Sacrip'Anne

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Cro-Mignonne Incorporated

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mercredi 27 mai 2015

La pousse des si jolies mauvaises herbes

Neuf ans.

Ça fait neuf ans et presque six jours que je suis maman. De mon bébé en rondeurs et en brunerie a émergé une grande/petite jeune fille, au fessier arrogant, toute en jambes, qui se préoccupe beaucoup de sa puberté à venir.

Elle est assez casse-pied et tout à fait charmante à la fois. J'aimerais pour elle qu'elle découvre le plaisir du partage avec les autres, elle tient de son père un certain "enfermement" des émotions, qu'elle a pourtant vives. C'est son chemin, c'est elle qui verra.

L'autre jour on les a, elle et sa meilleure amie, emmenées au restaurant puis au cinéma. L'amie en question se souvenait avec bonne humeur d'une blague de ma fille en classe de mer. Cro-Mignonne de rétorquer un "Lol" qui m'a fait rire au point de devoir mettre le frein à main et reprendre mon sérieux pour finir la manœuvre.

C'est horripilant et très chouette à la fois, cette entrée à marche forcée dans le monde des grands. Elle est si pressée. (Et tente déjà de négocier des permissions pour dans deux ans, autant vous dire que j'ai quelques années difficiles devant moi).

Je vous ai dit, aussi, comme elle est belle, intelligente et rigolote ?

Son frère approche doucement la première bougie, dans un mois et demi, on y est.

Il a troqué ses grognements de réclamation de bouffe par des cris suraigus. On tente de lui expliquer le principe du "s'il te plait" (s'il te plait se prononçant, par convention familiale, bababababababa, pour le moment).

Il vit debout, teste son équilibre 25 fois par jour, se jette sur notre ancien matelas au sol avec une confiance totale. Ma santé nerveuse s'en ressent un peu quand il frôle des zones non matelassées.

Et puis de sa pince pouce/index il ramasse et met à la bouche tout ce qu'il trouve sur son chemin (et il en parcourt, du couloir et du tapis, en une journée...). Ça fait dire à son père "tu te rends compte, on l'a connu, il ne savait pas se servir de ses mains !"

Moi de lui répondre "je l'ai connu, c'était un petit tas de cellules avec un programme qui disait : ah ouais, ça serait cool de mettre une main. Ou deux." !

Il ressemble à nous tous: les plissements d'yeux de son père quand il rigole, des expressions de son frère parfois, à sa soeur au même âge pour tout ce qui est de la zone sous les yeux et pour son développement général, à moi aussi, à mon père quand il fronce les sourcils, et au final, c'est lui avec une grande personnalité qui occupe le terrain comme s'il avait toujours été là.

Et je savoure les choses si douces dans la toute petite enfance, ça sera si vite passé. Je les aime tellement que je déborde.

mercredi 18 mars 2015

Lettre au CE2A

Chère classe de ma fille,

Vous vous apprêtez à partir en classe de mer, et j'en suis ravie pour vous.

Ça va être drôle, ça va être l'aventure, ça va être autre chose qu'à la maison et à mon avis, avec votre instituteur, vous allez revenir avec des bons souvenirs plein la tête. Et peut-être quelques drames de la cohabitation H24 avec vos meilleurs copains, aussi, mais ça c'est une autre histoire.

Même si laisser ma fille encore partir loin de moi me rend un peu triste, je ne peux que penser avec joie avec tout ce que vous allez vivre.

D'autant plus que j'ai d'excellents souvenirs de ma classe de mer. C'était l'année du CM1-CM2, j'étais dans une classe à double niveau. J'avais fait CM1 au premier trimestre et j'étais passée en CM2 pour Noël.

Il se trouve qu'en plus des vacances, on est partis en classe de mer (à Andernos les Bains, un peu plus au sud que là où vous allez partir, mais c'est la même mer !) Dans mes souvenirs on est partis trois semaines. TROIS SEMAINES. On a fait du bateau (de l'Optimist, comme vous, mais en plus vieux). On avait préparé ça par un certain nombre de séances d'initiation à la voile dans les étangs près de notre école où on pelait de froid. Et on avait hâte de voir ce que ça faisait, de naviguer en mer !

On a fait du kayak, des promenades, des fêtes, des baignades. Et on a un peu travaillé. Quand je dis un peu, c'est vraiment peu.

Environ une demi journée sur l'ensemble du séjour. Il se trouve que c'est justement cet après-midi là que mes parents, qui étaient copains avec mon instituteur, ont débarqué pour une visite, avec un terre-neuve (un gros gros chien noir plein de poils) et un énorme sac plein de gâteaux. Du coup on s'est arrêtés plus tôt que prévu.

Il m'en reste des lacunes sur la division avec des virgules, mais comme maintenant, j'ai droit à la calculatrice, ce n'est pas très grave.

Je vous souhaite de vous amuser autant que nous. Et revenez vite, quand même !

mercredi 21 mai 2014

8

8 ans.

Elle a huit ans aujourd'hui. Elle aura 8 ans à 17h25 précisément. Elle pèse 25 kilos de plus qu'alors et mesure 75 cm de plus, environ.

Cette grande chose qui est mon bébé. Cette gaminette dans laquelle on devine déjà des morceaux d'elle au futur. Celle qui aime violemment, de tout son petit être, celle qui dédaigne d'un mouvement d'épaule ce qui ne lui plait pas, celle qui se passionne et celle qui marque son territoire.

L'autre soir elle renâclait qu'on lui mettait trop la pression pour l'école (au prétexte vrai que je lui suggère d'apprendre par coeur ses tables de multiplication, alors que la maîtresse les leur fait entrer par imprégnation. Reste de vieille école que je porte en moi ? Facilité de lui demander plus parce qu'elle peut tant ?). Bref, j'ai acquiescé à sa demande : tant qu'il n'y a que du point vert, je regarde les leçons pour me tenir au courant mais sans réviser ce qu'elle a déjà vu en étude. Ça paraît plus que raisonnable, à vrai dire :)

Bref, pendant qu'on parlait, elle me disait qu'elle trouvait dur de s'entendre dire qu'elle n'est pas parfaite. A quoi je lui ai répondu que personne n'était parfait.

"Toi, comme maman, tu es parfaite", me répond-elle.

Sourire et rires et démonstrations que non, mais que quand on s'aime, on s'aime justement autant dans ses imperfections, voire plus, que dans quoi que ce soit d'autre.

Plus tard je demandais à mon Enchanteur s'il avait enregistré ce moment précieux, pour que je me le repasse en boucle dans les années à venir.

Il m'a dit que non, puis a attiré mon attention sur quelque chose. Que même si à l'adolescence, il y avait sans doute eu quelques râleries, il ne m'entendait guère renâcler contre ma propre mère.

Forcément, ma maman, elle est parfaite. Ça m'a touchée fort qu'il fasse ce parallèle.

J'espère surtout que ces huit premières années auront été le moyen d'aider ma petite grande à trouver sa structure, à écrire la base de qui elle est.

Qu'à son tour elle devienne quelqu'un qui avance dans la vie avec la force de qui n'a jamais souffert de sa mère. Que je lui sois toujours une mère positive, aidante, accompagnante, qui qu'elle soit et quelle que soit sa réalité.

(En attendant, vivement ce soir, voir les frimousses réjouies et barbouillées au chocolat, la rondeur des joues encore pleines d'enfance, jouer avec les cadeaux et la voir rayonner du plaisir très attendu d'être la reine du jour).

jeudi 3 avril 2014

Ecolière épistolière

Le père de ma fille lui a ouvert une adresse e-mail, il y a quelques jours, en même temps qu'il lui a créé un accès sur son ordinateur. Comme c'est un grand suppôt (à l'eucalyptus) du système Fenêtres, nous avons jugé, mon Enchanteur et moi, qu'il lui fallait aussi un accès sur mon ordinateur, qui carbure avec un OS pour libriste gauchiste et chevelu, histoire de rééquilibrer les choses.

Cette parenthèse militante fermée, la voici donc, avec son accès sur mon ordinateur, le contrôle parental et le fond d'écran Pokémon installés, fort investie dans une activité épistolière.

Elle adooooooore consulter sa boîte, y découvrir un message. "Je réponds, maman ?" me demande-t-elle.

"Comme tu veux ma chérie".

"Oh oui, j'adooooooore ça".

Elle met une demi heure à taper deux phrases, mais ces deux-là sont justement si pleines d'amour et de fierté d'émettre, elle toute seule comme une grande, une correspondance privée autant qu'autonome, que ça me remplit le cœur de joie.

Dès le début je lui ai dit que son orthographe s'améliorerait avec la pratique, à l'école, en lisant, en écrivant, et que je ne la corrigerai que si elle le souhaite, en tout cas qu'à mes yeux, ça n'était pas une raison pour brider ce qu'on a envie de dire. (Il faut dire que je suis assez confiante en ses aptitudes scolaires pour ne pas me hérisser à mi CE1 sur le sujet).

Sa curiosité naturelle prenant le dessus, elle se tourne à intervalles réguliers pour m'interroger.

"Maman, comment comment ça s'écrit "communiquer" ?"

Ma fille.

Suis fière.

mardi 28 janvier 2014

Elle est folle

Ma fille est folle, cinglée, crapulette.

Particulièrement quand elle va bien, d'ailleurs.

Elle se met alors à raconter des bêtises d'un ton enjoué, à éclater de rire à tout propos, à faire des danses de la joie, enfin bref, un petit tourbillon joyeux de folitude adorable.

Ce matin, elle s'est levée quand elle m'a entendue, s'est préparé le petit déj et s'est installée confortablement dans le canapé pour consommer.

J'étais déjà à l'étape du lavage de dents mais pour piquer un peu de temps, d'amour et de rire à la vie rémunérée, je me suis pointée, en t-shirt, brosse à dents en bouche en lui faisant un "Twist and shout" mousseux agrémenté de la choré qui va bien.

Elle a fait semblant de soupirer, a levé les yeux au ciel comme dans les pires vaudevilles avant de lâcher un "elle est folle".

(Je la soupçonne de regretter de n'avoir pas eu l'idée avant moi).

Je crois que j'ai une vague idée de qui elle tient, en fait :)

Et j'aime à la folie (aussi) ce bonheur à être mère et fille qu'on partage intensément, elle et moi.

vendredi 24 janvier 2014

The Queen of the Petit Déjeuner !

On a changé de micro-ondes, il y a quelques semaines. L'ancien avait développé des tics nerveux dissuasifs, du genre faire des étincelles dès qu'on mettait un truc à chauffer dedans.

Bref, le nouveau est (encore) plus simple d'utilisation, avec une porte facile à ouvrir, et on en a profité pour donner à Cro-Mignonne des cours de réchauffage de son lait du matin avec cet outil flambant neuf (et violet et chromé, ce qui lui donne une touche inimitable).

Elle a enchaîné quelques heures après avec un cours de grille-pain, et après deux ou trois jours de tatonnages pour trouver la bonne vitesse de descente du machin, a maîtrisé l'outil avec une dextérité remarquable.

La voici donc, le matin, très affairée à SE préparer SON petit déjeuner. Ses gestes sont précis, la maladresse gracieuse de l'enfance derrière nous.

Elle est rayonnante de fierté d'être "une grande" et moi de la voir si épanouie dans ses autonomies nouvelles.

C'est beau un enfant qui pousse droit.

jeudi 21 novembre 2013

Trépassage

J'ai oublié de vous dire, Oscar[1] a défunté, trépassé, bref, il est mouru.

On avait confié sa bonne santé au gardien cet été, et j'ai bien peur qu'il l'ait vraiment beaucoup trop nourri. Du coup on a ramé comme des tordus pour récupérer une eau bien comme il faut, et ce pauvre poisson a dû en baver, parce que quand on y est arrivé, paf, un point blanc sur la queue.

Le point blanc est l'ennemi mortel de l'aquariophile, il faut le savoir.

Du coup, traitement, mieux sensible, et puis un soir, il nous avait l'air tout patraque.

Et le lendemain on a évacué le cadavre avant que la marmaille soit assez réveillée pour découvrir ça au petit déj.

Bien évidemment, comme nous sommes maintenant équipés, après vidage et nettoyage du bac, il va falloir remettre en eau, attendre que le cycle de l'eau se fasse, et aller choisir des poissons tout neufs pour les enfants.

Jusqu'à la prochaine.

Au moins c'est pas allergène.

Note

[1] le poisson rouge de ma fille, donc.

mardi 5 novembre 2013

Ils vont bien, merci.

A lire sur le blog privé : Ils vont bien, merci.

mercredi 23 octobre 2013

Elle est comme ça

A lire sur le blog privé : Elle est comme ça.

lundi 14 octobre 2013

La meilleure place du monde

A lire sur le blog privé : La meilleure place du monde

mercredi 25 septembre 2013

Deuxième sauvetage d'Oscar

Je m'étonne que dans le courrier des lecteurs, personne ne s'interroge sur la façon dont Oscar le poisson a survécu à l'été :p

Pourtant ça serait une bonne question, puisque, confié à notre gardien, soi disant aquariophile (celui là même à qui j'ai donné un aquarium de 100 litres trois semaines avant qu'un poisson ne débarque chez nous), nous avons trouvé notre Oscar, au bout de trois semaines d'absence, dans un état intéressant.

L'histoire ne dit pas si à agiter la boîte à nourriture au dessus de l'aquarium, ou si à avoir envie d'esquiver la corvée, l'affaire s'est produite délibérément ou pas accident.

Ce qui est sûr, c'est que nous avons trouvé le fond de cet aquarium couvert de bouffe (et de cacas de poisson) et l'eau à peine transparente.

Malheureusement, les premiers nettoyages et changement d'eau d'urgence n'ont pas amélioré grandement la situation. Il se trouve que cette magnifique racine de palétuvier était couverte d'un truc gluant et spongieux (non, non, les algues, ce ne sont pas seulement ces jolies choses qu'on admire sur les photos de plongée...).

Quoi qu'il en soit, après moultes changement d'eau partiels, un retrait des racines, un commando de la dernière chance à été nommé, composé de l'Enchanteur en Lieutenant Coordinateur et des enfants en guise de Soldats Poissonniers. La racine et les cailloux ont été mis à bouillir.

Et miracle, l'eau est redevenue, à défaut de limpide (on est en région parisienne, quand même, faut pas déconner), transparente.

Pendant ce temps, Oscar grossit.

mardi 23 juillet 2013

Elle manque

Maintenant que j'ai su qu'elle était bien arrivée chez les Irlandais, je pense que je n'aurais plus de nouvelles d'ici son retour en France[1]...

Elle manque, ma crapouillette.

J'ai envie qu'on s'entraîne dans mille et une aventures estivales, et qu'on passe des heures à se câliner au frais, qu'on rie et qu'on fasse la cuisine ensemble. J'ai envie de la serrer dans mes bras. Pour la protéger encore plus contre cette bande de gens qui cherchent à lui faire porter des chapeaux qu'elle ne mérite pas, pour lui dire que je l'aime, tout simplement. J'ai envie qu'elle me pépie dans les oreilles toute la journée.

J'ai un souvenir de l'été dernier. Elle s'était endormie dans mes bras, un après-midi, et je me disais que c'était l'une des dernières siestes de bébé de notre vie à toutes les deux.

Ma toute petite grandit vite et bien et j'en suis heureuse. Je vais à la pêche aux photos anciennes pour me rappeler. C'est fou ce qu'elle a l'air d'une grande à côté, c'est fou ce qu'elle était potelée et Cro-Mignonne [2].

Le temps passe.

5 ans tout pile entre ces deux-là.

Clara_2_7.jpg

Notes

[1] en fait il suffit que j'écrive qu'elle me manque pour recevoir un coup de fil, veinarde je suis !!!

[2] à propos, je lui ai raconté son surnom des internets, et elle adore !

lundi 15 juillet 2013

Toute eau a été pissée par un dinosaure

Pour me consoler du départ de ma fille (trois semaines, vous rendez-vous compte, TROIS semaines ??!!!), le récit d'une discussion qu'on a eue.

L'autre jour l'Enchanteur leur racontait que l'eau est présente sur Terre depuis sa création et par l'effet du cycle de l'eau, est la même depuis le début. Evaporée, plue, bue, pissée.

Et que donc (en servant une tournée de verre d'eau), nous sommes parvenus à la conclusion que toute l'eau qu'on buvait avait un jour ou l'autre été pissée par un dinosaure.

Depuis et bien évidemment, la notion de pipi de dinosaure est devenue courante à la maison.

"Je te sers un peu de pipi de dinosaure ?"

"Si je fais pipi dans le bain, ça n'est pas grave, c'est déjà du pipi de dinosaure"

ou encore, "ferme les yeux pendant que je te fais ton rinçage au pipi de dinosaure".

Je ne sais pas bien qui a l'âge bête le plus bête chez nous.

Mais on y rit bien.

vendredi 21 juin 2013

Amour filial

Hier nous dissertions avec Cro-Mi sur les probabilités météorologiques pour ce soir.

Parce que, s'il ne pleut pas, je vais l'emmener voir son papa qui donne un concert pour la fête de la musique !

Sentencieusement, elle me raconte que moi, la première fois que j'ai vu son papa en vrai, c'était en concert.

J'acquiesce avant de lui demander comment elle le sait.

Elle de me répondre :

"Il me l'a raconté, mais il y a aussi un tout petit truc caché sur ton visage qui dit que tu l'as déjà vu en concert".

Sourire.

C'est joli, non ?

lundi 13 mai 2013

La terrifiante histoire de Clara et du Ronpiche (histoire pour ma fille)

Clara ne dormait pas, cette nuit là.

Elle entendait un bruit sourd jusque dans sa chambre. Jusque sous sa couette. Rrrrrronnnnppiche. Rrrrrronnnnppiche.

Elle connaissait ce bruit, c'était signe que l'un de ces terribles envahisseurs avait profité de la nuit pour squatter la maison.

Un Ronpiche.

Elle hésita longtemps. S'enfouir un peu plus sous la couette, terrifiée ? Ou bien partir à la recherche de ce Ronpiche et s'en débarrasser une fois pour toute ?

Clara était une petite fille courageuse. C'est donc la deuxième solution qu'elle choisit. Par précaution, elle enfila son casque de pompier, ses lunettes de piscine, prit sa lampe de poche qui ne marche pas et son épée de pirate. Et commença par faire le tour de sa chambre.

Pas de Ronpiche dans sa chambre.

Très lentement, très doucement, elle ouvrit la porte. Aucun Ronpiche dans le couloir.

Elle entra avec mille précautions dans la salle de bains. Zéro Ronpiche ici. Pas plus que dans les toilettes.

La cuisine était baignée par la lumière des lampadaires, il fut facile à Clara de vérifier que ce satané Ronpiche ne s'y cachait pas non plus. Non, même pas dans le réfrigérateur !

Elle pénétra ensuite le salon. Très lentement, très doucement, elle se pencha pour vérifier sous tous les meubles, derrière toutes les chaises. Pas l'ombre d'un pet de Ronpiche.

Mais le bruit du Ronpiche persistait.

Clara savait qu'elle devait continuer ses recherches.

Elle ouvrit en silence la porte de la chambre de son frère. Elle se fraya un chemin entre les trente-mille-douze chaussettes par terre, les quatre-vingt-douzaines de milliards de jouets en vrac, souleva tout ce qui ne puait pas trop, et se rendit à l'évidence.

Ce crétin de Ronpiche n'était pas là non plus.

C'est en ouvrant la porte de la chambre de ses parents qu'elle sut qu'elle approchait du but. Le bruit du Ronpiche y était plus fort que partout ailleurs.

Elle regarda derrière la porte, sous le lit, toujours pas de Ronpiche... et pourtant, forcément, il était là !!!

Elle comprit alors l'horrible vérité !

Forcément, le Ronpiche était dans le lit de ses parents, et il avait commencé à les dévorer !

Vite ! Pourvu qu'il soit encore temps !

Clara brandit son épée de pirate et commença à frapper partout du plat de la lame en plastique sur la couette, pour déloger le Ronpiche.

La lumière s'alluma et ses parents se relevèrent d'un coup.

"Mais qu'est-ce que c'est que ce bazar, Clara, qu'est-ce que tu fais ici ?"

"Euh, c'est-à-dire qu'il y a avait un terrifiant Ronpiche dans votre lit et il fallait le tuer avant qu'il ne vous dévore et..."

La maman de Clara éclata de rire.

"Tu as raison ma chérie, il y a bien un Ronpiche dans ce lit. Mais il ne veut pas du tout nous tuer ! En fait ..."

Son père s'était déjà rendormi, et de ses narines sortait un...

... terrifiant Rrrrrrrrrrrrrrrronpiiiiiche, Rrrrrrooonnnnnpiche. [1]

Note

[1] Histoire inventée pour Clara pendant les vacances et qui la fait beaucoup rigoler, surtout quand on beau-père ronfle, allez comprendre.

lundi 6 mai 2013

Images et souvenirs

Mon objectif premier pour cette première salve de vacances printanières (car il y en aura quelques autres jours la semaine prochaine, sans compter les deux fériés de celle qui démarre, on ne va pas se laisser abattre), c'était de passer le plus de temps possible avec Cro-Mignonne.

Pour le plaisir, bien sûr, mais pour lui dire aussi, en actes, qu'à défaut d'avoir des solutions rapides et efficaces à ses soucis avec le Lutin, j'étais là, avec elle, pour elle.

Alors en vrac, on a beaucoup cuisiné (elle a fait son premier gâteau en lisant elle-même la recette), beaucoup lu, acheté son premier dictionnaire et quelques "Bibliothèque Rose", rigolé, fait des câlins, fait des changements d'eau pour Oscar le Chieur (y a qu'à voir la photo, ceci est sa production de... trois jours...), installé le nouvel aquarium-cadeau d'anniversaire dans lequel le poisson prendra ses aises le jour J, vu des amies, parlé, parlé, parlé, dit des bêtises, fait des câlins, regardé des quantités industrielles de "Norbert et Jean" et de Dîners presque parfaits, pris l'air un peu, mais pas trop, parce que météo et allergies se sont relayées pour lui pourrir les bronches. Collé des dizaines de vignettes Panini. Fait des blagues drôles et d'autres d'âge bête (oui, on est en plein dedans. Oui, toutes les deux). Ri d'un tricot dont l'une des couleurs part en biais et pas l'autre.

On a pleuré un peu aussi, dans un accès de chagrin de "c'est trop injuste je veux qu'il arrête". On a passé du temps à trois avec l'Enchanteur.

On a fait des câlins (oui, encore d'autres).

Et hier je l'ai déposée chez son père pour une semaine.

J'ai un énorme trou en forme de ma fille dans le cœur, depuis.

Mai 2013 Collages

Mai 2013 Oscar

Mai 2013 Tricot

Mai 2013 Repas

mardi 11 décembre 2012

Petite lectrice

Dès la rentrée, je crois qu'elle s'est sentie autorisée à savoir lire, alors qu'il me semble bien qu'elle avait déjà pigé le truc, avant.

Depuis elle a pris de l'assurance, et désormais, le soir, ce n'est plus moi qui dispense la page de lecture ou l'histoire, mais bien elle qui nous ravit de ses mots joliment déchiffrés.

J'adore le grasseyement de ses r quand elle fait le son des lettres des mots qu'elle ne connaît pas, ses petites intonations qui commencent à venir en même temps que la lecture, ses dernières rares hésitations sur les trucs compliqués du genre gn, son air triomphant à la fin de la page, son plaisir quand les soirs sans école du lendemain, elle est autorisée à lire un peu avant de dormir.

Je crois que ça, j'ai réussi, lui transmettre le plaisir de lire. J'en suis immensément heureuse pour elle.

vendredi 7 décembre 2012

A deux doigts de la révélation

J'ai cru le grand moment venu ce matin.

J'étais en train de tresser la chevelure de Cro-Mignonne, quand elle me demande : "Maman, tu t'y connais, toi, en Père Noël ?"

"Très bien, ma chérie, je m'y connais très bien"

"Parce que tu as travaillé avec le Père Noël"

"J'ai fait le Père Noël, ma chérie" (intensifions le "fait" histoire de... non Rien ?)

"Non parce que je voulais savoir s'il avait une boule de cristal pour voir les enfants pas sages".

Caramba. On y est pas encore.

J'aurais pourtant juré que ce début de CP aurait la peau de la légende du Père Noël. Mais elle voit débarquer des tonnes de cartons à la maison et dit que s'il y a mon nom dessus, c'est de la laine (!!!). Elle imagine boules de cristals et autres trucs.

Diagnostic : elle VEUT encore y croire ! So be it...

Et ça tombe bien, pour Noël, elle sera avec son Papa, celui qui trouve que les sapins et les décos, c'est chouette. Ici, à part les calendriers qu'une grand-tante gâteau leur a offerts, pas l'ombre d'une guirlande.

Soupir.

Je ne suis même pas sûre qu'elle me manque, cette prétendue magie de Noël.

mercredi 28 novembre 2012

Cro-Mi, la salsa et le djembé

J'aime beaucoup le système du centre de loisirs de l'école élémentaire.

Sortis de l'étude et des devoirs, les enfants ont une heure d'activités sportive, ou artistique, ou ludique, ou bien tout ça à la fois.

Les enfants qui sont là de façon archi régulière s'inscrivent à des activités "suivies". C'est ainsi que Cro-Mignonne occupe ses soirées par de la salsa le lundi, du djembé le mardi, des jeux d'aventure le jeudi. Si on ajoute la piscine du vendredi avec sa classe, c'est à se demander comment elle ne dort pas plus le matin, mais bon.

Ce système, je le trouve bien pour plein de raisons. D'abord parce qu'il n'y a pas fromage OU dessert devoirs OU activités, comme c'est le cas, par exemple, dans la future ex école du Lutin Facétieux.

Ensuite parce qu'elle permet aux enfants d'avoir des activités extra scolaires DANS le temps où ils sont dans les murs de l'école / du centre, sans avoir besoin de charger la mule le mercredi ou le samedi.

Par ailleurs, ils font leur choix en interne, hors de la sphère d'influence des parents. Du coup ils choisissent quelque chose qu'ils ont vraiment envie de faire, et pas ce que leurs parents aimeraient leur voir faire.

Et, enfin, ils ont la possibilité de changer d'activité ou de continuer à chaque trimestre.

Pour une qui, comme moi, observe d'un œil circonspect l'apprentissage au conservatoire, trouve que la notion de plaisir/jeu dans la découverte est essentiel, c'est plutôt un très bon équilibre entre régularité et approche adaptée.

On a vendu ça à son père (qui souhaitait l'inscrire au conservatoire), sur le mode : en plus commencer par un instrument rythmique, ça ne peut qu'être une bonne base pour ses futurs apprentissages !

Et, nous, on a le plaisir de petites démos à la maison, comme hier soir !

Djembe

Djembé 2

Djembé 3

Djembé 4

Djembé 5

Djembé 6

Djembé 7

lundi 12 novembre 2012

Elle est revenue

Elle a pris au moins trente centimètres pendant la semaine, c'est sûr.

Et puis elle ne sent pas pareil (sans doute la chose à laquelle je mets le plus de temps à m'habituer à ses séjours loin de moi, l'odeur par dessus la sienne à elle qui n'est pas la même, shampooing et lessive différents, toussa).

Elle est revenue hier soir et même si c'était très agréable d'avoir une semaine à deux, la maison se ressemble bien plus quand elle est là.

(et c'est reparti, les dépêche-toi, range ton bazar !)

Elle est revenue et je lui ai manqué un peu, elle est revenue et elle m'a manqué beaucoup.

Elle est revenue et son père a le blues (on le comprend), elle est revenue et j'ai les oreilles pleines de son pépiement joyeux.

Chouette.

Elle est revenue de vacances.

Cro-Mignonne, printemps 2012

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