Sacrip'Anne

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Cro-Mignonne Incorporated

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lundi 13 mai 2013

La terrifiante histoire de Clara et du Ronpiche (histoire pour ma fille)

Clara ne dormait pas, cette nuit là.

Elle entendait un bruit sourd jusque dans sa chambre. Jusque sous sa couette. Rrrrrronnnnppiche. Rrrrrronnnnppiche.

Elle connaissait ce bruit, c'était signe que l'un de ces terribles envahisseurs avait profité de la nuit pour squatter la maison.

Un Ronpiche.

Elle hésita longtemps. S'enfouir un peu plus sous la couette, terrifiée ? Ou bien partir à la recherche de ce Ronpiche et s'en débarrasser une fois pour toute ?

Clara était une petite fille courageuse. C'est donc la deuxième solution qu'elle choisit. Par précaution, elle enfila son casque de pompier, ses lunettes de piscine, prit sa lampe de poche qui ne marche pas et son épée de pirate. Et commença par faire le tour de sa chambre.

Pas de Ronpiche dans sa chambre.

Très lentement, très doucement, elle ouvrit la porte. Aucun Ronpiche dans le couloir.

Elle entra avec mille précautions dans la salle de bains. Zéro Ronpiche ici. Pas plus que dans les toilettes.

La cuisine était baignée par la lumière des lampadaires, il fut facile à Clara de vérifier que ce satané Ronpiche ne s'y cachait pas non plus. Non, même pas dans le réfrigérateur !

Elle pénétra ensuite le salon. Très lentement, très doucement, elle se pencha pour vérifier sous tous les meubles, derrière toutes les chaises. Pas l'ombre d'un pet de Ronpiche.

Mais le bruit du Ronpiche persistait.

Clara savait qu'elle devait continuer ses recherches.

Elle ouvrit en silence la porte de la chambre de son frère. Elle se fraya un chemin entre les trente-mille-douze chaussettes par terre, les quatre-vingt-douzaines de milliards de jouets en vrac, souleva tout ce qui ne puait pas trop, et se rendit à l'évidence.

Ce crétin de Ronpiche n'était pas là non plus.

C'est en ouvrant la porte de la chambre de ses parents qu'elle sut qu'elle approchait du but. Le bruit du Ronpiche y était plus fort que partout ailleurs.

Elle regarda derrière la porte, sous le lit, toujours pas de Ronpiche... et pourtant, forcément, il était là !!!

Elle comprit alors l'horrible vérité !

Forcément, le Ronpiche était dans le lit de ses parents, et il avait commencé à les dévorer !

Vite ! Pourvu qu'il soit encore temps !

Clara brandit son épée de pirate et commença à frapper partout du plat de la lame en plastique sur la couette, pour déloger le Ronpiche.

La lumière s'alluma et ses parents se relevèrent d'un coup.

"Mais qu'est-ce que c'est que ce bazar, Clara, qu'est-ce que tu fais ici ?"

"Euh, c'est-à-dire qu'il y a avait un terrifiant Ronpiche dans votre lit et il fallait le tuer avant qu'il ne vous dévore et..."

La maman de Clara éclata de rire.

"Tu as raison ma chérie, il y a bien un Ronpiche dans ce lit. Mais il ne veut pas du tout nous tuer ! En fait ..."

Son père s'était déjà rendormi, et de ses narines sortait un...

... terrifiant Rrrrrrrrrrrrrrrronpiiiiiche, Rrrrrrooonnnnnpiche. [1]

Note

[1] Histoire inventée pour Clara pendant les vacances et qui la fait beaucoup rigoler, surtout quand on beau-père ronfle, allez comprendre.

lundi 6 mai 2013

Images et souvenirs

Mon objectif premier pour cette première salve de vacances printanières (car il y en aura quelques autres jours la semaine prochaine, sans compter les deux fériés de celle qui démarre, on ne va pas se laisser abattre), c'était de passer le plus de temps possible avec Cro-Mignonne.

Pour le plaisir, bien sûr, mais pour lui dire aussi, en actes, qu'à défaut d'avoir des solutions rapides et efficaces à ses soucis avec le Lutin, j'étais là, avec elle, pour elle.

Alors en vrac, on a beaucoup cuisiné (elle a fait son premier gâteau en lisant elle-même la recette), beaucoup lu, acheté son premier dictionnaire et quelques "Bibliothèque Rose", rigolé, fait des câlins, fait des changements d'eau pour Oscar le Chieur (y a qu'à voir la photo, ceci est sa production de... trois jours...), installé le nouvel aquarium-cadeau d'anniversaire dans lequel le poisson prendra ses aises le jour J, vu des amies, parlé, parlé, parlé, dit des bêtises, fait des câlins, regardé des quantités industrielles de "Norbert et Jean" et de Dîners presque parfaits, pris l'air un peu, mais pas trop, parce que météo et allergies se sont relayées pour lui pourrir les bronches. Collé des dizaines de vignettes Panini. Fait des blagues drôles et d'autres d'âge bête (oui, on est en plein dedans. Oui, toutes les deux). Ri d'un tricot dont l'une des couleurs part en biais et pas l'autre.

On a pleuré un peu aussi, dans un accès de chagrin de "c'est trop injuste je veux qu'il arrête". On a passé du temps à trois avec l'Enchanteur.

On a fait des câlins (oui, encore d'autres).

Et hier je l'ai déposée chez son père pour une semaine.

J'ai un énorme trou en forme de ma fille dans le cœur, depuis.

Mai 2013 Collages

Mai 2013 Oscar

Mai 2013 Tricot

Mai 2013 Repas

mardi 11 décembre 2012

Petite lectrice

Dès la rentrée, je crois qu'elle s'est sentie autorisée à savoir lire, alors qu'il me semble bien qu'elle avait déjà pigé le truc, avant.

Depuis elle a pris de l'assurance, et désormais, le soir, ce n'est plus moi qui dispense la page de lecture ou l'histoire, mais bien elle qui nous ravit de ses mots joliment déchiffrés.

J'adore le grasseyement de ses r quand elle fait le son des lettres des mots qu'elle ne connaît pas, ses petites intonations qui commencent à venir en même temps que la lecture, ses dernières rares hésitations sur les trucs compliqués du genre gn, son air triomphant à la fin de la page, son plaisir quand les soirs sans école du lendemain, elle est autorisée à lire un peu avant de dormir.

Je crois que ça, j'ai réussi, lui transmettre le plaisir de lire. J'en suis immensément heureuse pour elle.

vendredi 7 décembre 2012

A deux doigts de la révélation

J'ai cru le grand moment venu ce matin.

J'étais en train de tresser la chevelure de Cro-Mignonne, quand elle me demande : "Maman, tu t'y connais, toi, en Père Noël ?"

"Très bien, ma chérie, je m'y connais très bien"

"Parce que tu as travaillé avec le Père Noël"

"J'ai fait le Père Noël, ma chérie" (intensifions le "fait" histoire de... non Rien ?)

"Non parce que je voulais savoir s'il avait une boule de cristal pour voir les enfants pas sages".

Caramba. On y est pas encore.

J'aurais pourtant juré que ce début de CP aurait la peau de la légende du Père Noël. Mais elle voit débarquer des tonnes de cartons à la maison et dit que s'il y a mon nom dessus, c'est de la laine (!!!). Elle imagine boules de cristals et autres trucs.

Diagnostic : elle VEUT encore y croire ! So be it...

Et ça tombe bien, pour Noël, elle sera avec son Papa, celui qui trouve que les sapins et les décos, c'est chouette. Ici, à part les calendriers qu'une grand-tante gâteau leur a offerts, pas l'ombre d'une guirlande.

Soupir.

Je ne suis même pas sûre qu'elle me manque, cette prétendue magie de Noël.

mercredi 28 novembre 2012

Cro-Mi, la salsa et le djembé

J'aime beaucoup le système du centre de loisirs de l'école élémentaire.

Sortis de l'étude et des devoirs, les enfants ont une heure d'activités sportive, ou artistique, ou ludique, ou bien tout ça à la fois.

Les enfants qui sont là de façon archi régulière s'inscrivent à des activités "suivies". C'est ainsi que Cro-Mignonne occupe ses soirées par de la salsa le lundi, du djembé le mardi, des jeux d'aventure le jeudi. Si on ajoute la piscine du vendredi avec sa classe, c'est à se demander comment elle ne dort pas plus le matin, mais bon.

Ce système, je le trouve bien pour plein de raisons. D'abord parce qu'il n'y a pas fromage OU dessert devoirs OU activités, comme c'est le cas, par exemple, dans la future ex école du Lutin Facétieux.

Ensuite parce qu'elle permet aux enfants d'avoir des activités extra scolaires DANS le temps où ils sont dans les murs de l'école / du centre, sans avoir besoin de charger la mule le mercredi ou le samedi.

Par ailleurs, ils font leur choix en interne, hors de la sphère d'influence des parents. Du coup ils choisissent quelque chose qu'ils ont vraiment envie de faire, et pas ce que leurs parents aimeraient leur voir faire.

Et, enfin, ils ont la possibilité de changer d'activité ou de continuer à chaque trimestre.

Pour une qui, comme moi, observe d'un œil circonspect l'apprentissage au conservatoire, trouve que la notion de plaisir/jeu dans la découverte est essentiel, c'est plutôt un très bon équilibre entre régularité et approche adaptée.

On a vendu ça à son père (qui souhaitait l'inscrire au conservatoire), sur le mode : en plus commencer par un instrument rythmique, ça ne peut qu'être une bonne base pour ses futurs apprentissages !

Et, nous, on a le plaisir de petites démos à la maison, comme hier soir !

Djembe

Djembé 2

Djembé 3

Djembé 4

Djembé 5

Djembé 6

Djembé 7

lundi 12 novembre 2012

Elle est revenue

Elle a pris au moins trente centimètres pendant la semaine, c'est sûr.

Et puis elle ne sent pas pareil (sans doute la chose à laquelle je mets le plus de temps à m'habituer à ses séjours loin de moi, l'odeur par dessus la sienne à elle qui n'est pas la même, shampooing et lessive différents, toussa).

Elle est revenue hier soir et même si c'était très agréable d'avoir une semaine à deux, la maison se ressemble bien plus quand elle est là.

(et c'est reparti, les dépêche-toi, range ton bazar !)

Elle est revenue et je lui ai manqué un peu, elle est revenue et elle m'a manqué beaucoup.

Elle est revenue et son père a le blues (on le comprend), elle est revenue et j'ai les oreilles pleines de son pépiement joyeux.

Chouette.

Elle est revenue de vacances.

Cro-Mignonne, printemps 2012

jeudi 25 octobre 2012

Différents

Ils poussent, nos jumeaux dépareillés, c'est curieux de voir deux enfants du même âge si différents.

Cro-Mignonne trace son sillon. Elle sait ce qu'elle est, ce qu'elle veut. Elle est "Madame je sais tout", peut agacer parfois. Elle a dû être Borgia dans une vie antérieure pour avoir pareille méfiance de nombre d'aliments. Elle lit de mieux en mieux, aime apprendre, aime participer, aider aux activités des grands, les yeux et les oreilles ouvertes vers ce qui la fait grandir. Hyper sensible à la justice. Capable de s'obstiner au delà de l'entendement pour ce qu'elle pense être bien.

Le Lutin Facétieux est plus fantasque. Il a sa bulle réconfort et il alterne les moments d'agitation pour attirer l'attention et les moments de repli. Il est courageux et fragile. Parfois on le regarde et on voit dans son regard qui se perd la tourmente intérieure. Il est paresseux et ne voit aucune objection à se faire servir, il n'a pas très envie de devenir grand, pour le moment. Il fait diversion dans les larmes, il se retranche dans les pleurs, facilement.

Et pourtant, la belle entente entre eux. Il a fallu leur expliquer que c'est normal, dans une fratrie, de se chicaner, de ne pas être d'accord sur tout. Depuis ils rigolent aux histoires que je leur raconte, quand j'avais leur âge ou à peine plus, avec mon frère. Parfois j'entends Cro-Mignonne raconter au Lutin Facétieux une anecdote sur son oncle que je lui avais racontée. Elle morte de rire.

Complices, parfois contre leur gré, parfois par association, mais heureux de se retrouver.

Nos enfants uniques le sont de moins en moins...

Môminets, Vaison la Romaine, été 2012

mardi 2 octobre 2012

Considérations matutinales

Ce matin, sur le trajet maison-école (5 mn).

- Maman, je n'ai jamais compris pourquoi on appelle le gratin gratin ?

- Facile ma chérie, ça vient de gratter, à l'origine, ça désignait ce qui restait attaché au fond du plat après la cuisson et qu'il fallait racler pour manger, une gourmandise pour ceux qui aiment. Et après, on a donné ce nom aux plats qu'on finit de cuire de façon à former une croûte sur le dessus.

(Texto, fière de moi, 7h55, au taquet)

- Ah oui c'est rigolo !!!

45 secondes d'interruption...

- Au fait, Maman, je me demandais, comment sont venues les pommes ?

- Euh... sur le pommier, ma chérie... (vague sensation que ça ne va pas suffire)

- Non mais la première pomme du premier pommier du premier pépin de pomme ?

Ici, insérez une brève histoire de l'évolution en 1'15''. Puis le constat.

- Non mais tu sais ma chérie, il y a des savants qui sont allés très longtemps à l'école et qui se demandent aussi d'où est sorti le premier pépin de pomme. Elles sont dures, tes questions !

Elle : morte de rire. Contente de s'être instruite.

Légumes d'été

(Une photo sans grand rapport si ce n'est qu'elle a autant adoré les contempler qu'elle était rétive à les manger !)

jeudi 27 septembre 2012

Fratrie

Curieux écho.

Hier midi on se disait avec un collègue-copain qu'on avait de la sympathie pour l'idée qu'une fratrie était composée d'autre chose que les liens du sang, qu'il y avait du "frère et sœur" dans l'idée d'enfants élevés ensemble, même partiellement.

Qu'en tout cas c'était notre optique et qu'on essayait de faire partager à nos enfants (pour lui, une paire de "demi" frères et sœurs, que cette expression est horrible, pour nous, une paire qui n'a pas une goutte de sang commun mais qui n'en est pas moins "nos enfants" dans la drôle de famille que nous formons).

Et puis hier soir, du monde, une fête, les enfants. Et Cro-Mignonne de dire "mon frère et moi on a 6 ans".

Ok, ils s'étaient proclamés jumeaux. Mais je soupçonne qu'il y avait aussi de l'amusement vis-à-vis de la gémellité.

Ok ils agissent, depuis toujours, comme des frères et sœurs, parfois comme un vieux couple, mais en tout cas dans un fonctionnement de tandem qui leur convient et qui fait souvent plaisir à voir.

Mais connaissant ma fille et sa vision de ceux qui l'entourent, ce mot "mon frère" dans sa bouche, c'est une déclaration d'amour officielle, c'est de la tendresse en barre, c'est... émerveillant.

Je ne sais pas comment lui la conçoit. Ils ont une vision des liens affectueux assez différente. Je ne sais pas s'il pense "ma sœur" quand il pense à elle.

Mais quoi qu'il en soit, leur lien réciproque et la certitude qu'ils se font du bien, les enfants plus si uniques, c'est un bonheur à vivre.

Ils sont chouettes.

vendredi 14 septembre 2012

Demêlage

Elle penche sa tête en avant, ses longs cheveux sur le côté, et entreprend, brosse à la main, de les démêler énergiquement.

Il y a dans cette posture, qu'elle adopte volontiers à côté de moi, pendant que je marine dans le bain, l'arrondi enfantin de la joue, encore un peu de maladresse, mais aussi beaucoup de grâce et quelque chose de très féminin.

C'est un cap que de la voir s'occuper du démêlage. Un truc de grande fille, une chose de plus qui l'éloigne des rangs des petits et qui la propulse dans l'enfance tout court.

Fort heureusement pour mon cœur de mère qui trouve que le temps fait bien son ouvrage, mais parfois fort vite, et même un peu trop, je suis encore responsable du tressage.

Chevelure

Chevelure de sauvageonne en plein été.

vendredi 7 septembre 2012

Notre chemin ensemble

Ca me saute aux yeux, ces jours-ci, à quel point on passe notre temps à parler, avec Cro-Mi. (Et avec le Lutin Facétieux, quand il est là !)

A raconter pourquoi ceci, pourquoi cela (peut-être pour ça qu'elle n'a jamais été tant versée dans les "pourquoi ?" à répétition, sauf pour rire, parce qu'en fait naturellement on cherche des explications, des réponses ?), décoder le monde.

Parfois je me fais l'impression d'avancer dans une grotte en la tenant par la main, avec une torche, et d'éclairer le monde pour elle. Je me dis : je lui montre ce que je vois, moi. A elle d'en découvrir d'autres morceaux, d'autres visions.

Quoi qu'il en soit on se parle, beaucoup, énormément, du monde, de la vie, des gens... et j'aime ça (elle aussi, je crois).

L'an dernier, à plusieurs occasions, j'avais perçu qu'elle "savait lire mais ne savait pas qu'elle savait".

Visiblement il y a eu déclic, hier soir, en rentrant de l'étude, on s'est installées pour un thé des grands - papote à trois. Elle est allée chercher un livre et lentement, mais sûrement, s'est mise à lire.

Elle lit ! Mal, mais elle lit !

Et je ne doute pas que dans quelques semaines la fluidité y sera, étant donné ce qui doit travailler en arrière plan depuis des mois !

Alors on a parlé de la lecture. Que ça n'empêcherait pas que je lui lise des histoires, si elle voulait. Mais la liberté de prendre un livre et de s'embarquer dans une aventure "dans la tête" !

Pétillement rêveurs et envieux dans ses yeux.

Je suis émue et heureuse pour elle.

vendredi 31 août 2012

Prépar-hâtifs

Cartable : prêt, étiqueté.

Contenu du cartable : prêt, marqué, désemballé.

PAI : signé hier soir par le docteur, médicament acheté, ordonnance jointe, photo collée.

Le tout plusieurs jours avant la rentrée, je ne suis pas loin de me considérer comme wonder woman. :-D

Et la gaminette ?

Cro-Mignonne excitée, ravie, enchantée, extatique, à l'idée d'entrer au CP. Pas impressionnée pour un sou à côtoyer, au centre de loisirs, des beaucoup plus grands qu'elle. A l'aise comme un poisson dans l'eau. Manifestement heureuse, équilibrée, et espérant "une bonne note le premier jour".

Ca s'annonce pas pire :)

mardi 24 juillet 2012

Poker face

C'est Snana qui m'a fait penser à ça, hier, en racontant sur Twitter comment malgré son expression neutre, sa fille s'était délectée à la découverte d'un bien joli nouveau mot (testicule, pour ceux qui se demanderaient, était le mot en question).

(Et après tout, testicule n'est pas un gros mot, pourquoi faudrait-il réagir spécifiquement à l'apprentissage de ce lexique de l'anatomie, hein ? :-D )

Donc je me remémorais des fois où j'ai entendu des déjà parents dire comme il était dur de se retenir de rigoler, parfois, quand l'heure est à la gronderie.

Pour ma part, j'ai tranché : je ris.

Et j'explique à ma fille que je ris parce que sa façon de réagir est drôle, parce qu'elle met de l'astuce à se sortir d'un mauvais pas, mais que je suis quand même fâchée de la bêtise.

Généralement, ça ne la dispense pas d'une explication de texte et des conséquences proportionnées à la dite bêtise, d'ailleurs.

Au final, je me dis que c'est, aussi, une façon de montrer que c'est contre la bêtise, qu'on est fâché, et que ça n'enlève pas l'amour qu'on porte à l'individu, et puis lui donner confiance dans sa capacité à se défendre, même si au final, elle se fait gronder quand même.

Et puis zut. C'est comme ça que ça se passe et que ça nous va bien, je crois.

mercredi 4 juillet 2012

Mon arpète

Cro-Mignonne aime, depuis longtemps, touiller, mélanger, patouiller dans la cuisine.

C'est vaguement ironique quand on sait son peu de goût pour s'aventurer à des saveurs dites "pas aimées" ou inconnues !

Depuis quelques mois, elle a franchement gagné en dextérité, du coup elle est devenue ma petite arpète en cuisine.

Elle casse les œufs et mélange les appareils, elle commente et elle aime ça !

Depuis son anniversaire, elle a, à table, la règle des 5 bouchées : pour quelque chose qu'elle décrète "ne pas aimer" d'entrée de jeu, elle mange une toute petite portion, 5 bouchées, pour goûter "honnêtement", et aussi parce qu'on ne va pas faire 4 plats différents par repas pour que chacun y trouve son compte, une règle réfléchie en commun qui après un ou deux grincements, s'assimile plutôt bien.

Mais la chipie ! Quand elle cuisine avec moi, je la prends à m'imiter et à goûter volontairement et de sa propre initiative ce que nous préparons !

Les fraises du gâteau d'anniv' de Lutin Facétieux ! Le saumon cru que nous nous apprêtions à mettre dans l'appareil de la quiche ! Le mélange thon / pomme de terre / huile d'olive / sel qui allait garnir un samossa ! Et celui au chèvre et à la menthe (pourtant, la menthe, c'est vert !).

En dehors du plaisir que j'ai à "cuisiner avec", en règle générale, j'aime ces moments de transmission de moi à elle, du geste pour tel ou tel mélange, de chercher les goûts qui iraient bien ensemble, avec elle. Ces moments à nous deux où on papote et on s'active pour le dîner, avant de se plonger dans la baignoire.

Et j'aime, aussi, la curiosité des goûts qu'elle disait ne pas avoir jusqu'ici, qui, tout petit à petit, s'éveille. Elle prétend toujours ne pas aimer certaines choses, mais figurez-vous que l'autre jour, elle s'est engouffré une fajita bourrée de légumes, si si, parfaitement.

Elle devient grande, cette petite fille, et c'est joli à voir.

vendredi 29 juin 2012

Des choses que je ne lui apprendrai pas

Je ne sais plus si je vous ai raconté qu'un jour, en allant chercher Cro-Mignonne, je l'ai trouvée dans la cour de récréation, pédalant comme une dératée (parce que sans rate, on pédale plus vite ?!!)... sur un vélo sans petites roulettes.

"Mais tu sais faire du vélo sans roulettes !!!" me suis-je exclamée, fine observatrice et avant même de lui dire bonjour ! "Et tu ne me l'avais pas dit !!".

Il faut dire que je m'étais vue, comme mes parents l'ont fait avant moi (je me souviens de l'ancien vélo de ma tante, de papa derrière moi, de la rue, devant la maison, à Donzy...), lui tenir la selle et puis la lâcher sans lui dire jusqu'à crier : "tu sais faire du vélo toute seule !!!"

Et bien non, je n'ai pas eu droit à ce passage obligé ou presque de la vie de parent, elle a appris toute seule.

Alors le week-end dernier, en allant chercher le vélo neuf d'anniversaire du Lutin Facétieux, on en a profité pour faire changer les pneus de celui de Cro-Mi qui défaillaient, et puis le mercredi qui a suivi, pendant une de ces journées loin de moi où je ne sais pas tout ce qui se passe mais où je récupère un Enchanteur et deux mômes ravis de leurs activités, ils sont allés pédaler.

L'un n'est pas encore opérationnel sur les démarrages, l'autre fait ça, paraît-il, comme si elle avait bicycletté toute sa vie.

Soupir.

Grande fille. Bientôt le permis de conduire, en somme.

A bicyclette - Copyright : la Cendrier Davy Crew

Crédit photo : la Cendrier-Davy Crew

mardi 26 juin 2012

Quand ça veut pas

Cro-Mignonne a récupéré hier sa maîtresse, après un mois de congé maladie.

(Certaines mauvaises langues du quartier prétendent que, traumatisée par les reproches virulents d'une mère d'élève dragonne, elle se serait terrée chez elle pour y attendre les vacances).

On est contents pour elle, du coup elle sera, malgré 5 jours de travail (elle est à temps partiel) opérationnelle pour enchaîner les congés d'été avec son congé maternité. Repose et dispose et pas toute chose.

D'ailleurs elle persiste à se ménager.

Récupéré hier le livret de ma charmante gamine. De son long parcours scolaire, il y a eu en première année 4 lignes de commentaire sur qui elle est dans la classe et comment ça va (très bien). Idem en fin de deuxième année. Idem en milieu de troisième année (c'est-à-dire avant les Néfastes Évènements causés par la mère dragonne).

Là, en commentaire final de ces trois ans de maternelle, on a l'observation qui déchire sa race, qui dit à quel point cette enseignante a à cœur les enjeux pédagogiques autant que l'approche individuelle de ses élèves.

Le commentaire ultime.

C'est tellement puissant que je vous l'ai pris en photo.

Carnet

(Notons le gros progrès par rapport au carnet de correspondance : il n'y a pas une faute d'orthographe par ligne, contrairement aux habitudes de cette enseignante si douée et si passionnée)

mardi 19 juin 2012

Jumeaux pas pareils

Et c'est ainsi qu'un matin (ou un soir) on se trouve à la tête d'une sorte de groupe à géométrie variable selon le jour et l'heure qui s'appelle famille recomposée.

Cro-Mignonne et le Lutin Facétieux ont, pile, un mois d'écart. Ils se sont donc, naturellement, si j'ose dire, proclamés jumeaux. Et ma foi, ils en ont le fonctionnement en duo, à partir du moment où l'un arrive, les deux disparaissent ou surgissent, mais par paire, assurément.

Ils s'entendent comme larrons en foire, ou parfois comme les petits vieux du Muppet, ou encore un vieux couple qui passerait son temps à ergotter.

Il y a, aussi, la question de nous, les parents. De l'établissement d'une règle commune au toit et pas à la biologie (et ça s'est fait, heureusement, assez facilement). Du constat qu'ils ne sont ni identiques, ni au même point. Du bienfait de celui qui n'est pas le parent comme "oeil extérieur qui contribue à faire grandir". Mais aussi des interrogations, inquétudes, joies et élans d'affection qu'on peut ressentir pour un enfant qu'on a pas fabriqué maison, mais avec qui on se retrouve lié assez serré.

Il me semble qu'on a de la chance. De la chance qu'ils existent, déjà, chacun avec de très chouettes qualités, plutôt de nature à mettre de la joie dans la vie.

Il y a le fait qu'ils se soient instantanément entendus qui n'était pas gagné d'avance. Mais aussi dans nos liens à eux, même si tout ne se fait pas en un jour, même si parfois le conflit de loyauté à "l'autre parent", celui qui n'est pas sous le toit partagé, montre le bout de son nez, il y a un vrai lien de chacun de nous à chacun des autres, si j'ose dire.

Un lien fait de respect, d'affection et d'écoute, mais également de garants des règles, un lien de confiance.

A voir d'autres histoires autour de nous, je me dis que oui, avec ces deux-là, à les voir grandir et progresser, on a de la chance.

Pow Wow - Printemps 2012

lundi 18 juin 2012

Soyons fourbes avec Scapin !

Samedi, on se demandait comment occuper utilement l'après-midi avec les enfants entre déjeuner avec l'Enchanteur puis le récupérer après le travail pour rentrer ensemble.

Il nous est rapidement apparu que le combo le plus agréable ET efficace consistait à aller le voir jouer. Bon sang mais c'est bien sûr !

C'est ainsi que le Lutin Facétieux pour qui ça n'était pas une première, et Cro-Mignonne pour qui c'en était une, se sont installés comme des rois, au premier rang, pour déguster Les Fourberies de Scapin.

Je craignais un peu que la langue de Molière ne leur pose quelques difficultés, mais à les voir se bidonner à plusieurs reprises, et me re raconter l'histoire à leur manière le lendemain, il semble bien qu'à quelques détails près, l'essentiel ait été compris.

La fierté de l'un à voir son papa sur scène et la joie de l'autre à aller lui faire un bisou devant tout le monde n'était pas la moindre de mes réjouissances, à vrai dire.

Et gaminette de me demander si on y retournera, après avoir fait tant de résistance... Oh mais oui !!! On y retournera !

(Si vous voulez faire comme nous, demandez le programme !!)

jeudi 14 juin 2012

Elémentaire, ma chère Cro-Mi

L'école élémentaire où Cro-Mignonne va faire ses premiers pas d'élève à devoirs semble aussi bien organisée que la maternelle ne l'est (lamentablement) pas.

Pour preuve, nous avons eu mardi la liste des fournitures à prévoir pour la rentrée !

Et ce n'est pas rien. J'ai cru un instant être tombée dans une faille spatio temporelle et vivre en direct la rentrée de ma fille à Sciences-Po.

Vérifications faites, il s'agit bien de sa rentrée prochaine en CP. Bon sang de bois, ça ne rigole pas (et là, je partage une pensée émue pour tous les parents célib' de mon tonneau qui gagnent "trop" (hinhinhinhin (rire nerveux)) pour bénéficier de l'allocation rentrée scolaire et qui commencent à benchmarker les sites de fournitures pas chères. Car oui, ça aussi, ça change, le savoir, ça douille).

Or donc, en femme organisée que je suis, j'ai saisi la liste et e-shoppé les fournitures, histoire de mettre ça dans un coin et de ne plus avoir à y penser, encore moins subir l'hystérie et les ruptures de stock de la pré rentrée.

Curieux moment de nostalgie à constater que les gommes Ma**t et la colle Cleo**tra existent encore, comme de "mon" temps (oui, vieille conne !).

Et surtout émotion au choix du premier cartable. En matières recyclées et tout, hein ?

La même marque que celle qui faisait les délices des pubs de mon enfance, choisi dans sa gamme de couleurs préférées.

Premier cartable

Soupir.

Heureusement qu'on a les vacances pour se préparer, quand même.

lundi 21 mai 2012

Le souffle

Souvenirs de premiers jours, souvenirs de mammifère. Son apaisement à sentir mon souffle près du sien, la clé des débuts de sieste, parfois.

Moi, comme toutes les mères du monde, à aller écouter le sien, toutes les nuits, parfois plusieurs fois. Elle respire.

Puis de façon moins inquiète, mais quand même, presque tous les soirs, aller l'écouter dormir, souffle régulier, ronflements parfois.

Les premières inquiétudes, il y a trois ans. Son souffle qui s'emballe et qui devient toux. Asthme. Apprivoisement. Parfois. Peurs, aussi. Heureusement, pas souvent, l'asthme. Trop souvent pour elle, pour moi, mais pas vraiment souvent.

Et puis mercredi soir, enfant grise, souffle court. Sirènes, cahots de la route, l'oxygène dans son nez, la main de sa maman autour de la sienne.

Mercredi soir parce que depuis mercredi matin l'asthme était là, sans aucune des raisons qui le provoquent habituellement, mais bien là. Et que personne à l'école n'y avait rien fait. Vague indifférence. Pas de température.

Il n'y en a eu qu'un pour douter et même celui-ci n'a pas pris le téléphone pour m'appeler. Alors qu'ils savent qu'elle risque. Alors qu'ils ont tout pour la soigner. Alors qu'ils avaient tout en main pour stopper la crise.

Mais ils n'ont rien fait, alors sirènes, cahots de la route, oxygène dans son nez, puis aérosols toute la nuit, machines qui bipent, saturation dans les choux, rythme cardiaque de dingue.

Et mon impuissance à faire autre chose qu'à être là. A me faire engueuler par les toubibs comme si c'était moi qui l'avait laissée s'étouffer, à ne pas répondre, ne pas hurler, parce que l'essentiel c'était son souffle et le chiffre bleu qui peine à remonter.

Et puis trois jours. Trois jours avec des tuyaux et des médicaments, et des piqûres et des contraintes, et des plateaux télé dégueu et une seule chaîne pour enfants. Trois jours et la fête d'anniv à annuler, celle qu'elle attendait depuis si longtemps.

Trois jours avec quand même quelques petites choses bien. Voir que papa et maman sont présents, tous les deux, près d'elle, même séparés. Voire que l'Enchanteur est là quand il peut, qu'il s'occupe de tout ce qu'il peut, et qu'il tient à elle si fort. Mère et fille touchées. Recevoir le cadeau d'anniversaire de grande de maman en avance, en consolation.Entendre les copines dans le téléphone. Recevoir en avance le cadeau d'anniversaire de son amoureux, livré par sa mère. Discuter de ce qu'il convient de faire quand on se sent en danger, être fière des compliments des grands sur sa maturité.

Mais trois jours enfermée, trois jours à rayer de la carte, trois jours à courir après le retour du souffle.

Elle a six ans aujourd'hui, ma Cro-Mignonne. Et si je ne réussis pas encore à faire abstraction de ce qui aurait pu être si, si je sais que chaque jour de ma vie je serai préoccupée de son souffle, je suis heureuse de le lui avoir donné, ce souffle de vie, un 21 mai 2006 à 17h25.

Retour Cro-Mi

De retour à la maison, la chasse aux médicaments.

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