. Et puis y a des tas de parents d'élèves, ils n'ont même pas le droit de vote, alors pourquoi ça serait un bon investissement que d'assurer de bonnes conditions d'études à leurs enfants, hein ? (Parce que quand ces derniers auront le droit de vote, les élus actuels seront trop vieux ??)

Sauf qu'il n'est pas tolérable des enfants aient classe dans des locaux où il fait 15° le matin, à peine 18 en fin de journée. Ni pour eux, ni pour leurs enseignants.

Faute de visiophone, l'accès à l'école se fait sans la moindre possibilité de contrôle des gens qui entrent et qui sortent. Quand le portail est fermé (tout le monde sait l'ouvrir avec une clé...)

Les élus municipaux, à qui nous avons donné mandat [1] pour œuvrer pour l'intérêt général de TOUS les Colombiens, restent sourds aux questions des parents d'élèves et des responsables d'établissement.

En attendant, aux abords des marchés, les tracts pour la candidature de Mme la Maire aux départementales sont distribués avec les commentaires "si vous ne votez pas pour elle, elle n'aura plus aucun pouvoir[2]". Prenez-nous, en plus, pour des cons.

Nous demandons donc un rendez-vous en urgence pour la directrice et les délégués de parents d'élèves. Nous verrons bien si l'approche des élections permet d'améliorer la surdité partielle de nos élus.

Notes

[1] enfin perso j'étais pas pour, mais il paraît qu'on ne peut pas avoir une loi pour ceux qui ont voté pour les uns et une autre pour ceux qui ont voté autrement, alors...

[2] j'avoue que c'est un argument convaincant pour votre... pour quelqu'un d'autre. Toutefois, il est faux

jeudi 29 janvier 2015

Ca c'est privé !

Depuis quelques jours, je lis avidement le brouillon du futur livre de Tristan Nitot sur le sujet du contrôle des données récoltées sur internet, via les terminaux classiques ou les objets connectés.

C'est vertigineux. On SAIT les choses, on SAIT que des données sont collectées. Mais la mise en perspective de ce qui en est déjà fait, de ce qui pourrait en être fait, c'est une grosse claque.

Jusqu'ici je me disais : avant que quelqu'un ne s'attaque à chercher, personne par personne, à tout savoir... (encore que, j'aurais mieux fait de fermer mon neurone, sur ce coup...).

Mais même traitées en masse, nos données peuvent être exploitées à des fins avec lesquelles nous ne sommes pas "confort", comme dirait un ex boss que j'aime bien.

Dans le meilleur des cas.

Du coup j'ai passé un peu de temps sur les pages de Mozilla sur le respect de la vie privée.

Et j'ai partagé, notamment avec ma cheffe et l'équipe webmarketing. Parce qu'il me semble que nos besoins de données en prospection sont assez limités, que même, on nous filerait tout un paquet de données qu'on ne saurait pas bien quoi en faire, et que du coup, la question de : que sont les données dont nous avons vraiment besoin, comment devons-nous les obtenir, le plus éthiquement possible, et les exploiter, doit être au cœur de nos démarches.

Autant vous dire qu'arriver dans une réunion de marketteurs avec des idées pareilles sous le bras, c'est encore plus bizarre que d'arriver déguisé en poussin géant, hein.

Et bien ma cheffe bien aimée a accepté l'idée qu'on en parle et débatte et pourquoi pas qu'on se fixe une sorte de "charte", nous, nos partenaires, sur le sujet. A suivre, donc.

Suis pas peu fière (même si je sais que dans les faits, hein... Mais il faut bien commencer quelque part).

vendredi 9 janvier 2015

Je suis Frédéric

Tout le monde a été frappé, mercredi midi, par l'impensable.

Mercredi soir, dans l'immense boîte pour laquelle je travaille, nous avons appris que l'un d'entre nous faisait partie de la liste des tués.

Frédéric Boisseau était bien moins connu qu'un certain nombre des victimes de l'attentat. Il n'était ni journaliste, ni dessinateur.

Pour autant, à sa façon, il contribuait, comme les autres, à rendre la vie meilleure. Les uns par le rire, par la dénonciation. Lui par ses gestes quotidiens.

Il faisait partie de ces gens qui, peut-être dans votre entreprise, fourmillent pour vous simplifier la vie, la rendre plus agréable. Remplir les machines à café, réparer ce qui est cassé, changer des néons ou des stores cassés, nettoyer, faire la plonge.... autant de métiers de l'ombre dont on se rend compte de l'importance quand ils sont mal assurés.

Je ne connaissais pas Frédéric, je ne sais pas s'il était petit ou grand, ou blond ou brun ou à carreaux. Je ne connaissais pas le son de sa voix, la couleur de ses yeux, je ne sais pas s'il avait le sens de l'humour, s'il était gourmand ou fan de foot.

Mais je sais que lui comme moi avons été, chaque jour, guidés par les mêmes valeurs d'entreprise : esprit de service, esprit d'équipe, esprit de progrès. Respect de toutes les formes de diversité. Éthique.

Mercredi midi c'était citoyen, humain, émotionnel. Depuis mercredi soir ça touche au perso, un peu irrationnellement, mais très nettement. Cette culture d'entreprise qui nous rassemble tous, cette envie de faire du bon boulot, ce soucis de contribuer, par chacun de nos gestes quotidien, à améliorer celui de ceux pour qui nous travaillons, font partie des "guides" de tous les employés, partout dans le monde, dans nos métiers si différents, dans des pays si éloignés. Et pourtant le même fil rouge.

Depuis mercredi soir, je pleure des grands messieurs dont le travail, très visible et exposé, incarne une forme de liberté. Et je pleure Frédéric, je pense à sa femme, à ses enfants, à sa famille, qui ne pourront jamais accepter que ce jour-là, simplement en partant faire son travail, leur mari et père, fils ou frère, ait perdu la vie.

Je voudrais, une peu vainement, un peu irrationnellement, que chacun ait le nom de Frédéric en tête en même temps que Cabu et Ahmed, Wolinski et Maris, et les autres. Je voudrais qu'il soit au cœur de tous les hommages. Dans le cœur des gens. Sa vie ne valait pas moins.

Depuis mercredi soir, je suis Frédéric.

mercredi 7 janvier 2015

Sidération

On commence une journée, on a pas forcément tout à fait assez dormi, on commence comme tous les jours à peu près, on ne sait pas encore.

On travaille, on parle, on respire, on vit.

Et soudain, chacun dans une circonstance dont on se souviendra toute notre vie, on apprend. L'impensable.

Depuis la mi-journée je suis en état de sidération.

Je ne comprends pas, ça dépasse mon entendement. Comment peut-on viser la tête de gentil Duduche coiffé comme Mireille Mathieu de Cabu et tirer ? La bille de clown de Wolinski, la tête à la Jerry Lewis de Bernard Maris, la tronche d'éternel pré ado de Charb, la tignasse de Tignous ? Leur. Tirer. Délibérément. Dessus. Et les autres. Comme il dépassait mon entendement qu'on vise un enfant et qu'on tire, à Toulouse, il y a peu...

L'horreur dépasse mon entendement. Oui, ça frappe plus fort quand c'est plus près de chez nous, oui, on pense sans doute encore que tout ça, c'est chez les autres.

Pour autant je ne suis pas Charlie. D'abord parce que souvent ils m'ont fait hurler de colère, aussi souvent qu'ils m'ont fait rire, sans doute. Surtout parce que je ne suis pas exposée. Je soutiens des idées, j'agis pour le mieux que je crois possible dans mon petit monde, mais je n'ai jamais posé la cible sur mon dos, je n'ai pas vécu des années avec la possibilité tangible qu'on me tue pour mes idées. Pire encore, pour quelques mots, pour des dessins.

Il faut croire que les terroristes sont bien faibles : faire taire les idées autres par la terreur et avoir besoin de tuer à cause de la menace d'un trait de crayon, c'est finalement avoir bien peu confiance dans ses croyances, non ? Faibles, ils sont, mais il font mal. Très mal.

Alors pour surmonter cette sidération, je me laisse émouvoir. Pleurer à entendre les larmes de ce type que je n'estime vraiment pas, Val. S'émouvoir de manifestations venues de la terre entière.

Frissonner à un américain qui choisit notre langue pour affirmer son soutien.

Constater que nous sommes, malgré tout, les plus nombreux, à trouver qu'il ne faut pas, pour citer Val, laisser le silence s'installer, qu'il ne faut pas laisser la peur décider de nos libertés.

Et me réchauffer aux cris joyeux de mon fils, prendre des nouvelles de ma fille au bout du monde. Savoir qu'on fait tout pour leur donner comme arme les mots, les idées, plutôt que la terreur.

Je ne suis pas Charlie mais je pense à ceux qui sont morts, à leurs familles, leurs amis. Et je souhaite de tout mon coeur que nous tous, un plus un plus un plus un plus un, nous fassions que ça ne soit pas vain, ces assassinats incompréhensibles.

jeudi 9 octobre 2014

Le diabète gestationnel qui pose des questions

Depuis qu'on m'a diagnostiqué ce foutu diabète gestationnel au cours de ma grossesse, je me pose beaucoup de questions.

D'abord sur la prévalence de ce DG (oui j'ai la flemme, j'ai un bébé à la maison, je ne dors pas assez, j'abrège si je veux). On nous a annoncé, à l'hôpital, environ 6 % des grossesses, 10 % sur notre bassin (car population défavorisée).

Or nous étions une bonne vingtaine à la réunion hebdomadaire des futures mères fraîchement diagnostiquées. Hebdomadaire. Même s'il y avait des semaines avec moins de personnes, j'ai une puce qui commence à me gratouiller l'oreille. Mettons 10 en moyenne, fois 4 semaines et demi par mois, fois 12 mois. Rapportées aux un peu moins de 3 000 naissances annuelles qui se passent dans cet hôpital. Ok mon calcul est très approximatif, mais il y a moyen d'être très rapidement au dessus de 6, même 10 %.

Du coup je m'interroge, recense un peu mon entourage. Et là aussi, on est plus près de 20 à 30 % des grossesses qui ont reçu ce diagnostic. Avec des qui, comme moi, avaient plusieurs facteurs de risque (âge, poids, antécédents de diabète type 2,...). D'autres rien. Des jeunes minces avec personne de malade dans leur famille.

Par ailleurs, plusieurs personnes médicalement autorisées, ma gynécologue-endocrinologue en tête, la nutritionniste de l'hôpital, et j'en passe, ont considéré que la grosse chute quelques jours avant et la douleur de mon bras très présente le jour de l'examen ont très probablement conduit à une hausse de ma glycémie pour cause de stress. Car oui, un rien, un stress, une colère, une fatigue, des tas de trucs influent sur votre glycémie. On ne vous dit pas qu'aller faire trois fois le tour du labo en marche rapide avant les prises de sang vous font baisser très vite, non plus.

Or donc, nous sommes nombreuses à avoir été chopées juste au dessus du radar. Un poil de cul au dessus du seuil. Sans deuxième test possible, juste le verdict : allez hop, c'est parti.

Ce qui m'a tout de suite sauté aux yeux, c'est que l'hôpital nous a généreusement fourni les appareils de mesure. Gratuitement offert. Du coup il n'y a que les consommables à acheter, aux frais de la sécu. Pour 6 contrôles par jour, compter environ 100 euros par mois. C'est pas grave, c'est la sécu qui paye (et le labo qui s'engraisse).

L'autre chose qui m'a frappée c'est la minimisation. On vous balance le mot diabète à la gueule et puis "non mais c'est juste un petit régime à faire, hein". Et même quand vous évoquez la possibilité d'une erreur, la réponse généralement admise est que "bah de toute façon ça ne fait pas de mal, et puis comme ça vous aurez moins à perdre après la grossesse".

Alors même si je ne conteste pas le fait que manger moins sucré n'est pas nuisible, tout le monde ne passe pas sa vie obsédé(e) par les kilos (à prendre, à perdre, à regretter éternellement, à détester, etc). Par ailleurs ce principe de précaution est un peu insultant pour les femmes qui sont hospitalisées régulièrement en fin de grossesse parce que le petit ou le grand régime ne résoud pas leur VRAI diabète gestationnel.

Avec trois mois de dextros puis trois mois de recul, j'ai cette information : en suivant le régime prescrit j'étais quasi systématiquement très en dessous des seuils tolérés pendant la grossesse. Et généralement proche (par le dessous ou le dessus) de ces seuils les jours de lâchage, mais j'ai eu 95% de contrôles sans soucis, mettons.

Alors je me pose beaucoup de questions sur cette "épidémie".

Et maintenant que pour moi c'est passé mais que ma copine Lizly en est victime à son tour, je n'ai pas de meilleur conseil à lui donner (hors alimentaires :D) que : tu ne trouveras pas beaucoup d'alliés dans le sérail, alors si tu as peur de manquer d'énergie pour le reste, laisse faire, même si c'est révoltant pour toi, pour les diabétiques vrais en général et les femmes en galère pendant leur grossesse en particulier.

Parce que même si on connaît notre droit à dire non, la fin d'une grossesse comprend ce truc qu'on appelle accouchement, à la fin, qu'on a besoin de toutes nos forces pour s'y préparer et pas besoin de quelqu'un qui risquerait de nous dire : "ah ben oui mais si vous aviez fait le petit régime, il serait plus petit, votre bébé" (témoignage véridique d'une qui a refusé de plier) (et mon cul c'est du poulet concernant le poids de mon fils, par exemple).

jeudi 28 août 2014

Expériences postières

L'autre jour, j'étais au petit bureau de poste près de chez nous pour y faire un massif envoi.

J'espérais vaguement qu'on pourrait m'aider à traiter en bloc cet envoi (genre : je paye et on passe l'ensemble dans des machines à affranchir). Las. Tout ce qu'on m'a dit c'est que de toute façon les timbres de collec' (dont je ne voulais pas), il n'y en avait pas parce qu'on venait de faire un inventaire alors faut aller en centre-ville. Sinon le distributeur de timbres il est là.

Fort heureusement, j'ai un peu la pratique du mailing et j'avais trié mes enveloppes en 92 / reste de l'Ile de France / reste de la France / reste du monde. Ce qui m'a permis d'acheter mes carnets puis de peser chaque enveloppe qui allait dans des contrées exotiques et acheter la vignette correspondante.

La principale difficulté, et pas la moindre quand vous manquez de sommeil, c'est de conserver l'ordre des enveloppes et de récupérer les vignettes DANS LE MÊME ORDRE, dans le but de coller la bonne vignette au bon tarif sur la bonne enveloppe.

Et après, je me suis installée comme j'ai pu en plein milieu du bureau de poste et collé tous mes timbres. Modernité totale des installations, retour en arrière brutal de l'usagère (je ne sais pas si on a franchi le cap de parler de clients ???) qui n'avait pas joué à coller des timbres aussi nombreux depuis bien des années.

J'en suis sortie un peu partagée, de cette expérience.

Et puis hier matin, j'entends trois coups frappés discrètement. Je bondis à la porte pour y trouver "le facteur des colis", que je remercie de n'avoir pas sonné, et qui me répond qu'il l'a fait exprès puisqu'il sait qu'on a un bébé.

Tout gentil et fort attentionné, il m'a même posé les volumineux colis à un endroit plus pratique que dans le chemin.

Du mal à envisager que ça tienne de la même maison, tout ça.

(Mais merci à lui, encore et encore) !

jeudi 31 juillet 2014

Il n'est de meilleure compagnie qui ne se quitte

En ces temps de nouveautés, de découvertes d'un petit être, et de morceaux de nous par la même occasion, je peine à m'ouvrir au monde. Pas aux copains, aux amis, aux humains chouette, non, mais aux nouvelles du monde du moment et à la haine violente qu'elles suscitent. Du mal à comprendre à quoi ça rime et où ça mène.

Bref. Malgré tout un peu de la violence de notre bonne vieille planète s'est infiltrée chez nous. Figurez-vous qu'un compagnon de 14 ans et quelques m'a plantée là, quittée comme une vieille chaussette, abandonnée.

Il faut dire qu'il devait se sentir trahi et suborné depuis quelques temps. Depuis que ce n'est plus avec moi qu'il a des rapports privilégiés.

N'empêche, il faisait partie des premiers à visiter mon tout premier apartement. J'avais ouvert des yeux effarés à son coût (mal indiqué), mais l'avais rapporté néanmoins.

Il avait parfois donné des signes de faiblesse, mais 14 ans de loyauté, ça n'est pas rien.

Et puis la semaine dernière, la femme de ménage l'a mis en route et il a fait un bruit étrange. On l'a inspecté sous toutes ses coutures sans trouver la source, mais pour différentes raisons on s'est dit que son heure était venue.

Et en plus d'un nouveau bébé, on a depuis ce matin un nouvel aspirateur (SILENCIEUX !!!!).

Rest In Peace, premier aspirateur de ma vie adulte.

mardi 8 avril 2014

Nous sommes tous des extra-terrestres

L'autre soir, je regardais un documentaire sur l'histoire de la terre sur National Geographique (ou une autre chaîne du câble par là-bas au fond).

C'était fort intéressant, encore que basé sur des parti-pris (sans qu'il soit jamais dit que c'était l'un des parti-pris et non un consensus scientifique).

Bref. Assez vite, donc, on nous explique que la terre a été bombardée de comètes porteuses de glace, qui sont à l'origine de l'essentiel de l'eau sur notre planète. Puis que d'autres comètes ont apporté d'autres particules, et que la combinaison des deux mènerait, un peu après, aux premiers frémissements de la vie.

Du coup je souriais en me disant que le monde dans lequel on vit passe un temps énorme à rejeter celui qui n'est pas comme nous. Alors qu'au fond, on est tous extra-terrestres, si on remonte un peu loin dans nos arbres généalogiques.

Mon Enchanteur qui est plus poète que moi préfère citer l'admirable Hubert Reeves et parler de poussière d'étoiles.

Fort heureusement on a refait consensus un peu plus tard devant la mort des derniers dinosaures (il y avait là un T-Rex qui surjouait un peu, si vous voulez notre avis).

(J'aime beaucoup ces moments où se mélangent rêves éveillés, science qui nous est offerte et rigolades).

vendredi 21 mars 2014

A quelques heures du vote

On a de la chance, chez nous, ce n'est pas trop difficile de savoir pour qui voter aux municipales. Le maire sortant a l'air d'un chic type, son bilan est tout à fait montrable, et en plus on l'a déjà vu pour de vrai !

Ce qui n'empêche que la concurrence s'agite, notamment en raison des multiplications des listes dans son camp.

C'est ainsi que l'équipe de la maire d'avant (huhuhu la sale liaison) bat le pavé à la sortie des marchés et supermarchés. C'est exotique, on ne les voit qu'en période d'élections. C'est comme les cerisiers du Japon, ça donne une idée de la saison, en somme.

Bref, l'autre jour, l'une d'entre elle voulait nous fourguer un bracelet pour la Journée de la Femme. Comme elle était plus petite que moi je l'ai toisée de toute ma hauteur et de tout mon militantisme pour lui dire "C'est la Journée de LUTTE pour les DROITS des Femmes, pas la Fête des Mères...".

Et elle de me répondre : "ah mais on peut lutter avec un bracelet, hein, huhuhu".

Il faut dire que ce parti a fourni nombre de manifestants ces mois derniers au rangs des cathos homophobes intolérants arriérés et bouchés de l'entendement, du coup on ne s'attend pas à beaucoup plus pertinent.

Hier soir, coup de sonnette. Ils voulaient s'assurer qu'on avait bien le programme de leur candidate.

Il faut vous dire qu'on habite un quartier surnommé "le petit coeur rouge" de notre ville, autant vous dire qu'on a quasi plus de chances de croiser un zébu en rut qu'un militant de chez eux, par chez nous.

Bref. Mon Enchanteur qui est un garçon bien plus gentil et poli que moi les a éconduits fermement mais courtoisement.

Depuis je rumine. Je regrette de ne pas leur avoir ouvert la porte et monté un grand sketch façon "mais avec tous les étrangers qu'il y a dans le quartier, vous n'avez pas peuuuuur ?? Et qui sais, si ça se trouve, on a peut-être aussi des homosexuels, allez savoir ?". Avant de les envoyer à ma voisine / copine et coco préférée, Marcelle, qui les aurait probablement reconduits manu militari aux frontières du centre-ville.

Oui je sais. C'est pas gentil et assez mal élevé.

Mais figurez-vous qu'en plus d'être hypothyroïdique, je suis également hypotolérante à la connerie.

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