lundi 24 octobre 2016

Bienveillance, mon cul

Bon sang de bois, quelle est cette vie trépidante qui m'empêche de bloguer et même, parfois, juste de respirer en me disant "ah tiens, c'est blogable !" ?

De fait, j'essaie de vous épargner (mais si, mais si) les énièmes trouvailles des enfants et du chat et les journées sont trop denses en travail pour trouver l'inspiration ailleurs.

Sauf que me revoilà.

Et même pas pour parler de bonheur, du jour, du mois ou que sais-je.

Non, c'est pour parler d'un truc qui m'énerve au plus haut point.

Dans les sphères des gens qui conceptualisent leur façon d'être parents, après le parentage proximal, il y a la parentalité bienveillante.

Je ventile deux secondes avant de continuer tellement ça m'agace.

Vous connaissez beaucoup de parents qui conçoivent un enfant et expliquent qu'ils vont l'élever dans la malveillance, vous ? Qu'ils seront les pires parents du monde en pleine conscience, qu'ils seront violents à tous points de vue, qu'ils veilleront au mal-être du chiard à chaque minute de sa vie ?

Non.

Pas un seul.

Même les vrais horribles parents ne le font pas exprès, figurez-vous. Ou alors en pensant bien faire, ou que sais-je.

A côté de ça, les parents bienveillants, EUX, n'ont aucun problème à sous-entendre que les autres, parents, ne le sont pas, bienveillants.

C'est comme le parentage proximal : eux répondent aux besoins de leurs enfants, les autres parents, par défaut, non, puisque sinon ils feraient du proximal.

Avant qu'on ne brandisse l'étendard de la mauvaise foi (qui, moi ? Jamais !), oui je sais qu'il s'agit d'une tentative probablement maladroite de mettre des mots positifs sur quelque chose qui leur fait du bien.

Est-ce que ça autorise à devenir implicitement juge de ce qui est bon et qui ne l'est pas ? Je ne crois pas, non.

Et là, c'est comment avec le parentage proximal. Je me retrouve dans une situation à la con où je fais comme eux pour une bonne partie, mais pas le package à 100 % qui garantit l'adhésion au club (ouf). Et surtout une envie violente de décoller toute forme d'étiquette qui me rapprocherait de ça.

J'ai vraiment du mal avec cette façon d'être parent qui consiste à labelliser ce qu'on fait (pour se rassurer de bien faire ?)

Ça m'agresse.

Un jour je chercherai peut-être pourquoi ça m'est tellement violent, ces mouvement de foule vers un dogme ou un autre.

Probablement le fait d'être assez hermétique aux mouvement de foule. Et aux dogmes.

Pour le moment : fuiiiiiir !!!

vendredi 14 octobre 2016

Tu seras pour moi unique au monde

Hier soir, Maïa m'a surprise par son absence totale de crainte à venir gloutonner ses gourmandises juste à côté de moi.

Alors j'ai approché la main, tout doucement, elle est restée.

Enhardie, j'ai tenté la caresse. Elle a fait quelques allers-retours un peu étonnée. Partagée entre la gourmandises, le plaisir de la caresse et la crainte.

Au bout de quelques secondes elle se tortillait pour que je la gratte derrière les oreilles, me poussait de la tête pour en demander encore et s'avachissait, ronronnante et alanguie sous le bonheur de la caresse.

C'était un moment très fort pour moi (et pour elle aussi visiblement).

Maia.jpg

Jusqu'à présent je n'avais connu que des chats sociabilisés dès le plus jeune âge : ceux qui sont nés chez nous, celle que j'ai adoptée.

Alors voir ce point de bascule, cet abandon à la confiance (et à la volupté), c'était très émouvant.

Ce qui l'est aussi c'est de voir comme son comportement entier a changé vis-à-vis de moi : elle ne craint pas du tout de sortir sous mon nez, elle vient m'observer (j'ai maintenant un troisième individu qui vient me parler aux toilettes).

Je suis surprise par la puissance de cet apprivoisement et à un moment où ça fait quelques années que la vie chahute (de grands bonheurs, mais aussi des choses compliquées), toute cette aventure féline m'apaise plus que je n'aurais pensé.

Elle est pour moi unique au monde, ma fausse noire avec ses taches cachées et pour le moment j'ai l'air d'être son humaine préférée (grande prêtresse des produits carnés).

Je me souviens d'avoir parlé avec Kozlika du fait d'être intéressé ou pas par créer des liens avec des animaux. La pauvre, la voici maintenant encore plus cernée par les mémères à chats :D

mardi 11 octobre 2016

Apprivoiser, ça veut dire créer des liens

Voici donc 8 jours, en gros, que Maïa est arrivée à la maison.

Elle est encore très réservée sur la coexistence avec les humains, mais s'enhardit jour après jour à notre plus grande joie.

Il nous arrive maintenant de la croiser à découvert et selon son sens des priorités, elle met plus ou moins longtemps à regagner son abri-sous-le-canapé.

Évidemment ces croisement s'accompagnent du regard "mais enfin que faites-vous là, intrus ?" qu'elle maîtrise parfaitement !

Maia.jpg

Elle joue beaucoup "avec nous" en fin d'après-midi et nous sommes passés du stade où elle voulait bien jouer à partir du moment où elle pouvait faire comme si aucun humain ne tenait le fil à celui où elle accepte qu'on soit assis par terre. Elle attrape ses jouets de dessous le canapé, nous jette parfois un regard outré, mais continue à jouer, et ce malgré le raffut de Lomalarchovitch.

Je vois ça comme un bon signe.

Nous avons un petit rituel de la gourmandises, une fois Lomalarchovitch couché. Je lui préparer quelques petits morceaux de gourmandises (morceaux de jambon, de thon) que je lui offre, maintenant, sur le bout du doigt et qu'elle vient manger avec une tête de junkie hallucinée. Ou alors je lui fais un chemin vers une soucoupe posée près de moi. L'appel du délice étant plus fort que sa crainte, elle vient, par avancées/reculs successifs, et mange goulûment.

Si je suis seule, elle peut consentir à venir se percher ensuite sur un canapé, ou se mettre à l'affût de ma pelote. Si on est deux, elle reste plus discrètes, ça doit lui faire beaucoup, encore.

Bref. On s'apprivoise, jour après jour. Grands achievements et petits pas de saucisse [1].

Et participer à cette grande aventure que d'apprivoiser un être vivant, c'est puissant.

Note

[1] copyright Floh

dimanche 9 octobre 2016

Au moment de dormir

J'ai toujours adoré les rituels du coucher avec mes enfants. Il faut dire qu'ils m'ont fait le grand plaisir de m'épargner les longs mois de refus d'aller au lit que d'autres infligent à leurs parents, ça aide.

D'ailleurs, on se dit toujours la comptine de la nuit avec Cro-Mignonne, du haut de ses 10 ans et presque demi. Mes jours sont comptés.

Avec son frangin, le rituel du moment m'est particulièrement chouette. Je m'installe dans son lit, on lit une histoire. Je le vois suivre les images mais aussi les mots sur mes lèvres, un grand sourire impatient sur les siennes. Il guette le moment où je vais suspendre ma phrase et où il énoncera le mot ou la fin de phrase manquante, d'un air triomphant. Juste pour cette bouille, si vous saviez.

Ensuite on chante "Je t'aime" d'Anne Sylvestre. Qu'il finit parfois d'un "JE T'AIIIIIMMME" pas complètement harmonieux aux oreilles, mais totalement à mon coeur.

Et puis c'est la comptine rituelle, qu'on a fabriquée pour lui, puis, en ce moment, avant les bisous, c'est l'heure des mots bizarres (bolobolobolo ! Bidibidibidi ! Babebibobu !) qui le font hurler de rire.

On se fait les bisous de bonne nuit, les derniers je t'aime, je le laisse souriant et heureux, je ferme la porte souriante et heureuse.

Il n'y a pas une journée de merde qui survive à ce moment de complicité et d'amour, moi je vous le dis.

lundi 3 octobre 2016

Il y a 16 ans

J'ai toujours eu des animaux autour de moi. Des chiens, des chats, parfois en nombre, parfois juste un de chaque.

J'ai adoré avoir des copains à quatre pattes tout au long de mon enfance, de mon adolescence, du coup, quand je me suis installée, j'ai pris un chat.

Une chatte, plutôt, une demoiselle Willow très foncée avec une tache couleur soleil sur un côté du visage.

Il se trouve qu'en même temps que le chat est entré dans ma vie le père de Cro-Mignonne. Qui y est allergique. Alors j'ai dû donner le chat quand j'ai choisi de garder le gars, et quoi qu'on en dise pour la suite, ça a donné ma fille alors. Que regretter ?

Bref, ladite fille est asthmatique et pleine d'allergies, alors malgré son désir brûlant d'un matou à elle et ce depuis qu'elle sait articuler le son "miaou" (à savoir son plus jeune âge), c'était non. Et donc il y a 16 ans que je n'ai plus d'animal poilu.

Du coup quand sa pneumologue, eu égard à la belle amélioration de sa capacité respiratoire, au fait qu'elle est en garde alternée et donc dans un milieu sans chat une semaine sur deux, à son absence de réaction pendant des séjours dans des maisons à chats et à sa grande maturité sur la prise des traitements a dit "ok".

Un ok sous conditions, notamment celle de prévoir l'idée que ça ne se passe pas bien, mais ok.

Alors samedi on est allés à la SPA, on a fait la rencontre d'une très jolie chattone de sorcière, noire aux yeux verts/jaune avec une micro tache blanche, belle, timide et curieuse.

On a cru qu'on allait devoir l'attendre un peu mais dimanche, on nous a appelés pour nous dire que la stérilisation serait pour plus tard, qu'on pouvait venir la chercher.

Et depuis hier on a un chat sous les meubles (avec un épisode : trônant sur l'arbre à chat, qui me paraît de bon augure pour la suite).

La pauvre qui connaît peu les humains, elle doit se demander ce qu'est l'engin blond piaillant qui appelle "Maïa ! Cachée Maïa !", mais j'ai pu la caresser du bout des doigts, elle a mangé un peu devant moi... on y croit ! La force du thon et de la patience seront avec nous.

Et comme un chat noir sous un meuble, c'est pas archi photogénique (déjà que les animaux noirs, c'est pas facile à photographier), vous aurez des photos... quand la demoiselle sera d'accord !