Sacrip'Anne

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Mot-clé - bouts de vie

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lundi 25 juin 2012

Presque 36 heures

Entre samedi quand il est rentré et ce matin quand je suis partie, il s'est passé presque 36 heures où, mon Enchanteur et moi, ne nous sommes pas éloignés de plus de quelques pas.

36 heures !!!

Luxe !!

A y réfléchir, il y avait eu, sans doute, quelques jours de ce genre en septembre, puis la veille de Noël, trois jours en mai... et c'est tout.

Car si je suis heureuse pour lui que mon Enchanteur travaille, et travaille beaucoup, dans le difficile métier qui est le sien, qu'il s'y épanouisse et qu'il me donne le plaisir d'avoir régulièrement l'occasion de l'admirer, force est de constater que du point de vue conciliation des agendas du temps libre, c'est moyen.

Alors quand il tombe un jour de vrai week-end pour nous faire patienter jusqu'aux vacances, on profite, on savoure, on se régale.

Et on a pas du tout envie d'aller au turbin le lendemain, pour ce qui me concerne...

lundi 14 mai 2012

Voix d'outre tombe

L'autre soir, je parlais avec ma tante au téléphone, et entre le décalage horaire, les soucis de sa maison parisienne, et puis peut-être que je l'ai sortie de la sieste, elle avait la voix un peu voilée, un peu enrouée.

Et ça m'a fait tout bizarre, parce qu'à deux ou trois moments, avec le phrasé et les mots, on aurait cru ma grand-mère.

A cela rien de très anormal, ma grand-mère était sa mère.

Mais ça m'a fait un truc qui m'a fait des trucs bizarres dans le creux du ventre, que d'entendre quelques nano secondes "cette" voix (qui a mobilisé tant de temps au téléphone, il faut bien le dire), même si je savais que ce n'était pas "sa" voix.

Rememberance of things past et toutes ces sortes de choses.

jeudi 22 mars 2012

Un printemps démarre

Jour le matin au réveil. Plutôt soleil. Douceur des températures dans la journée. Explosion de bourgeons, cerisiers en fleur. Odeur de terre si particulière.

Petit moment de joie le soir à entendre la voix de maman, puis papa. Les voix sont bonnes, plutôt. Rigolades partagées. Vivement dans quelques jours, que les déviations soient faites, les coutures ourlées, et que la suite commence, quand même.

Passages toulousains des copines. Les accents se succèdent, pas forcément ceux de la ville rose. Les rires, aussi, les bons moments. Le plaisir d'être ensemble.

Bonheur de voir Cro-Mignonne irradier de joie de vivre. Sa façon d'être elle me réjouit. Petit bonheur à pattes si prompte à donner de l'amour, de la tendresse, et des idées neuves.

Bonheur aussi à partager enchantée des moments de vie avec mon Enchanteur. Joie infinie de le faire rire. Amusements partagés à dire pareil au même moment. Moments tout simples emplis d'évidence dans "l'être heureux ensemble".

All in all, ça pourrait être un beau début de printemps, oui.

lundi 23 janvier 2012

Le choix de la douceur

Il y a la vie et tout ce qu'elle est.

Pas la peine d'avoir eu une enfance de merde pour se rendre compte que ça ne va pas être facile tous les jours. Il y a ceux qui meurent, ceux qui sont malades, forcément ceux qu'on aime le plus. Il y a les galères, les chagrins d'amour. Il y a le boulot et ses petites et grandes maltraitances.

Il y a la vie.

Ses hauts, ses bas, son temps qui file, ce qu'on voudrait faire durer toujours et ce qui pèse, même quand ça ne dure que quelques secondes.

Certains, face à la vie, se blindent tant qu'ils peuvent.

D'autres pas.

Chacun son choix.

Je fais partie de ceux qui pensent qu'il ne faut pas confondre gentillesse et faiblesse, bienveillance et complaisance. De ceux qui pensent que dans la vie, la force qu'on a, on la puise dans quelques liens humains qui nous grandissent, nous font du bien. Qu'en acceptant le bon, le doux, on devient encore plus à même d'en distribuer et de faire en sorte que ceux qui en ont besoin puissent s'appuyer sur nous comme on s'appuie sur eux.

Oui, il y a du danger à s'abandonner un peu. Celui de souffrir, un jour ou l'autre. Celui de se tromper. Mais il y a, surtout, du bonheur à se sentir pas tout à fait isolé sur la planète. Et de ces intimités, amicales, amoureuses, faire une force plus puissante qu'une carapace.

C'est le choix que j'ai fait et qui fait ricaner, hausser les épaules, sans doute, à ceux qui ont choisi autrement. Ou alors ils font comme moi : il s'en foutent. Chacun sa façon pour peu que ça fonctionne pour soi. Et apprendre à ne pas vouloir convertir le reste du monde à sa propre vérité.

C'est le choix que j'ai fait. Le choix de la douceur. Parce que si on apprend pas à en fabriquer un peu, le reste est vraiment dur à avaler...

BaouBaou

jeudi 19 janvier 2012

Le vieux charmeur littéraire

Samedi matin d'il y a presque deux semaines, j'ai pris le métro très tôt, pour prendre un autre métro, pour prendre l'Orlybus.

Dans le métro du samedi matin, très tôt, il n'y a pas tant de monde, même sur l'effroyable ligne 13 (les lecteurs qui la connaissent auront eu, juste à lire ce mot et ce nombre, un frisson d'épouvante le long de l'échine).

Largement de quoi s'assoir et caser le sac de voyage, le sac de l'appareil photo, le sac à main. Et se poser avec un bouquin.

En face de moi s'installe un (pardon papa) monsieur plus vraiment très jeune. Disons entre 60 et 65 ans. Il s'assied donc, et se tord le cou pour voir ce que je lis.

- C'est anglais, non ?

- Oui, c'est anglais (c'était l'excellent La chute du British Museum de David Lodge. Plus anglais tu meurs).

Je reprends ma lecture et ris de bon cœur aux pérégrinations d'Adam Appelby, emmêlé dans sa frustration sexuelle, sa famille déjà nombreuse et ses principes de catholique déjà pratiquant, à la sauce parodique portant plutôt à la bonne humeur.

- C'est drôle ? demande, observateur, mon voisin d'en face ?

- Oui, très, réponds-je.

- Moi je suis plutôt classiques. Et là il me montre son propre livre, un exemplaire de poche et hors d'âge de Les dieux ont soif d'Anatole France.

Je me garde bien de lui dire que je l'ai lu au moins trois fois, à la fac, qu'il ne m'en reste qu'un souvenir ennuyé de ce roman sur fond de Terreur, qu'il me semble qu'Anatole France a mal vieilli (enfin lui, oui, bien sûr, il en est mort, ses écrits, surtout) et que bon...

Je me dis que tous les goûts sont dans la nature et que tant mieux s'il prend plaisir à son Anatole. Tant qu'il ne me force pas à le relire !

Alors je lui dis : "on trouve de bien belles choses, aussi, dans les classiques".

Et replonge mon nez dans la culotte en dentelle d'Adam (faut lire pour comprendre).

Mon voisin n'use pas trop son propre livre. Il se lève, et avant de descendre me salue d'un "bonne lecture, mademoiselle !" (hinhinhinhinhin vil flatteur)

C'est rigolo, je trouve que le métro est un lieu très rassurant pour ceux qui ont peur que les gens ne lisent plus. Il me semble qu'on y voit beaucoup de gens le nez dans un bouquin, et que c'est plutôt un signe agréable.

Mais peut-être que ce monsieur ne le savait pas, qu'il était content de partager un instant de connivence littéraire ? En tout cas, ça aussi, ça porte à la bonne humeur. Se parler de livres dans le métro.

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