Ce matin déjà passablement bougonne au volant de mon automobile, j'entendais parler du énième régime de réforme des retraites.

Après une looooongue explication du principe du trimestre supplémentaire tous les chais plus combien de temps, le journaliste rapporteur annonçait triomphalement que pour les natifs de 1973 (et suivantes), le nombre d'années à accomplir serait de 43[1].

43.

Longues.

Années.

En estimant que j'ai dû commencer à cotiser autour de 20 ans (à la louche), il m'en resterait 25 à faire.

Perspective singulière. Non parce que moi, mon boulot, techniquement, je l'aime. C'est juste ce qui va autour qui pose parfois soucis.

La vie dans une entreprise privée, de nos jours, ça peut ressembler pas mal à une succession de secouages de cocotier pour ne garder que ceux qui sont bien accrochés.

Et quand vous vous tenez fort à la noix de coco, probablement, un jour on vous dira que vous êtes trop vieux, ou trop cher, ou pas assez ceci ou cela.

Dans mon job j'ai de la chance : l'emballage est plutôt soigné.

Il n'en reste pas moins que 25 ans ??[2] Pfiou.

Parfois je me dis que c'est la forme moderne du travail qui faudrait réformer. ♪ ♫ You can say, I'm a dreamer ♫ ♪ et toutes ces sortes de choses.

Mais quand même.

Même en aimant son job à l'emballage plutôt soigné, je ne suis pas sûre que ça me fasse envie. (La question de ne pas avoir le choix étant, par ailleurs, tout à fait essentielle dans le principe de réalité).

Notes

[1] c'est là qu'on voit la différence entre un geek et un énarque, même pas foutu de faire un beau 42 qui nous aurait fait marrer

[2] à supposer que la réforme d'après les réformateurs n'abolisse pas simplement la retraite