Sacrip'Anne

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Mot-clé - carapaces et résiliences

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lundi 11 janvier 2016

Bonheur aquatique

On pourrait se dire que c'est un bonheur de commencer le week-end plus tôt.

Sauf quand on fait un démarrage en trombe suite à l'appel de la baby-sitter parce qu'il y a de l'eau partout dans la cuisine.

Quand je suis arrivée à la maison, il y avait deux centimètres de flotte dans la cuisine ET dans les toilettes.

Mais retenons-en les choses positives :

  • la baby-sitter a des nerfs d'acier et un père qui s'y connaît en plomberie. Du coup elle avait fait ce qui pouvait être fait avant mon arrivée, et a continué à s'occuper de Lomalarchovitch avec un calme souverain pendant que je m'agitais
  • Je n'ai géré, à la force de ma wassingue QUE 15 litres toute seule, les 25 autres ayant été engloutis par l'aspirateur à eau de mon gardien. Car oui, j'ai un gardien qui, même en dehors de ses heures de boulot, rapplique en 20 minutes avec un aspirateur à eau. Il n'a pas volé ses étrennes, sur ce coup-là.
  • le coupable n'était pas une canalisation grande ou petite, mais le réservoir de la chasse d'eau qui s'est fêlé, puis cassé. Comme ça, pof, d'un coup ou quasi. Du coup c'est une réparation à pas trop cher et sans gros dommages collatéraux.

cassure.jpg

Alors certes, ça pue chez nous mais.

  • on a nettoyé assez vite pour que le risque d'infiltration chez mon voisin du dessous soit peu probable (d'ailleurs il est venu me dire de la part de sa femme qu'on faisait du bruit, no shit, Sherlock)

Et ok mon panier malgache et une partie de son contenu sont à la poubelle mais.

  • on a deux jolis petits meubles de rangement trouvés à moins cher que ce que je craignais pour ranger le dessous de notre plan de travail, et c'est joli.

On va exercer toute la force du déni pour oublier le samedi de Lomalarchovitch au taquet dans un combo "ohlala tout ce stress autour de moi / j'ai mal aux dents / j'ai le pouvoir de dire non / je suis hypotolérant à la frustration" pour ne se souvenir que de ses câlins d'hier.

On va se concentrer sur la douceur de ma fille et sa présence apaisante hier soir. Et puis de notre crêpe party.

Et se dire que bon. Il y aura d'autres week-ends. Plus reposants.

Et que quand même on a eu du bol.

jeudi 9 octobre 2014

Le diabète gestationnel qui pose des questions

Depuis qu'on m'a diagnostiqué ce foutu diabète gestationnel au cours de ma grossesse, je me pose beaucoup de questions.

D'abord sur la prévalence de ce DG (oui j'ai la flemme, j'ai un bébé à la maison, je ne dors pas assez, j'abrège si je veux). On nous a annoncé, à l'hôpital, environ 6 % des grossesses, 10 % sur notre bassin (car population défavorisée).

Or nous étions une bonne vingtaine à la réunion hebdomadaire des futures mères fraîchement diagnostiquées. Hebdomadaire. Même s'il y avait des semaines avec moins de personnes, j'ai une puce qui commence à me gratouiller l'oreille. Mettons 10 en moyenne, fois 4 semaines et demi par mois, fois 12 mois. Rapportées aux un peu moins de 3 000 naissances annuelles qui se passent dans cet hôpital. Ok mon calcul est très approximatif, mais il y a moyen d'être très rapidement au dessus de 6, même 10 %.

Du coup je m'interroge, recense un peu mon entourage. Et là aussi, on est plus près de 20 à 30 % des grossesses qui ont reçu ce diagnostic. Avec des qui, comme moi, avaient plusieurs facteurs de risque (âge, poids, antécédents de diabète type 2,...). D'autres rien. Des jeunes minces avec personne de malade dans leur famille.

Par ailleurs, plusieurs personnes médicalement autorisées, ma gynécologue-endocrinologue en tête, la nutritionniste de l'hôpital, et j'en passe, ont considéré que la grosse chute quelques jours avant et la douleur de mon bras très présente le jour de l'examen ont très probablement conduit à une hausse de ma glycémie pour cause de stress. Car oui, un rien, un stress, une colère, une fatigue, des tas de trucs influent sur votre glycémie. On ne vous dit pas qu'aller faire trois fois le tour du labo en marche rapide avant les prises de sang vous font baisser très vite, non plus.

Or donc, nous sommes nombreuses à avoir été chopées juste au dessus du radar. Un poil de cul au dessus du seuil. Sans deuxième test possible, juste le verdict : allez hop, c'est parti.

Ce qui m'a tout de suite sauté aux yeux, c'est que l'hôpital nous a généreusement fourni les appareils de mesure. Gratuitement offert. Du coup il n'y a que les consommables à acheter, aux frais de la sécu. Pour 6 contrôles par jour, compter environ 100 euros par mois. C'est pas grave, c'est la sécu qui paye (et le labo qui s'engraisse).

L'autre chose qui m'a frappée c'est la minimisation. On vous balance le mot diabète à la gueule et puis "non mais c'est juste un petit régime à faire, hein". Et même quand vous évoquez la possibilité d'une erreur, la réponse généralement admise est que "bah de toute façon ça ne fait pas de mal, et puis comme ça vous aurez moins à perdre après la grossesse".

Alors même si je ne conteste pas le fait que manger moins sucré n'est pas nuisible, tout le monde ne passe pas sa vie obsédé(e) par les kilos (à prendre, à perdre, à regretter éternellement, à détester, etc). Par ailleurs ce principe de précaution est un peu insultant pour les femmes qui sont hospitalisées régulièrement en fin de grossesse parce que le petit ou le grand régime ne résoud pas leur VRAI diabète gestationnel.

Avec trois mois de dextros puis trois mois de recul, j'ai cette information : en suivant le régime prescrit j'étais quasi systématiquement très en dessous des seuils tolérés pendant la grossesse. Et généralement proche (par le dessous ou le dessus) de ces seuils les jours de lâchage, mais j'ai eu 95% de contrôles sans soucis, mettons.

Alors je me pose beaucoup de questions sur cette "épidémie".

Et maintenant que pour moi c'est passé mais que ma copine Lizly en est victime à son tour, je n'ai pas de meilleur conseil à lui donner (hors alimentaires :D) que : tu ne trouveras pas beaucoup d'alliés dans le sérail, alors si tu as peur de manquer d'énergie pour le reste, laisse faire, même si c'est révoltant pour toi, pour les diabétiques vrais en général et les femmes en galère pendant leur grossesse en particulier.

Parce que même si on connaît notre droit à dire non, la fin d'une grossesse comprend ce truc qu'on appelle accouchement, à la fin, qu'on a besoin de toutes nos forces pour s'y préparer et pas besoin de quelqu'un qui risquerait de nous dire : "ah ben oui mais si vous aviez fait le petit régime, il serait plus petit, votre bébé" (témoignage véridique d'une qui a refusé de plier) (et mon cul c'est du poulet concernant le poids de mon fils, par exemple).

mercredi 10 septembre 2014

Comment l'huile de pépin de raisin empêche d'accoucher comme une femme, une vraie

La maternité où j'ai accouché a un beau site internet (tout neuf ? Récent ? Bref. Il fait environ moderne). Sur lequel la maternité donne une liste des choses à prévoir dans les valises. Car quand on part accoucher on prend : la valise du bébé, notre valise à nous ET le sac pour la salle de naissance. Ça en fait des trucs à porter avec, potentiellement, des contractions toutes les 5 minutes et un ventre énorme, me direz-vous, mais les accompagnants ont, c'est bien connu, douze bras pour soutenir la parturiente, conduire et garer la voiture, porter les valoches et remplacer les mains qu'on aura écrasées dans d'horribles souffrances.

Quoi qu'il en soit, pour les valises du séjour, j'ai fait comme ça me paraissait bien. Et il y en avait encore trop sachant qu'un certain nombre de choses étaient, malgré les apparences, disponbiles là-bas.

C'est pour le sac de la salle de naissance que j'ai fait glurps. Y avait des trucs de bon sens. Des idées chouettes comme : n'oubliez pas de prendre de la musique si vous en voulez. Et "une bouteille d'1 litre d'huile de pépin de raisin".

J'ai immédiatement plongé sous l'immense tapis du déni. Dont je ne serais jamais sortie si je n'y étais pas en très très très mauvaise compagnie.

Parce que si vous avez accouché, vous avez une idée de ce qui va suivre. Mais sinon, je m'apprête à vous révéler un truc qui va vous faire contracter du périnée toute la journée.

Oui il s'agit du périnée. Et cette huile, notamment connue pour sa neutralité dans la réalisation de la fondue bourguignonne, est là pour...

(Je respire et je prends mon souffle pour vous révéler l'atroce vérité, mais j'en ai encore des spasmes de "j'veux pas le savoir")....

... pour qu'on vous masse gentiment ledit périnée avec ladite huile dans un but d'assouplissement et pour éviter que votre bébé ne déchire tout sur son passage.

Je sais, ne me remerciez pas, vous allez spasmer et vomir toute la journée. Notez qu'entre fondue et fondement, on voit tout de suite mieux ce que "va bien te faire cuire le cul" a comme origine.

Or donc, il nous fallait de l'huile de pépin de raisin. Autant vous dire que j'ai quand même séjourné aux frontières du déni pour demander à mon amoureux de la prendre dans le rayon, vu que moi, rien que de penser à son usage, j'étais moyennement partante.

Et finalement (on a envie de dire ouf, je vous renvoie aux raisons profondes qui font que j'ai bien vécu cette césarienne, ça tient à peu de choses), on en a pas eu besoin.

Du coup, dans l'idée de rendre service à ma voisine et camarade twittérienne Neea, je lui ai offert la bouteille, comme une aînée passe le flambeau de la maternité, comme un trophée qu'on se transmet, etc (je vous laisse broder ici les envolées lyriques de votre choix).

Pour ne rien vous cacher, on a pas creusé le sujet de nos périnées et de nos ressentis sur le sujet.

Mais il se trouve qu'elle aussi a accouché par césarienne.

De là à dire que l'huile de pépin de raisin est le meilleur répulsif de l'accouchement naturel au monde, il n'y a qu'un pas que je franchirai avec toute la mauvaise foi dont je suis capable.

(Et oui, le titre est une provoc, que les commentateurs attirés par les moteurs de recherche des générations futures me pardonnent.)

vendredi 23 mai 2014

Prendre soin de soi

En voilà une expression qui me fait bondir.

Pas dans la réalité de l'encouragement à se faire du bien.

Dans son injonction "beauty glam girly" qui consiste à dire qu'une femme / fille ne prend pas soin d'elle si elle n'est pas déguisée en dadame avec le maquillage comme il faut et la coupe de cheveux à la mode.

C'est particulièrement exaspérant dans les émissions de relooking, où on considère que la fille qui vit super bien dans ses vêtements, elle ne prend pas soin d'elle et qu'il FAUT intervenir (généralement elle se fait balancer par ses proches). C'est plus rarement un garçon et il faut qu'il soit très décalé des normes sociales pour qu'on l'envoie se faire formater.

Or, il me semble, le soin de soi, ce n'est pas cosmétique. Ça peut l'être aussi, mais ça n'est pas ça avant tout.

On ne doit à personne la beauté, l'apprêtement, l'épilation au poil près, le rasage impeccable, le vêtement à la mode. On se doit, à soi, de faire ce qu'on doit pour se sentir bien selon nos besoins individuels.

Si la vie en collectivité fait que l'hygiène est un facteur de la bonne santé générale, personne ne doit vous dire que le rouge est votre couleur, qu'avec votre forme de visage il est hors de question que vos cheveux soit comme ci ou comme ça, et que votre morphologie en O vous interdit à tout jamais le port de vos chaussures préférées. Qui en plus font "trop jeunes", "trop vieilles", "trop pas assez", au nom de l'injonction du moment.

Alors prenez soin de vous. Pas comme le voudraient les gens qui font fortune sur votre besoin de croire qu'en changeant de marque, votre vie va s'améliorer.

Juste en vous faisant le plus de bien possible, quelle qu'en soit VOTRE manière (pour peu qu'elle reste à peu près légale et ne fasse pas de mal à autrui).

lundi 23 janvier 2012

Le choix de la douceur

Il y a la vie et tout ce qu'elle est.

Pas la peine d'avoir eu une enfance de merde pour se rendre compte que ça ne va pas être facile tous les jours. Il y a ceux qui meurent, ceux qui sont malades, forcément ceux qu'on aime le plus. Il y a les galères, les chagrins d'amour. Il y a le boulot et ses petites et grandes maltraitances.

Il y a la vie.

Ses hauts, ses bas, son temps qui file, ce qu'on voudrait faire durer toujours et ce qui pèse, même quand ça ne dure que quelques secondes.

Certains, face à la vie, se blindent tant qu'ils peuvent.

D'autres pas.

Chacun son choix.

Je fais partie de ceux qui pensent qu'il ne faut pas confondre gentillesse et faiblesse, bienveillance et complaisance. De ceux qui pensent que dans la vie, la force qu'on a, on la puise dans quelques liens humains qui nous grandissent, nous font du bien. Qu'en acceptant le bon, le doux, on devient encore plus à même d'en distribuer et de faire en sorte que ceux qui en ont besoin puissent s'appuyer sur nous comme on s'appuie sur eux.

Oui, il y a du danger à s'abandonner un peu. Celui de souffrir, un jour ou l'autre. Celui de se tromper. Mais il y a, surtout, du bonheur à se sentir pas tout à fait isolé sur la planète. Et de ces intimités, amicales, amoureuses, faire une force plus puissante qu'une carapace.

C'est le choix que j'ai fait et qui fait ricaner, hausser les épaules, sans doute, à ceux qui ont choisi autrement. Ou alors ils font comme moi : il s'en foutent. Chacun sa façon pour peu que ça fonctionne pour soi. Et apprendre à ne pas vouloir convertir le reste du monde à sa propre vérité.

C'est le choix que j'ai fait. Le choix de la douceur. Parce que si on apprend pas à en fabriquer un peu, le reste est vraiment dur à avaler...

BaouBaou

jeudi 5 janvier 2012

Facile de m'atteindre

C'est facile de m'atteindre parce que quand je rencontre un être humain avec qui j'ai envie d'échanger, et qui a envie d'échanger avec moi, je donne par parti pris de bienveillance, par joie de découvrir un(e) autre sympa, toute ma confiance.

Alors foin de carapaces et autres méfiances. Il n'y a de système défensif chez moi que quand on m'attaque, mais il n'est pas naturel, il faut que je le mette en place.

Et du coup, c'est facile de toucher là où ça blesse, puisque je ne mets (toujours pas) de carapace.

Le mensonge, la mauvaise foi extrême, le déni, ça me met dans des états qu'on ne peut pas imaginer.

Fort heureusement, il est des gens pour me rappeler l'essentiel. M'aider à panser vite les plaies.

Mais pour le coup, autant avant j'étais partisane de la deuxième, troisième, quatrième, cinquième tentative, il en fallait tant et tellement pour que je me retire, autant mes dernières expériences dans le domaine de redonner la confiance après blessure ont été si catastrophiques que, par réflexe, quand je vois que ça a l'air par trop insoluble, que la situation ne sert qu'à se faire du mal, je fais trois pas en arrière et je me mets, cette fois, à l'abri. Au creux des bras de mon enchanteur, le nez dans les cheveux de ma fille, ou les deux à la fois.

Et je savoure ma chance d'avoir ces deux-là. Ca aide à bien des choses.